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ISBN : 2070408183
Éditeur : Gallimard (14/04/1999)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 75 notes)
Résumé :
Une vraie tête à claques, ce Butron. Méchant, prétentieux, naïf, paranoïaque et sadique sur les bords, il voulait tout et tout de suite et se prenait pour un dur. Il se mêla de politique et de complots, pour la rigolade, l'argent, la gloire, et N'Gustro, un leader du Tiers Monde, paya les pots cassés. Butron, floué par les puissants, les barbouzes, les politicards, n'avait aucune chance de s'en tirer. Il ne s'en tira pas.
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Renod
  01 juin 2016
Dans une propriété de la Région parisienne, le Maréchal Oufiri, chef de l'armée du Zimbabwin, un État imaginaire du continent africain, se délasse sur un divan. Sa nuit d'insomnie s'étire. Dans une chambre à l'étage, le colonel Jumbo, chef des services secrets du même Etat, besogne une jeune femme tandis que N'Gustro, un opposant politique est pendu par les pieds dans la cave. le Maréchal écoute une bande magnétique enregistrée un peu plus tôt par Henri Butron, un homme qui vient d'être assassiné par ses nervis.
Butron revient au cours de l'enregistrement sur son parcours personnel et sur l'affaire N'Gustro. Il a grandi à Rouen au sein d'une famille bourgeoise mais il s'est très vite rebellé. Il emprunte des voitures pour faire des virées jusqu'au jour où il tombe nez-à-nez avec un propriétaire mécontent auquel il fracture le crâne. L'affaire est étouffée mais pour rentrer dans le rang, il doit s'engager dans l'Armée. Destination l'Algérie ! Blessé au cours d'un exercice, il revient en Normandie avec son lot d'histoires glorieuses, la plupart inventées, et se met à fréquenter les milieux d'extrême-droite. Peu après, il ouvre le feu sur des policiers venus l'arrêter. Direction le centre pénitentiaire. Amnistié, il retourne au domicile d'Anne, une militante communiste avec qui il a entretenu une relation mais il la surprend avec deux visiteurs. le salon de la jeune-femme est rempli de caisses d'armes. Butron offre son aide aux deux hommes pour expédier ces caisses vers le Zimbabwin, plongé en pleine guerre civile après la décolonisation. Voilà Butron pris dans un engrenage qui va rapidement le dépasser et se jouer de lui.
Le roman est directement inspiré de l'affaire Ben Barka et en reprend les circonstances. Un opposant enlevé à Paris par des policiers, l'implication d'un haut dignitaire étranger, la collaboration d'un journaliste et d'un réalisateur de cinéma, la coopération de barbouzes et de malfrats français, etc.
Le récit se fait en deux temps, avec d'une part les chapitres consacrés à Oufiri et Jumbo au cours de la longue nuit qui précède leur retour au pays et d'autre part, l'écoute par étapes de l'enregistrement de Butron qui fait un exposé chronologique des événements marquants qui l'ont conduit à participer à l'affaire. Butron s'est engagé dans la violence politique moins par conviction que par goût de l'aventure et pour échapper à son quotidien. Il est dépourvu d'idéal ou de maître à penser et n'hésite pas à fréquenter des gauchistes. Il impressionne par sa violence et sa cruauté. Mais quand le jeu va se durcir, il va se faire duper par un agent double ou, plus tard, se jeter dans une manipulation la tête la première.
Dans ce roman noir, les salauds sont pathétiques et les idéalistes finissent le visage en sang ; seuls les plus cyniques s'en sortent vainqueurs. La fiction est si proche de la réalité…
Le récit est d'une construction aboutie qui mêle le parcours erratique d'un insoumis aux considérations cyniques et meurtrières de barbouzes. le récit est servi par un style travaillé et incisif. le langage qui comprend des mots d'argot est percutant et donne un rythme nerveux au récit.
Peu de surprises dans ce roman mais il ne fallait pas en attendre plus d'un roman s'inspirant d'un fait divers célèbre. Il n'en reste pas moins original dans son traitement et agréable à lire. Voilà un polar riche en sens et en style. Si le contexte politique a changé, l'esthétique de Manchette, elle, a conservé toute sa puissance. Et la vérité n'a toujours pas été faite sur la disparition de Ben Barka...
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dunoirdupolar
  23 juillet 2014
Connaissez-vous cette expression : coup de tête, balayette, manchette ?
"L'Affaire N'Gustro" a été publié pour la première fois en 1971. Ce premier roman de J.P. Manchette marqua le renouveau du polar français. L'auteur redonna ses lettres de noblesse à ce genre littéraire en plaçant la critique sociale au centre de ses histoires. L'Affaire N'Gustro fut inspiré par l'enlèvement de Ben Barka, leader de l'opposition marocaine, survenu à Paris en 1965.
Hervé Butron était encore un lycéen le jour où il emprunta une Fiat 1100 pour emmener en virée sa gonzesse et une copine à elle. de retour de son périple, il tomba nez à nez avec le propriétaire de la voiture et leur entrevue se ponctua par une fracture de la mâchoire de ce dernier. de justesse, Butron évita la prison grâce à son père, docteur à Rouen, et fut incorporé en Algérie à Oran.
Revenu de sa pénitence, Butron s'inventa un passé de tortionnaire pour impressionner son monde. Dans le même temps, il intégra un groupe d'extrême droite et participa à des expéditions punitives sous le sigle de l'OAS. Cela ne l'empêcha pas de fricoter avec une partisane d'extrême gauche, Anne Gouin, car dans le fond, Butron s'en tapait pas mal de la politique.
Recherché par la police suite à un attentat à la grenade, Butron tira sur les policiers venus l'épingler. Cette fois, il prit dix ans de ballon. Gracié en 1965, il toucha à sa sortie l'héritage de son défunt père, puis reprit contact avec Anne Gouin ainsi qu'avec la mère de celle-ci, Jacquie. Par le biais d'Anne et du hasard, il fit connaissance avec des opposants à la République du Zimbabwe. Butron, désireux de se faire du fric leur vendit des armes, et finit par être l'acteur d'un complot, involontairement et par simple niaiserie...
J.P. Manchette qualifiait ses livres de "néo-polar", un genre axé sur la situation politique et sociale du moment. Aujourd'hui, nous pourrions les désigner comme "polar historique". Dans L'Affaire N'Gustro, nous nous trouvons dans la France de de Gaulle : celle des barbouzes, de l'OAS, de la guerre d'Algérie. Une France où s'affrontaient physiquement l'extrême gauche et l'extrême droite, où la décolonisation amenait des luttes de pouvoir, aidées en sous-mains par les politiques français qui visaient à défendre leurs intérêts dans des pays fraîchement indépendants.
Le style de Manchette peut surprendre au début, mais après un petit temps d'adaptation on s'y fait facilement. L'histoire qui semble décousue au premier abord, finit par prendre tout son sens, et dans le même temps, le défilement des pages s'accélère.
YB.

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Christw
  12 janvier 2012
La seconde publication en série noire (1971) de JP Machette nous entraîne dans un monde très sombre. C'est ce qu'on attend d'un roman noir direz-vous.

Mais il y a eu le 13 décembre à Liège, cela s'est passé près de chez moi: une fusillade, un fou armé, six morts. (...). Suite sur mon blog http://marque-pages.over-blog.net/

Lien : http://marque-pages.over-blo..
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MANDRE
  30 décembre 2014
Un plan rapide sur la fin ; rembobinage puis point et contre-point dans un entonoir ; les dernières gouttes semblent tomber de plus en plus vite ; jusqu'au générique de fin : c'est du Manchette, du grand, du Cinéma ! ... A bout de souffle !
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Fromtheavenue
  09 octobre 2010
Ce qui me plaît chez Manchette, c'est son écriture froide presque clinique qui fait place à l'action au détriment des sentiments. ..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
RenodRenod   31 mai 2016
Moi je suis fasciné, je le dis. Tout ce que la civilisation a produit. C'est impressionnant de richesse, et par contrecoup, la pauvreté de l'existence est impressionnante aussi. Quand je parle de pauvreté de l'existence, je ne parle pas des marchandises. J'ai tout ce que je veux, moi par exemple, (...) ou du moins, j'ai ce qu'il me faut (...). Par pauvreté de l'existence, je veux dire le point auquel on s'emmerde. C'est extraordinaire, le point où on s’emmerde.
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SauveterreSauveterre   06 février 2017
Elle se lance dans une grande harangue sur la nécessité que la culture soit vivante ou je ne sais quoi.
- Elle est morte ! je fais.
- Elle vit de la vie de ceux qui la font chaque jour renaître.
- C'est bien ce que je dis.
- Admets que tu te mettrais à écrire, dit Anne. Tu recrées tout ce qui t'entoure en le filtrant dans le prisme de ta subjectivité.
- Ça fait rien de vivant, ça, je dis, ça fait juste du pognon.
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RenodRenod   31 mai 2016
La vie est absurde. Nous n'avons qu'une parcelle dérisoire du temps, au regard de l'éternité ; aussi ne nous sacrifions pour rien, aimons les bonnes choses. La nourriture et le Beaujolais.
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SauveterreSauveterre   06 février 2017
Je n'ai pas dit un mot encore de l'affaire N'Gustro. Patientez. Tout le décor doit être mis en place, ou vous n'y comprendrez rien que la surface des choses, qui est de peu d'intérêt, réservée aux hebdomadaires.
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SauveterreSauveterre   06 février 2017
Le commissaire Goémond est sur le paillasson.
- Je suis venu en voisin, il dit.
- Diarrhée, dis-je. Merderie. Policier. Mal blanc. Chiotte. Goguenot. Salope. Trouduc.
Il comprend que je lui suis plutôt hostile.
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Videos de Jean-Patrick Manchette (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Patrick Manchette
Max Cabanes est un grand nom de la bande dessinée et un témoin privilégié des grandes heures de la production française. L?homme natif de Béziers a la gouaille du sud mais la modestie et la discrétion d?un auteur inconnu. Et pourtant, quelle carrière ! Remarqué dans la série "Dans les villages", il travaille avec Jean-Claude Forest, scénarise ou dessine des récits fantasmagoriques et réalise une superbe fresque dans la ville d?Angoulême. Il obtient même le Grand Prix d?Angoulême en 1990 grâce à une carrière accomplie où il s?est essayé à tous les genres et tous les styles graphiques avec une inventivité surprenante. Il prend ensuite un virage serré avec l?adaptation de trois célèbres polars du maître du genre, Jean-Patrick Manchette : la fusion entre deux monstres artistiques, rendue possible par le fils de Manchette, Doug Headline, donne forcément un rendu explosif. Dans son style graphique unique où le dessin crève la planche et les couleurs marquent les esprits, Cabanes parvient à égaler Jacques Tardi dans le même exercice. Nous avons eu la chance de l?interviewer lors du festival Quai des bulles, peu de temps après la publication de "Nada". « Rencontre du 3ème super type » en exclusivité pour Planetebd?
+ Lire la suite
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