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Maya Minoustchine (Traducteur)Michel Aucouturier (Préfacier, etc.)
EAN : 9782070281466
437 pages
Éditeur : Gallimard (16/03/1972)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Résumé
À côté des noms de Soljenitsyne et de Pasternak, celui de Mandelstam est de ceux qui évoquent la résistance de l'esprit contre le terrorisme stalinien.
C'est l'air de la liberté qu'on respire dans ce livre étouffant dont le manuscrit, rédigé sans doute en 1964, est parvenu clandestinement aux États-Unis sous le simple titre de « Souvenirs ».
Les souvenirs commencent en 1934, lors de la première arrestation d'Ossip Mandelstam, et évoquent ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Hulot
  16 août 2020
A travers le récit des quatre dernières années de la vie d'Ossip Mandelstam, l'auteure nous dresse le portrait, allant 1900 à 1970, de la société Russe et plus particulièrement du milieu intellectuel.

Elle évoque une vie faite de pauvreté, de misère, de mendicité où tout le monde vit dans la peur d'être arrêté, d'être trahi et finit presque par espérer que cela arrive pour ne plus avoir à se cacher, à dépendre des derniers amis, ceux qui ne sont encore déportés ou morts dans un camp.

Le portrait dressé de cette société intellectuelle, qui souvent avait participé à la Révolution, est terrible car il n'y a plus d'amis, c'est le règne du chacun pour soi où domine la peur et la trahison.

Elle nous raconte aussi les errances de ville en ville, les logements minables partagés avec d'autres "relégués" qui, eux non plus, n'ont pas le droit "d'exister".
Heureusement, parfois, il y a tout de même de belles rencontres parmi ces gens du peuple, ces paysans qui n'ont rien mais qui arrivent à leur redonner un peu d'espoir dans le genre humain, en acceptant de les cacher, de les nourrir, quelques temps, au péril de leur propre vie.

Si vous aimez la littérature Russe, grâce à ce livre, vous rencontrerez de très nombreux écrivains et poètes Russes que fréquentait le couple Mandelstam avant sa " relégation ". Vous vivrez au jour le jour avec eux jusqu'à la mort du poète et partagerez leur désespoir mais aussi leur joie d'être ensemble tout le temps même pendant leur première déportation.

C'est un livre qui va bien au delà de la simple évocation de souvenirs, il nous en apprend beaucoup sur le courage du peuple Russe et son goût de la vie, avant tout.
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steka
  18 octobre 2012
De même que les livres de Chalamov sur la déportation et les camps sous Staline (La Kolima), il faut lire ce très beau livre de Nadedja Mandelstam qui permet de se faire une idée assez claire de ce qu'était la vie quotidienne de la population russe à cette époque et surtout de ceux qui voulaient garder à tout prix une conscience. Sans haine et sans idéologie elle relate ici les conditions de sa vie avec le grand poète Ossip Mandelstam durant ces années, constate avec lucidité les comportements de ses contemporains mais n'oublie jamais les souffrances des autres pour les siennes propres. L'art de maintenir l'espoir au milieu du désespoir; grand livre.
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sweetie
  02 mars 2015
J'ai été amenée à ce livre par la lecture du roman de Robert Littell, L'hirondelle avant l'orage. Nadejda Mandelstam a été la compagne du poète russe Ossip Mandelstam et ses souvenirs sont précieux car ils racontent les dernières années de la vie du poète et leur quotidien de nomades obligés pendant l'ère stalinienne. de dures vérités en constats terribles, cette lecture émeut et donne aussi malgré tout de l'espoir.
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migale
  01 janvier 2012
A propos des camps vécus par Ossip Mandelstam
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critiques presse (2)
Liberation   23 octobre 2013
La différence entre la licence et la liberté, la première étant plus toxique qu’on ne croit, la relation directe entre la sexualité et la poésie, la nocivité des chefs charismatiques comme des responsables trop zélés : ce sont quelques-uns des thèmes que Nadejda Mandelstam (1899-1980) aborde dans Sur Anna Akhmatova, texte écrit juste après la mort de son amie, en 1966.
Lire la critique sur le site : Liberation
Telerama   12 juin 2013
Plus qu'un témoignage, un geste littéraire et de foi en la pensée et en l'art. Ecrit par une femme à l'énergie et à l'intelligence dédiées à la mémoire de l'œuvre immense de son compagnon.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
stekasteka   30 octobre 2014
Autrefois les braves gens étaient nombreux. Et même ceux qui ne l'étaient pas faisaient semblant de l'être, car c'était l'usage. De là provenaient l'hypocrisie et la fausseté, ces grands vices du passé, dénoncés par le réalisme critique de la fin du XIXème siècle. Le résultat de cette dénonciation furent inattendu : les braves gens disparurent. La bonté n'est pas uniquement une qualité innée : il faut la cultiver, et on ne le fait que si la nécessité s'en fait sentir. Pour nous, la bonté était une qualité démodée, disparue, et un brave homme s'apparentait à la famille des mammouths.
(...) Il fallait chercher la bonté et la bonhommie dans des endroits perdus, inaccessibles à l'appel du temps.
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HardivillerHardiviller   04 avril 2015

Nous vivons sans sentir sous nos pieds le pays ,
Nos paroles à dix pas ne sont même plus ouïes ,
Et là ou s'engage un début d'entretien ,
Là , on se rappelle le montagnard du Kremlin .

Ses gros doigts sont comme des vers ,
Ses mots comme des quintaux lourds sont précis ,
Ses moustaches narguent comme des cafards
Et tout le haut de ses bottes luit .

Une bande de sbires au cou grêle tourne autour de lui
Et des services de ces ombres d'humains il se réjouit .
L'un siffle , l'un miaule , l'autre gémit
Seul lui désigne et punit .

Or , de décret en décret , comme des fers , il forge,
A qui au ventre , au front , à qui à l'œil .
Pour lui , toute exécution est une fête ,
Il est grand l'appétit de l'Ossète .
___________________________

En m'enlevant les mers , et l'envol et l'élan ,
Pour mettre sous mes pieds le sol et la contrainte ,
Qu'avez vous obtenu ? Un résultat brillant :
Ces lèvres qui remuent , sont hors de votre atteinte .




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HulotHulot   14 août 2020
Pour plonger le pays tout entier dans un état de peur chronique, il faut que le nombre de victimes atteigne un chiffre astronomique, et il faut balayer plusieurs appartements dans chaque immeuble.

Les rescapés où est passé le balai resteront jusqu'à la fin de leur vie des citoyens modèles.

Mais il ne faut pas oublier les générations montantes et renouveler l'opération à intervalles réguliers.
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HulotHulot   13 août 2020
" La poésie, c'est le pouvoir " dit, un jour, Mandelstam.

Il n'en démordait pas : si on tuait des gens à cause de la poésie, c'est qu'on la respectait et qu'on l'honorait, qu'on la craignait, et qu'elle représentait une force...
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HulotHulot   10 août 2020
Outre les gens contraints à " collaborer", les volontaires étaient légion.
Toutes les administrations regorgeaient de dénonciations.

J'ai entendu un inspecteur du ministère de l'Instruction publique demander aux enseignants de ne plus envoyer de dénonciations, et les prévenir que les lettres anonymes ne seraient même plus lues.
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