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Georges Belmont (Autre)
ISBN : 2253032026
Éditeur : Le Livre de Poche (01/05/1983)
Résumé :
J'avais marché les yeux bandés, à pas chancelants, hésitants ; j'étais orgueilleux, arrogant, satisfait de mener la vie fausse et restreinte du citadin; la lumière de la Grèce m'a ouvert les yeux, a pénétré mes pores, a fait se dilater mon être tout entier.
J'ai retrouvé ma patrie; le monde avec le centre véritable, la signification réelle de la révolution. Aucun conflit guerrier entre les nations de la terre ne saurait troubler cet équilibre... Je refuse cat... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Charybde2
  17 mars 2013
La rencontre décisive de Miller avec la Grèce, qui fonde sa nouvelle vision de la vie...
Publié en 1941, ce "récit" par Henry Miller de son voyage en Grèce en 1939-1940, interrompu par la guerre qui le renvoie, contre sa volonté en quelque sorte, aux États-Unis, marque un important tournant dans son écriture comme dans sa conception de la vie, qui trouveront leur achèvement provisoire par la suite avec "Big Sur et les oranges de Jérôme Bosch".
Saisissant rencontres et découvertes, des moments passés avec son ami Lawrence Durrell et son épouse, ou plus encore avec le "colosse de Maroussi", Katsimbalis, et d'autres compagnons de hasard, souvent fugitifs, du premier contact avec la Crète ou avec le Péloponnèse, Henry Miller dégage et renforce peu à peu, bien au-delà de la bohème des années passées, les éléments d'une mystique laïque, faite d'un curieux panthéisme, d'une célébration de la vie, de la simplicité et de la bienveillance, nimbées d'une profonde culture et d'une intense curiosité refusant tout estampillage académique...
Un étonnant tour de force, dont même certaines naïvetés occasionnelles (et certaines colères mémorables) ne peuvent gâcher la profonde incitation à penser et à vivre qu'il constitue.
"Ce fut là qu'un soir je rencontrai Katsimbalis. (...) Pour une rencontre, c'en fut une. de toutes les autres que j'ai faites dans ma vie - s'agissant d'hommes, s'entend - il n'y en a que deux qui puissent se comparer à celle-ci : celle avec Blaise Cendrars et celle avec Lawrence Durrell. Je n'eus pas grand-chose à dire, ce premier soir. J'écoutai, sous le charme, sous l'enchantement de chaque phrase qui tombait des lèvres de cet homme. J'ai vu tout de suite qu'il était fait pour le monologue, comme Cendrars (...). J'aime le monologue ; je le préfère encore au duo, quand il est bon. C'est comme si vous regardiez quelqu'un écrire un livre expressément pour vous : il l'écrit, le lit à haute voix, le joue, le révise, le savoure, s'en délecte et se délecte de votre joie, et puis le déchire et le disperse aux quatre vents. Spectacle sublime, car, tout le temps où il est en scène, vous êtes Dieu pour lui - à moins que, par hasard, vous ne soyez le dernier des veaux, des impatients et des butors. Auquel cas, l'espèce de monologue dont je parle ne se produit jamais."
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Wendat69
  25 juillet 2018
Heureux qui comme Henry Miller a fait un beau voyage...Pour qui a eu la chance de poser les pieds sur la terre grecque, le récit de Miller appelle forcément à remonter le temps et à se confronter à ses propres souvenirs de voyage. La Grèce n'est pas que le berceau d'une civilisation, Miller a bien perçu que cette terre aride, confondue entre le bleu du ciel et de la mer, était unique, comme ses habitants le sont également. le colosse de Maroussi, au travers de sa verve, de ses excès de parole, de boire et de manger, représente l'image rêvé de l'homme grec qui a ingéré sa terre, en plénitude. On comprend qu'en faisant ce voyage et en écrivant ce livre, Miller a voulu se dévêtir de ses trop lourds habits d'américain, pour ne garder sur lui que le sel de l'essentiel.
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Bruno_Cm
  28 novembre 2018
Henry Miller est un type extraordinaire. Il est tout à fait injuste, un peu méchant parfois, parfois vulgaire, et il est aussi brillant, drôle, généreux, visionnaire, hypersensible bien sûr. Et ça donne un récit dont les descriptions tant des personn-ag-e-s que des décors, des villes reflètent qui est ce type extraordinaire.
Pas easy reading mais un être humain plein n'est pas easy.
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gregostar77
  29 avril 2018
Henri Miller a quitté Chicago et l'Europe, pour découvrir la Grèce, à l'invitation de Laurence Durrell. L'Europe est à l'orée d'un nouveau conflit mondial, en 1939. les sites historiques qu'il cotoie, sont l'occasion d'un retour sur soi, sur sa nouvelle capacité à donner dans le temps qu'il reçoit beaucoup, dans ses rencontres avec ses colosses et non moins amis, Xannopoulos et Katsimbalis. Des colosses qu'ils sont au regard de leur proximité avec l'identité historique de ce pays, forte et rayonnante : "La grèce entière est constellée de ces lieux antinomiques; peut-être cela explique-t-il son émancipation en tant que pays, que nation, que peuple, afin de perpétuer son rôle de carrefour lumineux d'une humanité changeante." Et pourtant la Grèce est si "pauvre", au sens où elle démontre par son art de vivre, une forme de simplicité volontaire : "la fidélité à ce qu'il y a de plus simple, trésor qui s'est perdu avec l'américanisation de la planète." La Grèce perpétue une culture commune comme une force vitale : "la vie est simple dans les racines enrobées d'un béton de simplicité et s'affirmant dans sa nature unique."
Un livre captivant, un parcours initiatique à travers la Grèce, en réponse à une maxime de Nietzsche,"Deviens ce que tu es".
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DidierLarepe
  13 juillet 2016
Le récit d'u voyage initiatique en Grèce à la veille de la seconde guerre mondiale, récit qui subjugue ou ennuie selon les pages, qui donne envie de découvrir cette Grèce. Mais au-delà de la Grèce, c'est la vision de Miller d'une humanité qui s'est perdue et qui ne se retrouvera que lorsqu'elle acceptera à nouveau la veine divine de sa destinée, lorsque l'homme acceptera de redevenir un colosse et pas simplement "un asticot". La volonté de retrouver un petit monde "comme l'était la Grèce", comme seule échappatoire à la catastrophe annoncée de notre civilisation. Miller pense qu'il est encore possible, même utile de sauver l'humanité, à la veille de la seconde guerre mondiale... Aujourd'hui, en avons-nous, en aurions-nous toujours envie ?
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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
BabelBabel   28 novembre 2010
Il n'y a pas plus grande, plus extraordinaire bénédiction que l'absence de journaux, l'absence de nouvelles sur ce que peuvent inventer les humains aux quatre coins du monde pour rendre la vie vivable ou invivable. Si seulement on pouvait éliminer la presse_ quel grand pas en avant nous ferions, j'en suis sur! La presse engendre le mensonge, la haine, la cupidité, l'envie, la suspicion, la peur, la malice. Qu'avons nous à faire de la vérité, telle que nous la servent les quotidiens? Ce qu'il nous faut, c'est la paix, la solitude, le loisir.
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ivredelivresivredelivres   12 janvier 2011
Ne pas dire un mot de toute une journée, ne pas voir de journal, ne pas entendre de radio, ne pas écouter de commérage, s'abandonner absolument, complétement à la paresse, être absolument, complètement indifférent au sort du monde, c'est la plus belle médecine qu'on puisse s'administrer.
Goutte à goutte, on dégorge sa culture livresque, les problèmes fondent et se dissolvent : les liens sont tranchés en douceur ; la pensée quand on daigne s'y adonner devient très primitive.
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aubervilliersaubervilliers   04 novembre 2014
J'ai vu tout de suite qu'il était fait pour le monologue, comme Cendrars, comme l'astrologue Moricand. J'aime le monologue; je le préfère encore au duo, quand il est bon. C'est comme si vous regardiez quelqu'un écrire un livre expressément pour vous : il l'écrit, le lit à haute voix, le joue, le révise, le savoure, s'en délecte et se délecte de votre joie, et puis le déchire et lle disperse aux quatre vents. Spectacle sublime, car, tout le temps où il est en scène, vous êtes Dieu pour lui — à moins que, par hasard, vous ne soyez le dernier des veaux, des impatients et des butors. Auquel cas, l'espèce de monologue dont je parle ne se produit jamais.
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DAYTONADAYTONA   25 août 2014
Il y a mille et mille façons de parler, et les mots n'aident guère si l'esprit n'y est pas.
Parfois nous nous apercevions qu'un mot, une expression, que nous employions depuis des jours, lui en anglais ou moi en grec, signifiaient tout autre chose que ce que nous avions cru. Peu importait. Nous nous comprenions, même si les mots étaient faux.
Ce qui comptait, c'étaient la chaleur de la poignée de main, la lumière dans le regard, les raisins que nous dévorions ensemble, le verre que nous levions en signe d'amitié.
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DidierLarepeDidierLarepe   19 février 2017
La Grèce est la patrie des dieux : ils ont eu beau mourir, leur présence s'y fait toujours sentir. Les dieux étaient de proportions humaines : c'est de l'esprit de l'homme qu'ils sortirent. En France, comme ailleurs dans le monde continental, ce lien entre l'humain et le divin est rompu. Le scepticisme et la paralysie qu'a provoqués ce schisme dans la nature même de l'homme, fournissent la clef de la destruction inévitable de notre civilisation actuelle. Si les hommes cessent de croire qu'ils seront un jour des dieux, il est sûr qu'ils ne dépasseront jamais le stade de l'asticot.
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Videos de Henry Miller (24) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Henry Miller
Denis Lavant, pour son seul-en-scène, "Le Sourire au pied de l?échelle", d?après un texte de Henry Miller, au Théâtre de l??uvre. le récit de la crise existentielle d'un clown qui visait la lune, et qui ne voulait plus faire rire les gens, mais leur apporter de la joie. Ecoutez l'entretien avec Denis Lavant : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/denis-lavant-fait-le-clown
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