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EAN : 9782845634510
368 pages
XO Editions (14/11/2019)
  Existe en édition audio
3.61/5   27 notes
Résumé :
Avec Le Duel, Frédéric Mitterrand nous fait vivre le terrible affrontement qui opposa deux géants de l'histoire : Napoléon III et Victor Hugo.
Un récit écrit à hauteur d'homme, vivant, tendu, marqué par la passion et la violence, sur les convulsions de la haine en politique et le rapport de fascination entre hommes de pouvoir et écrivains.
Le 2 décembre 1851, le président de la République Louis Napoléon Bonaparte viole la Constitution et s'empare de to... >Voir plus
Que lire après Napoléon III et Victor Hugo : Le duelVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Le décès de Frédéric Mitterrand m'a incité à lire ce duel entre Napoléon III et Victor Hugo. Agréable à lire cet essai rappelle la biographie des deux hommes, leur rencontre sous la deuxième république et la cordialité de leurs échanges au début de la présidence du neveu de l'empereur.
Mais au fil des mois l'écrivain s'inquiète du culte de la personnalité instauré autour du président et glisse progressivement vers la gauche de l'assemblée. le coup d'état du 2 décembre le contraint à un long exil dans les iles anglo-normandes qui lui permet de rédiger l'essentiel de son oeuvre romanesque.
Le second empire accélère le développement économique du pays mais entame, à partir de 1860, une série d'opérations extérieures aux conséquences funestes. Pendant que notre armée se disperse en Crimée, au Mexique ou en Algérie, la Prusse de Bismarck aimante les principautés germaniques, puis agite la question espagnole pour enrager nos dirigeants, nous mener au désastre de Sedan puis à Versailles où l'Empire Allemand est proclamé.
Deux guerres mondiales en sont les conséquences et la faiblesse de cet ouvrage est d'occulter la politique étrangère de Napoléon III … qui était le point d'union avec Victor Hugo, que l'on voit se pavaner au congrès de Lausanne avec Gambetta et s'extasier devant le libéralisme prussien.
Aveuglé par la Grande Duchesse de Gerolstein, Frédéric Mitterrand est muet sur l'unification allemande et italienne. Comme Philippe Séguin il ne voit pas que le second empire meurt des utopies idéalistes semées par l'évangile de Sainte Hélène et diffusées par Victor Hugo.

PS : Louis Napoléon le Grand de Philippe Séguin
Lien : https://www.babelio.com/livr..
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Napoléon le Petit versus Victor le Grand, le dernier empereur contre le monstre sacré des lettres françaises : difficile de résister à cette focale historique proposée dans une plume sophistiquée et perfide par Frédéric Mitterand, d'autant plus qu'à travers ce face à face savamment surjoué avec des dialogues imaginaires, je trouve matière à combler quelques lacunes.
Ainsi je découvre un Hugo moins politiquement monolithique que je le pensais, que l'on voit dans cet affrontement passer de la majorité royaliste à la frange quasi montagnarde de l'Assemblée, écumant de rage contre un putchiste déterminé foulant au pied la jeune République.
Aussi je glisse un oeil dans l'intimité du monument littéraire, dans son foyer, dans ses appétits charnels à la mesure de ses envolées visionnaires et tonitruantes, dans l'incroyable intérieur de la maison de Hauteville house à Guernesey où chaque meuble, chaque tenture, chaque lumière porte son empreinte.
Mais encore j'apprends et comprends mieux quel éclairage historique a donné naissance aux Rougon Macquart, et je déambule avec Victor dans les rues de Paris qui sentent l'Argent, l'Assommoir et la Curée.
En bref, un agréable et instructif moment de lecture!
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C'est le premier ouvrage de Frédéric Mitterrand que je lis et je suis en admiration devant son style. Dans ma tête, j'entends à nouveau sa voix légèrement traînante, et je me surprends à voir les images précises, cruelles, vivantes qu'il transmet au lecteur.
Car Frédéric Mitterrand, homme de lettres et acteur politique, sait ce qu'il en coûte d'être un « neveu de » … il nous livre une double biographie légèrement romancée de ces personnages majeurs du dix-neuvième siècle : Napoléon « le Petit » et Victor Hugo, l'immense talent romantique – et tyran domestique jamais rassasié.
C'est d'une époque bien troublée qu'il s'agit : après les émeutes de février 1848 et la fuite de Louis-Philippe, les barricades de juin conduisent à la proclamation de la Deuxième République, qui ne sera bientôt que bavardages et agitation - tiens, tiens ... - jusqu'à la prise de pouvoir de Louis Napoléon Bonaparte, un homme nouveau, sorti de nulle part, avec son léger accent germanique, son regard indécryptable, l'amateur de fastes et de jolies femmes.
Victor Hugo est déjà célèbre. Il a connu le succès très jeune avec Notre-Dame de Paris, et surtout au théâtre avec Cromwell, Hernani, Ruy Blas, Lucrèce Borgia, le Roi s'amuse … En 1848, il est élu à l'Assemblée nationale parmi les Conservateurs. Il a beaucoup fréquenté la cour de Louis-Philippe qui l'a fait officier de la Légion d'honneur à 31 ans. C'est aussi l'histoire d'une évolution politique de la droite vers la gauche. Encore une allusion …
Louis-Napoléon et Victor sont donc collègues. Victor Hugo soutient la candidature du prince à la présidence de la république. Il aimerait que celui-ci l'écoute comme conseiller, il espère peut-être un poste ministériel. Il voudrait influencer le gouvernement de l'intérieur en faveur de mesures plus généreuses contre la misère, la liberté de la Presse, la peine de mort …
Mais Louis-Napoléon, entouré de sbires très actifs comme Morny et Persigny, a beaucoup appris de ses échecs. Il est secret, apparaît à tous comme aisément manipulable, ne varie pas de son objectif, se montre un excellent communiquant, voyage partout, surfe sur la légende de l'Empereur très vivace dans les campagnes même si, selon Tocqueville, l'homme est « toujours prêt à placer une idée bizarre à côté d'une idée juste. »
Après l'expédition de Rome en 1849 qui contribue à remettre le pouvoir temporel dans les mains du pape Pie IX, votée par l'Assemblée et voulue par le président pour favoriser le vote des catholiques, l'amère déception politique de Victor Hugo s'accompagne d'une profonde blessure d'amour-propre. Victor se rend compte qu'il a été manipulé et trahi par l'homme en qui il avait placé sa confiance.
La répression qui suit le coup d'état du 2 décembre 1851 le conduit en exil : Bruxelles, Jersey puis Guernesey, pour les quinze années suivantes. Il doit son salut à sa maîtresse immuable – Juliette Drouet – et se remet à écrire : des pamphlets contre Napoléon III, et aussi des chefs-d'oeuvre : Les Châtiments, Les Contemplations, La légende des siècles, Les Travailleurs de la mer, l'homme qui rit ... et surtout, Les Misérables. Son succès est planétaire. Napoléon III lui offre l'amnistie, qu'il refuse avec dédain. le clan ou la tribu Hugo vit sous sa férule. Il tient les cordons de la bourse serrés, Juliette n'est jamais loin … Il ne reviendra qu'après le désastre de Sedan.
Je n'avais jusqu'ici parcouru que des biographes de Napoléon III : celles de Pierre Milza et de Philippe Seguin. Je sens que je vais tenter de me plonger dans l'oeuvre de Victor Hugo …
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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J'ai acheté cet ouvrage par hasard, dans le rayon livre tristounet d'un hypermarché de banlieue, alors que j'étais imprudemment parti en voyage quatre jours sans lecture. Bien m'en a pris !

C'est un bon livre d'histoire grand public, avec l'angle accrocheur du "duel", qui m'avait déjà séduit dans la série éponyme d'Arte.

Le récit, bien conduit, au style alerte et au vocabulaire qui sent bon le dix-neuvième, raconte deux décennies (de 1848 à 1870) où s'affrontent la pensée républicaine (prophétisée avec pompe par Hugo) et les restes de l'idéal monarchique (que Napoléon III modernise par ses plébiscites au suffrage universel).
Frédéric Mitterrand (un autre "neveu" célèbre !) ne prend jamais parti, mais fait sentir au lecteur que chacun des deux hommes a su se grandir de cette opposition. Victor Hugo a retrouvé dans l'exil politique l'inspiration qu'il n'avait plus à Paris et écrit dans la solitude ses oeuvres les plus puissantes (Les Châtiments, Les Contemplations, Les Misérables...) Napoléon III a trouvé dans le procès en tyrannie (intenté par Hugo dès son coup d'Etat) une raison supplémentaire d'être un monarque souvent éclairé, faisant mentir l'écrivain.

Les quatre balades (Arenenberg, Villequier, Ham, Guernesey), proposées en épilogue, sont une belle idée. 
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Victor Hugo ! le meilleur des ecrivains et poète, je m'étais souvent demandé comment il avait pu rester si longtemps en terre d exil .
J ai aimé ce livre , bien écrit qui explique le contexte de cette époque troublée , son obsession de défendre la République, l éducation pour tous, la lutte contre la peine de mort. Victor Hugo se sent trahis par Louis Napoléon . Il écrit Napoléon le petit et les Châtiments, sa plume est son arme ! Il avait promis qu il ne reviendrai qu à la chute de cet aigle voleur, il a respecté sa parole !
Même si ses idées ont évolué dans le temps, il a su justifier ses visions de République, en avance sur son temps car pensait aussi à des États Unis d europe! Oui personnage exceptionnel face à Napoléon III qui n était que calculateur pour rétablir l empire.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Curieusement, l'opinion publique prend parti pour le président qui annonce de sévères économies.

Elle le plaint d'en être réduit à l'extrémité de vendre une partie de son écurie. Il lui en reste quand même assez pour parader dans les revues et promener Miss Howard, dont les parures de bijoux étincellent au bois de Boulogne, où les dames du grand monde affectent toujours de ne pas la saluer.

Louis Napoléon se réconforte aussi à sa manière habituelle en resserrant une fois de plus son gouvernement.

Pas de surprise pour Victor : «II lui faut quelques zéros de plus à son budget, il ne se contente pas des zéros qu'il a ajoutés à son ministère. »
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Comme souvent dans les régimes de dictature, les esprits rebelles se réconfortent par des plaisanteries : « Quelle est la différence entre une panthère, Morny et l’empereur ?
Réponse : il n'y en a pas. La panthère est tachetée par nature. Morny est acheté par tout le monde. Et l'empereur est à jeter par la fenêtre. »
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Morny sait que la majorité absolue pour la révision n'est plus sure, pour un peu, il jugerait les députés comme le fait ce Victor Hugo au talent détestable mais si lucide : « Ces pauvres êtres effarés, ils n’étaient pas bien sûrs de n'être pas déjà guillotinés, et s'en allaient chercher leurs chapeaux pour voir s'ils avaient encore leurs têtes.»
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Durant toute cette période, Napoléon III a navigué habilement entre toutes les composantes de son pouvoir qui se reflétaient jusque parmi ses proches: «L'impératrice est légitimiste, Morny est orléaniste, le prince Jérôme est républicain, moi, je suis socialiste, le seul bonapartiste, c'est Persigny, mais il est fou ! »
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« On m'a quelquefois demandé de quoi je me mêlais. Je me mêle de mes affaires. Les libertés des peuples, ce sont là mes affaires. »
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