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Glendon Swarthout (Autre)Laura Derajinski (Traducteur)
EAN : 9782351786390
280 pages
Éditeur : Gallmeister (07/01/2021)
4.26/5   202 notes
Résumé :
Au cœur des grandes plaines de l'Ouest, au milieu du XIXe siècle, Mary Bee Cuddy est une ancienne institutrice solitaire qui a appris à cultiver sa terre et à toujours laisser sa porte ouverte. Cette année-là, quatre femmes, brisées par l'hiver impitoyable et les conditions de vie extrêmes sur la Frontière, ont perdu la raison. Aux yeux de la communauté des colons, il n'y a qu'une seule solution : il faut rapatrier les démentes vers l'Est, vers leurs familles et leu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
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sur 202 notes
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marina53
  05 mars 2018
Quelques familles avaient quitté l'Ouest américain pour s'installer dans le Nebraska, là où l'on promettait des terres cultivables et un meilleur avenir. Malheureusement, la grêle de juillet, le vent brûlant de l'automne et l'hiver terriblement rugueux avaient eu raison de leur récolte. Pourtant, les hommes trimaient à longueur d'année. Les femmes n'étaient pas en reste : elles s'occupaient de la maison et enfantaient. Des enfants qu'ils avaient du mal à nourrir pendant l'hiver. Aussi, l'enfant que Theoline Belknap portait de nouveau en elle ne fut pas accueilli avec joie. Bien au contraire...
Mary Bee Cuddy, une ancienne institutrice, fermière célibataire s'occupant seule de ses terres, était une femme robuste et vaillante. Ce fut donc vers elle que le révérend Alfred Dowd se tourna pour lui parler de ces femmes qui avaient perdu la tête. Qu'elles aient perdu ou tué leurs enfants ou bien qu'elles n'aient pu en avoir, toutes étaient devenus folles. Leurs maris, apeurés, ne voulant plus guère les garder auprès d'elles, voulaient les renvoyer dans leurs familles. le rapatrieur était tenu de les amener jusqu'à Hebron, dans l'Iowa. Malheureusement, tous refusèrent. Par charité chrétienne, Mary Bee se proposa. Avant qu'elle ne prenne la route accompagnée des quatre femmes, elle fit une bien étrange rencontre. Un certain Briggs qui, visiblement, n'eut d'autre choix que de convoyer avec elle...
Quelle traversée inoubliable que nous propose Glendon Swarthout ! En compagnie de l'indépendante Mary Bee Cuddy, du vaurien et bon à rien George Briggs et des quatre femmes considérées comme folles que leurs maris veulent renvoyer dans leurs familles. Dans ce milieu hostile, l'auteur décrit avec ferveur la vie des pionniers, leurs rêves mais surtout leurs désillusions. Il dépeint avec force le portrait d'une femme autoritaire, un brin bourrue mais profondément humaine et sensible dont le sort de ses quatre passagères tient à coeur. Alternant l'épopée et le passé de chacune d'elles, ce roman nous plonge au coeur de destins de femmes aussi tragiques que touchants. Ce roman traite à la fois de la solitude, de l'existentialisme, de la folie, de la liberté. Au coeur de cette nature sauvage, aride et inhospitalière, l'on vibre et l'on s'émeut. Un roman au souffle épique habité par des personnages passionnants et servie par une écriture sauvage et âpre.
À noter que ce roman a été adapté au cinéma par Tommy Lee Jones avec Hilary Swank.
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Foxfire
  20 janvier 2016
Le western est un paradoxe. Genre très codifié, il est typiquement américain, notamment de par l'importance du mythe de la "frontière". Pourtant, c'est un genre qui appartient à l'imaginaire collectif de quasiment toutes les cultures. Cela tient sans doute au fait que le western aborde des thèmes universels, la vengeance, le choix entre courage et lâcheté, la naissance de la civilisation... Peut-être aussi cela tient-il au fait que le western est le genre idéal pour proposer des histoires simples et belles.
"Homesman" de Glendon Swarthout, c'est cela, une histoire simple et belle. A l'image de ses deux personnages principaux. Cuddy, courageuse, déterminée, fière (trop parfois) et Briggs, hors-la-loi solitaire au mauvais caractère cachant tout de même un coeur bon, sont de très beaux personnages, attachants, vivants, de ceux qui marquent durablement le lecteur.
C'est la désillusion de la conquête de l'ouest qui est au coeur du récit. Ces terres que les pionniers imaginaient pleines de promesses se révèlent hostiles, dures. Les territoires sont encore sauvages et y survivre est une lutte dont tous ne sortent pas vainqueurs. L'auteur décrit parfaitement la rudesse de la vie dans ces terres pas encore apprivoisées. le lecteur perçoit intensément la misère, le froid, l'épuisement physique et moral de ces hommes et femmes. Des conditions de survie extrêmes qui contraindront certaines, anéanties, à devoir prendre le chemin du retour vers l'est.
Mais le ton du roman n'est en rien misérabiliste et déprimant. Relaté comme une aventure, le voyage des deux héros et de leur "chargement" est plein de péripéties haletantes et parfois même teinté d'humour.
Swarthout sait parfaitement décrire la nature sauvage, ces paysages immenses dans lesquels l'Homme est minuscule. L'écriture est épurée, directe, sans être aride. Sobre et subtile, l'écriture est élégante.
Par la grâce de ses deux merveilleux personnages, d'une histoire passionnante et d'une écriture simple et belle, Glendon Swarthout compose avec "Homesman" un grand roman humaniste, touchant et subtil.
Challenge Multi-Défis 2016 - 5 (catégorie "un western")
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Bruidelo
  12 octobre 2020
Une version âpre de la conquête de l'Ouest, où l'extrême dureté des conditions de vie des pionniers peut mener à la folie et où l'État qui les a encouragés à partir peupler l'Ouest n'a strictement rien mis en place pour aider ceux et celles qui sombrent. Les femmes devenues démentes doivent donc être rapatriées à l'Est, là où elles ont de la famille qui pourra s'occuper d'elles, ou à défaut, là où il y a des asiles.
C'est intéressant, les personnages sont assez originaux. Mary Bee Cudy nous est d'abord présentée à travers la vision qu'en a le révérend Alfred Dowd: une femme bien, une femme forte, instruite, un véritable pilier de la communauté, qui a réussi à ramasser assez de fonds pour permettre la construction d'une école-église, qui remonte le moral des déprimés, soigne les malades, joue la tante auprès des plus petits, donne de la nourriture à ceux qui risquent de mourir de faim... Qui sait aussi manier le fusil comme un vrai soldat. La suite du récit nous fera aussi découvrir ses failles et fêlures.
Briggs au contraire nous apparaît d'abord comme un satané vaurien, mouillant dans des sales combines, échappant in extremis au lynchage à la condition d'aider Mary Bee Cudy à rapatrier les femmes folles vers leur terre d'origine. C'est aux yeux de Mary Bee un loup solitaire qui semble n'avoir jamais entendu prononcer le mot «coopération». Mais lui non plus n'est pas un personnage monolithique.
Au niveau de leur relation pourtant, Glendon Starthout aurait pu à mon avis aller plus loin, construire quelque chose de plus captivant. C'est un bon roman mais un peu en-deçà de ce que j'en attendais.
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musaraneus
  17 mai 2019
Nebraska, milieu du 19ème.
L'hiver est rude cette année encore, au coeur des grandes plaines de l'Ouest. Ceux qui y sont venus tenter leur chance, en s'installant ici comme cultivateurs terriens le savent : les plus faibles ne verront pas le printemps. Les loups rôdent, la faim se fait sentir; La diphtérie fait des ravages; Seuls les plus chanceux et les plus travailleurs s'en sortent.
Parmis eux, une femme, Mary Bee Cuddy, ancienne institutrice, cultive seule sa terre. Femme courageuse et indépendante, Cuddy est connue de tous pour sa grande bonté. Alors quand le révérand Dowd lui confie que quatre femmes de la region, que la rudesse de cette vie à rendues folles, vont être convoyés vers l'Est, elle ne peut se résoudre à les abandonner...
A bord d'une diligence transformée en fourgon, avec pour toute aide celle de Briggs, un hors la loi solitaire et grognon rencontré en chemin, elle part vers l'Est ramener ces femmes chez elles.
Dans ce western qui fait la part belle aux femmes, Glendon Swarthout raconte la désillusion des migrants qui partirent chercher fortune au delà du Missouri, dans le « Territoire » et qui payèrent très cher, parfois de leur vie, la conquête de l'Ouest.
Mais il s'agit également d'un formidable récit d'aventures ponctué, au plus fort du drame, de petites notes d'humour distillées avec espièglerie par la plume maîtrisée de l'auteur. L'effet est jouissif !
Un roman passionnant, à l'écriture très cinématographique (Tommy Lee Jones ne s'y est pas trompé en l'adaptant en 2014) et qui tient le lecteur en haleine.
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Labibliothequedemarjorie
  27 juillet 2021
Région de Wamego, dans l'ouest américain, au milieu du 19ème siècle.
Les villes n'ont pas encore de nom, ce sont des terrains que les colons occupent et finissent par acheter. Tout est à construire. Il n'y a rien même certains bâtiments commencent à sortir de terre. Contrairement aux villes de l'Est, lieux d'arrivée, les communautés se sont largement installées. Mais, la conquête de l'ouest fascine. Beaucoup de jeunes couples souhaitent partir et entament le périple à travers le pays dans l'espoir d'acquérir de grandes terres à cultiver et d'y installer leur ferme et leur production. Cependant, le chemin est long, les plaines de l'ouest sont rudes, le climat, les animaux et la nature sauvage règnent.
Pourtant, quelques colons ont eu le courage de le faire. Nous rencontrons quatre familles aux vécus différents mais douloureux, dans lesquelles les femmes sont profondément touchées et ne peuvent plus vivre dans de telles conditions.
"Pendant l'hiver, quatre femmes de la région, de bonnes épouses, ont perdu la tête. Leurs maris ne pouvant ne pouvant plus s'occuper d'elles. On doit les conduire dans l'Iowa où le pasteur et son épouse pourront les amener dans leurs familles respectives."
"Homesman" c'est une traversée du Missouri, en chariot, durant cinq semaines. Une seule personne a accepté de faire le voyage, Mary Bee Cudy, trentenaire célibataire, ancienne institutrice. Une femme débrouillarde, n'ayant peur de rien, ni de personne. Pour l'accompagner, il y a Georges Briggs, un voleur qu'elle a sauvé de la mort.
Les quatre femmes devant être conduites dans l'Iowa, embarquent avec leurs guides pour un voyage long et difficile. Elles s'appellent Theoline, Hedda, Arabella et Gro. Elles ont vingt, trente ou quarante ans. Leur point commun : elles ont perdu la tête suite à la maladie, la mort d'un enfant, la dureté de la nature et la peur. Elles sont en état de choc.
Une lecture qui nous fait traverser l'Amérique des plaines et des montagnes face aux dangers des animaux sauvages, des indiens et des hommes. On assiste à la construction des premières villes de l'ouest, aux côtés d'une femme solitaire, courageuse et déterminée.
Un très beau portrait de femme dans une Amérique du 19ème siècle au milieu des paysages vastes et grandioses nord-américain. Une superbe lecture.
Lien : http://labibliothequedemarjo..
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Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
OlivOliv   19 janvier 2021
Vue du ciel, Loup devait ressembler à un amas de bouses de bison. Vue de la terre ferme, c'était un éparpillement de cabanes et de petits bâtiments, certains en terre, d'autres en bois, parfois les deux, érigés ici et là dans un vallon, et au milieu serpentait une route principale maculée de boue et de crottin. Dans la ville se trouvaient un magasin général et une épicerie où le courrier, quand il était acheminé, était distribué ; une banque avec un comptoir, un bureau et un coffre-fort ; un saloon avec un fût de whiskey et un bar constitué de plusieurs planches posées sur des tréteaux ; un parc d'engraissement où l'on abattait les porcs et les bœufs à la demande locale ; et l'entreprise de Buster Shaver, constituée d'une forge aux murs de bois, d'une remise en planches et d'une écurie surmontée d'un toit couvert de broussailles. Par beau temps à Loup, on comptait près d'une centaine d'habitants et de chiens, sauf le dimanche. Par mauvais temps, on en comptait moitié moins, chiens y compris.
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ArakasiArakasi   07 janvier 2014
Il y avait au début de la Genèse une phrase qui disait : « La terre était informe et vide, et les ténèbres à la surface de l’abîme. » Elle aussi, ces derniers temps, avait eu l’impression que le vide se faisait brusquement en elle, que se creusait en son sein un abîme, sombre et profond. Puis on craquait une allumette, la lumière jaillissait et Mary Bee était bientôt embrasée de l’intérieur. C’était de la fureur, comme celle qu’elle avait éprouvé contre Vester Belknap. Ou comme une graine, un cristal de glace se formait, grandissait, et l’abîme se remplissait de glace. C’était de la peur, comme celle qu’elle avait ressentie devant le serpent. Devenir vide, c’était plus souvent la peur que la colère, elle l’avait constaté, surtout pendant les longues nuits d’hiver dans sa maison, quand les loups hurlaient et qu’elle était seule comme maintenant, et sentait le premier cristal se former.
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dedansodedanso   05 décembre 2019
Ils n'avaient pas d'enfant, mais ce n'était pas faute d'essayer. Chaque nuit, sauf quand elle avait ses règles, le mari passait une jambe par-dessus son épouse, relevait sa chemise de nuit, la montait, s'affairait sur elle comme s'il maniait un pied-de-biche ou une hache, versait sa semence, roulait sur le côté et s'endormait. Ils n'échangeaient aucun mot doux. Ils ne s'embrassaient pas. Thor ne concevait pas pourquoi Gro ne pouvait pas concevoir. Comment un champ, un champ vierge, labouré et semé à maintes reprises, pouvait-il ne produire aucune récolte ? Quel poison dénaturait ce terreau ? C'était sans doute elle, la fautive. N'avait-il pas rempli son devoir ? Pourquoi ne pouvait-elle pas remplir le sien ?
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collectifpolarcollectifpolar   31 octobre 2019
Depuis qu’elle lui avait appris l’été dernier qu’elle était enceinte de deux mois, il l’avait regardée changer. Elle restait muette des heures durant. Certains jours, par temps clément, il rentrait des champs pour la trouver debout dehors, à scruter la prairie comme s’il y avait quelque chose à voir. Son sommeil était agité. Elle était grincheuse. Elle triait les aliments dans son assiette. Elle souffrait de maux de tête. Jadis si fière de sa chevelure noire qu’elle coupait, lavait et brossait avec une régularité infaillible, elle la laissait désormais pousser, grise et sale. Les filles disaient qu’elle balayait parfois la maison trois fois de suite et laissait entrer le froid, mais il arrivait à Vester de rentrer et de la trouver assise sur une chaise à scruter la pièce autour d’elle. Il se faisait du souci pour elle. Il l’observait et le varron lui revenait à l’esprit – elle avait un ver sous la peau, en elle, qui dévorait la femme aimante, joyeuse et forte qu’elle avait été, et il n’avait pas d’huile de charbon pour s’en débarrasser. Un ver ? Le bébé ?
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marina53marina53   05 mars 2018
Les larmes étaient les armes des femmes, qu'elles dégainaient quand aucune autre n'avait fonctionné.
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Vidéo de Glendon Swarthout
Glendon Swarthout - Homesman .Une de nos libraires vous présente « Homesman » de Glendon Swarthout publié aux éditions Gallmeister. http://www.mollat.com/livres/swarthout-glendon-Homesman-9782351780763.html Notes de musique : "RUNNING WATERS" par Jason Shaw (http://audionautix.com/index.html)
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