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Anabel Herbout (Traducteur)Edgardo Cozarinsky (Traducteur)
EAN : 9782020333061
181 pages
Éditeur : Seuil (20/01/1998)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 220 notes)
Résumé :
Deux pensionnaires d'un collège religieux de Barcelone ont disparu. Une nonne délirante et un policier véreux promettent la liberté à un délinquant fou à condition qu'il éclaircisse le mystère.
Ce roman policier d'une férocité parodique porte sur l'Espagne de l'après-franquisme un regard aussi cocasse qu'impitoyable.
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  07 juillet 2016
Le mystère de la crypte ensorcelée.
Dans ce premier volume d'une trilogie, Eduardo Mendoza nous emmène en Espagne, avec Le Mystère de la Crypte Ensorcelée.
Dès les premiers paragraphes on a affaire à une histoire burlesque où le narrateur – qui ne dira jamais son nom – délinquant sorti de l'asile psychiatrique où il est interné – par un policier et une nonne, pour résoudre, en échange de sa liberté, le mystère sur la disparition de deux pensionnaires d'un collège de soeurs lazaristes.
L'auteur n'accorde aucune concession à la société espagnole.
Ses propos sont toujours caustiques et la façon dont est traitée l'enquête est complètement loufoque de même que la façon dont s'exprime le héros.
Pendant son enquête, il rencontre Mercédès, une prostituée qui tentera de lui apporter de l'aide.
Tout est raconté dans un style baroque et il ne se passe pas une seule page sans que le lecteur n'éclate de rire.
Pourtant l'enquête est très sombre et le héros-narrateur fait preuve, très souvent, d'une grande perspicacité – pour un fou il est très fort – et nous assistons à des scènes vraiment absurdes.
Après avoir résolu, évidemment, ce mystère dans une enquête complètement déjantée, le héros dit qu'il s'est bien amusé, mais il pense également que, de retour à l'asile, il pourrait enfin prendre une douche – dont il a grandement besoin – et qu'il pourrait aussi boire du Pepsi-Cola dont il est grand amateur. Il en parle très souvent.
Le livre finit d'une façon qui nous fait penser qu'il y aura une suite et puisqu'il s'agit d'une trilogie, il ne nous reste plus qu'à lire les ouvrages suivants – à condition d'avoir aimé le style de cet ouvrage.
Eduardo Mendoza en profite pour porter un jugement sans pitié sur le gouvernement de l'après – franquisme en Espagne.
J'ai trouvé que ce petit livre avait un effet reposant à cause de l'absurdité toujours présente, mais il faut bien faire attention à la lecture des propos du héros tellement ils sont tarasbiscotés et les situations, la plupart du temps, sont farfelues et très pittoresques.
Je rajouterai que ce livre est un vrai DELIRE !
Je trouve qu'une critique du Monde convient parfaitement au livre : de pirouette en absurdité, c' est le prétexte pour Mendoza à décrire avec un humour impitoyable une société espagnole extravagante et corrompue.
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kuroineko
  04 janvier 2020
J'avais lu Sans nouvelle de Gurb précédemment, je me doutais donc qu'en attaquant le mystère de la crypte ensorcelée, je plongeais dans un univers bizarre.
Le narrateur est interné dans un hôpital psychiatrique suite à ses problèmes avec la justice. Un policier pas très clean et une nonne allumée viennent l'en tirer pour enquêter sur la disparition de deux donzelles pensionnaires d'un établissement religieux.
Rien moins qu'enquêteur, notre bonhomme est largué dans Barcelone pour retrouver les collégiennes et trouver le fin mot de l'histoire. Est-il utile de préciser que ce n'est pas gagner d'avance?
Eduardo Mendoza multiplie les péripéties étranges et/ou grotesques sur la route de son (anti)héros. C'est l'occasion de dézinguer à tout va le vernis de la société espagnole. Sous ses airs foutraques le récit se révèle plutôt noir et caustique. Mieux vaut attacher sa ceinture en commençant le roman.
Je ne lirais pas plusieurs ouvrages d'affilée de ce genre mais la découverte est plaisante. L'auteur crée son propre univers tordu pour réveiller les consciences et faire rire aussi. le mystère de la crypte ensorcelée est le premier tome d'une trilogie avec le narrateur non nommé. A suivre donc.
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HORUSFONCK
  09 février 2017
Eduardo Mendoza vient de me faire passer de bons moments de lecture!
Au tout début de ce Mystère de la crypte ensorcelée, le narrateur m'a paru -un court instant- insupportablement bavard... Mais je me suis "fait" à ces personnages au langage sophistiqué voire alambiqué.
C'est réjouissant et très drôle.
Au début (encore) on se croirait dans Vol au-dessus d'un nid de coucous.... Mais l'innommé narrateur (pas si fou) est lâché dans la nature par un commissaire de police assez fainéant et un médecin psychiatre pas trop regardant.
Le héros entreprend une enquête aussi vague qu'improbable, dans laquelle son flair est aussi fin que les odeurs qu'il dégage sont pestilentielles... Eduardo Mendoza prenant un malin plaisir à souiller et empuantir son héros à l'extrême!
Au passage, le lecteur fait la connaissance de Candida, la soeur du fou, et du suédois (le cadavre de l' intrigue).... Personnage liés à une invraisemblable histoire de disparition de jeune fille!..
L'intrigue policière, menée à la va-comme-je-te-pousse, ne m'a pas semblé le point le plus intéressant du roman de Mendoza... C'est plutôt cet enchainement de situations tellement drôles et le récit terriblement bavard du narrateur, qui fait le suc de ce récit... Et ces considérations sur une société qui mute et se transforme (la tirade du dentiste, sur le sujet, est particulièrement savoureuse!).
J'ai donc hâte de lire d'autres livres d''un auteur qui a su me retenir en ses pages de si belle façon!
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Malaura
  28 juin 2011
Que peut faire un délinquant interné depuis plusieurs années en hôpital psychiatrique pour actes anti-sociaux, quand un commissaire de police et la mère supérieure d'un internat de jeunes filles l'investissent d'une mission très particulière, celle d'enquêter à leur place sur l'énigmatique disparition de deux pensionnaires de la vénérable institution des soeurs lazaristes ?
Notre picaro, adepte de la rhétorique, n'a d'autre choix que de tenter de percer un mystère qui va vite se révéler aussi complexe que semé d'embûches...

Un roman volubile et pétillant qui, dans une langue superbe, châtiée et stylisée à souhait, nous embarque dans une histoire des plus loufoques et des plus cocasses au côté d'un personnage issu de la plus pure tradition picaresque, aussi hilarant que fin observateur malgré son statut de délinquant aliéné.
Mais au fil d'évènements rocambolesques et sous le couvert de l'humour cocasse, affleure une peinture peu reluisante de l'Espagne post-franquiste : corruption policière, misère, prostitution, bourgeoisie mafieuse...
Un roman plein de peps et d'entrain qui décrit toutefois l'envers d'un pays accablé de pauvreté.
Un agréable moment de lecture.
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livrevie
  15 juillet 2014
Véritable roman noir ou habile parodie ? Picaresque moderne (avec le antihéros par excellence, un personnage issu des couches les plus basses de la société et dont la morale est souvent discutable) ?
Sans rentrer dans ce débat, c'est à mes yeux une petite pépite …
Prenons le héros tout d'abord. Anonyme dont le véritable nom ne sera jamais révélé, il souffre d'une défaillance mentale (et non pas d'une déficience, sa folie est toute relative !) qui lui donne une perception / interprétation fantaisiste(s) de la réalité. Il se fait « engager » par des puissants de Barcelone à cause de sa connaissance des bas-fonds de la ville pour résoudre cette enquête. S'il réussit, on lui promet la liberté (autrement dit, bye bye asile et bonjour ce qu'il imagine être une vie de rêve!). S'il échoue, tant pis, ce ne sera qu'un inconnu qui, mué par ses « légers » problèmes psychologiques, se sera mêlé de quelque chose qui ne le regardait pas. Un dommage collatéral excellent en fait...
Voici le point de départ d'une enquête noire, très noire, qui scrute à la loupe les différents milieux de Barcelone (du commissaire à l'homme politique en passant par les religieuses), pour nous livrer, dans un second degré acide, une véritable critique de la société de l'après-dictature franquiste.
Au-delà de cet portrait amer, la grande réussite de ce roman est, à mes yeux, la narration. Eduardo Mendoza aurait pu se contenter de nous livrer un formidable roman noir, le contexte s'y prêtait. Mais il ne s'est pas arrêté à cela.
La narration à la première personne, sorte de mémoires d'un héros pas comme les autres, nous fait pénétrer dans les méandres de différents milieux avec les yeux du protagoniste, nous fait interpréter les choses à sa façon, dans le langage raffiné de celui qui veut être pris au sérieux et qui est convaincu d'être ce que nous savons qu'il n'est pas. Sa perception, souvent surprenante des choses est biaisée, et à plus d'une reprise un sourire s'est franchement dessiné sur mes lèvres… Sans parler du burlesque de certaines situations (fou oblige), et de la noirceur de certains personnages qui m'a conduite à me demander si en définitive, il ne valait pas mieux avoir la folie du héros.
Je me répète, une pépite…. Suivie de 3 autres aventures que j'ai dévorées tout aussi vite…

Lien : http://lelivrevie.blogspot.f..
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
SachenkaSachenka   08 juin 2016
- Comme c'est étrange, commençai-je. La mémoire est le survivant ultime après le naufrage de notre existence, le passé exsude des stalactites dans le vide de notre exécutoire, le rempart de nos certitudes s'écroule sous la brise légère de nos nostalgies. Je suis né à une époque que je juge triste a posteriori. Mais je ne vais pas faire un cours d'histoire : il est possible que toute enfance soit amène. L'égrènement des heures était mon laconique compagnon de jeux et chaque nuit apportait, toute prête, une triste séparation. Je me souviens que je jetais avec joie le temps par-dessus bord dan l'espoir que le globe prendrait son vol et m'entrainerait vers un futur meilleur. Désir fou, car nous serons toujours ce que déjà nous fûmes.
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WolandWoland   09 janvier 2009
La pension vers laquelle je me dirigeai était commodément située à un détour de la rue Tapias, et portait l'enseigne de l'hôtel Cupidon, tout confort, bidet dans toutes les chambres. Le préposé ronflait comme un sonneur et se réveilla furieux. Il était borgne et porté au blasphème. Il consentit non sans rechigner à troquer montre et Bic contre une chambre avec fenêtre pour trois nuits. Il allégua contre mes protestations que l'instabilité politique avait entamé l'afflux touristique et diminué les investissements privés de capital. Je répondis que si ces facteurs avaient affecté l'industrie hôtelière, ils avaient également touché l'industrie horlogère et celle du stylo-bille, qu'elle s'appelle ou non de la sorte. Sur quoi, le borgne rétorqua qu'il s'en fichait, que trois nuits, c'était son dernier mot, à prendre ou à laisser. Le marché était abusif mais il ne me restait pas d'autre remède que d'accepter. La chambre que le sort m'octroya était une porcherie qui sentait l'urine. Les draps étaient si sales que je dus les décoller par à-coups ; je découvris une chaussette trouée sous l'oreiller. La salle-de-bains commune était une vraie piscine, les cabinets et le lavabo étaient bouchés ; il flottait d'ailleurs dans ce dernier une substance visqueuse et irisée dont les mouches se montraient friandes. Je renonçai à me doucher et regagnai ma chambre.
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WolandWoland   09 janvier 2009
On entendait, à travers les cloisons, des expectorations, des halètements et, sporadiquement, des pets. Je me dis que si un jour j'étais riche, je ne me permettrais qu'un luxe, celui de fréquenter exclusivement des hôtels à une étoile minimum. Tandis que je piétinais les cafards qui couraient sur le lit, je ne pus m'empêcher de me souvenir de ma cellule à l'asile, si hygiénique, et je confesse que j'en éprouvai de la nostalgie. Mais il n'y a pas de plus grande richesse que la liberté, dit-on, et il n'était pas question de la sous-estimer maintenant que j'en jouissais. Je me mis donc au lit avec cette idée consolante et tentai de m'endormir en ressassant l'heure à laquelle je voulais me réveiller : car je sais que le subconscient, en plus de dénaturer notre enfance, déformer nos attachements, nous rappeler ce que nous sommes anxieux d'oublier, nous révéler ce que notre condition a d'abject, en bref, nous démolir la vie, fait aussi office de réveil quand on en a envie, comme par une sorte de compensation.
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nadiouchkanadiouchka   09 juillet 2016
A neuf ans, à cause de sa laideur et à un âge où ce genre de contrariété vous affecte, on l’avait empêchée de chanter Marie de la Miséricorde appris par coeur après six mois d’efforts épuisants pendant la campagne de bienfaisance de la Radio nationale, malgré l’anonymat inhérent à ce média et l’apport considérable qu’elle avait rassemblé non sans peine, en vendant mal ses fesses de pachyderme aux vieux bougres semi-aveugles de l’asile Saint-Raphaël qui la prenaient dans la pénombre du couchant pour un soldat accommodant et nécessiteux de la caserne voisine de Pedralbes.
P.33
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nadiouchkanadiouchka   10 juillet 2016
- C’est ton coquin, … ? Interrogea le dur à la chemise révélatrice.
- Mon fiancé, dit imprudemment Mercédès.
- Eh bien, je vais le transformer en croquettes Findus, proclama le matamore.
Sur quoi, il saisit une bouteille de vin vide par le goulot et la brisa contre le comptoir de marbre, se fichant des éclats dans la main et saignant d’abondance.
- Merde, s’exclama-t-il. Ca marche toujours dans les films. P.149
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Rencontre avec Eduardo Mendoza en partenariat avec l'Institut Cervantès de Bordeaux. Entretien avec Yves Harté.
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