AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
EAN : 9782264007629
Éditeur : Flammarion (09/09/1998)
3.85/5   20 notes
Résumé :
Le Calvaire est un roman très largement autobiographique, où le romancier transpose, pour s’en purger, sa dévastatrice liaison de près de quatre années avec une femme galante, Judith Vinmer, rebaptisée ici Juliette Roux. Le thème fondamental en est l’enfer de la passion, qui n’est pas seulement une source de souffrances, mais aussi de déchéance morale et de tarissement de l’inspiration créatrice. Les relations entre les sexes reposent sur un éternel malentendu, et u... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
HORUSFONCK
  08 octobre 2018
Octarve Mirbeau a souffert...
L' auteur de l' Abbé jules ne nous épargne pas le récit glacial puis brûlant d'une existence commencée dans une enfance morne et malheureuse.
puis, vient cette guerre franco - prussienne et sont lot d'atrocités, de boue et de mort. Puis, une liaison plus vénéneuse qu' amoureuse emmène Jean Mintié aux abords de la folie, et au confins de la déchéance et de l'ignominie.
Au reste, cette aventure avec Juliette apparaît comme infiniment plus dangereuse et périlleuse que la guerre. Même un séjour en Bretagne et loin de Paris ne saura sevrer Mintié du poison-Juliette.
Mintié va tout perdre. Et ce sera peut-être cette totale perdition, une ultime trahison qui pourra sauver le naufragé et mettre fin à son calvaire.
Le calvaire, est une volée de coups de poing et de pied contre la souillure ordinaire et quasi-institutionnalisée, menée par une avidité sans frein.
Âmes sensibles, s'abstenir.
Commenter  J’apprécie          474
Unhomosapiens
  11 août 2018
Mirbeau n'y va pas avec le dos de la cuiller. Largement autobiographique, cette passion amoureuse va jusqu'au bout. La folie, jusqu'au ridicule ! L'amant devient littéralement fou, ne maîtrisant plus rien face à cette femme qui abuse de lui, de son amour. Je ne dévoilerai pas la fin de ce roman que je vous laisse découvrir. Mais j'avoue avoir été complètement « bluffé » par la chute.
Pour qui a connu la véritable passion amoureuse (la majorité d'entre nous je suppose), ce texte est à peine une caricature. Car souvent, Mirbeau va jusqu à l'excès – il a une formation de journaliste – ce qui peut être parfois préjudiciable au déroulement de son récit et dessert la charge de son propos. C'est le petit bémol que je mets à ce roman.
C'est de la grande littérature, injustement oubliée.
Commenter  J’apprécie          190
Alvano
  03 février 2015
Octave Mirbeau est un auteur hors norme, pour son expression française quasi parfaite qui ne cède rien aux modes, mais aussi pour le contenu, qui lui vaut aujourd'hui de n'être pas étudié dans les programmes scolaires.
Il a en effet raconté un viol par des prêtres dans Sébastien Roch, dont on présume fortement qu'il s'agissait de sa propre histoire. Cela fit scandale.
Il a par la suite attaqué les hommes d'église avec L'abbé Jules, et dans ce roman le Calvaire, il raconte son expérience de la guerre de 1870. Il y attaque vigoureusement le concept de "patrie", dans la citation que j'ai publiée, qui est d'une force émotionnelle rare.
Seulement voilà : à force d'avoir dit ce qu'il pensait, il a été rejeté, alors qu'à mon sens et je lis beaucoup, c'est l'un des écrivains français les meilleurs de son époque. Je le trouve bien supérieur à Flaubert, à Zola.
Il avait compris avant tout le monde, que les longs descriptifs ne sont pas nécessaires, qu'on peut leur substituer des descriptions de texture ou de ressenti. Aussi, il n'est pas dans la veine réaliste, parfois si soporifique.
Ce roman largement autobiographique, démarre dans son enfance, se poursuit à la guerre, puis enchaîne sur la relation toxique qu'il eut avec une femme destructrice. le peintre qui est son ami dans le roman, s'inspire de Degas, avec qui il était lié. La fin est fictionnelle bien sûr, car Mirbeau était capable aussi dans ses romans, de dépasser les formes conventionnelles.
Un auteur à redécouvrir rapidement. Ne retenir de lui que "Le journal d'une femme de chambre", est une erreur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
valeriemafrica
  18 mai 2015
Mirbeau nous raconte ici le calvaire d'un homme (lui au demeurant?!) qui, pour une bonne partie de son existence, subit sa vie, se laissant dévorer et submerger par son destin, comme s'il n'avait aucun libre arbitre...
Il subira la folie de sa mère, la faiblesse de son père, la cruauté de la guerre, la cupidité et la couardise d'une femme, la traitrise d'un ami... sans jamais n'être autre chose qu'une victime... Il ne semble avoir aucune prise sur les évènements et ses congénères ... Ses seuls actes forts se résument à une embuscade traitre et fourbe sur un Prussien rayonnant et un déchaînement de barbarie sur un minuscule et tremblotant petit toutou...
La passion dévorante et destructrice comme source du Calvaire...
J'ai beaucoup apprécié cette vision peu banale d'un anti-héros, et je retrouve toujours avec autant de plaisir le style de Mirbeau.
Commenter  J’apprécie          101
Ys
  06 octobre 2018
Oh qu'il mérite bien son nom, ce premier roman d'Octave Mirbeau ! Une vie comme un long calvaire, qui nous mène d'une enfance grise et sans joie, plombée par une mère profondément dépressive, à une passion dévastatrice pour une femme à l'âme sans envergure et à la vertu désinvolte auprès de qui se tarissent toute volonté, toute fierté, toute inspiration artistique. Entre les deux, la guerre, avec son lot de souffrances absurdes et de bêtise galonnée. Joyeux programme, n'est-ce pas ? C'est fort et c'est plombant, un peu agaçant à la longue dans son pessimisme forcené, avec ce narrateur à qui on finit par avoir envie de distribuer des coups de pied au derrière.
L'histoire d'amour m'est restée terriblement étrangère - quand j'avais été si touchée par Un amour de Swann, qui évoque une relation comparable mais avec bien plus de nuance et de finesse. Ce personnage de femme fatale n'en est pas moins assez juste, délétère non pas pas méchanceté, par manque de sentiment, mais par manque d'âme, d''esprit, d'intelligence, par simple petitesse plus ou moins bien intentionnée. Par le décalage terrible qui existe entre la réalité de cette femme, et l'intensité de que le narrateur projette sur elle. L'amour, malentendu fondamental entre les sexes, tourné à l'obsession maladive...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50

Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
AlvanoAlvano   03 février 2015
Je comprenais que la loi du monde, c’était la lutte ; loi inexorable, homicide, qui ne se contentait pas d’armer les peuples entre eux, mais qui faisait se ruer, l’un contre l’autre, les enfants d’une même race, d’une même famille, d’un même ventre. Je ne retrouvais aucune des abstractions sublimes d’honneur, de justice, de charité, de patrie dont les livres classiques débordent, avec lesquelles on nous élève, on nous berce, on nous hypnotise pour mieux duper les bons et les petits, les mieux asservir, les mieux égorger. Qu’était-ce donc que cette patrie, au nom de laquelle se commettaient tant de folies et tant de forfaits, qui nous avait arrachés, remplis d’amour, à la nature maternelle, qui nous jetait, pleins de haines, affamés et tout nus, sur la terre marâtre ?… Qu’était-ce donc que cette patrie qu’incarnaient, pour nous, ce général imbécile et pillard qui s’acharnait après les vieux hommes et les vieux arbres, et ce chirurgien qui donnait des coups de pied aux malades et rudoyait les pauvres vieilles mères en deuil de leur fils ? Qu’était-ce donc que cette patrie dont chaque pas, sur le sol, était marqué d’une fosse, à qui il suffisait de regarder l’eau tranquille des fleuves pour la changer en sang, et qui s’en allait toujours, creusant, de place en place, des charniers plus profonds où viennent pourrir les meilleurs des enfants des hommes ? Et j’éprouvai un sentiment de stupeur douloureuse en songeant, pour la première fois, que ceux-là seuls étaient les glorieux et les acclamés qui avaient le plus pillé, le plus massacré, le plus incendié. On condamne à mort le meurtrier timide qui tue le passant d’un coup de surin, au détour des rues nocturnes, et l’on jette son tronc décapité aux sépultures infâmes. Mais le conquérant qui a brûlé les villes, décimé les peuples, toute la folie, toute la lâcheté humaines se coalisent pour le hisser sur des pavois monstrueux ; en son honneur on dresse des arcs de triomphe, des colonnes vertigineuses de bronze, et, dans les cathédrales, les foules s’agenouillent pieusement autour de son tombeau de marbre bénit que gardent les saints et les anges, sous l’œil de Dieu charmé !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
lanardlanard   29 septembre 2013
D’une absolue insignifiance d’esprit, d’un cœur tendre, bien qu’il semblât indifférent à tout ce qui n’était pas ses vanités locales et les intérêts de son étude, prodigue de conseils, aimant à rendre service, conservateur, bien portant et gai, mon père jouissait, en toute justice, de l’universel respect. Ma mère, une jeune fille noble des environs, ne lui apporta en dot aucune fortune, mais des relations plus solides, des alliances plus étroites avec la petite aristocratie du pays, ce qu’il jugeait aussi utile qu’un surcroît d’argent ou qu’un agrandissement de territoire. Quoique ses facultés d’observation fussent très bornées, qu’il ne se piquât point d’expliquer les âmes, comme il expliquait la valeur d’un contrat de mariage et les qualités d’un testament, mon père comprit vite toute la différence de race, d’éducation et de sentiment, qui le séparait de sa femme. S’il en éprouva de la tristesse, d’abord, je ne sais ; en tout cas, il ne la fit point paraître. Il se résigna. Entre lui, un peu lourdaud, ignorant, insouciant, et elle, instruite, délicate, enthousiaste, il y avait un abîme qu’il n’essaya pas un seul instant de combler, ne s’en reconnaissant ni le désir ni la force. Cette situation morale de deux êtres, liés ensemble pour toujours, que ne rapproche aucune communauté de pensées et d’aspirations, ne gênait nullement mon père qui vivant beaucoup dans son étude, se tenait pour satisfait s'il trouvait la maison bien dirigée, les repas bien ordonnés, ses habitudes et ses manies strictement respectées; en revanche, elle était très pénible, très lourde au cœur de ma mère.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
HORUSFONCKHORUSFONCK   01 octobre 2018
Juliette ne bouge pas. Mais je sens son haleine plus faible
que l’haleine de la fleur, son haleine toujours si fraîche, où se
mêle en ce moment, comme une petite chaleur fade, son haleine
toujours si odorante, où pointe comme une imperceptible odeur
de pourriture.
Commenter  J’apprécie          112
HORUSFONCKHORUSFONCK   01 octobre 2018
Le boulevard était désert. Un grand silence s’appesantissait
sur la ville. Seules, les fenêtres des tripots luisaient, pareilles à des yeux de bêtes géantes, tapies dans la nuit.
Commenter  J’apprécie          140
EmniaEmnia   23 août 2013
Et dans mon esprit égaré, Juliette s'impersonnalisait ; ce n'était plus une femme ayant son existence particulière, c'était la Prostitution elle-même, vautrée, toute grande, sur le monde ; l'Idole impure, éternellement souillée, vers laquelle couraient des foules haletantes, à travers des nuits tragiques, éclairées par des torches de baphomets monstrueux...
Commenter  J’apprécie          50

Videos de Octave Mirbeau (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Octave Mirbeau
Osons le cynisme ! (2/4) : La cruauté d’Octave Mirbeau et de Villiers de L'Isle Adam.
autres livres classés : passionVoir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Les Amants de la Littérature

Grâce à Shakespeare, ils sont certainement les plus célèbres, les plus appréciés et les plus ancrés dans les mémoires depuis des siècles...

Hercule Poirot & Miss Marple
Pyrame & Thisbé
Roméo & Juliette
Sherlock Holmes & John Watson

10 questions
4215 lecteurs ont répondu
Thèmes : amants , amour , littératureCréer un quiz sur ce livre