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Arnaud Vareille (Préfacier, etc.)François Ayroles (Illustrateur)
EAN : 9782916141534
414 pages
Éditeur : L'Arbre vengeur (04/03/2010)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Si Octave Mirbeau était un grand romancier, il restait cependant conscient que ce genre bourgeois méritait d'être allègrement bousculé: son entrée dans le siècle nouveau, il ta fera avec un Décaméron fou et ravageur, placé sous le signe d'une maladie alors en vogue, la neurasthénie. Comme des contes cruels où défile une humanité inquiétante et odieuse qui provoque ses ricanements inspirés, les scènes de cure pyrénéenne qu'il imagine nous offrent la peinture de fripo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Unhomosapiens
  17 janvier 2018
A une époque, il n'y a pas si longtemps, où j'étais en contestation assez radicale contre la marche du monde que je voyais associée à la bêtise humaine, j'ai découvert l'oeuvre d'Octave Mirbeau. Je crois avoir lu de manière compulsive quasiment toute son oeuvre. Mirbeau se conformait en effet très bien à mon ressenti du moment, épinglant les travers et la stupidité des gens de son époque, toutes catégories sociales et tous milieux confondus.
Je me souviens avoir lu avec délectation ces "21 jours d'un neurasthénique", tant je voyais écrit un siècle plus tôt tous ce que je déplorais autour de moi.
Cette cure pyrénéenne est l'occasion pour l'auteur de regrouper plusieurs historiettes dont les personnages sont d'une bêtise étonnante, du simple employé aux notables et plus hauts fonctionnaires de l'état.
Ce livre peut se lire également comme un recueil de nouvelles. C'est je pense dans ce recueil que se conjugue tout ce qui fait la hargne et la dénonciation de cette bêtise inhérente à notre espèce que décrit Mirbeau. Même si le journal d'une femme de chambre ou l'Abbé Jules peuvent paraitre plus aboutis.
Il m'en reste un souvenir très prégnant, même si le monde de Mirbeau me semble maintenant peut-être un peu caricatural. Mais, une piqûre de rappel peut parfois s'avérer nécessaire, (en plus des onze vaccins maintenant obligatoires).
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JOE5
  08 février 2018
Quelle palette d'imbéciles !
Georges Vasseur fait une cure dans les Pyrénées : il raconte et, surtout, donne la parole à ceux qu'il rencontre.
Avec férocité, mais non sans humour, Mirbeau décrit une société aberrante, ridicule, grotesque, horrible.
http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/mirbeau-octave-les-vingt-et-un-jours-dun-neurasthenique.html
Waouh ! Mirbeau n'y va pas par quatre chemins. Sarcastique, ironique, jubilatoire, grinçant, pamphlétaire, caricatural,... et quel humour ! Pas étonnant que cet auteur ait été mis en marge après avoir joui d'une belle popularité car vraiment très dérangeant tant sur le plan littéraire et esthétique que sur le plan politique et social.
Merci à "ericbo" qui m'a permis de découvrir ce récit dont je vous recommande l'écoute ou la lecture.
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Rebus
  05 août 2014
Les 21 jours d'un neurasthénique nous relate l'histoire d'un homme parti dans les Pyrénées pour y suivre une cure, sur les conseils avisés de son médecin. C'est à la mode...
Mais notre héros déteste la montagne. Et très vite, ses rencontres et ses anecdotes sont prétexte à diversion et nous entraînent dans un tourbillon de souvenirs, les siens et ceux des autres protagonistes, avec une ironie mordante.
Publié en 1901, les 21 jours d'un neurasthénique est un « collage » d'anciens écrits de Mirbeau, ce que Pierre Michel, spécialiste de l'oeuvre mirbellienne, annonce comme les prémices de la déstructuration du roman.
J'aime la plume de Mirbeau, j'aime ses démystifications, j'aime sa férocité. Et c'est toujours un plaisir de s'y replonger.
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Ys
  30 novembre 2016
"L'été, la mode ou le soin de sa santé, qui est aussi une mode, veut que l'on voyage. Quand on est un bourgeois cossu, bien obéissant, respectueux des usages mondains, il faut, à une certaine époque de l'année, quitter ses affaires, ses plaisirs, ses bonnes paresses, ses chères intimités, pour aller, sans trop savoir pourquoi, se plonger dans le grand tout. [...] Donc je voyage, ce qui m'ennuie prodigieusement, et je voyage dans les Pyrénées, ce qui change en torture particulière l'ennui général que j'ai de voyager. Ce que je leur reproche le plus, aux Pyrénées, c'est d'être des montagnes..."
Neurasthénique, vous avez dit ?!
Ironie de la chose, c'était pourtant pour soigner son vague à l'âme que le narrateur était parti là-bas. Installé dans une une ville d'eau très mondaine (quoique parfaitement sinistre) des non moins sinistres montagnes, il passe le temps comme il peut en observant ses congénères. Ceux qu'il ne fait que croiser, ceux qu'il connait hélas beaucoup trop bien, de vagues connaissances, de ces amis que l'on subit sans les aimer, simples bourgeois ou ministres, tous... eh bien sinistres, justement, avec leurs petitesses, leur bêtise crasse, leur fatuité vulgaire, tous symboles écoeurants, grotesques souvent, d'une société corrompue jusqu'à la moelle et confite en mesquinerie. Une société où tout s'achète, à commencer par le respect et les honneurs, et où les pauvres n'ont le droit que de crever sans rien dire.
Même s'ils peuvent être comptés parmi les romans de l'auteur, les 21 jours d'un neurasthénique sont en réalité la compilation d'une cinquantaine d'histoires publiées par Mirbeau dans divers journaux parisiens, cousues entre elles pour former une oeuvre unique. le fil, volontairement assez lâche, en est ce séjour pyrénéen qui fait d'une ville thermale un véritable théâtre où se croisent tous les acteurs, tous les types, tous les vices de la France fin de siècle, où chaque rencontre est l'occasion d'une histoire. Inutile d'y chercher, pour autant, un témoignage réaliste : tous ces récits, ou presque tous, sont excessifs, grotesques, forcés dans le cruel ou dans le ridicule, des caricatures à la manière de Goya ou de Daumier, qui dénoncent moins des individus que l'esprit général de la société, à travers les monstres ou les situations aberrantes qu'elle engendre. La vénalité omniprésente, l'administration homicide, la colonisation meurtrière, l'héroïsme enseigné par les bouchers aux moutons, le populisme impudent, la roublardise érigée au rang de vertu... et là derrière, la férocité naturelle de l'homme, cette bête fauve qui transparaît à chaque instant derrière les faux vernis.
C'est horrible, c'est tragique souvent, mais drôlatique aussi, et d'autant plus puissant. Au mal du siècle, toutes les cures thermales ne feront jamais rien - seule l'écriture est un remède, qui plonge dans le désordre et l'absurdité du monde pour y forger ses propres armes, indispensables à la vie.
Lien : http://ys-melmoth.livejourna..
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djathi
  18 octobre 2017
Fin XIX siècle .
Il était de bon ton d'aller prendre les eaux à cette époque dès lors qu'on se sentait une petit "coup de mou" et qu'on appartenait à un certain milieu . Aujourd'hui on fait des stages de jeûne , on paye cher d'ailleurs pour ne pas manger , Mirbeau en aurait fait choux gras ....
La montagne , magique pour certains , n'est pas celle que rencontre le protagoniste de l'histoire qui , déprimé par ces paysages oppressant, se tourne vers ses congénères pour meubler le temps en "pipeletages ", prétexte pour l'auteur à dresser un portrait des moeurs de son époque sous un angle féroce et jubilatoire .
Ainsi ,au fil de narrations de situations cocasses , sur le ton de l'outrance et de la fable , c'est tout un système que Mirbeau épingle avec force jubilation pour découvrir la face cachée de cette si lisse et bien-pensante société . Par le prisme grossissant de la caricature des plus caustiques , c'est tout un système qu'il dénonce ; personne n'est épargné . Honorables politiciens , Justice inattaquable , église et petit bon dieu , belle administration droite et au service du peuple : que nenni , la crasse et la sale vermine se logent partout sous cette belle façade qui vole en éclats sous la plume caustique de l'auteur . Et vénalité , corruption , populisme , bêtise humaine apparaissent , plus noires , plus salaces , plus pourries , plus "déguelis déguelis voilà l'évêque qui vomit"que l'entendement humain peut accepter d'imaginer .
Parce que cet ouvrage est issu d'un regroupement de textes écrits dans la presse de l'époque, la structure de l'ouvrage pourra paraître bancale , artificielle . Les enchaînements d'un chapitre à l'autre apparaissent un peu forcés : Néanmoins ça n'enlève à mon avis rien à la qualité de l'oeuvre , on contraire , ça confère à l'ensemble une sorte de sautillement dynamisant et aère le texte , : On rit beaucoup de cette grosse farce en multiples scénettes désopilantes bien que souvent atroces ....Rire jaune . Car force est de constater que rien n a changé .
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   29 décembre 2015
Ce matin, comme je sortais de la buvette, j’aperçus mon ami Robert Hagueman. Toilette matinale d’une irréprochable correction, et qui n’étonnait pas les admirables platanes de l’allée, arbres éminemment philosophes, et qui en ont vu bien d’autres, depuis les Romains, fondateurs de bains élégants et capteurs de sources mondaines. Je feignis, tout d’abord, de m’intéresser passionnément aux manœuvres d’un cantonnier qui, armé d’une casserole, puisait de l’eau dans le ruisseau et la répandait ensuite à travers l’allée, sous le prétexte fallacieusement municipal de l’arroser… Et même, afin de donner à mon ami le temps de s’éloigner, j’engageai avec le cantonnier une conversation sur l’étrangeté pré-édilitaire de son appareil, mais Robert Hagueman m’avait aperçu, lui aussi.
— Ah ! par exemple ! fit-il.
Il vint à moi, plein d’effusion, et me tendant ses mains gantées de peau blanche :
— Comment, c’est toi ?… Et qu’est-ce que tu fais par ici ?
Il n’y a rien tant que je déteste comme de mettre les gens dans la confidence de mes petites infirmités. Je répondis :
— Mais je viens me promener… Et toi ?
— Oh ! moi ! je viens suivre un traitement… C’est le médecin qui m’envoie ici… je suis un peu démoli, tu comprends…
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RebusRebus   25 juin 2014
Un jour que je le félicitais - bas courtisan - de cette évidente supériorité :
" Non, me répondit modestement M. Leygues ...je n'ai pas une supériorité.
- Oh ! monsieur le ministre...
- Je les ai toutes.
- A la bonne heure.
- Mais je ne les ai pas en même temps...je les ai successivement...selon le ministère que je dirige.
- Et comme vous les avez tous dirigés, monsieur le ministre ?... m'inclinai-je très bas.
- Voilà...fit Mr Leygues, avec une pirouette délicieuse qui me prouva que son jarret était aussi souple que son esprit."
Il est charmant...
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lanardlanard   29 septembre 2013
" — Ah ! monsieur… ma destinée a quelque chose de véritablement extraordinaire… Voulez-vous me permettre de vous raconter, d’abord, l’étrange histoire de mon mariage ?

Sur un geste de consentement :


" – La marquise, dit-il, était, quand je l’épousai, une petite femme rose et blonde, très singulière, vive et charmante petite bestiole qui sautait, de-ci de-là, comme un chevreau dans la luzerne, et babillait, comme un oiseau dans les bois au printemps. À vrai dire, ce n’était pas tout à fait une femme, ni tout à fait une bestiole, ni absolument un oiselet. C’était quelques chose de plus mécanique et de très particulier, qui, par le bruit, l’intelligence, l’étourderie bavarde, le caprice virevoltant, la manière d’être si loin de mes goûts, de mes sensations, de mon amour, tenait un peu de tout cela. Ce qu’il y avait de curieux en elle, c’était son âme, une toute petite âme, une âmelette, une âme de mouche, taquine, chatouilleuse et vibrante, qui voletait sans cesse, en zigzags, autour de moi, et se cognait partout, avec des cris, des rires, à rendre fou.

" Laure était ma sixième épouse… Oui, ma sixième, en vérité ! Deux étaient mortes, je ne sais pourquoi ; les autres m’avaient quitté, un beau soir… Pourquoi ? je n’en sais rien non plus. Et ce que j’ignore plus encore, c’est la raison secrète et défavorable qui me poussa, impérieusement, à ce mariage, car je connaissais à l’avance ce qui m’y attendait.

" Ma vie, monsieur, est un tissu, si j’ose dire, de contradictions… J’ai le sentiment que je suis l’être le plus accommodant du monde, à qui sont inconnues les bouderies, les taquineries, les mauvaises humeurs. Je n’ai de volonté, d’énergie, que pour plaire à qui m’entoure. Si déraisonnables soient-ils, je me plie à tous les caprices. Jamais une plainte, une dispute, une préférence, un ordre. Je me sacrifie – au point de m’annihiler complètement, d’imposer silence à mes désirs, à mes goûts – à ce que je crois être le bonheur de qui vit avec moi. Eh bien, malgré cette persistance héroïque dans l’effacement, il m’est impossible de garder une femme plus de trois mois. Au bout de trois mois, brunes ou blondes, petites ou grandes, corpulentes ou diaphanes, je les fatigue tellement, elles arrivent à me détester tant, que fuut !… fuut !… fuuut !… les unes meurent, et les autres s’en vont, sans raison. Sans raison, je le jure, ou, du moins, sans autre raison que, étant femmes et moi homme, nous sommes, sans doute, elles et moi, des êtres absolument antipodaux l’un à l’autre.

" Oui, oui, je sais ce que l’on peut me dire… Évidemment, l’on m’accusera d’être le forgeron de mon propre malheur… Mais, voilà… Je ne puis supporter la solitude. Seul, je me crois perdu, et je deviens aussitôt la proie de douloureuses et insoutenables terreurs, qui me sont encore plus pénibles qu’une femme. Il faut, autour de ma vie, un bruit familier et quotidien. Qu’il soit musique ou grincement, il n’importe, pourvu qu’il soit et qu’il chasse les fantômes effrayants du silence.

" Je vais dire une chose peu convenable. Je vous prie donc de m’excuser, car je serai bref et me garderai d’évoquer des images lascives.

" La première nuit de mes noces, il m’arriva une étrange et désagréable aventure. Je communiais ma femme avec une ferveur exaltée, quand, brusquement, d’un coup de rein, Laure rompit l’étreinte, et me jeta de côté sur le lit en poussant un cri :

" – Mon Dieu ! que je suis oublieuse, fit-elle… Mon Dieu ! mon Dieu !… j’ai oublié ma prière à saint Joseph !

" Sans remarquer mon étonnement, ni le désordre indécent et irrité de ma chair, elle se mit à genoux sur le lit, et, les cheveux défaits, la gorge nue, elle se signa :

"– Ô saint Joseph, pria-t-elle, protégez petit père, petite mère, petite soeur... qu'ils soient heureux et vivent longtemps!... Protégez Plume et KiKi, mes chats biens aimés, et aussi ce pauvre Nicolas (Nicolas est son perroquet), qui est si vieux, qui ne chante plus et que je ne veux pas voir mourir encore... Et puis, protégez aussi mon petit mari, afin qu'il ne me fasse pas de la peine.

"Après quoi, reprenant une posture plus conjugale, elle me dit avec un sourire:

"Na... c'est fait... Vous pouvez continuer, maintenant..."
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oliviersavignatoliviersavignat   05 juillet 2020
Je ne connais qu'un moyen de civiliser les gens, c'est de les tuer... Quel que soit le régime auquel on soumette les peuples conquis... protection, annexion, etc., etc., on en a toujours des ennuis, ces bougres-là ne voulant jamais rester tranquilles... En les massacrant en bloc, je supprime les difficultés ultérieures... Est-ce clair ? Seulement voilà... tant de cadavres... c'est encombrant et malsain... Ça peut donner des épidémies... Eh bien! moi, je les tanne... j'en fais du cuir... Et vous voyez par vous-même quel cuir on obtient avec les nègres. C'est superbe!... Je me résume... D'un côté, suppression des révoltes... de l'autre côté, création d'un commerce épatant... Tel est mon système... Tout bénéfice... Comment pensez-vous, hein?
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Elouan00Elouan00   08 octobre 2017
Autour de l’île, les basses sont poissonneuses, et abondent en congres et en homards. Petits, malingres, les hommes, à mufle de marsouin, pêchent. Quelquefois, ils vont vendre leur poisson à Audierne et à Douarnenez. Mais, la plupart du temps, ils l’échangent avec des steamers anglais contre du tabac et de l’eau-de-vie. Lorsque, par les trop grosses mers, ils se voient forcés de rester à terre, ils se saoulent. Ivresses souvent terribles et qui, sans raison, arrachent des poches les couteaux. Les femmes, en plus de semences et des récoltes dont elles ont la charge, et qui se font, comme elles peuvent, à la grâce de la nature, travaillent aux filets. Lentes, longues et pâles, de persistantes consanguinités les ont affinés jusqu’à les rendre jolies, mais de cette joliesse morbide que donne la chlorose. Les teints nacrés, les teints de fleurs étiolées, qui révèlent les pâleurs du sang et les décompositions séreuses, n’y sont point rares.
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Vidéo de Octave Mirbeau
Osons le cynisme ! (2/4) : La cruauté d’Octave Mirbeau et de Villiers de L'Isle Adam.
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