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Jean-Marc Hovasse (Éditeur scientifique)Guy Rosa (Éditeur scientifique)
EAN : 9782742765065
488 pages
Actes Sud (14/03/2007)
3.99/5   35 notes
Résumé :

Réfugié à Bruxelles au sortir de la résistance armée contre le coup d'Etat de décembre 1851, qui lui avait fait mettre ses jours en danger, Victor Hugo compose en quelques semaines le plus éclatant pamphlet politique de toute l'histoire. "Je n'ai pas l'intention de faire un livre", écrivait-il alors, "je pousse un cri." Aussi brillant que profond et clairvoyant, Napoléon le Petit n'empêcha certes pas son a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Denis_76
  14 mai 2020
Superbe colère de Victor !
Je suis obligé de remettre le livre dans le contexte politique.
En 1848, Victor Hugo soutient Louis Bonaparte, qui devient prince-président en prêtant serment à la constitution de cette Seconde République. Son mandat est de 4 ans, non reconductible. Victor Hugo devient maire à Paris et député. Mais en 1849, il se sent trahi par les idées de Louis Napoléon et rompt avec lui.
Le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon, en dictateur, fait un coup d'état, il édicte 6 décrets autoritaires pour conserver le pouvoir, parjure son serment, et dissout l'assemblée nationale. Victor Hugo participe d'abord à l'organisation d'une résistance. Paris outragé élève des barricades. Que fera Louis Bonaparte ? le 4 décembre, c'est la nuit des longs couteaux, la nuit de cristal, sauf que c'est l'après-midi : "Qu'on exécute mes ordres !"
"Subitement, comme nous venons de le dire, la cavalerie, l'infanterie, l'artillerie, firent front à la foule massée sur les trottoirs, et sans qu'on pût deviner pourquoi, brusquement, sans motif, "sans sommation", comme l'avaient déclaré les infâmes affiches du matin, du Gymnase jusqu'aux Bains chinois, c'est à dire dans toute la longueur du boulevard le plus riche, le plus vivant et le plus joyeux de Paris, une tuerie commença."
Victor Hugo s'exile en Belgique d'où il écrira ce livre, en un mois !
Ce pamphlet est trop riche pour que j'en tire toute la substantifique moelle, mais ce que je ressens, c'est que contrairement à L Histoire apprise à l'école, sans saveur et sans odeur, la personnalité de Louis est bien cernée : après un essai de passage en force à Strasbourg, en 1836 puis à Boulogne et un passage à la prison de Ham, il récidive, d'une manière obsessionnelle à essayer de ressembler à son oncle Napoléon Bonaparte. La relative tolérance de Victor Hugo pour Napoléon Premier n'existe pas auprès de Napoléon le Petit, car ce que le premier a acquis par son génie, le neveu le fait passer par le vol, le mensonge, la corruption, le crime et la terreur. Il est à l'origine de 1000 morts innocents et désarmés, femmes et enfants, et 60.000 déportés :
"L'assassin, penché sur l'assassiné et le couteau levé, lui crie : je t'ai arrêté, saisi, terrassé, dépouillé, volé, percé de coups, te voilà sous mes pieds, ton sang coule par vingt plaies ; dis-moi que tu TE REPENS, et je n'achèverai pas de te tuer."
Car ce n'est pas tout : il y a le plébiscite du 20 décembre 1951....
Il a tué les quatre piliers de la République en les corrompant : l'armée, les fonctionnaires, le clergé, la magistrature.
Victor Hugo a contribué à accréditer " la légende noire" de Louis Bonaparte, car ce retour en arrière politique le met en colère, lui, le républicain fervent.
On dirait aujourd'hui que Louis Bonaparte est un manipulateur, pervers narcissique, il y en eut beaucoup, de Nemrod à Hitler, qui accédèrent aux responsabilités, en passant par (Hugo cite) Busiris, Phalaris, Assuérus, Néron, Tibère, Domitien, Caracalla, Héliogabale, Commode, Borgia, Philippe dit le Bon, Richard III, Henry VIII, Christiern II, Philippe II.
De Bruxelles, où il écrit, huit mois après le coup d'état, ce pamphlet, Victor Hugo donne une belle explication divine de cette épreuve...
.
Mais je me pose deux questions :
1) Comment Casablanca a-t-il "emprunté" les 25 millions de Francs à la Banque pour que Louis fasse son coup d'état et corrompe tous ses fonctionnaires ?
2) Hugo pensait que l'usurpateur de la république durerait peu d'années. Comment a-t-il tenu 18 ans ? Certes, il y a eu une conjoncture économique favorable...
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milamirage
  12 mars 2012
Aujourd'hui, ce n'est pas une critique que je vous livre, mais une auto-critique.
Je veux absolument rendre à César ce qui est à César, ou plutôt à Victor Hugo ce qui lui appartient ! J'ai ajouté une citation à ce livre, il y a seulement quelques jours, et je viens de m'apercevoir qu'elle n'appartient pas au recueil : c'est effectivement dans l'oeuvre, mais pas du tout sous cette forme, ni dans cet ordre... Petits bouts de phrases picorés ça et là dans les textes, en prenant bien soin de prendre celles où se trouve "petit" "président" et "princesse étrangère"... Deux mots m'avaient mis la puce à l'oreille (président et bourse), mais je ne m'y suis pas arrêtée comme je l'aurai dû. Moi qui ai tant aimé étudier cet écrivain, et en particulier "La légende des siècles", je m'en veux terriblement pour cette bévue monumentale.
En espérant que vous vous montrerez indulgent, je vous prie de bien vouloir pardonner cette grossière erreur.
Mila
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JulyF
  27 août 2012
Attaque au vitriol de Napoléon III, concentrée sur sa prise de pouvoir : Hugo rappelle le serment que le prince-président avait prêté devant l'Assemblée Nationale, décrit un massacre de rue dans les jours suivant le 2 décembre, s'insurge contre le serment à l'Empereur exigé de tous les fonctionnaires... Je l'ai lu pendant l'insurrection syrienne, à l'été 2012, et je voyais des échos à ma lecture dans les mots employés par les journaux pour décrire Bachar al-Assad et le traitement infligé à sa population.
Une lecture salutaire, qui nous rappelle que la démocratie ne vient pas seule après des décennies d'autocratie, et qu'il est du devoir de chaque citoyen de la défendre quand elle est en danger.
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Laureneb
  13 janvier 2020
Un livre que je voulais lire depuis longtemps, car j'aime l'écriture de Victor Hugo, je m'intéresse à la période d'un point de vue historique, et je connais de nombreux poèmes des @Châtiments, le premier recueil de poésie que j'ai lu en entier, et qui m'a beaucoup marqué, par son croisement entre l'épopée, la satire, l'indignation et la politique.
Ce recueil n'est donc pas de la poésie, mais de l'Histoire. Hugo fait le récit du coup d'état, en s'appuyant sur des sources, sur des témoignages. le Je est donc moins présent que dans la poésie.
Mais l'écriture est toujours belle, puissante, pleine d'indignation et de souffrance, avec des images fortes - le massacre du boulevard, les flots de sang dans Paris, la cervelle restée sur un arbre.
Je comprends ce que disait Charles Péguy, écrivant que le passage du paragraphe de Napoléon le Petit traitant de la mort d'un enfant au célèbre poème "Souvenir de la nuit du quatre" est une leçon de poésie.
Un grand livre pour un grand crime et un petit homme, qu'un grand génie renvoie aux oubliettes de l'histoire, en rappelant qu'il y a bien crime à l'origine, et qu'aucune légitimité ne peut se fonder sur la violation du droit, de la loi, et de la conscience. Et un grand livre aussi parce qu'il reste actuel, tant que les libertés publiques sont menacées, quelque soit le pays.
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MarcoKerma
  19 mars 2021
Artiste polyvalent (écrivain de théâtre, poète, romancier.., dessinateur, imaginateur de meubles..) Victor Hugo fut aussi un "intellectuel", on le sait, engagé politiquement : il fut pair de France, académicien, député pendant 3 ans, sénateur.. et a écrit de nombreux textes (discours ou brefs essais) sur l'éducation, la peine de mort, la République etc .. A l'issue du coup d'état de Louis Napoléon Bonaparte il s'exile d'abord à Bruxelles où il écrit rapidement ce long pamphlet virulent dans lequel il écrit avec talent et ce lyrisme caractéristique où il portraiture au vitriol l'Empereur autoproclamé, relate les massacres du début décembre 1851 (à partir, semble-t-il du recueil de témoignages qu'il aurait lui-même effectué, comme un "journaliste d'investigation"), analyse ce qui a permis ce coup d'état etc.. Ce texte se situe à l'époque des Châtiments et avant les Misérables. Hugo y déploie donc ce style ample qu'on lui connait, multiplie les images et métaphores bien trouvées et les répétitions qui parfois m'agacent chez lui. Mais quel souffle ! Alimenté par plus que l'indignation : une colère, un cri de révolte !
Il y a là de nombreuses phrases "définitives" qui auront un sens après Victor Hugo et jusqu'à aujourd'hui ( l' "Indignez-vous !", de Stéphane Hessel il y a 11 ans..) tant l'homme est lucide et visionnaire . Quelques exemple parmi d'autres (p 23/24 aux éditions anciennes "Nelson", imprimé en Angleterre) : " Il est temps (..) que ce monstrueux sommeil des consciences finisse. Il ne faut pas qu'après cet effrayant scandale, le triomphe du crime, ce scandale plus effrayant encore soit donné aux hommes : l'indifférence du monde civilisé". "Ce livre n'a pas d'autre but que de secouer ce sommeil. La France ne doit pas même adhérer à ce gouvernement par le consentement de la léthargie: à de certaines heures, en de certains lieux, à de certaines ombres, dormir, c'est mourir".
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
milamiragemilamirage   06 mars 2012
Que peut-il ? Tout.
Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance,
en huit mois un homme de génie
eût changé la face de la France,
de l'Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France
et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ;
ne pouvant créer, il décrète ; il cherche
à donner le change sur sa nullité ; c'est
le mouvement perpétuel ; mais, hélas !
cette roue tourne à vide.

L'homme qui, après sa prise de pouvoir
a épousé une princesse étrangère
est un carriériste avantageux.
Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots,
ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit
et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme,
il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds,
lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue !

Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde,
d'un homme médiocre échappé.
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pagesnoiresElopagesnoiresElo   11 juillet 2011
Le grand talent de Napoléon Bonaparte est le silence (...) Il ne parle pas, il ment (...) Machiavel a fait des petits, il en est un (...) Il ne fait rien (...) Il cherche à donner le change sur sa nullité (...) Qui est à l'Elysée et aux Tuileries? Le crime. Qui siège au palais Bourbon? L'imbécilité. Qui siège au palais d'Orsay? La corruption (...) Nous ne nous laisserons pas abattrent (...) L'avenir c'est la République pour tous, la paix avec tous.
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feanorafeanora   28 décembre 2015
Il y a donc dans une boutique où se fabriquent les lois et les budgets un maitre de maison, le conseil d'état, et un domestique, le corps législatif.
Aux termes de la Constitution, qui est-ce qui nomme le maitre de maison? M Bonaparte. Qui est-ce qui nomme le domestique? La Nation. C'est bien.
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liberligerliberliger   19 février 2014
La situation présente, qui semble calme à qui ne pense pas, est violente, qu'on ne s'y méprenne point. Quand la moralité publique s'éclipse, il se fait dans l’ordre social une ombre qui épouvante.
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SivojSivoj   03 avril 2016
Maintenant faites déclarer par sept millions cinq cent mille voix que 2 et 2 font 5, que la ligne droite est le chemin le plus long, que le tout est moins grand que la partie ; faites-le déclarer par huit millions, par dix millions, par cent millions de voix, vous n’aurez point avancé d’un pas. Eh bien, ceci va vous surprendre, il y a des axiomes en probité, en honnêteté, en justice, comme il y a des axiomes en géométrie, et la vérité morale n’est pas plus à la merci d’un vote que la vérité algébrique.
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Enseignement 2016-2017 : de la littérature comme sport de combat Titre : Tropes de la guerre littéraire : Athlète
Chaire du professeur Antoine Compagnon : Littérature française moderne et contemporaine : histoire, critique, théorie (2005-2020)
Cours du 10 janvier 2017.
Retrouvez les vidéos de ses enseignements : https://www.college-de-france.fr/site/antoine-compagnon
L'émergence de la figure de l'athlète pour désigner l'écrivain est certainement liée au nouveau régime de liberté d'expression expérimenté à partir de 1820, qui favorise l'activité de la presse, et suscite une concurrence accrue entre ses représentants. Si l'écrivain est comparé à un athlète, c'est parce qu'il prend part à une lutte qui, loin d'être seulement métaphorique, engage également son corps. Victor Hugo, dans les Odes et Ballades (1827), fait se succéder « le chant de l'arène », « le chant du cirque » et « le chant du tournoi » ; dans Les Contemplations (1856), il fait rimer poète non seulement avec prophète, mais encore avec athlète. La rime se retrouve chez Alfred de Vigny, chez Théodore de Banville, chez Alphonse de Lamartine qui célèbre en Lamennais le poète martyr, athlète du christianisme, retrouvant ainsi le sens religieux du terme.
Pour être écrivain et se faire une place dans un champ littéraire compétitif, il faut être endurant, robuste de corps, et que cette robustesse se transmette encore au style. Trois écrivains, en particulier, paraissent unir ces deux qualités, physique et stylistique : Alexandre Dumas, « athlète du feuilleton » que les Goncourt décrivent comme « une espèce de géant » s'astreignant à la plus rigoureuse hygiène de vie ; Gautier ; et surtout Balzac, à qui Sainte-Beuve – avec Rodin – reconnaît le corps d'un athlète, et qui sait mieux que les autres avec quelle générosité et quelle régularité il faut produire pour survivre. Son personnage Lucien de Rubempré, aspirant à la carrière littéraire, est moins chanceux, doté seulement d'un corps chétif qui paraît le signe d'un écrivain « sans coeur ou sans talent ». le vocable est beaucoup moins appliqué à Hugo, que seul Jules Janin distingue en ce sens, comme le seul survivant de la dure bataille romantique. Baudelaire, lui, sait bien dire la distance de son corps à celui de Pierre Dupont, poète du prolétariat, décrit comme un véritable Hercule. Cependant, il sacrifie au lieu commun au moment de faire l'éloge d'Edgar Allan Poe, mélange de féminité et de robustesse, d'orgie et de rigueur.
Martinville, rare soutien de Lucien dans Illusions perdues (1837), incarne l'écrivain-athlète, mais assure aussi le passage du registre du sport à celui du sport de combat. Il est par excellence l'écrivain polémiqueur, l'athlète insulteur, seul capable de rendre les coups de tous côtés à la fois et d'accompagner Lucien dans son revirement politique. L'artiste-athlète est majoritairement pensé sur le modèle de l'escrimeur, du maître d'armes. Tous les écrivains du milieu du XIXe siècle sont familiers d'Augustin Grisier, maître d'armes des fils de Louis-Philippe et de l'École polytechnique, puis, sous le Second Empire, du Conservatoire national d'art dramatique. Gautier, Sue, Dumas qui préface son célèbre livre Les Armes et le Duel (1847), fréquentent sa salle d'armes. Grisier entretient dans son livre et dans sa salle d'armes le souvenir de Joseph Bologne, chevalier de Saint-George, connu comme le « chevalier noir ». Né à la Guadeloupe d'un propriétaire terrien et d'une esclave, le chevalier de Saint-George reçoit sur le continent une éducation noble, où la littérature et les sports, les arts et les armes ont une proportion égale ; il manie le fleuret et l'archet avec autant d'agilité. Grisier et Bologne ont en commun de refuser le duel, au nom d'une conception rigoureusement esthète du combat d'armes. La figure de ces maîtres d'armes est essentielle, en ce qu'elle assure la réversibilité du combattant et de l'écrivain : si ce dernier manie la plume comme une épée, le maître d'armes doit en son ordre manier l'épée comme une plume. Il est un parfait esthète, et toujours un écrivain en puissance.
Il existe une version dégradée, mercenaire du maître d'armes, exécuteur des basses
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>Histoire de France>France : histoire>Deuxième République,Second Empire (16)
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