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ISBN : 2746733676
Éditeur : Autrement (02/01/2013)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Portrait d'un marginal qui se dit l'auteur d'une oeuvre totale, Le Secret de Joe Gould se déploie en une extraordinaire quête de vérité et prend la dimension d'une légende moderne. Joe Gould, le « dernier des bohèmes », « petit homme joyeux, au physique émacié », hante les cafétérias, les diners, les bars, les trous à rats de Greenwich Village. Il fait la manche, couche dehors, vêtu de guenilles qu'il porte « avec une espèce de désinvolture triste ». Son passé, qu'i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
horline
  07 septembre 2016
La vie de Joe Gould valait bien un roman ; bien qu'au départ ce fut un article paru dans le New Yorker, parmi les nombreux portraits de marginaux, petites mains et autres oubliés de New York auxquels l'auteur Joseph Mitchell a consacré toute sa carrière.
Pourquoi plus que tout autre ce vagabond sans le sou qui écumait les bars et trous à rats de Greenwich Village a retenu l'attention de l'auteur ?
Certainement parce qu'on a affaire à un personnage énigmatique, fantasque et pittoresque. Une relique des Temps anciens du mouvement bohème animée par la certitude d'une gloire posthume pour l'oeuvre qu'il s'évertue à rédiger fanatiquement chaque jour de sa vie. Plus qu'une simple oeuvre, une véritable odyssée littéraire : « il se peut que les gens lisent l'Histoire orale de Gould pour comprendre ce qui allait de travers chez nous, tout comme nous lisons l'Histoire de la décadence et de la chute de Gibbon pour comprendre ce qui allait de travers chez les Romains. » Une oeuvre donc colossale, voire légendaire personne n'ayant eu l'occasion de la feuilleter, pas même les cercles littéraires et artistiques de New York avec lesquels Joe Gould était familier.
C'est donc armé d'une patience prodigieuse et d'un sens aigu de l'observation que Joseph Mitchell a suivi pendant quinze ans ce curieux petit bonhomme qui étale orgueil et goût pour la mise en scène. Avec une sincérité remarquable, le journaliste américain a su mettre à nu un homme meurtri dans l'enfance qui n'a pas réussi à trouver à l'âge adulte d'autres défenses que la prétention, la désinvolture et la marginalité. Un homme en perpétuelle errance à laquelle seule l'obsession de l'écriture peut donner un sens.
Sur la base des conversations et de son intuition, Mitchell nous offre un portrait fouillé certes mais avant tout un portrait élégant, contrastant fortement avec la personnalité de Joe. Si ce dernier est arrogant et excentrique, Mitchell reflète l'image d'un homme discret, constant et serein. C'est peut-être cette dissemblance que l'on retrouve dans la tonalité de l'écriture qui m'a séduite, une tendresse distante par laquelle l'auteur accumule certains détails par endroit pour en écarter d'autres ailleurs. Cette faculté de se mettre à hauteur d'homme pour mieux écouter quelqu'un qui a choisi une forme de retrait au monde. Dans le texte cela se traduit par l'absence d'artifice, pas d'omniprésence du ressenti, le journaliste a su se tenir à bonne distance de toute forme d'impudeur. Simplement un style ferme et une certaine ténacité pour peu que l'on cherche à masquer la vérité ou que l'on joue les imposteurs.
Ce bouquin fut un réel plaisir de lecture, d'abord en raison de la personnalité fantasque de Joe Gould : il n'a rien du héros mais sa singularité attire la curiosité. Et au-delà du personnage, J. Mitchell a su mêler avec une étonnante aisance les observations d'un journaliste avec l'empathie créatrice d'un auteur de fiction. Il ne s'efforce pas de rendre plus romanesque une vie qui l'était déjà largement, il ne fait pas de ce clochard « sa créature ». Il a simplement une incroyable capacité à mettre en roman ses observations et citations, un style qui, attaquant le réel par la fiction, vient conforter l'idée que toute biographie est nécessairement une fiction au regard du rôle de l'écrivain dans la construction.
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LooUnepauseLivre
  10 juillet 2014
Joe Gould a réellement existé. Fils d'une famille de médecins, diplômé de Harvard, cet homme vivait pourtant en marginal dans New-York, sans abri, se refusant de posséder quoi que ce soit. Un de ces passe temps est d'écrire Une histoire orale qui rassemblerai tout ce que les gens ordinaire raconte dans le Village, bien plus important à son avis que l'histoire officielle.
Joseph Mitchell, qui était journaliste à cette époque l'a rencontré et à chercher à en savoir un peu plus sur lui et sur son oeuvre. Mais il va finalement se rendre compte que cette oeuvre n'existe pas mais aussi et surtout qu'il existe beaucoup de similitude entre eux et leur difficulté à écrire.
Et finalement un livre qui m'a plutôt désenchanté. Tout est centré sur ce personnage, assez atypique mais dont on revient toujours aux mêmes choses. Ses difficultés pour manger, se loger, boire, son caractère qui n'en fait pas toujours une personne facile à cotoyer, son histoire orale qui tourne toujours autour des même chapitre. Et même si l'on aperçoit à un moment un parallèle entre l'auteur et son personnage, c'est déjà trop tard, j'ai déjà décroché. Et puis finalement c'est la seule chose qui sort de cette histoire à tourner en rond.
J'ai trouvé cette histoire lassante. Mais peut-être suis-je passée à côté de quelque chose.
Lien : http://unepauselivre.over-bl..
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clefran45
  25 novembre 2017
J'ai lâché ma lecture, pour le moment. Difficile d'accrocher, premier chapitre plutôt bien, description de Joe Gould plutôt agréable à lire mais 2e chapitre un peu dur, la lassitude s'installe car c'est la même chose, les mêmes mots il en devient agaçant le Joe Gould !
Je reprendrai sûrement mais pour le moment je me suis laissée happer par Laurent Mauvignier..
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mickaelig
  06 décembre 2013
Un peu de mal à accrocher pour l'instant.
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critiques presse (1)
Liberation   14 janvier 2013
Salman Rushdie voit le Secret de Joe Gould comme «une merveille, à classer au même rang que les plus grands chefs-d’œuvre de la littérature» [...]. Malgré son humour, le livre se déroule dans une atmosphère d’une grande tristesse.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   09 juin 2017
Bien que Gould s'efforce de donner l'impression d'être un tire-au-flanc philosophe, il a abattu un travail énorme au cours de sa carrière de bohème. Tous les jours, même lorsqu'il a une épouvantable gueule de bois ou que la faim le laisse épuisé et affaibli, il passe au moins deux ou trois heures à travailler sur un livre sans forme passablement mystérieux qu'il intitule "Une histoire orale de notre temps". Il a commencé ce livre il y a de cela vingt-six ans et il est loin d'être fini. Cette préoccupation semble pour l'essentiel être à l'origine de son mode de vie ; tout emploi stable empiéterait sur sa réflexion.
Selon le temps, il écrit dans les parcs, sous les porches, dans les halls d'hôtel, dans les cafétérias, sur les bancs des quais du métro aérien, dans les rames ou dans les bibliothèques municipales. Quand il se sent d'humeur, il écrit jusqu'à l'épuisement et cette humeur lui vient dans des moments particuliers. Il décrit comment, un soir, il a passé six ou sept heures dans un bar grill-room de 3rd Avenue à écouter une vieille Hongroise éméchée, ancienne tenancière de bordel, ancienne revendeuse de drogues et désormais aide-cuisinière dans un hôpital de la ville, lui raconter l'histoire de sa vie. Trois jours plus tard, aux alentours de quatre heures du matin, sur un lit de camp de l'hôtel Defender, au 300, Bowery, il a été réveillé par les cornes de brume des remorqueurs de l'East River et n'a pas réussi à se rendormir car, en cet instant précis, il se sentait exactement d'humeur à intégrer la biographie de la vieille aide-cuisinière à son récit. Il a une mémoire phénoménale ; s'il a été marqué par une conversation, même interminable et dénuée de sens, il est capable de s'en souvenir plusieurs jours d'affilée, et ce, en grande partie mot pour mot. (...)
Il a écrit dans le hall de quatre heures et quart à midi. Puis il a quitté le Defender, a pris un café dans un bistrot de Bowery et s'est rendu à la bibliothèque municipale. Il a bûché à une table de la salle de généalogie, où il se réfugie souvent les jours de pluie (...) , jusqu'à ce qu'elle ferme, à six heures. Puis il est allé s'installer dans la grande salle, où il est resté, en levant à peine le nez de ses écrits, jusqu'à la clôture de la bibliothèque, à dix heures du soir. Il a avalé deux sandwichs aux oeufs et sa dose de ketchup dans une cafétéria de Times Square. Sur ce, trop fauché pour s'offrir un hôtel et trop absorbé dans ses pensées pour chercher refuge au Village, il a foncé dans le métro de West Side pour passer le reste de la nuit à voyager en griffonnant inlassablement, tandis que sa rame parcourait trois fois la boucle, de la station New Lots Avenue, à Brooklyn, à celle de Van Cortland, dans le Bronx, un des trajets les plus longs du réseau new-yorkais. Il a posé la serviette sur ses genoux et s'en est servi comme d'une écritoire. Il a l'endurance des possédés. (pages 18-19)
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   16 mai 2017
- À l'instant, quand vous avez dit à la serveuse que vous étiez une autorité en matière de langage des mouettes, dis-je en changeant de sujet, vous parliez sérieusement ?
Le visage de Gould s'éclaira.
- Quand j'étais petit, je passais l'été avec ma mère dans une station balnéaire de Nouvelle-Écosse du nom de Clementsport, et tous les étés un vieux monsieur m'attrapait une mouette que j'apprivoisais, et parfois j'avais l'impression que ma mouette me parlait, ou du moins qu'elle essayait. Plus tard, quand j'étais à Harvard, je passais souvent le samedi après-midi sur le quai terminal de Boston à écouter attentivement les mouettes, jusqu'au jour où elles ont réussi à se faire comprendre, et peu à peu j'ai appris le langage des mouettes. Je le comprends mieux que je ne le parle, mais je le parle mieux qu'on pourrait le croire. En fait, j'ai traduit un certain nombre de grands poèmes américains en mouette. Écoutez bien !
Il rejeta la tête en arrière et commença à glapir, gazouiller, criailler, piailler, glousser, jacasser, croasser, ponctuant çà et là ses cris de postillons. Ce vacarme avait des accents psalmodiés et sonores qui m'étaient vaguement familiers.
- Vous ne reconnaissez pas ? s'écria Gould d'une voix surexcitée. C'est "Hiawatha" ! C'est un extrait de la partie intitulée "L'enfance de Hiawatha". Écoutez ! Je vais vous le retraduire :

Sur les rives du Gitche Gumee
Sur les rives de la Grande-Eau-Marine scintillante
Se dressait le wigwam de Nokomis,
Fille de la lune, Nokomis.
Sombre au-delà s'élevait la forêt,
S'élevaient les pins noirs et funestes,
S'élevaient les sapins couverts de cônes...

Gould ricana ; dès l'instant où il s'était mis à parler des mouettes, son humeur était devenue allègre.
- Henry Wadsworth Longfellow se traduit parfaitement en mouette, dit-il. Dans l'ensemble, pour être franc, je trouve que ça rend bien mieux en mouette qu'en anglais. (pp. 79-80)
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