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EAN : 9782360810444
496 pages
Editions Cornélius (11/10/2012)
4.22/5   51 notes
Résumé :
Le succès sans commune mesure de la bande dessinée au Japon, son enracinement au plus profond de la société et ses thèmes de prédilection, s’expliquent une fois placé en regard de l’histoire de l’Ere Showa.
Et à juste titre, la biographie des pionniers du manga témoignent tout autant de la naissance d’un art que de l’une des périodes les plus complexes de l’histoire du Japon. La vie de Shigeru Mizuki rappelle qu’en un peu plus d’un siècle, cet archipel unique... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
MahaDee
  10 décembre 2016
«Vie de Mizuki» est un récit autobiographique en trois volumes de l'un des pionniers du manga, Shigeru Mizuki (1922-2015). Ce volume, «L'enfant», retrace les premières années de Shigeru, dit Gégé. On partage son quotidien d'enfant libre et heureux dans une petite ville côtière, provinciale et tranquille du sud-ouest du Japon. Mizuki décrit avec talent les préoccupations du jeune garçon qu'il était. Il aborde aussi avec simplicité les superstitions populaires rurales et les légendes mystiques du Japon animiste de l'époque. C'est touchant, nostalgique, tendre et souvent drôle. En toile de fond, se dessine la chronique de la famille Mizuki juste avant que ne commence la mutation d'un monde.
Mizuki intègre à sa biographie des extraits tirés de ses mangas antérieurs. Quelques pages (une vingtaine sur les 350 du bouquin) sont déjà présentes in extenso et sans aménagement dans NônNônBa.
Si on a lu NônNônBa, ce que je recommande vivement, il est amusant de chercher à les repérer. Car Shigeru Mizuki nous désigne ainsi ce qui était «sincère» (selon sa propre expression) dans ses ouvrages précédents, quand il utilisait ses souvenirs, sans pour autant chercher à donner un caractère autobiographique. Et en négatif, on comprend ce qui relevait alors de la fiction. C'est donc la question souvent débattue de la vérité des autobiographies qui est posée ici.
Mizuki a visiblement pris plaisir à mettre sa biographie en mangas et ce plaisir est partagé.
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Chouchane
  14 février 2018
Un manga autobiographique en 3 tomes. Voilà un programme de lecture attirant et je ne fus pas déçue ; j'ai avalé ces 3 gros livres - à lire de droite à gauche - d'une seule traite ; il m'a donc semblé plus naturel de chroniquer de la même façon ces trois tomes : d'une seule traite.
Avant d'être un grand mangaka Sigheru Mizuki de son vrai nom Mura Sigheru fut un petit garçon curieux et vif, vivant dans le Japon semi-rural d'avant la guerre de quarante. Rizières, bord de mer sauvage, bol de riz, baguettes, respect des aînés et bagarres de garçons dans les rues, rythment le quotidien du petit Mura. Dans cet univers ce qui le marquera durablement ce sont les histoires que lui raconte nonnonbâ une sorte de mémé qui s'occupe de la maison et qui vit entourée de paranormal. Pour nonnonbâ chaque manifestation désagréable dans le réel (maladie, cauchemar, chute...) est le fait d'un Yokaï, une créature surnaturelle du folklore et l'imaginaire japonais. Un mélange d'esprit, démon, fantôme qui prend des apparences monstrueuses et qui demande pour disparaître des rituels ou des postures adaptées. Ces passages sont de délicieux moments de rêverie et de découverte pour le petit garçon. Adulte, il fera de ces esprits les personnages principaux de ses mangas, le plus célèbre sera Kitaro le repoussant.
Peu enclin à l'obéissance, il fera une scolarité plutôt calamiteuse et c'est désolant de constater à quel point aucun enseignant ne captera son talent. Pourtant, le jeune Shigeru continue sa voie dans le dessin, sans savoir vraiment ce qu'il en fera. Flegmatique il suit sa route sans anxiété aucune et étrangement fini toujours par s'en sortir.
1942, il a 20 ans, il est enrôlé dans l'armée impériale et est envoyé en Nouvelle Guinée à Rabaul. le sud ! Cela fera l'objet de multiples planches et c'est assez traumatisant. Les privations, la malaria, la violence des supérieurs -vraiment l'éducation à la japonaise n'a rien d'attirant, tout est transmis à l'aide de gifles et de punition, école, armée, entreprise même style détestable - et surtout la faim omniprésente seront son quotidien calamiteux. Sighéru échappera plusieurs fois à la mort de façon parfois ahurissante. Il y laissera toutefois un bras, le droit ! S'il ne s'étale pas sur ce fait, j'ai appris en farfouillant sur internet qu'il avait dû vraiment s'accrocher pour redessiner de la main gauche. Avec son seul bras, on le voit découper des Yokaïs, constituer de gros classeurs (300 à la fin de sa vie) et surtout faire du vélo pour se détendre. le plus étonnant de cette période est la proximité qu'il va nouer avec les « hommes de la forêt », une tribu locale qui le considère comme l'un des siens et qui lui offre un morceau de terre pour s'installer. Il les quittera à contre coeur à la fin de la guerre mais finira pas leur rendre visite plusieurs fois avant sa mort.
De retour de la guerre, il laisse la vie s'écouler mais ses parents ne l'entendent pas de la sorte et lui trouvent une épouse. Douce et docile, elle s'occupe de leur foyer alors qu'il gagne à peine de quoi vivre avec ses dessins. Si le succès tarde à venir, il arrive quand même. On découvre dans le dernier tome le début de cette forme de narration, l'émergence de maîtres du manga vivant souvent comme des « clochards célestes ». Et puis les années passant, le Sud tribal qu'il a connu en Nouvelle Guinée viendra le hanter à nouveau comme un paradis perdu au milieu de la folie des hommes. Les parents vieillissent et meurent, les frères reviennent eux-aussi de la guerre, les enfants grandissent et Sigheru devient une célébrité. le Japon quand à lui après des années de misère post-guerre, joue de ses habilités politiques, de sa rigueur morale, de sa solidité sociétale, pour devenir une puissance économique et culturelle à la fois redoutée et enviée.
A lire absolument.
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lunch
  17 février 2016
C'est une page importante de l'histoire de la bande dessinée qui se tournait le 30 novembre dernier, alors que Shigeru (Mura) Mizuki s'éteignait à la suite d'une attaque cardiaque, à l'âge – respectable – de 93 ans.
Une vie durant, l'auteur japonais s'est consacré au dessin et il nous a livré une bibliographie d'une richesse incroyable, véritable monde dans notre monde, infesté de créatures fantastiques appelées Yôkai. Vous connaissez sûrement (et dans le cas contraire je vous invite fortement à leur découverte) des titres comme nonnonbâ – Meilleur album à Angoulême en 2007 – ou Kitaro le repoussant. Mizuki a même écrit un Dictionnaire des monstres japonais, se nourrissant allègrement dans le folklore et dans les histoires que lui contaient sa nourrice lorsqu'il était enfant.
Mizuki, c'est aussi le traumatisme de la seconde guerre mondiale. Une blessure physique tout d'abord, puisqu'il perd son bras directeur, ce qui l'oblige à tout réapprendre avec autre bras (y compris le dessin donc, chose extraordinaire quand on voit la finesse de son trait). Une blessure mentale aussi, qui l'affecte jusque dans ses récits où la guerre n'est jamais très loin… Opération Mort est l'un de ceux-là, récompensé par un Prix Patrimoine à Angoulême en 2009 et un Eisner Award en 2012.
[...]
La Vie de Mizuki, c'est aussi le survivant (tome 2) et L'Apprenti (tome 3), une trilogie pour ne pas perdre le souvenir d'un grand Monsieur qui a traversé l'Histoire.

La chronique complète à lire sur Bedea Jacta Est !
Lien : https://bedeajactaest.wordpr..
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malaurie
  09 septembre 2013
Cette autobiographie dessinée est admirable. J'avais déjà lu, apprécié et chroniqué des mangas de cet auteur : NonNonbâ (qui a reçu le Fauve du meilleur album du Festival d'Angoulême en 2007), Opération Mort et dernièrement Hitler. À part ce dernier les deux autres étaient largement autobiographiques. Cette Vie de Mizuki est donc l'aboutissement de ce travail de mémoire.
Shigeru dans ce premier opus nous narre l'histoire de sa jeunesse jusqu'à son départ au front dans les îles de Palaos pendant la Guerre du Pacifique, soit entre 1922 et 1943.
C'est une véritable découverte du Japon de l'entre deux guerre à laquelle nous assistons, Shigeru est sans complaisance avec l'enfant et le jeune homme qu'il fut : loin de cacher ses défauts, il sait les tourner en dérision et s'en servir de ressort dramatique. Personnage flegmatique, insouciant, parfois irresponsable, glouton, paresseux, Shigeru dépeint aussi les membres de sa famille avec sincérité. Mouton noir de la famille, Shigeru semble inapte à toute éducation, à tout travail, voire à toute vie sociale, à tel point que ses parents sont désespérés. Quel avenir est-il possible pour leur fils ? Puis vient la mobilisation pour l'armée.

Cette plongée intimiste dans le Japon de la première moitié du XX° siècle nous permet de visiter à nouveau des événements bien connus de notre histoire universelle (crise économique, guerres) avec l'originalité d'un point de vue décalé. Il est aussi éclairant sur les conditions de vie de l'époque et sur certains événements politiques japonais. Mais rien ne vaut la truculence et l'excellence de ses souvenirs d'enfance...
Encore une fois, grâce à un dessin humble et précis, Shigeru Mizuki, sait captiver son public et magnifier des histoires à l'apparence simple, en instillant de la magie dans les situations anodines.

Lien : http://legenepietlargousier...
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Yvan_T
  12 avril 2013
Comme le titre laisse présager, « La vie de Mizuki » est une oeuvre autobiographique. Si Shigeru Mizuki (Opération mort) s'est souvent mis en scène lors de ses précédents ouvrages, ceux-ci étaient chaque fois en partie romancés. A travers cette saga prévue en trois volumes le nonagénaire décide de nous raconter toute sa vie. Ce premier volet, sous-titré L'enfant, démarre à la naissance du mangaka en 1922 dans la préfecture de Tottori et se termine sur le front alors qu'il vient d'être appelé pour participer à la Seconde Guerre Mondiale.
L'auteur revient avec beaucoup d'humour et de réalisme sur son enfance passée dans la petite ville côtière de Sakaiminato avant de partager ses déboires sur le marché de l'emploi. Outre sa vie personnelle et ses relations familiales, cet album témoigne également de l'une des périodes les plus intéressantes de l'histoire du Japon. Véritable témoignage de l'histoire de l'Ère Showa (1926-1989), ce récit dépeint avec brio la société japonaise de l'époque. L'auteur, qui a perdu le bras gauche durant la Seconde Guerre mondiale et a dû apprendre à dessiner de la main droite pour pouvoir témoigner de son histoire personnelle et de celle de son pays, propose donc une oeuvre à la fois personnelle et didactique.
Cet album permet également au lecteur de retrouver la vieille NonNonbâ (découverte dans le récit éponyme, qui a d'ailleurs reçu le prix du meilleur album à Angoulême en 2007) et ses histoires de Yokaï. L'auteur recycle d'ailleurs plusieurs pages de ses oeuvres précédentes, faisant ainsi le lien avec ces ouvrages romancés. Visuellement le lecteur retrouve le dessin typique de l'auteur, avec un dessin plus réaliste lors des scènes de combats.
Indispensable si vous aimez Mizuki ou si vous avez apprécié Une vie dans les marges.
Lien : http://brusselsboy.wordpress..
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critiques presse (3)
Liberation   25 février 2013
Dans ce premier tome de son autobiographie, le mangaka Shigeru Mizuki évoque une enfance joyeuse. [...] La biographie de Mizuki cultive une joie aux reliefs hantés par des figures merveilleuses et des événements graves.
Lire la critique sur le site : Liberation
Du9   20 novembre 2012
Ces pages sont moins un témoignage d’existence, qu’une justesse et une constance, qui montrent aussi et du même coup de manière plus indirecte, l’intérêt qu’il y a préciser un contexte et à structurer ses souvenirs.
Lire la critique sur le site : Du9
BoDoi   05 octobre 2012
il y a des longueurs et certains passages sont trop répétitifs ou ennuyeux. […] Le rendu graphique est si particulier qu’il risquera malheureusement d’en repousser plus d’un. Si ce premier volume n’est donc pas extraordinaire, il a le mérite de présenter et d’expliquer les influences majeures du mangaka.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
NievaNieva   11 janvier 2014
— C'est vous, Azuki-akari ?
— Oui, et je ne ressemble pas du tout à ton dessin !
— Vous êtes comment, alors ?
— Mon apparence ne peut être décrite en mots. Je suis un être inexistant qui se trouve ; un être existant qui ne se trouve pas.
— Si ce n'est pas trop vous demander... Vous ne voudriez pas vous montrer, plutôt ?
— Pour tous les efforts que tu fais afin de comprendre les yokaï, j'accepte. Je vais te donner un aperçu. Je vais apparaître dans le prochain éclair, et je disparaîtrai avec le suivant.
+ Lire la suite
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NievaNieva   11 janvier 2014
Je vivais dans mon monde, à part, je ne parvenais pas à m'intégrer à la société. A cette époque, je raffolais des contes pour enfants de Grimm, d'Andersen ou encore des Mille et une nuits. Je m'en inspirais pour créer des bandes dessinées, et cela suffisait à me contenter.
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RudyinoshishiRudyinoshishi   07 mars 2016
Je vivais dans mon monde , à part, et je ne parvenais pas à m'intégrer à la société.
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steambooksteambook   30 décembre 2012
"L'instant égale l'éternité, et l'éternité égale l'instant."

"A l'aube, la colline ruisselait de sang. Les pertes japonaises s'élevaient à 500 morts et 400 blessés, pour 40 morts et 100 blessés du côté américain."
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lunchlunch   17 février 2016
À plus de 80 ans, me voici à un âge où l'on s'attend à voir surgir la mort d'un jour à l'autre. J'ai donc voulu retracer l'histoire de ma vie : la seule et unique autobiographie de Shigeru Mizuki.
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Videos de Shigeru Mizuki (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Shigeru Mizuki
À l'occasion du Festival International de la Bande Dessinée 2022, Xavier Guilbert vous présente l'exposition "Shigeru Mizuki, contes d'une vie fantastique" aux éditions
Retrouvez les livres Shigeru Mizuki : https://www.mollat.com/Recherche/Auteur/0-196389/mizuki-shigeru
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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