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EAN : 9782080706508
349 pages
Flammarion (07/01/1993)
3.92/5   201 notes
Résumé :
Le roman raconte l'histoire d'une femme du monde, froide et sans coeur, frigide ou lesbienne peut-être, comme Maupassant en a connu, qui se livre ici plus que dans aucun de ses romans.
Le héros, face à cet être fascinant et redoutable, prend une autre maîtresse, qui ne lui suffit guère. Il est dévasté par une passion amoureuse, violente, mélancolique et cruelle. C'est un roman douloureux, écrit par un Maupassant déjà malade, et qui dit comme un adieu aux femm... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
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aouatef79
  17 octobre 2020
"Notre coeur "est le sixième et dernier roman de Guy de Maupassant . Il s 'agit d 'un roman psychologique où l 'auteur décrit avec une grande finesse le comportement de la femme ou plutôt d 'une certaine couche de femmes à une époque donnée .Pour avoir fréquenter les femmes de toutes les strates de la société féminine au XIX e Siècle , Maupassant fait dans ce roman la satire de cette société bourgeoise dans laquelle il vit . Ces femmes de salons qui vivent dans un monde factice et ne cherchent que l 'apparat .Elles rivalisent entre elles , elles se jalousent , elles n 'ont aucune constance dans leurs relations amoureuses .Selon les circonstances , ces femmes oisives , narcissiques changent d 'amants avec une facilité déconcertante .Elles prétendent être des femmes libres , sont contre les liens du mariage , elles
sont contre la maternité : c 'est ainsi qu 'elles conçoivent
la liberté !
"Notre coeur". le principal protagoniste est Adrien Mariolle .Il est présenté par l 'un de ses amis à madame Michèle de Burne . Cette dernière est une femme du monde .Elle est veuve . Elle est belle et élégante .Froide .Dénuée de sentiment . Narcissique et se prend pour le centre du monde .Adrien est pris dans les rets de cette femme qui fait de lui son amant .Ma cette relation ne dure
pas . Adrien est perturbé . Il quitte Paris pour la campagne . Là , Adrien fait la connaissance d 'Elisabeth .
Cette dernière est servante dans une auberge .Des liens
affectueux se nouent entre Adrien et Elisabeth .Ils vont
passer des moments agréables .Adrien trouve le repos ,
la paix de l 'âme . Il est heureux .
Madame Burne va venir et elle a convaincu Adrien de
retourner à Paris .
En retournant dans la capitale , Adrien se retrouve avec
deux maîtresses : Elisabeth et Michèle de Burne .
Un beau roman . Une lecture agréable et divertissante .







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PiertyM
  06 janvier 2015
Quand une femme prend votre coeur, surtout si elle appartient au XIXe S sans l'être vraiment car elle appartient plutôt à la catégorie des nouvelles femmes dites des femmes modernes, celles qui se sentent libres dans leur tête, celles qui vouent leur épanouissement par elles-même et non en dépendant de l'homme, ni du mariage, il y a de quoi le ligoter une fois pour toute, qu'il devienne simplement froid, et cette froideur vous épargne le chagrin...
Nous sommes à l'époque de la bourgeoisie, une époque où des hommes riches, des hommes de lettres et des artistes se retrouvent dans des salons pour faire parler d'eux. Dans ce livre, il y a une femme belle, coquette et intelligente, Mme Burne, après l'échec de son premier mariage, elle ne veut plus se lancer dans une nouvelle tentative, du moins elle organise des soirées mondaines chez elle. Des hommes importants y sont conviés. Ils ont d'ailleurs tous à tour de rôle succombé à ses charmes sans qu'elle céda à aucun d'eux. Mais quand arrive André Mariolle, tout va changer dans les habitudes de cette femme. Un moment de délaissement va s'en suivre, un moment où le coeur bondit comme s'il s'éclatait en morceau pour laisser les corps assouvir leur appétit charnel . On est tenté de dire que, voici enfin le coeur de notre héroïne conquit...hélas, non! pas en totalité mais André Mariolle la veut toute entière, toute à lui. Il comprend qu'il se livre à un combat perdu avant tout, alors il choisit de partir...
Une plume exquise où Guy de Maupassant nous fait balader dans toutes les artères qui mènent au coeur, dans le système de la circulation du sang, des moments où le sang se chauffe et que le coeur bat la chamade suite au transfert d'une émotion, c'est tout simplement dire que les émotions sont décrites dans toutes leurs étapes, l'auteur nous les présente sous forme d'une courbe qui monte à vive allure, c'est la phase de l'oubli de soi, une fois au sommet, la courte se suspend, c'est la phase, des interrogations, des incertitudes, du doute, ensuite la courte retombe mais lentement, c'est la phase de la reprise de soi!
Un beau livre!
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Lucilou
  23 mars 2022
Il était plus que temps pour moi de renouer avec mon cher XIXème siècle tant il me manquait et pour ces retrouvailles enfiévrées, c'est sur Guy de Maupassant que j'ai jeté mon dévolu et sur "Notre Coeur", son sixième et dernier roman.
Je dois avouer que j'ai d'abord été un peu désarçonnée par ce texte qui ne ressemble en rien à ce à quoi nous avait habitué l'auteur de "Une Vie", de "Pierre et Jean" et consorts, avant d'être littéralement happée. "Notre Coeur" dévoile en effet une facette méconnue De Maupassant qui très loin de ses terres normandes de prédilection ou du Paris si vivant et un peu canaille de "Bel Ami" propose ici aux lecteurs un véritable roman psychologique au rythme un peu indolent. Dans le raffinement et le décor des salons parisiens se déploie une intrigue feutrée mais non sans passion -au contraire- qui tranche avec le réalisme parfois un peu sordide, un peu sensationnel du reste de sa bibliographie.
André Mariolle est un homme fortuné, un peu oisif, un peu musicien, un peu désinvolte aussi et charmant au demeurant qui fréquente les artistes en vogue autant que les salons. Il fait un jour la rencontre de Michèle de Burne, jeune veuve aussi mystérieuse que pétillante. La belle tient salon et traîne dans son sillage les espoirs déçus de toute une cohorte d'admirateurs énamourés qu'elle semble mépriser. de fait, Mariolle apprend par le biais de certaines confidences que Madame de Burne a le coeur froid, qu'elle fait prisonnier sans se rendre jamais en retour, qu'elle prend sans donner vraiment. Notre homme a tôt fait de juger la coquette frivole et insensible puis de jurer ses grands dieux que lui ne perdra pas la tête, qu'elle ne le prendra pas ses filets. Pourtant, l'amour, le désir même finissent par s'immiscer en lui alors même qu'il refusait d'y succomber. C'est ainsi que Mariolle tombe éperdument, passionnément amoureux de la jolie Madame de Burne qui -comble du bonheur, faîte de tous les transports- entreprend une liaison avec ce dernier. Alors qu'André devrait nager dans la félicité, cette histoire naissante est surtout pourvoyeuse de frustration, de mélancolie, d'amertume. le pauvre se rend bien compte qu'il n'est pas aimé, que cette histoire n'est pour sa maîtresse qu'un jeu, un délire égocentrique, une passade et cette non-réciprocité lui fait si mal, à lui qui avait juré ne jamais souffrir par amour, qu'il se décide à rompre et à partir. Car enfin, perdre le souffle et la vie pour une femme sans coeur, tout donner pour qui n'en veut pas, pour une égoïste, n'être qu'un caprice quand l'autre devient air et eau, à quoi bon? A quoi cela rime?
C'est dans sa fuite qu'il rencontre Elizabeth, fraîche et pure comme un cours d'eau, comme le printemps et après les neiges de l'hiver et la brûlure de l'été, la jeune fille est comme un baume, une promesse de renouveau...mais Madame de Burne n'en a pas fini avec André.
L'un des thèmes clefs du roman est aussi l'un des sujets de prédilection de Guy de Maupassant: il s'agit de la femme et de sa place dans la société que l'auteur questionne. En creux, il interroge aussi l'amour, la passion et la place que cette dernière peut occuper dans la vie d'un homme. Difficile de ne pas voir dans ce roman cruel et désabusé les regrets et l'amertume d'un auteur qui fut souvent déçu en amour (Perdican n'aurait pas dit les choses différemment!). "Notre Coeur" est un roman aussi beau que cynique, écrit divinement et qui propose des personnages poignants et complexes qui en plus d'être des "types" n'en demeurent pas moins des "individus". A la froide coquette qui se tient en bordure des élans du coeur s'oppose l'amoureuse naïve et tendre qui serre un peu la gorge par exemple. Deux types de femmes donc dans ce roman mais surtout deux manières d'aborder le sentiment amoureux, deux pôles qui s'opposent et se répondent... et qui symboliquement se complètent dans la bibliothèque de Mariolle lisant "Manon Lescaut" à Elizabeth. Comme cette dernière, Manon aime à la folie et comme Madame de Burne, elle est incapable de fidélité. J'ai trouvé cette réflexion sur les femmes et l'amour d'autant plus intéressante qu'elle n'est pas aussi simpliste qu'elle en a l'air (ce serait bien mal connaitre Maupassant!): il est clair au cours du roman que si Madame de Burne ne sait pas aimer, c'est parce que son mariage fut plus subi que choisit et c'est une piste de réflexion qui vaudrait le coup qu'on s'y attarde. Enfin, tout ce questionnement ne va pas sans une réflexion aigue sur la société et ses dérives que dénonce Maupassant: la tyrannie du paraître, la frivolité qui ôtent la capacité au coeur de s'émouvoir, cette capacité que n'ont pas perdu les femmes "du peuple".
Au delà de tout cela, "Notre Coeur" est aussi et surtout un beau roman, une histoire intense et poignante qui m'a étrangement rappelé "Les Nuits Blanches" de Dostoïevski ou "On ne badine pas avec l'amour"... Ces fichus trios!
Moi, le mien de coeur se brise, quand il pense à Elizabeth...
Et puis, la beauté de la langue...
Ita missa est.

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mu-mu
  22 décembre 2021
Souhaitant lire tous les romans de Maupassant le tour est venu de Notre coeur.
Un roman dans lequel il ne se passe rien ou quasiment, mais ce rien est tellement bien raconté que je ne me suis pas ennuyée une seconde.
Un petit extrait :
"Le mot « aimer » y serait-il ? Jamais elle ne l'avait écrit, jamais elle ne l'avait prononcé sans le faire suivre du mot « bien ». – « Je vous aime bien. » – « Je vous aime beaucoup. » – « Est-ce que je ne vous aime pas ? » Il les connaissait, ces formules qui ne disent rien par ce qu'elles ajoutent. Peut-il exister des proportions quand on subit l'amour ? Peut-on juger si on aime bien ou mal ? Aimer beaucoup, comme c'est aimer peu !"
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charlitdeslivres
  27 janvier 2017
C'est toujours avec beaucoup de plaisir que je me plonge dans les romans De Maupassant. le tableau de la bourgeoisie du XIXe siècle qu'il nous peint est toujours d'une grande richesse. On y retrouve les codes classiques de cette époque, ainsi que de nombreuses avancées pour son temps. Ce besoin de cacher la psychologie des personnages à l'image de ce que faisait la bourgeoisie de l'époque laisse à réfléchir sur le travail de cet auteur.
Avec « Notre coeur », l'auteur s'attarde sur l'un de ces thèmes de prédilection : la femme. Elle est au coeur de ses récits et nous pousse à réfléchir sur sa position au sein de la société. A l'encontre des femmes simples et réservées que l'auteur à déjà pu nous présenter, ici dans la personne de Mme de Brune, c'est une femme d'une grande coquetterie dont il nous fait le portrait. A travers le regard de André, un jeune homme qui tombe éperdument amoureux de la belle, l'auteur nous donne à réfléchir sur la place de la passion au sein de toutes relations.
La douceur de son écriture face au sujet qu'il use me donne toujours grande satisfaction. L'auteur nous présente des personnages qui peuvent se montrer frivoles et superficiels aux premiers abords, mais c'est sans compter sur le talent de l'auteur pour nous immerger dans une société où les faux semblants sont à leurs comblent. On va donc suivre le parcours de cette femme qui aime se faire adorer. Avec un grand besoin de coquetterie, cette femme ne sais pas aimer, mais souhaite qu'on l'adore.
Dans ce texte, on nous présente deux types de femme : les femmes simples qu'il est bon d'aimer car elles se livrent en retour et les femmes coquettes que l'on ne doit pas aimer puisqu'elles s'aiment bien plus qu'elles apprécient les autres. André est pris au piège et ne parvient pas à sortir de cette relation à sens unique. A l'inverse de « Manon Lescaut » qui aime passionnément mais ne peut demeurer fidèle. Mme de Brune ne sait pas aimer, mais reste fidèle à son engagement. Maupassant nous livre donc une ultime critique sur son monde.
Ce roman nous fait réfléchir à la place de la passion dans une relation. Que faut-il mieux avoir la passion ou la sécurité de la fidélité ? Tant de sujets qui sont soulevé par Maupassant avec le rapport à sa société. On pourrait prendre ses récits comme de vulgaires lectures romantiques, mais elles nous démontrent d'un mal qui sévit depuis bien des siècles : le besoin de reconnaissance à travers un amour passionnel. Avec beaucoup de justesse, on se questionne sur nos propres relations et ce texte pourrait tout faire chambouler. Car au final qu'est ce qui prime : la passion ou la fidélité ?
Lien : https://charlitdeslivres.wor..
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Citations et extraits (96) Voir plus Ajouter une citation
PiertyMPiertyM   06 janvier 2015
Il était torturé, car il l’aimait. Différent des amoureux vulgaires, pour qui la femme élue par leur coeur apparaît dans une auréole de perfections, il s’était attaché à elle en la regardant avec des yeux clairvoyants de mâle soupçonneux et défiant qui n’a jamais été tout à fait capturé. Son esprit inquiet, pénétrant et paresseux, toujours sur la défensive dans la vie, l’avait préservé des passions. Quelques intrigues, deux courtes liaisons mortes dans l’ennui, et des amours payées rompues par dégoût, rien de plus dans l’histoire de son âme. Il considérait les femmes comme un objet d’utilité pour ceux qui veulent une maison bien tenue et des enfants, comme un objet d’agrément relatif pour ceux qui cherchent des passe-temps d’amour.
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PiertyMPiertyM   06 janvier 2015
Ils se tenaient la main ainsi que les adolescents qui s’en vont côte à côte par les routes de campagne, et ils regardaient maintenant, d’un oeil vague, glisser sur la rivière les mouches à vapeur. Ils étaient seuls dans Paris, dans la rumeur confuse, immense, rapprochée et lointaine qui flottait sur eux, dans cette ville pleine de toute la vie du monde, plus qu’ils n’avaient été seuls au sommet de la tour aérienne ; et pendant quelques secondes ils oublièrent vraiment tout à fait qu’il existait sur la terre autre chose qu’eux.
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aouatef79aouatef79   04 novembre 2020
Pendant ses années de mariage , un besoin de représailles avait peut-être germé dans son cœur , un besoin obscur de rendre aux hommes ce qu 'elle avait reçu d 'eux , d 'être la plus forte à son tour , de ployer les volontés , de fouailler les résistances et de faire souffrir aussi . Mais surtout elle était née coquette ; et , dès qu 'elle se sentait libre dans l 'existence , elle se mit à poursuivre et à dompter les amoureux , comme le chasseur poursuit le gibier
rien que pour les voir tomber .
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sabine59sabine59   24 février 2017
La parole éblouit et trompe, parce qu'elle est mimėe par le le visage, parce qu'on la voit sortir des lèvres , et que les lèvres plaisent, et que les mots séduisent . Mais les mots noirs sur le papier blanc, c'est l'âme toute nue.
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aouatef79aouatef79   28 octobre 2020
Sa réserve hautaine semblait dire : Je ne suis rien parce que je n 'ai rien voulu être . Il vivait donc dans un cercle étroit ,dédaignant la galanterie élégante et les grands salons en vue où d 'autres auraient brillé plus que lui , l 'auraient rejeté dans dans l 'armée des figurants mondains .
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Vidéo de Guy de Maupassant
Portrait de Guy de Maupassant
L'auteur du Horla demeure véritable une énigme pour l'histoire littéraire, ne serait-ce que par la profusion d'une carrière bâtie en une décennie, de la publication en 1880 de Boule de Suif à l'écriture de l'Angélus, qu'il n'achèvera jamais, en 1891. Au versant de l'écrivain limpide se trouve un homme insaisissable et paradoxal, un bourgeois proche des humbles, mais hostile aux idées révolutionnaires, un pacifiste, un ami, un tendre, un cynique, un sensuel…
Celui qui se disait “entré dans la vie comme un météore” s'est imposé comme l'un des écrivains les plus lus en France et dans le monde entier, avec des romans comme Une vie (1883), Bel-Ami (1885) ou Pierre et Jean (1887). Fils spirituel de Flaubert, génie littéraire qui sombra dans la folie, voici le portrait de Guy de Maupassant.
Guy de Maupassant et tous les grands auteurs sont sur www.lire.fr
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