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EAN : 9782709667869
300 pages
Éditeur : J.-C. Lattès (17/03/2021)
4/5   154 notes
Résumé :
Triboulet fut le difforme et volubile bouffon de Louis XII et François Ier. À travers sa vie de frasques et de facéties, il testa chaque instant les limites de sa liberté. Jusqu’à… la blague de trop.
Le pouvoir tolère-t-il vraiment le rire ? Lorsqu’elle est permise par un roi, l’irrévérence fait-elle révérence ?
L’ascension et la chute de Triboulet, racontée par un bouffon du XXIe siècle.
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
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Ziliz
  05 avril 2021
Cette fois, le roi n'a pas ri à la saillie de Triboulet, c'en est terminé du règne de ce fou.
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Mais comment ce petit homme tout ratatiné, boiteux, bossu, né dans la misère, maltraité par ses parents et le reste de la fratrie, méchamment raillé partout, par tous, est-il arrivé à la Cour ?
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Certaines destinées connaissent des hasards heureux.
Chez les 'gueux' comme chez les puissants.
Une rencontre fortuite pour les uns, une naissance dans la bonne famille pour les autres (avec un cousin roi sans descendance masculine)... et le tour est joué.
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Cette biographie romancée, inspirée de la vie du bouffon Triboulet (1479-1536), est très agréable à lire.
Les talents de conteur de Meurice, découverts dans 'Cosme', rappellent ceux de Jean Teulé, mais le ton est moins outré, même si les reparties scato fonctionnent bien à la cour. J'ai également pensé au film 'Ridicule' (Patrice Leconte, 1996).
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On se régale des piques de ce 'fou' qui font blêmir de rage les puissants, les bien-nés. On frémit en se demandant jusqu'où Triboulet osera 'aller trop loin'. Jusqu'où Louis XII et François Ier toléreront les pitreries de celui qui fait désormais de la famille.
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J'ai aimé ce Louis XII d'une grande sagesse, le maréchal qui fait du jeune illettré un érudit féru d'Erasme, et bien sûr Triboulet, de plus en touchant, plus sensé que le jeune roi.
L'ensemble peut paraître trop factuel, l'humour grinçant de Guillaume Meurice (celui qu'on lui connaît dans Siné Mensuel) s'efface derrière le personnage vedette. Cela peut surprendre, décevoir, mais le récit reste ainsi en phase avec l'histoire, je suppose, et les réflexions en filigrane y gagnent en subtilité. le parallèle avec nos 'monarques' actuels est bien là - toujours le facteur hasard/chance qui a propulsé tel incapable au sommet ; la servilité des courtisans ; le goût pour le faste, l'ostentation, la guerre et la chasse...
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Comme le répète l'auteur dans ses (nombreuses) interviews - le livre cartonne - ce court roman captivant et émouvant fait réfléchir aux rapports entre pouvoir et liberté : liberté de l'humour contrôlé comme soupape offerte au peuple.
Il donne envie d'en savoir plus sur Triboulet et de retourner faire un tour du côté des châteaux de la Loire.
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Ogrimoire
  12 avril 2021
Oyez oyez braves gens, si vous êtes en quête d'une histoire ayant pour thèmes le rire, le royaume de France, la guerre et surtout une belle biographie revisitée de Triboulet, ne cherchez plus, j'ai ce qu'il vous faut !
Je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre en ouvrant ce livre. Et, je l'avoue, j'avais peur que la farce soit poussée trop loin et surtout qu'on dénature l'histoire de France – oui bon ça c'est une déformation professionnelle, ce n'est jamais facile de lire des livres historiques romancés quand tu baignes dans le monde des historiens en permanence ! Quoiqu'il en soit, la surprise est au rendez-vous.
Le résultat est drôle, mais, par moment, c'est aussi touchant et, à d'autres moments, très réaliste car ça mène le lecteur vers une longue réflexion à savoir si l'on peut rire de tout. Aux côtés de Triboulet, on se pavane dans les grands lieux de pouvoir et on revisite le règne de Louis XII – un roi somme toute assez sage – et également celui de François Ier aux moeurs un brin légères et pas toujours adaptées à sa position !
Guillaume Meurice nous livre là une autre facette de sa personnalité, il n'est pas seulement le gaucho bobo de service. Ici, il nous montre son talent de conteur et une certaine maîtrise de l'écriture – on savait déjà que la verve était un de ses talents ! C'est plutôt une belle revanche pour tous ces détracteurs !
Derrière le costume très coloré et à grelot du bouffon Triboulet, on découvre un homme doué d'une grande intelligence et capable de rivaliser avec des grands penseurs de l'époque ! Comme quoi l'habit ne fait pas le moine !
C'est léger, c'est frais, c'est intriguant et intéressant, ça met en lumière le fait que l'on peut rire de tout mais pas avec tout le monde ! Qu'il soit troubadour ou bien écrivain, Guillaume Meurice endosse ces différents costumes à la perfection !
Si vous cherchez un moment lecture placé sous le signe de l'humour, ne cherchez plus c'est ce qu'il vous faut !
Lien : https://ogrimoire.com/2021/0..
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TheWind
  27 juillet 2021
Au jeu du portrait chinois, il est fort à parier que Guillaume Meurice aurait répondu à la rubrique "personnage historique" : Triboulet, le fou des rois Louis XII et François Ier.
En effet, à travers cette biographie romancée, on sent toute l'implication de Guillaume Meurice, sorte de "bouffon" moderne, dont l'humour fait ravage sur France Inter.
Une implication telle que par moments on ne sait plus très bien si c'est Triboulet qui reprend vie sous la plume de l'auteur ou inversement si c'est Guillaume Meurice qui s'exprime en lieu et place du célèbre bouffon.
C'est d'ailleurs ce qui m'a gênée dans cette lecture, qui m'a également parue trop moderne dans ses répliques.
En ce qui concerne l'humour, je m'attendais à rire beaucoup plus mais je crois que l'humour littéraire n'est pas simple. A moins de jouer les interpellations de Triboulet avec les autres personnages de façon théâtrale, on peut passer complètement à côté de "bouffonades" hilarantes. Et c'est bien dommage, car dans ce roman, ça persifle, ça ironise, ça tacle à tour de bras..
Voilà, j'en ai fini avec le côté négatif. Passons à ce qui m'a bien plu dans ce roman.
C'est tout d'abord la découverte d'un personnage historique dont je connaissais l'existence mais de façon très succincte.
J'ai également apprécié la réflexion sur les limites de l'irrévérence, qui était passible de peine de mort sous François Ier mais qui de nos jours, reste encore réellement problématique.
Peut-on rire de tout ? Dans quelle mesure ? Y a-t-il des sujets à éviter ? Jusqu'à quel point le pouvoir accepte les railleries ?
C'est, à mon sens, un vrai sujet d'actualité dans cette société qui se veut tolérante mais qui, sous prétexte de ne pas heurter les sensibilités, s'autocensure.
Pourtant l'humour devrait au contraire être le moteur de toute chose.
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dvall
  25 mai 2021
Ce roman s'inspire de la vie du méconnu Nicolas Ferrial, alias Triboulet, bouffon de la cour de France sous les règnes de Louis XII et François Ier. Mais n'allez point lire sa biographie si vous souhaitez découvrir ce roman en préservant quelque mystère sur le sort de ce fol du roi, qui eut la folie de pousser l'audace de son verbe au-delà de la limite du tolérable.
Ce livre n'a pas la prétention d'offrir l'érudition d'un roman historique grandement documenté, ni même une réflexion philosophique d'une vertigineuse profondeur. Il cite cependant Erasme à foison tout en faisant l'apologie du rire contre les vanités humaines et les dérives du pouvoir. Ce roman est un bon divertissement, vite lu et accessible au plus grand nombre. le style est simple, envolé, facétieux. Il rappelle un peu celui de Jean Teulé, en moins caustique. On sourit aux traits d'esprit de ce fou du roi, ce Triboulet né difforme et rabougri, mais doté d'un esprit vif et d'une répartie cinglante.
Le lecteur assiste à l'enfance torturée de cet être rachitique et bossu, aux incessantes vexations et aux violences qui lui sont faites, jusqu'à sa rencontre avec le Vernoy, l'homme qui mènera Triboulet à la cour du roi Louis XII et s'occupera de son éducation. le monarque s'entichera de son nouveau bouffon. Celui qui lui succédera, le sybarite François Ier, aimera Triboulet comme son cousin, lui permettant toutes les libertés à son égard et à celui des hommes qui l'entourent et le courtisent. le fol du roi n'aura alors de cesse de planter ses banderilles verbales, d'égratigner les orgueils des puissants, de souffler l'irrévérence sur la cour, du château de Blois aux champs de bataille, des festins orgiaques aux tables des négociations politiques.
Une lecture légère et agréable, construite sur la mécanique efficace d'une expectative : mais qu'a bien pu dire ce pauvre Triboulet pour sceller son propre sort en échouant finalement à faire rire le roi ?
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Dionysos89
  13 avril 2021
Avec le Roi n'avait pas ri, Guillaume Meurice, humoriste et comédien, publie son deuxième roman, chez JC Lattès. Sous couvert d'une évocation historique bienvenue, c'est l'occasion d'aborder sa propre position vis-à-vis des pouvoirs politiques.
Les tribulations de Triboulet
Laideron n'est pas très beau à voir : bossu, petit et maladroit, il est rejeté par sa famille blésoise, alors qu'elle vit dans la pauvreté des sujets les plus miséreux du royaume de France. C'est alors Louis XII qui règne en « Père du Peuple » et qui repère par pur hasard le narrateur ; celui-ci se fait rapidement surnommer Triboulet pour les quelques frasques verbales qu'il réussit à asséner malgré son inexpérience en la matière. C'est toute son histoire, de tout jeune gringalet à vieux sage assis sous son châtaignier, qu'il nous conte le plus simplement et directement possible. Même si le roman débute par la scène finale, nous ne cernons pas au départ ce qui l'a amené à cette situation critique, on le devine forcément, mais tout ce cheminement, les bornes qui lui sont imposées, les privilèges qui lui sont consentis font de son histoire une suite de péripéties quasi aventurières, puisque Triboulet doit s'aventurer sur un chemin semé d'embûches alors même qu'il n'a rien demandé à personne.
Sympathique aventure historique
À la suite de Triboulet, nous naviguons dans le royaume de France du début du XVIe siècle, alors que les rois de France lorgnent davantage la richesse des cités italiennes que sur l'avenir misérable de leurs sujets. Cette période de la Renaissance, tant scientifique que religieuse et artistique, est fertile en écrits et diffusions de savoirs. L'humanisme ambiant éprend la noblesse, mais ne touche pas vraiment la vie des simples sujets. Dans cet esprit, Guillaume Meurice case de multiples citations d'Érasme, notamment issues de son Éloge de la Folie, ainsi que quelques allusions aux intellectuels de l'époque. Il s'attache également à rendre cohérentes entre elles les rares sources que nous possédons à propos du dénommé Triboulet. En fait, il y en eut plusieurs, car ce sobriquet semble avoir été commun ; l'épitaphe du poète Jean Marot sur Triboulet peut être interprétée de différentes façons ; les multiples bons mots du bouffon ont donné lieu à certaines légendes qu'il a fallu ne pas trahir. Cette évocation se lit en tout cas avec plaisir, car la plume est alerte (on peut retrouver au début quelques tics de lecture un brin ampoulés, mais certaines accumulations sont heureusement vite élaguées) ; une complice (non rancunière) de l'émission « Par Jupiter » sur France Inter, Clara Dupont-Monod, apparaît dans les remerciements et semble en effet avoir influencé quelques choix stylistiques : on peut comparer cette vision humaniste, voire philosophique, de l'histoire à la sienne dans le Roi disait que j'étais diable et La Révolte (tous deux à propos de la reine Aliénor d'Aquitaine), même si ici le thème humoristique et sarcastique donne forcément davantage matière à sourire.
Rire au plus près du pouvoir
L'intérêt double de ce roman est de conjuguer la biographie de Triboulet avec l'écriture d'un trublion du panorama médiatique français qui agit à sa mesure dans l'humour politique. Guillaume Meurice fait partie des « humoristes de France Inter », petit groupe honni par un certain nombre de commentateurs de droite extrême ou d'extrême droite, alors même que leurs positionnements sont loin d'être systématiquement radicaux. Pour autant, au sein d'un organe de presse sous tutelle de l'État, il est intéressant de se poser des questions éminemment politiques : en tant qu'humoriste, jusqu'où peut-on pousser l'impertinence ? En tant que personne liée au service public, jusqu'où est-on un instrument de l'État ? Est-ce qu'un humoriste transgressif gêne vraiment le pouvoir en place ? Comment atteindre la véritable subversion afin de proposer d'autres façons de penser ? le personnage de Triboulet peut être interprété de bien des manières quand on considère qu'il ne remet pas en cause le système de pouvoir de son époque (la monarchie de droit divin en l'occurrence, même s'il ne la comprend pas) ; pour autant, il appuie là où ça fait mal avec ses réparties et ses piques vengeresses. Disons qu'avec son physique et sa position de « fou du roi », de bouffon, il est toléré par le pouvoir et charge à lui de ne pas abuser de ce petit privilège s'il veut le conserver.
En somme, il fait donc bon lire du Guillaume Meurice ; le roman est un tout autre exercice que la chronique de cinq minutes, le rock disruptif ou bien le spectacle « seul-en-scène » (quand il y avait encore des scènes de théâtre), mais à chaque fois on retrouve une écriture qui mérite le détour, alerte et bien sentie.
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critiques presse (2)
Elle   06 avril 2021
Dans son deuxième roman, « Le roi n'avait pas ri », Guillaume Meurice, comédien et chroniqueur sur France Inter, nous fait redécouvrir la vie de triboulet, bouffon de Louis XII et de François Ier. Discrètement génial.
Lire la critique sur le site : Elle
LeParisienPresse   18 mars 2021
Avec son nouveau roman, «Le roi n’avait pas ri», l’humoriste de France Inter confirme ses talents d’écrivain. Une réflexion savoureuse sur le rire et le pouvoir.
Lire la critique sur le site : LeParisienPresse
Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
ZilizZiliz   03 avril 2021
- Cela signifie que tu fais bien ton travail. Le roi a besoin de toi. Il n'est entouré que de flatteurs. Il lui faut quelqu'un pour lui souffler la vérité. Tu sais, dans la Rome antique, lorsqu'un empereur était consacré, lors du défilé durant lequel il parcourait la ville de part en part, un esclave se plaçait derrière lui pour répéter : 'Hominem te esse'. (...)
- 'Rappelle-toi que tu n'es qu'un humain.'
(p. 144)
+ Lire la suite
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dvalldvall   28 mai 2021
"Le roi a besoin de toi. Il n'est entouré que de flatteurs. Il lui faut quelqu'un pour lui souffler la vérité. Tu sais, dans la Rome antique, lorsqu'un empereur était consacré, lors du défilé durant lequel il parcourait la ville de part en part, un esclave se plaçait derrière lui pour lui répéter : "Hominem te esse." Tu sais le latin ?"
Je regardai Le Vernoy.
"Rappelle-toi que tu n'es qu'un humain."
+ Lire la suite
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ZilizZiliz   03 avril 2021
Boiteux, je n'étais d'aucune utilité pour les travaux agricoles. Tandis que la famille s'activait dans des fermes voisines, j'allais traîner ma bosse dans les ruelles de la ville, accentuais l'infirmité pour mieux inspirer la pitié, avec, je dois l'avouer, une certaine dextérité, un habile savoir-faire. Je geignais, ouvrais grand des yeux implorants. Je visais en priorité les bigotes, trop heureuses de faire acte de charité. (...)
Ainsi rapportais-je quotidiennement quelques sous que mon père confisquait illico pour sculpter sa future gueule de bois.

(p. 18-19)
+ Lire la suite
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ZilizZiliz   03 avril 2021
- Tu vois l'enfant, là ? Le roi [Louis XII] l'appelle 'le gros garçon'. (...) Il s'appelle François, c'est le cousin germain de notre roi. Il l'a fait comte d'Angoulême alors qu'il n'avait que deux ans. Si le souverain n'a point d'héritier mâle, c'est lui qui gouvernera. Il apprend son rôle au château d'Amboise mais il vient souvent par ici. D'ailleurs, dans quelques semaines, je lui ferai la classe avec toi.
A présent monté sur le dos d'un valet, le petit François lui donnait de grandes tapes sur les fesses pour le faire avancer, lui tirait les cheveux pour qu'il s'arrête, lui pinçait le nez pour le plaisir. Pour ce qui l'attendait en tant que possible futur roi, son apprentissage des rapports humains semblait déjà bien avancé.
(p. 105)

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[ il s'agit du futur François Ier ]
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BurjBabilBurjBabil   12 mars 2021
— Aetate prudentiores reddimur…
— C’est-à-dire ?
— L’âge nous rend plus sage. C’est l’un des adages favoris d’Érasme.
— Qui donc ?
— Un ami. Tu ne connais pas. Tu es trop jeune.
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