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EAN : 9782253101246
168 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (09/09/2020)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Joyeuses ou tragiques, visibles ou cachées, les ruptures rythment notre existence. Comment les conjuguer avec l'idée de notre identité, une et constante ? Nous révèlent-elles les multiples facettes de notre être ou le fait que nous nous affirmions progressivement, au fur et à mesure de ces « accidents » ? Nous épurent-elles ou nous démolissent-elles ? Pour la philosophe Claire Marin, nous nous définissons autant par nos sorties de route que par nos lignes droites. C... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  21 décembre 2019
Un livre noté récemment, et dévoré en 24 heures !...
Nous savons combien nos vies sont faites, parsemées de "ruptures", que
rien n'est jamais acquis...
Une lecture des plus enrichissantes en réflexions, analyses d'autant plus
lorsque l'on se retrouve soi-même dans des questionnements
douloureux ; des périodes charnières, avec des éloignements, coupures, séparations géographiques ou plus directes, plus intimes, toujours éprouvantes, déstabilisantes !!
Ecrivain-philosophe, Claire marin concentre ses recherches sur "les
épreuves de la vie"... J'appréhendais un jargon quelque peu abscons, et
en réalité, en dépit du sujet, l'ouvrage est accessible, vivant, faisant de
nombreuses références à la Littérature, philosophie et psychologie avec
des exemples...
Les ruptures, accidents de la vie : de la naissance à la mort: rupture
familiale, amoureuse, deuil, perte d'un emploi, la maladie, l'envol de
ses enfants du "nid familial"...etc.
En quoi, ces ruptures diverses nous transforment, nous affaiblissent ou
nous renforcent. Comment nous nous reconstruisons ? Comment
nous développons d'autres facettes de notre personnalité ?
"Comment ai-je pu, moi qui ai vécu à ses côtés, le méconnaître à ce point ? La possibilité et la liberté d'être autre révèlent de manière douloureuse les illusions de l'amour et de l'affection : illusion d'une propriété et d'une proximité, d'une transparence de l'être aimé. La familiarité n'est parfois qu'une impression.
Autrui pourra toujours nous surprendre, nous déstabiliser, nous laisser interdit devant ce qu'il a dit ou fait et qui paraissait inimaginable. Non seulement il ne m'appartient pas, mais il peut toujours devenir pure surprise, devenir tout autre, d'une inquiétante étrangeté "(p. 27)..
Un ouvrage précieux qui aide à réfléchir, à se positionner , un tant soit peu, dans son propre parcours...
Un ouvrage qui mène à d'autres livres; toujours un plaisir de nouveaux textes à lire, élargissant nos horizons.. !
"Les ruptures sont nôtres, qu'on les décide ou qu'on les subisse. Rompre avec sa famille, ses amis, son amant, son milieu, changer de métier, de pays, de langue; les ruptures nous construisent peut-être plus encore que les liens.Notre définition est tout autant dans nos bifurcations que dans nos lignes droites, autant dans les sorties de route, les accrocs au contrat que dans le contrat lui-même "(p. 13)
Un texte qui s'achève douloureusement sur les ruptures insidieuses de la
maladie, dont Alzheimer, où les personnes aimées présentes ne sont plus
qu'"absence"...ainsi que le vieillissement de nos proches , qui induisent des
éloignements, parfois!
Un essai qui aborde presque tous les types de ruptures, de déchirures, même si la "rupture amoureuse" prend une large place !!
Livre des plus éclairants sur un sujet âpre et universel !
@Françoise Boucard-Décembre 2019
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aleatoire
  11 mai 2019
Ça cause de nos nuits infranchissables qu'hantent nos fantômes, de nos fêlures à jamais ; ça confie aussi que tout ce qui ne me tue pas m'affaiblit.
C'est bien utile, ça explique la mécanique de nos séparations, la subtile économie de nos conduites d'échec. Ça aide à diminuer les regrets.
C'est une lucidité implacable qui, preuves à l'appui, raconte notre parcours humain depuis son époque archaïque, ontologiquement balisé de pertes, de ruptures consubstantielles à l'existence, jusqu'à, j'imagine, l'ultime, celle dont nous serons un peu empêchés, inquiétante étrangeté d'un sujet absent à lui-même et que seul l'Autre pourra envisager.
Ça dit encore que cet Autre lorsqu'il nous quitte emporte aussi ce qui nous constituait et qu'ainsi "dépouillé" (il arrive qu'on y laisse sa peau) on se découvre nu et vide de tout ce qui nous nourrissait dans l'échange et le partage.
Ça révèle alors que "je" est un autre et même plusieurs autres desquels, nanti de ces identités plurielles, il doit tenter d'extirper de substantielles ressources.
Ça parle aussi de nos loyautés, souvent filiales, accablantes, dont nous croyons être les obligés, fardeaux dont il faudrait savoir se décharger.
Ça dit enfin qu'il faut trouver de la joie dans le sourire des enfants pour y puiser la force d'affronter l'incertitude de la vie et le courage d'être. Mais il n'y a guère que Bobin pour croire à ces consolations.
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coincescheznous
  22 octobre 2019
Rupture(s) est l'un des essais les plus médiatiques de 2019, en raison de sa thématique évidemment, mais aussi pour la qualité de vulgarisation de l'auteure qui rend sa philosophie accessible à tous.
Le thème est tellement d'actualité que je ne sais même pas par où commencer. Aujourd'hui, tout est rupture : rupture écologique, rupture climatique, rupture économique… accompagnées en permanence de la rupture au niveau micro : savoir rompre, les bienfaits de la rupture, rompre pour devenir soi. Bref, à tout bout de champs, il faut rompre : rompre le modèle dominant, rompre sa routine, rompre ses habitudes, rompre son contrat de travail pour « suivre ses rêves », rompre sa relation amoureuse pour « devenir qui nous sommes » … Et même si vous êtes rompu(e) (que cela n'est pas votre décision) par l'amour, la maladie ou le destin, le mythe de la page blanche, de l'éternel recommencement, de l'invention qui sort du chapeau vous surplombent : rompre ou être rompu, que l'on veuille ou non, que cela soit conscient ou non, c'est tendance, ou tout du moins banal.

Claire Marin commence son essai par un parti pris que j'ai tout de suite beaucoup aimé, à l'encontre du développement personnel épuisant qu'on entend H24 et qui me donne envie de balancer des gifles tellement je n'en peux plus. le parti pris, c'est celui-ci :
« Je résisterai dans cet ouvrage, comme dans les précédents, par entêtement ou par conviction, à la tentation de l'optimisme en balayant d'emblée les lectures simplificatrices et positives de la rupture et du recommencement. On aimerait y voir l'occasion d'une vie neuve, d'une page blanche, de donner une valeur rétrospective à un échec en le transformant en savoir, en richesse, en expérience. Il y aurait des vertus de l'échec. Vraiment ? Mais la rupture n'est parfois qu'un gâchis, un manque de courage, une pure lâcheté, un renoncement. le constat d'échec d'un couple, d'une famille, d'une amitié, d'une politique, d'un projet. Et l'échec n'est souvent rien d'autre que lui-même, pauvre, décevant, un pur raté. La plupart des échecs ne nous apprennent rien. Pire, nous nous enlisons souvent dans le bégaiement des mêmes échecs, comme s'ils étaient inévitables, et ce, dans une jouissance paradoxale de leur répétition presque rassurante. […] Je ne suis pas, à la veille d'une nouvelle aventure, plus aguerri par les déroutes précédentes, mais bien susceptible de nouveau de me perdre dans les mêmes chemins de traverse. Il est possible que je n'aie finalement rien appris. »
C'est un peu dur, lu comme cela, mais le cheminement est intéressant et nous emmène à des questionnements identitaires forts (mais n'est-ce pas là la magie de la philosophie ?).
Tout d'abord, et c'est un préambule nécessaire, Claire Marin distingue la rupture de la séparation. Dans la séparation, on reprend ses billes, on repart comme on est venu, tel(le) quel(le). La rupture est un lien qui rompt, et jamais à l'exact moitié de la relation. On ne repart pas comme on est venu, mais un peu agrandi ou diminué par la relation d'origine : c'est une déchirure, et une déchirure, ce n'est jamais nette. Je ne repars pas indemne, comme s'il ne s'était rien passé. Il y a une trace, des séquelles, ce n'est pas un évènement neutre. Dit plus clairement : cela ne peut pas ne rien nous faire, puisque l'on emporte avec soi, ou on laisse sur place, quelque chose. Il ne faut pas minimiser les ruptures. Elles sont toujours une source de souffrance. Même quand on les a voulues et décidées, elle reste une source d'angoisse, de désarroi, et souvent de tristesse. Il faut apprendre à vivre avec ce qui n'est plus et ce qui est désormais et ce n'est jamais une chose facile.
C'est là où l'auteure prend une voie différente des discours ambiants. Les discours ambiants vous diront : ce n'est pas facile mais ça vaut le coup car vous allez vous retrouver, devenir qui vous êtes, recréer votre vie à votre image, blabla, blabla…
Perplexité de l'auteure.
Me retrouver ? Devenir qui je suis ? Créer une vie à mon image ?
Des formules qui pour elle ne veulent rien dire philosophiquement et intrinsèquement. Sommes-nous une personne que nous pouvons perdre puis retrouver ? Non. Pour Claire Marin, nous sommes une multitude de personnages qui cohabitent, certaines personnalités prenant le relais ou en doublant d'autres selon les moments de la vie, sans que cela ait nécessairement du sens ou un fil conducteur. On cherche un sens à tout, une unité de chair et de faits, mais cela reste un fantasme. Il n'y a pas un moi, mais des « moi », qui s'ajoutent, disparaissent, réapparaissent, sans queue ni tête, selon mes lassitudes, mes envies, mes aléas et tant de choses que l'on ne peut nommer. Mais pourtant, certains rompent avec des situations en se disant « que ce qu'ils vivent ne leur ressemble pas », que « ce n'est pas eux », que ce personnage qu'ils regardent évoluer n'a rien à voir avec la vie qu'ils devraient vivre.
Ici, la philosophe nuance son propos. Oui, dans certains cas, il y a un élan vital qui nous pousse à un certain alignement, et donc à rompre. Oui, parfois, le rôle endossé est trop décalé de sa personnalité et de ses envies fondatrices, il faut rompre pour vivre. Mais il ne faut pas être dupe, ce n'est pas toujours le cas, et l'élan vital a aussi bon dos pour empêcher de voir ce que l'on ne veut pas voir : l'espoir de se fuir soi-même : « Rompre est alors moins la quête d'une vérité intérieure qu'une tentation du vide, une jouissance de l'effacement ou de la négation de soi, une libération dans la disparition. […] Toute nouvelle vie ne serait finalement qu'une modulation de l'ancienne. Peut-on créer par la rupture amoureuse une existence radicalement neuve ? de quoi, de qui, pouvons-nous réellement nous défaire ? »
Il ne s'agit pas ici de prêcher contre la rupture. Il s'agit simplement de remettre la rupture à sa place, ce qu'elle est : une déchirure. Ni une promesse d'avenir joyeux, ni l'ouverture d'une descente aux enfers.
L'auteure continue son argumentation avec les ruptures liées aux maladies, ou aux aléas. Car finalement, la plus « grosse » rupture (si tant est que cela ait un sens), est la rupture que l'on a avec notre propre croyance : celle que rien ne peut nous arriver. Jamais nous perdrons un enfant, jamais nous n'aurons un grave accident, jamais ceci, jamais cela, cela arrive aux autres. Jusqu'au jour où… Et là, quelque part, la rupture avec notre croyance d'immortalité arrive. Et c'est ici que le choc se fait. Il y a un avant et un après. Comme dans toutes les ruptures. Pas un après mieux qu'un avant, pas un avant forcément mieux que l'après… Il y a juste eu « rupture » et il faut dorénavant composer avec.
Rupture(s) est un très bel essai. le style est un peu répétitif, on aurait parfois compris la même chose avec moins de mots pour le dire, mais cela fait partie de la dialectique de Claire Marin et c'est bien. Il y a également beaucoup de jolies références littéraires que j'ai appréciées. Mais finalement, ce qui m'a le plus plu, c'est ce détachement sur un sujet tendance, cette remise de l'église au centre du village : il n'y a pas d'un côté les bonnes ruptures qui font grandir, et de l'autre les mauvaises ruptures. Il n'y a pas non plus le culte de la rupture comme début d'une nouvelle vie (forcément mieux). Il y a juste la rupture en tant que telle : ce qu'elle est, ce qu'elle signifie. Et la possibilité pour tout à chacun de continuer une vie où l'on s'accroche aux moments de joie qui restent à vivre, si on en est capable.
Je ne comprends donc pas les critiques de Madame Figaro ou Elle ou tous les autres magazines féminins qui ont des unes du type « Rompre pour être heureuse », je pense très sincèrement que l'ouvrage n'a pas été lu, ou alors on n'a pas du tout lu la même chose :

Je me reconnais plus dans l'interprétation qu'en a fait Libération :

Bref, un essai qui arrive à point nommé pour contrer la déferlante assommante des dernières années en développement personnel bidon et superficiel.
Jo la Frite

Lien : http://coincescheznous.unblo..
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chadik
  07 juillet 2019
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir dans la vitrine de Gallimard, devant laquelle je passe chaque jour, mon ancienne prof de philo du lycée ! Je ne pouvais qu'acheter ce livre et aller à la rencontre qui était organisée.
Dans cet ouvrage l'autrice revient sur toute la déclinaison des moments de ruptures que nous rencontrons au cours de nos vies. de la rupture amoureuse, en passant par la maladie, la perte d'emploi, les conflits familiaux... Nous ne pouvons que nous reconnaître dans au moins un des chapitres. le ton est juste, la vulgarisation juste comme il faut, les sources empiriques et théorique sont là mais les anecdotes et les illustrations sont également bien présentes. Trop complexe pour être un simple livre de développement personnel, mais trop d'histoires de vie pour être un essai philosophie, ce texte est la la jonction des deux genre et cela fonctionne très bien. le texte nous fait réfléchir, nous interpelle, et parfois, nous percute. Les nombreuses références littéraires disséminé au fil des pages est un petit plus pour les littéraires.
Un ouvrage accessible, intelligent et humain.
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CalouRapier
  16 décembre 2019
Je déteste ce livre qui se veut aller à l'encontre de la mode du livre 'développement personnel', mais ce n'est pas cet aspect que l'auteur a enlevé, elle a retiré toute la poésie de la vie, tout espoir, ce qui nous constitue et nous pousse vers l'avant. Nous ne sommes pas des êtres éteints qui peuvent vivre 80 ans les mêmes choses et elle a un jugement très sévère des personnes qui se séparent alors que finalement, nous ne faisons que profiter de la libération de la pression morale et sociale qui nous oblige à nous enticher du même homme toute sa vie sans raison évidente. Je me demande comment on peut dire qu'une personne qui a choisi de partir a opté pour la simplicité ? Simple ? Tout quitter ? Perdre ses croyances ? C'est l'un des actes les plus courageux de l'existence, qui permet à beaucoup de retrouver un espoir dans la vie qu'ils avaient laissé mourir au fond d'eux.
Les gens passent leur vie à lire des romans, regarder les films de la 6 et se raconter des histoires sur leurs voisins parce qu'ils rêvent de vivre avec intensité cette vie trop courte ! Bien sûr que c'est nécessaire de se sentir exalté ! Heureusement ! Mais a-t-elle déjà eu une libido ? On se retrouve coincés à 22 ans dans des schémas imposés par nos ancêtres et devrions nous en satisfaire ? Les Esclaves auraient du rester Esclaves finalement ! Quelle idée cette fuite vers l'avant, vers la liberté !
Bref, quel mépris pour les gens qui traversent des épreuves et préfèrent partir que rester sous antidépresseurs...
Il manque cruellement d'espoir à ce livre... Si nous devions raisonner de cette façon, nous ne ferions plus d'enfants, il n'y aurait même pas de couple, quel intérêt, la rupture avec la nature est proche, crevons tous !
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Citations et extraits (96) Voir plus Ajouter une citation
LutvicLutvic   10 avril 2019
L'insomnie est l'impossible lâcher-prise, le refus du sommeil comme abandon. Passer par la nuit, accepter de disparaitre, dans l'oubli du jour passé et l'absence à soi, voilà ce dont une conscience vive a besoin pour affronter les lendemains. Mais la conscience sans sommeil étire indéfiniment le passé dont elle refuse qu'il s'efface. L'insomnie distend la présence, refuse la coupure du passé, s'épuise dans cet effort vain sans même s'en rendre compte. Il faut accepter la succession des jours et des nuits, nous dit Nietzsche, distinguer le clair de l'obscur, séparer ce que l'on peut embrasser du regard de ce qui est hors de vue. Il est des choses qui doivent rester définitivement hors champ. Celles qu'on ne peut plus voir, dans tous les sens du terme (pp. 141-142).
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LutvicLutvic   07 avril 2019
« On n'aime personne que pour des qualités empruntées » : selon Pascal, c'est à l'amour des autres que l'on emprunte, dans un jeu de dupes, nos propres qualités. Parfaitement impropres. C'est pourquoi la séparation est cruelle. Soudain, je cesse d'être cette personne attirante, intelligente, généreuse ou drôle. Non pas que je l'aie vraiment été, mais je l'étais à tes yeux. C'est la certitude de mon identité qui vacille. L'illusion d'un moi s'évanouit. Qui suis-je encore maintenant que je ne suis plus rien pour toi ? (p. 42).
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LutvicLutvic   07 avril 2019
Comment ai-je pu, moi qui ai vécu à ses côtés, le méconnaître à ce point ? La possibilité et la liberté d'être autre révèlent de manière douloureuse les illusions de l'amour et de l'affection : illusion d'une propriété et d'une proximité, d'une transparence de l'être aimé. La familiarité n'est parfois qu'une impression. Autrui pourra toujours nous surprendre, nous déstabiliser, nous laisser interdit devant ce qu'il a dit ou fait et qui paraissait inimaginable. Non seulement il ne m'appartient pas, mais il peut toujours devenir pure surprise, devenir tout autre, d'une inquiétante étrangeté (p. 27).
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fanfanouche24fanfanouche24   18 décembre 2019
Introduction

Les ruptures sont nôtres, qu'on les décide ou qu'on les subisse. Rompre avec sa famille, ses amis, son amant, son milieu, changer de métier, de pays, de langue; les ruptures nous construisent peut-être plus encore que les liens.Notre définition est tout autant dans nos bifurcations que dans nos lignes droites, autant dans les sorties de route, les accrocs au contrat que dans le contrat lui-même (p. 13)
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LucilliusLucillius   21 août 2019
Ce n'est pas seulement mon corps et mon esprit que la rupture amoureuse saccage, c'est le monde qu'elle dévaste. Elle laisse un monde à la fois surpeuplé et désolé. Rien n'échappe à la marque de cette coupure existentielle, tout en porte des traces visibles. Pour l'être quitté, il faut faire avec ce qui reste, avec ce grand débarras que devient sa vie lorsque l'autre part, laissant une montagne de souvenirs douloureux. Que faire de ces gages d'un amour dévalué ? De cette vie fantôme qui hante les couloirs de l'appartement, les rues du quartier, les lieux de vacances, mais qui se glisse aussi dans les pages des livres, dans les refrains des chansons, cette vie amoureuse perdue qui s'affiche, narquoise, sur les visages de ceux - comment font-ils ?- qui s'aiment sans se séparer.
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