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Stéphane Carn (Traducteur)
EAN : 9782226179883
599 pages
Éditeur : Albin Michel (03/10/2007)
4.12/5   70 notes
Résumé :
Ce que le petit Cory a vu ce matin froid de printemps, au fin fond de l’alabama, jamais il ne pourra l’oublier : une voiture folle, surgie de nulle part, s’enfonçant dans les profondeurs du lac, un inconnu attaché au volant par des menottes.
Il luttera de toutes ses forces d’enfant pour découvrir la vérité et conjurer les puissances démoniaques que le mystère du lac a libérées. une étrange prêtresse noire, centenaire, tentera de le guider… À la lisière du fan... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
4,12

sur 70 notes

Siabelle
  18 avril 2016
C'est une chronique spéciale pour moi et j'ai choisi le livre le «Mystère du lac» parce que Robert MCcammon fait partie de mes auteurs préférés. C'est un autre écrivain que j'affectionne particulièrement et ses histoires sont incroyables. C'est mon 6e livres et je suis assez satisfaite de ma lecture pour l'avoir fini en quelques jours. C'est un très bon pavé, il contient 765 pages. Il est écrit en cinq parties :
- Les ombres du printemps
- Les anges et les démons
- Les feux de l'automne
- La rigueur de l'hiver
- Zephyr tel qu'il est.
Robert McCammon est un écrivain américain et son genre c'est le fantastique, l'horreur et la science-fiction. Avant de devenir auteur, il fait carrière dans le domaine du journaliste et après une pause de dix ans, il revient dans l'écriture. On le reconnaît pour son livre «L'heure du loup» ainsi que «Scorpion.» Il se démarque aussi dans ce livre : le «Mystère du lac» car il gagne deux prix :
- Prix Word Fantasy (1992)
- Prix Bram Stocker (2012)

Angoissant, Déstabilisant, Envoûtant
L'histoire se passe dans une petite ville, des États-Unis du Sud. Elle se nomme Zephyr. C'est dans les années 1960, c'est à l'époque où les Blancs n'acceptaient pas encore la présence des Noirs. On perçoit fortement l'influence de l'Église et du Pasteur sur la communauté. La religion voit le mal partout. Le récit débute par un meurtre, le père de Cory plonge dans le lac pour secourir un inconnu. Cory perçoit une ombre étrange dans la forêt. Depuis cet accident, rien n'est plus pareil. On ressent une tension dans l'air, le climat est fragile et la sorcellerie fait peur. Cory essaie de faire son chemin et de trouver ses repères. Est-ce qu'ils vont retrouver l'assassin ? Est-ce que son père va s'en
sortir ?

Jeunesse, Mystère, Drame
Je finis ce gros pavé en quelques jours et je ressens encore un tel bonheur même après la lecture terminée. Je retrouve donc avec un plaisir intense, la plume communicative et magique de Robert MCcammon. Il capte alors mon attention du début jusqu'à la fin. Je m'attache alors à Cory, notre jeune héros.

Robert MCcammon sait très bien raconter une histoire et il plonge le lecteur dans un univers complètement enchanteur, mystique et dangereux. Au fil des pages, on suit alors Cory, un petit garçon de onze ans. On sent qu'il s'y dégage une fragilité, une innocence qu'on décode bien. On ressent aussi l'impuissance de Cory, quand il voit son père vivre de l'anxiété après ce drame. On voit qu'il se questionne sur l'existence, sur le bien et le mal. Il constate jeune que c'est les méchants qui l'emportent sur les plus faibles, que c'est les plus forts qui font régner la loi. C'est souvent le cas et il en fait lui-même l'expérience.
Au cours de l'histoire, on fait aussi la connaissance des personnages qui font partie de la vie de Cory. On rencontre ses amis, ses alliés et on fait face aussi à ses ennemis, à ses adversaires. Tu es bouleversée par les événements. Au fur et à mesure, tu remarques, que la ville change, l'atmosphère est de plus en plus malsaine. On sent une emprise, une folie et de la violence qui y règnent.

Le livre «le mystère du lac» aborde aussi les sujets tels que la religion, l'environnement et la survie. On y mentionne également l'enfance, la famille, l'amitié qui s'y taille une place importante. On y passe par toutes sortes d'émotions et c'est une des grandes forces de Robert MCcammon. Son écriture est claire, il emploi des mots forts, il ajoute des éléments fantastiques au récit. Il sait très bien ficeler son énigme, il transmet bien le message qui veut passer et il parvient très bien à garder la concentration du lecteur.
L'auteur Robert MCcammon peut parfois réinventer les personnages, il sait nous surprendre, et nous induire en erreur. J'aime beaucoup le mystère autour de la Dame Noire, ainsi que le petit garçon aux cheveux blonds. Je fais aussi un clin d'oeil en particulier à Lucifer.
Je ne cesserai jamais de le dire et de le redire, c'est un excellent conteur et il est un auteur à découvrir. Je crois que tout lecteur peut trouver une histoire qui peut lui convenir.

Pour moi, c'est une réussite pour que je dévore en peu de temps un gros pavé. C'est une lecture qui se lit facilement, autant pour les jeunes que les adultes. C'est un livre qui te permet de t'évader, de rêver et de retrouver ton coeur d'enfant. Il manie bien la réalité avec l'imaginaire. C'est certain qu'il peut avoir quelques longueurs, c'est normal car c'est un gros pavé.
Je trouve que la dernière partie «Zephyr tel qu'il est», elle
complète bien l'histoire. On voit ce qu'est devenu Cory, sa ville et les autres personnages. L'auteur Robert MCcammon nous rappelle que même si on grandit, il ne faut pas oublier notre côté enfant et notre émerveillement.
Je le conseille vivement car cette histoire m'a procuré une immense joie. Je remercie mes amis qui sont toujours là, qui me supportent dans mes critiques. Je remercie ceux aussi qui m'inspirent et qui me permettre de continuer mon écriture. Je remercie aussi ‘'Masa'' pour m'avoir fait connaître cet écrivain qui possède un talent immense.
Pour finir, je vous rajoute la chanson «I get around» qui est un élément important dans le livre. On dit souvent que tout est une question de perception. C'est amplement vrai et le fil peut être mince entre le bien et le mal.
Bonne écoute :
https://www.youtube.com/watch?v=wREBD2og5iY

P.S : Vous pouvez aller voir aussi la critique passionnée de Masa !!!
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Foxfire
  11 juillet 2018
Au cours du récit, Cody et ses copains, des gamins vont voir le film "Les envahisseurs de la planète rouge" et sortent traumatisés de la séance. Dans ce métrage, des extra-terrestres envahissent une petite ville en prenant le contrôle de l'esprit de ses habitants. Si j'évoque ce passage du roman de McCammon, c'est pour illustrer combien certains bouquins semblent vous parler, vous connaitre. J'avais 9 ans lorsque j'étais allée voir "L'invasion vient de Mars", le remake des "envahisseurs de la planète rouge". Ce film m'avait terrifiée et causé, comme à Cody, pas mal de cauchemars. Cela illustre la justesse de l'évocation de l'enfance qu'on trouve dans "le mystère du lac". C'est grâce à ce genre de détails que je peux avoir l'impression que l'auteur et moi on a des points communs, qu'on se comprend. Ce genre de sentiments que j'ai pu ressentir lorsque, ado, j'ai lu mes premiers Stephen King.
Comme le King lorsqu'il est à son meilleur, McCammon pose sur l'enfance un regard très juste et teinté d'une certaine mélancolie. Plusieurs fois, l'auteur dit qu'en grandissant, en sortant de l'enfance pour entrer dans l'âge adulte, on perd quelque chose. Je partage tellement cette idée... Je trouve en effet qu'un enfant a en lui une part de magie qu'il perd en devenant adulte. Beaucoup d'adultes n'y pensent pas, s'en foutent ou n'en ont même pas conscience. Moi, j'y pense régulièrement, je ressens intensément cette perte. Cela me rend un peu triste mais je suis aussi heureuse de percevoir cette magie qu'il y a dans l'enfance, enfance qui peut ressurgir lorsqu'on ressent des émotions telles que le temps d'un livre ou d'un film on retrouve un peu l'enfant qu'on était. "Le mystère du lac" est l'un de ces bouquins.
Bien sûr, tout n'est pas parfait, il y a des petites maladresses, certains éléments sont peu crédibles mais franchement on s'en fout totalement. Il y a une telle sincérité qui transpire du récit qu'on sent qu'il y a là une forte dimension personnelle. C'est évident, McCammon a mis beaucoup de lui-même dans ce roman. Il a fait parler ses tripes et son coeur. Et lorsqu'un auteur se livre avec une telle sincérité, le lecteur ne peut être que touché.
Le voisinage entre King et McCammon ne s'arrête pas à l'évocation tendre et nostalgique de l'enfance. Comme King, McCammon est un page-turner, un vrai, qui sait accrocher le lecteur, le ferrer. Il maîtrise l'art du suspense, des changements de rythme, il sait créer du mystère et instaurer une atmosphère prenante. Il a aussi un grand talent pour dépeindre une petite bourgade, sa géographie, son architecture, ses habitants.
Le fantastique n'est pas le moteur de l'histoire. Il n'est là que par petites touches mais ces notes légères donnent une ambiance particulière au récit, le quotidien se teintant de merveilleux.
L'intrigue est particulièrement bien construite. L'auteur ne va pas à la facilité, n'use pas d'effets évidents et gratuits. S'il est un page-turner, s'il sait rendre son récit totalement addictif, c'est à partir de tout petits riens. le quotidien de Cody est autant source de suspense que l'histoire du cadavre au fond du lac.
De la subtilité, il y en a aussi dans la façon dont McCammon créé des jeux de miroirs entre divers éléments. Ainsi, les monstres de films dont les photos tapissent les murs de la chambre de Cody trouvent un écho dans la révélation des véritables monstres qui se cachent parmi nous (et qui ont des visages bien plus présentables que les créatures difformes des films), thème qui renvoie également au film "les envahisseurs de la planète rouge". Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres. le roman est si riche qu'il pourrait se prêter à plusieurs lectures qui donneraient lieu à de nouvelles découvertes.
"Le mystère du lac" est un roller coaster émotionnel, un roman à suspense habité de superbes personnages, qui fourmille de belles idées, qui vrille les nerfs et touche le coeur. Une lecture magique !
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Masa
  04 juillet 2015
Qu'ils sont rares les récits de Robert McCammon et encore plus ceux traduits en français (saloperie de marketing éditorial). Alors quand j'en ai un à porté de main, c'est un événement spéciale. Je le savoure déjà des yeux et me délecte d'avance sur l'histoire. Bien que le bébé soit bien nourrir (environ 760 pages), je n'ai aucune crainte l'ouvrir. Il faut rappeler qu'avec lui, j'ai eux deux coups de coeur littéraires sur trois lecture. Il est une valeur sûr.
Ce qui est bien avec Robert McCammon, c'est qu'a chaque lecture le thème est différent. Après avoir goûté au joie de la lycanthropie, frissonné avec des Aliens et visité une ville régie par les femmes, celui-ci est orienté vers son enfance.
Étonnant que la traduction du titre dans notre belle langue, puisque le titre originale est « Boy's life » (pour ceux et celles qui ne connaissent pas l'anglais, on pourrait traduire par « la vie de garçon ») s'est transformé en « Le mystère du lac ». Pour le coup, je trouve la transformation du titre intrigante. Ce roman fut récompensé par deux prix littéraire : Prix Bram Stoker et Prix World Fantasy en 1992.
Pour ce livre, nous suivons l'histoire de Cory. Ce petit garçon pourrait-être Robert McCammon. D'ailleurs, dans l'introduction, je me suis posé la question s'il ne s'agissait pas d'une sorte de biographie. Les points communs sont légions. Ainsi, tous deux sont né en juillet 1952 (même année que Clive Barker et Stephen Laws –, il est presque de la génération d'auteurs fantastiques : James Herbert (1943), Dean Koontz (1945), Graham Masterton (1946), Francis Paul Wilson (1946), Stephen King (1947), Dan Simmons (1948) – c'est dire que cette génération est talentueuse), tous deux en Alabama, tous deux sont écrivains, tous deux le sont devenus en 1978 (non traduit chez nous « Baal »),… Quelque-part, j'entre en intimité avec l'auteur.
Nous démarrons le récit par les yeux de Cory lorsqu'il a onze ans (presque douze) en 1963. En cette fin d'hiver, Cory aide son père à livrer du lait. Durant le trajet, un véhicule manque de les percuter et se dirige vers le lac. Héroïque, son père se jette dans les eaux froides et profondes pour venir en aide à l'accidenté. Mais est-ce réellement un accident ? Cet événement tragique va bouleverser son père.
Je suis impressionné par l'écriture. Nul besoin de rappeler que ce n'est pas tout à fait Cory qui raconte son histoire, mais Robert McCammon. le style se veut mélancolique d'une enfance rêveuse et pleine de magie. Tout est fluide et se lit avec aisance. Je me surprend à avancer sans peine ce beau pavé.
Nous sommes dans cette petite ville du sud des États-Unis – Zephyr (rien à voir avec la divinité grecque). L'auteur nous décrit le cadre fidèle à l'image que l'on peut se faire des États du sud en 1960. D'un côté, nous avons une communauté de noirs qui sont dans une ville inondable – Bruton – et de l'autre, les blancs. Il n'y a pas de mélange, pas de métissage. La mentalité à survécu à la guerre de Sécession et beaucoup d'habitants sont racistes. Les gens sont catholiques pratiquants. D'ailleurs, j'ai adoré le passage avec l'attaque des guêpes durant la messe de Pâques, ainsi que le sermon du pasteur locale sur la débauche de la musique des Beach Boy.
La durée du livre se fait sur une année. Durant ce laps du temps, Cory grandira plus vite et son enfance laissera place à l'age adulte. Confronté à de nombreux problèmes qui le touchent, l'insouciance juvénile s'éloigne peu à peu de lui. J'ai évoqué le racisme qui prend un rôle majeure dans les États-Unis des années 60, mais également cité de façon plus rare et évasive, la guerre froide, ainsi que la guerre du Vietnam. Et puis, la transformation du pays de l'oncle Sam tout comme le monde vers le capitalisme. Les petits commerces sont remplacés par un centre-commerciale et l'emploi de laitier du père est menacé. L'ère du tout tout-de-suite et la victoire de l'ignominie plastique sur le verre sont abordés. Nous observons impuissant à la mutation de la ville de Zephyr vers un avenir incertain.
J'ai été scotché par cette ambiance sixties, de cette enfance de Cory. Ce jeune adolescent rêve de devenir écrivain. Ce fut un plaisir de partager ses aventures avec ses trois amis (Davy Ray, Ben et Johnny). Souvent drôle, parfois tragique, sa vie est mouvementée.
Avec tout cela on n'oublierai presque le mystère du lac. J'ai trouvé que la trame était trop peu exploité et trop timide. Il faudra attendre plus de la moitié pour que des pièces apparaissent au compte-goutte. Et puis, tout devint limpide. On connaît plus ou moins qui est le responsable – Cory aussi –, mais l'auteur étale l'énigme sur de longues pages. Puis, tout s'emboîte et les éléments convergent vers ce que je pensais. Bien que je susse la finalité, j'ai été scotché par les dernières pages. Il m'était impossible de lâcher le livre. Un très bon final qui parachève cette histoire. La dernière partie intitulé « Zephyr tel qu'il est » provoque un maelstrom d'émotions et de mélancolies.
Et le Fantastique dans tout cela ? Il est présent. Aussi timoré que l'enquête, il pointe son nez par de délicieux moments. Il y a cette femme – La Dame – une centenaire de couleur. Elle a des pouvoirs mystiques. J'aurai aimé qu'elle soit plus présente dans le livre. Toutefois, elle jouera un rôle majeur. Cory, aussi, possède certains facultés – tout comme son père. Il est hanté pas un rêve étrange.
Mais Robert McCammon est un auteur d'horreur et de nombreux passages sont cruels, ce qui n'est pas pour me déplaire. J'ai en mémoire l'une des rixes mémorables entre la bande à Cory et les frères Branlin.
J'ai été immergé et tendu lors de divers passages avec le père de Cory. Je pouvais ressentir toute cette tension palpable.
Robert McCammon nous habitue à une multitude de personnages. À l'instar de « Scorpion », il nous peint un village réaliste. Il faut souvent s'accrocher pour retenir tous ces noms. J'ai souvent été pris d'une soudaine amnésie me demandant qui était celui-là. Mais faut avoué qu'ils ont tous un rôle. Dedans, j'ai vraiment apprécié le petit singe – au doux nom de Lucifer – qui rend la vie des villageois un enfer.
Si je dois lui trouvé des défauts, je dirai que le livre se concentre plus vers Cory que vers les éléments fantastiques. Je pourrai aussi parler de la narration à la première personne, genre que je
déteste, mais elle est ici souvent mélangé avec la troisième personne. Ce roman comporte de temps à autre des longueurs (moins pesante que celles de Stephen King), mais je ne me suis pas lassé (bien que je n'ai pas aimé le passage dans le train).
Je pourrai encore m'étaler sur l'atmosphère, sur les personnages, sur les faits (certains sont irrésistibles, hilarantes, douloureuses, émouvantes, toutefois criantes de vérité), mais comment peut-on résumé un livre de près de 760 pages en quelques lignes ? Robert McCammon nous narre une fabuleuse odyssée, celle de son enfance bien qu'enjolivé, et quand on sait qu'il l'a écrit en six mois. J'ai aimé ses tournures de phrases, son écriture. Robert McCammon est une légende. Il est une valeur sûr pour toute personne qui aime le Fantastique.
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Saiwhisper
  29 août 2017
J'aime beaucoup découvrir de nouveaux auteurs, surtout lorsqu'il s'agit d'imaginaire ou d'horreur. C'est sur les conseils de Masa et de Siabelle que je me suis penchée sur Robert R. McCammon… Hélas, je n'ai pas aimé autant qu'eux. C'est dommage car, même si je suis allée jusqu'au bout (parfois en diagonale), je n'ai vraiment pas réussi à rentrer dans le récit. Désolée, mais ce n'était pas pour moi… Je crois que c'est sans doute la première fois que je ne suis vraiment pas d'accord avec Sia sur un livre… Il fallait bien que ça arrive un jour ! Cela dit, ce n'est pas pour autant que j'abandonne la découverte de cet auteur. J'en réserverai un autre plus tard à la bibliothèque, car si Robert R. McCammon plaît autant aux lecteurs, ce n'est pas pour rien !… Dans ce roman, ce sont les longueurs, le rythme inégal, l'enquête lancée mais qui retombe rapidement et le fait que j'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire qui m'ont principalement dérangée. L'ouvrage étant construit comme des épisodes ou des nouvelles qui se succèdent, j'ai eu du mal à progresser. Certains chapitres me plaisaient, d'autres m'ennuyaient, tandis que certains me laissaient perplexe. Certains n'avaient parfois rien à voir avec les intrigues précédentes !
D'un côté, je trouvais que le livre faisait très jeunesse/ado à cause du narrateur qui est un enfant, de l'autre, je me disais qu'un jeune ne lirait jamais un aussi gros pavé à moins de le couper en deux tomes… Même si l'on a une mise en abîme avec un récit conté par un personnage fictif, c'est bien un adulte derrière cette plume ! Il faut également dire que les sujets abordés ne sont pas simples pour des jeunes lecteurs… Et c'est pourtant ce qui m'a le plus plu. En effet, derrière le récit conté par Cory, l'auteur met en avant plusieurs thématiques comme la violence, l'alcoolisme, le racisme (nazisme, Ku Klux Klan, etc.), la guerre, la religion, l'injustice, les trafics illicites, la mort ou encore le meurtre. Cet ouvrage n'est pas si innocent et tendre qu'il ne le laisse paraître ! On pourrait y voir le passage de Cory à l'âge adulte : malgré ses envies de jouer au baseball, de regarder des films ou de faire du vélo avec ses amis, il va apprendre malgré lui ce qu'est être un adulte. On a là toutes les étapes ou les sujets difficiles que le jeune homme va devoir affronter. Bien sûr, c'est perçu avec naïveté et fraîcheur, toutefois Cory va faire des expériences, va écouter les conversations et va se forger son propre avis une fois qu'il aura ouvert les yeux… C'est très intéressant. J'ai particulièrement apprécié le personnage de la Dame, une vieille sorcière noire qui a de l'humour, de la sagesse et qui dégage un certain mystère !
L'auteur a habilement joué avec la fiction et la réalité. Pendant toute ma lecture, je me suis demandée si c'était Cory qui fabulait et avait l'imagination fertile, ou bien si la magie était bien présente. On parle quand même de créature des eaux agressive et sanguinaire (Le Vieux Moïse) qui ressemble à un crocodile, d'oeil magique sur le phare du vélo, de fantômes ou de bestioles en tous genres qui sont parfois bien loufoques ! Quelques protagonistes comme La Dame affirment que certaines choses existent et d'autres non. Alors quelle est la part de vérité, du jeu des bambins ou de l'imaginaire dans tout ça ? Je pense que c'est au lecteur de se faire sa propre opinion… Aimant toutes les légendes et le folklore, j'aurais tendance à imaginer que Cory et ses amis n'ont pas toujours rêvé ou imaginé certaines choses… Et, une chose est sûre : il s'en passe, des péripéties, dans cette petite ville au sud de l'Alabama !
Il y a du bon dans « le mystère du lac ». Hélas, cela ne change pas le fait que j'ai vraiment peiné à lire certains chapitres et que mon intérêt a été en dents de scie pendant toute la lecture… J'avoue que j'ai même failli abandonner pour reporter ma lecture à plus tard… Mais j'ai tenu bon, car j'avais réellement envie de découvrir cet auteur ayant conquis Masa et Siabelle… Je ressors assez déçue néanmoins, je vous conseille de découvrir d'autres avis qui sont majoritairement positifs. Cela vous donnera un ressenti plus général.

Lien : https://lespagesquitournent...
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Aurore595
  04 novembre 2018
Bon, quand faut y aller, faut y aller… Ça fait déjà plusieurs jours que je réfléchis à comment mettre de l'ordre dans mon cerveau afin de rendre hommage comme il se doit à cette petite pépite… Pour faire bref, c'est clairement un des plus beaux livres que j'ai pu lire !!!

Le speech de base nous parle d'un thriller sur fond de fantastique : Un matin, Cory, 12 ans, va être témoin avec son père d'un événement auquel il aurait mieux valu ne pas être mêlé... Une voiture surgit de nulle part et se précipite dans le lac, avec à son bord un homme roué de coups, attaché au volant et Cory va devoir "lutter pour conjurer les forces démoniaques que le mystère du lac a libérées".
Mais l'histoire va bien au-delà d'un simple thriller, qui au final passe largement au second plan. C'est surtout une ode à l'enfance, à l'imagination, à toute cette magie que l'on peut avoir en nous quand on est gosses et que l'on a malheureusement trop souvent tendance à oublier en grandissant. L'histoire, divisée en 4 parties et rythmée par les saisons, nous est racontée par le personnage principal une fois adulte, et étant une grande fan de Stephen King, cette vision de l'enfance pleine de nostalgie m'y a beaucoup fait penser.

Ce roman est une leçon de vie ! On aborde énormément de thèmes, tels que le racisme (l'histoire prend place dans le sud des Etats-Unis durant les années 60…), la religion, l'évolution de la société qui se fait parfois au détriment des « petits » travailleurs locaux, le pouvoir que l'on a l'impression d'avoir et que l'on se donne sur la nature alors que nous ne sommes rien, l'amitié, le deuil, etc…
C'est extrêmement émouvant et bien écrit. La sensibilité de ce petit garçon qui voit de la magie partout et qui refuse de croire que l'on puisse faire du mal sans raison est hyper attendrissante. C'est un roman initiatique et on évolue avec lui, dans ses questionnements sur le bien, le mal, la vie, la mort, la misère, mais aussi dans son petit quotidien avec ses amis, ses jeux, son vélo, ses BD et son imagination sans limites. Cette enfance merveilleuse telle qu'elle doit être !

L'auteur soulève beaucoup de questions et de réflexions et j'ai souvent dû poser mon bouquin quelques minutes ou quelques heures, pour m'imprégner de ce que j'étais en train de lire, pour mettre des citations de côté (parfois des petits passages, souvent des pages entières), pour tenter de ravaler mes larmes ou simplement relire encore et encore le même passage parce que l'auteur a une plume envoûtante et que c'est juste un roman qui se savoure…

Je pense que je pourrais en parler encore pendant des heures alors je vais m'arrêter là ! En tout cas c'est un roman que je vais garder bien précieusement, pour pouvoir le lire et le relire jusqu'à ce que les pages s'arrachent, que je vais prêter encore et encore et que je ferais inévitablement lire plus tard à mes enfants.
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Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
SiabelleSiabelle   12 avril 2016
Il se produisit une chose étrange. Elle s'était mise à parler et, au fil de ses mots, il me sembla que l'air se chargeait d'une iridescente nacrée. Ses yeux avaient piégé les miens. Je ne pouvais plus leur échapper.
- Moi, on m'a accusée d'être un monstre. Pire qu'un monstre. Ma mère a été tuée sous mes yeux, quand je n'étais pas plus vieille que toi, par une femme jalouse de ses dons. J'ai juré que je retrouverais cette femme. Elle portait une robe rouge et elle avait sur l'épaule un petit singe qui lui disait des choses. Elle s'appelait LaRouge. Il m'a fallu une vie entière pour la retrouver.
Je suis allée à Leppersville, et j'ai sillonné les rues inondées dans une barque que je faisais avancer à la rame. À travers le brouillard chatoyant, ses rides semblaient s'estomper. Elle paraissait plus jeune. J'ai vu les morts marcher. Ma meilleure amie s'est couverte d'écailles et s'est mise à ramper sur le ventre... Son visage avait encore remonté le temps. Sa beauté m'irradiait , maintenant, me brûlait la figure.
J'ai vu celui qui fabrique les masques. J'ai craché l'oeil de Satan et j'ai dansé dans les salles de bal de la Société des Ténèbres. C'était une jeune femme à la longue chevelure sombre, aux pommettes hautes et orgueilleuses, au menton aigu, aux yeux hantés de souvenirs terribles.
- J'ai vécu, prononça sa voix ferme et limpide, j'ai vécu cent vies et je ne suis pas toujours morte. Tu me vois jeune homme ?
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SiabelleSiabelle   14 avril 2016
C'était un petit singe, tout en bras et en jambes, qui crachotait de colère pendant que le Révérend, dont la voix couvrait même celles des ''Californicateurs.'' Danse ! Danse sur ta musique !
Lucier, qui était resté enfermé Dieu sait combien de temps dans sa boîte, n'avait pas l'air d'apprécier. Il sifflait et ses dents se refermaient dans le vide. Sa queue battait l'air comme un fouet de fourrure grise.
Allez, Lucifer, Danse ! criait le Révérend, en secouant l'animal dans tous ses sens, au bout de sa longe.
Debout dans l'allée, un groupe de gens applaudissaient en se contorsionnant. Une grosse dame à la bedaine plus rebondie que les coussins de notre canapé s'était dressée sur les deux petits troncs qui lui servaient de jambes et titubait de-ci, de-là, en sanglotant. ''Jésus... Jésus...'' geignait-elle. On aurait cru qu'elle appelait un petit chien qu'elle avait perdu.
''Danse, danse !'' criait le Révérend.
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SiabelleSiabelle   10 avril 2016
Pendant qu'ils parlaient, je descendis du camion et je m'approchai de l'endroit où il m'avait semblé voir l'ombre. Je ne vis que des herbes folles, des pierres et de la boue, là où il s'était tenu — si du moins c'était un homme, me dis-je. Et si ç'avait été une femme ? Je n'avais pas vu de longs cheveux mais, à vrai dire, je n'avais pas vu grand-chose. Juste un manteau qui battait au vent.
Je passai et repassai le long de la lisière des arbres. Au-delà, les bois s'épaississaient et commençait le règne des marécages. Je ne trouvai rien.
- On ferait mieux de revenir au poste et je mettrai tout ça par écrit, dit le Shérif. Si tu veux te changer, pas de problème.
Papa acquiesça.
- Je dois aussi terminer ma tourner et emmener Cory à l'école.
- Ok. De toute façon, je ne vois pas ce qu'on pourrait faire pour le pauvre type qui est là-dessous. Les mains dans les poches, il marmonnait... Un meurtre... Le dernier qu'on a eu, c'était en 61... Tu te rappelles, quand Bo Kallagan a assommé sa femme avec son trophée de bowling ?
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SiabelleSiabelle   08 avril 2016
Mon père parcourut sa liste de livraisons avec Mr Bowers, le contremaître, un gros bonhomme avec les cheveux en brosse. Puis nous attaquâmes le chargement du camion, les bouteilles de lait, les boîtes d’œufs, les seaux de fromage blanc et la salade haricots-pommes de terre, spécialité de l'établissement. Tout sortait de la glacière. Les bouteilles de lait scintillaient de givre sous les lumières de l'aire de chargement. Leurs capsules arboraient le visage d'un laitier jovial, avec le slogan : ''Buvez du lait, c'est la santé !''
Pendant que nous chargions, Mr Browers vient vers nous, son écritoire à pince au côté et le stylo derrière l'oreilles. ''Tu crois que ça te plairait d'être laitier Cory ? fit-il et je lui répondis que oui, pourquoi pas. ''Le monde aura toujours besoin de laitiers, enchaîna-t-il. Pas vrai, Tom ?
— Tout juste, Auguste, répondit mon père - c'était sa formule fourre-tout, qu'il plaçait quand il n'écoutait qu'à moitié.
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SiabelleSiabelle   10 avril 2016
Comme tout un chacun, je connaissais bien le sens du rituel. La Dame avait servi au vieux Moïse son banquet annuel. Par contre, j'ignorais de quand datait la cérémonie — elle devait être bien antérieure à ma naissance.
On peut penser, comme le Révérend Blessett de la Fredom Baptist Church, que le maire et le conseil municipal auraient dû interdire cette coutume païenne, inspirée par Satan. Mais une proportion suffisante de la communauté blanche croyait au Vieux Moïse pour désamorcer les protestations du prêcheur.
Ça revenait à se promener avec une patte de lapin, ou à jeter du sel par-dessus son épaule — toutes ces croyances qui s'enra-cinent dans le grain même de la vie. Mieux vaut s'acquitter, au cas où les voies de Dieu seraient encore plus impénétrables que ne peuvent le supposer nos esprits chrétiens...
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