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Alzir Hella (Traducteur)
ISBN : 2253153702
Éditeur : Le Livre de Poche (04/11/2002)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 373 notes)
Résumé :
A son ami Stefan Zweig, Romain Rolland attribuait "ce démon de voir et de savoir et de vivre toutes les vies, qui a fait de lui un pèlerin passionné...
Cette extraordinaire aptitude à se couler dans les destins et les âmes les plus différents, qui a valu à Amok ou à La Pitié dangereuse de devenir des classiques, éclate particulièrement dans la forme resserrée de la nouvelle. Zweig, qui admirait Maupassant, campe ici en peu de pages des personnages inoubliabl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
Sachenka
  12 août 2016
Je suis tombé un peu par hasard sur cette petite plaquette, La peur, dépassant à peine cent pages. Quand j'ai remarqué que l'auteur n'était autre que le grand Stefan Zweig, je l'ai pris et je l'ai lu d'une traite, dans un temps record. L'histoire, je la résume à ceci : une femme est aux prises avec la peur. Croyez-moi, ce n'est pas si banal que ça en a l'air. Trop succinct ? Alors voici : Irène Wagner trompe son mari. Oui, oui, cette grande bourgeoise, épouse d'un magistrat bien connu de Vienne, a un mari. Mais, elle qui a tout, elle se sent lasse, inutile, comme si elle errait sans but dans la vie. du moins, c'était jusqu'à ce qu'elle rencontre un jeune peintre de basse extraction. Non, non, il ne s'agit pas d'une histoire de vaudeville. Elle trompe son mari, mais surtout son ennui. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sent en vie. Mais voilà qu'un jour, en sortant de chez son amant, une femme l'apostrophe, l'empêche de s'enfuir, lui bloque le chemin, lui crache à la figure son dégoût. Cette femme la suivra et exercera du chantage par la suite.
À partir de ce moment, la peur envahit Irène Wagner, au point de prendre toute la place dans vie. Plus rien n'a d'importance. La dame n'ose plus quitter ses appartements, craignant de tomber sur la folle hystérique qui risquerait de dévoiler son aventure et de ruiner sa vie. Exit le gentil amant, l'amour, la passion. Mais la peur a déjà emprise sur elle et nulle part elle ne trouve la paix. Même la sonnette la fait sursauter : est-ce sa vile extorqueuse qui la harcèle jusque chez elle ? Et elle n'a personne vers qui se tourner (il est évidemment hors de question de faire appel à son mari). C'est une véritable torture psychologique. Paralysée par la peur, elle n'a plus le goût de manger, plus rien ne l'amuse, elle semble dépérir.
Stefan Zweig a écrit un véritable drame psychologique. Il n'a pas son pareil pour sonder l'âme humaine. Il décrit Irène Wagner, ses actions, réactions, sentiments, motivations sans jamais la juger – elle le fait assez bien elle-même! – et son évolution psychologique suit une courbe en crescendo parfaite. J'y trouve un quelque chose à la Madame Bovary, de Flaubert. En tous cas, plusieurs parralèlles peuvent être faits entre les deux héroïnes, bien que leur destin ait pris des chemins différents. D'ailleurs, parlons-en, du dénoument. Beaucoup diront qu'il est inattendu, certains qu'il est magistral. Moi, je ne l'ai pas aimé. Mais bon, je suis quand même capable d'en apprécier la superbe, c'était vraiment bien pensé de la part de l'auteur. En tous cas, ça tient la route. Plus personne n'osera tromper son partenaire après avoir lu cette nouvelle…
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Piatka
  15 août 2013
Mieux qu'un banal trio amoureux, Zweig a imaginé un quatuor diabolique :
La femme infidèle, le mari, L'amant ET LA PEUR, quatrième personnage à part entière de ce court roman qui rôde en permanence, resserre son étau implacable autour de l'âme d'Irène Wagner, grande bourgeoise menant une vie frivole, épouse d'un grand magistrat viennois, maîtresse d'un jeune pianiste.
Elle s'est laissée séduire, " s'est donnée à lui sans avoir besoin de lui ou sans le désirer vraiment...par une sorte de curiosité inquiète ". Elle a intégré son amant à sa vie quotidienne et l'adultère ne torture pas sa conscience. Mais, car bien sûr un petit caillou s'est glissé dans le rouage bien huilée de sa vie admirablement organisée, une femme jalouse a découvert son secret et entreprend de la faire chanter, la poursuivant même jusqu'au coeur de son foyer. Nous assistons alors à une véritable descente aux enfers, au subtil dérèglement progressif mais inexorable de la conscience d'Irène sous l'emprise de la peur, qui s'accompagne naturellement de manifestations physiques qui inquiètent son entourage et son mari en particulier. Une véritable torture psychologique ! du grand Zweig !
Peur de tout perdre, impossibilité de révéler son secret : Zweig, comme toujours, excelle à dépeindre les tourments de l'âme humaine, en particulier féminine. Et même si cette oeuvre peut paraitre un peu datée, elle n'a rien perdu selon moi de sa force psychologique, la tension est réelle et le dénouement magistral.
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ibon
  10 août 2013
Une nouvelle dont la montée d'angoisse est digne des meilleurs romans noirs.
Irène, 30 ans, en refermant la porte de l'appartement de son amant et en descendant l'escalier qui mène à la rue, est saisie par la peur. La peur d'être découverte. Une peur de l'instant, un petit stress au moment d'ouvrir la porte qui donne sur cette rue fréquentée, même si un voile dissimule son visage, même si elle a une excuse toute prête pour son mari. Une peur qui se transformera progressivement en terreur...
La suite est digne d'un scénario à la Hitchcock.
Zweig s'intéresse, une fois de plus, à un personnage issu de la bourgeoisie viennoise, bourgeoisie dont le confort et les codes paraissent éloignés de la vraie vie telle que son héroïne l'imagine. Une aventure semble alors nécessaire.
L'auteur sonde aussi l'âme humaine comme jamais. A travers les gestes et les moindres intonations dans la voix de son personnage, tout est dit.
Tout cela donne à cette nouvelle une ambiance noire et crispante très réussie.
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TheWind
  03 mai 2014
Vous est-il déjà arrivé d'éprouver une peur si intense qui vous paralyse, vous obsède au point de perdre totalement pied ?
C'est ce qu'il arrive à Irène, l'héroïne de cette nouvelle de Stefan Zweig. Dès le début, la peur s'empare d'elle et ne va plus la lâcher, s'amplifiant, se lovant en elle, la martyrisant, l'anéantissant...
Irène a peur que son mari découvre son aventure extra-conjugale avec un pianiste. Elle tient bien plus à son confort bourgeois qu'à cet amant qu'elle visite par habitude une fois par semaine, comme si elle allait prendre le thé avec des amies. Imaginer qu'elle puisse tout perdre, son mari, ses enfants, sa maison lui paraît inconcevable. Un jour, une femme l'aborde sur les lieux de son adultère, et l'admoneste : " Je vous y attrape enfin. Bien entendu, c'est une honnête femme, une soi-disant honnête femme ! Elle n'a pas assez de son mari, de son argent et de tout ce qu'elle a, il faut encore qu'elle débauche l'ami d'une pauvre fille..." Pour la faire taire, Irène lui donne de l'argent mais ce n'est que le début.. L'extorqueuse reviendra, de plus en plus menaçante, de plus en plus vorace.
La vie d'Irène devient alors un véritable calvaire. Un calvaire que Zweig nous dépeint avec tout son talent. D'une histoire somme toute banale et à peine croustillante, il bâtit un véritable thriller, digne d'une réalisation à la Hitchcock, ménageant un suspense à peine soutenable. Si l'angoisse étreint Irène, elle parvient aussi à toucher le lecteur qui n'a qu'une hâte : parvenir à la fin pour pouvoir souffler, se relâcher...
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missmolko1
  26 août 2015
La peur est un recueil de six nouvelles de célèbre Stefan Zweig qui regroupe La Peur, la nouvelle qui donne son titre au livre, Révélation inattendue d'un métier, Leporella, La femme et le paysage, le bouquiniste Mendel et pour finir La collection invisible.
Ces six nouvelles ont toutes un point commun : la peur, l'appréhension, l'angoisse.
"Lorsque Irène, sortant de l'appartement de son amant, descendit l'escalier, de nouveau une peur subite et irraisonnée s'empara d'elle.
Une toupie noire tournoya devant ses yeux, ses genoux s'ankylosèrent et elle fut obligée de vite se cramponner à la rampe pour ne pas tomber brusquement la tête en avant."
Zweig dissèque ses personnages, décrit avec détail et précision chaque émotion et c'est un vrai plaisir a la lecture.
Pour ma part trois nouvelles sont vraiment sorties du lot : La Peur bien sur qui nous raconte l'histoire d'une femme qui a un amant et qui se fait surprendre par une autre femme. A partir de ce moment, elle entre dans une spirale folle ou elle a peur de perdre son mari, sa situation et réputation. Leoporella, nous conte l'histoire d'une femme, domestique et cuisinier, entièrement dévoué a son maître (peut-être même un peu trop...) et enfin La collection invisible que j'avais lu il y a peu et que j'ai pris plaisir a relire
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
pilpilippilpilip   13 juin 2010
La peur est pire que le châtiment, parce qu'il est toujours déterminé, quelle que soit sa gravité, et préférable à l'affreuse attente indéterminée qui se prolonge à l'infini, horriblement. Dès qu'elle a connu son châtiment, elle s'est sentie soulagée. Que ses larmes ne te trompent pas : c'est seulement maintenant qu'elles jaillissent, mais avant elles s'accumulaient à l'intérieur. Et dedans elles font plus de mal que dehors.
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JoualvertJoualvert   23 novembre 2015
Puis, ce fut le déchaînement, des ruisseaux se jetaient d'une hauteur infinie, pareils à des cascades et la tempête les brandillait avec fracas comme elle eût fait des cordages mouillés. Parfois elle lançait des paquets d'eau glacée et des bouffées d'air parfumé dans l'embrasure de la fenêtre. (...) La lutte voluptueuse entre le ciel et la terre était d'une beauté démoniaque, c'était une gigantesque nuit de noces dont je partageais le plaisir en pensée. Les éclairs empoignaient la terre frémissante, le tonnerre s'abattait sur elle et c'était dans cette obscurité gémissante une étreinte passionnée. Les arbres soupiraient voluptueusement, et, au milieu des éclairs de plus en plus violents, l'horizon tissait ses mailles, les veines ouvertes du ciel se mêlaient en coulant aux rigoles des chemins.
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TheWindTheWind   01 mai 2014
Maintenant que, pour la première fois, elle était confrontée au danger et qu'elle allait devoir payer le véritable prix de l'aventure, elle se mit à en calculer mesquinement la valeur. Gâtée par le sort, choyée par sa famille, presque sans désirs du fait de sa fortune, il lui sembla que ce premier désagrément était excessif pour sa nature délicate. D'emblée, elle se refusait à renoncer aussi peu que ce fût à sa tranquillité d'esprit, et en fait elle était prête à sacrifier sans hésitation son amant à son confort personnel.
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patrick75patrick75   05 mai 2014
Mais il est une mollesse de l'atmosphère qui rend plus sensuel que l'orage ou la tempête, une modération du bonheur plus énervante que le malheur. La satiété irrite autant que la faim, et la sécurité, l'absence de danger dans sa vie éveillait chez Irène la curiosité de l'aventure.
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JoualvertJoualvert   23 novembre 2015
Je me rendais déjà compte à un certain picotement nerveux que j'étais dans mon jour de curiosité, comme il m'arrive souvent après un voyage ou une nuit blanche. Ces jours-là, je me sens double, multiple, les limites de mon être ne me suffisent plus. (...) Ces jours-là, un courant électrique me relie à toutes les choses de la terre. (...) Je n'ai jamais essayé de m'expliquer cette nervosité mystérieuse. Mais, lorsque je l'éprouve, ma vie quotidienne ne m'apparaît que comme une morne somnolence et mes jours ordinaires me semblent vides et fades. Il n'y a qu'à ces moments-là que je me sente vraiment vivre et que je me rende bien compte de la fantastique diversité de la vie.
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Videos de Stefan Zweig (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Stefan Zweig
Stefan Zweig, écrivain, journaliste et biographe autrichien, est né le 28 novembre 1881 à Vienne. Il assiste avec horreur à l’arrivée au pouvoir d’Hitler (1933). Sa judéité, jusque-là peu revendiquée, devient plus présente à son esprit et dans son œuvre. La persécution des juifs et le déchirement imminent de l’Europe le plongent dans une dépression dont il ne sortira plus. Il fuit l’Autriche en 1934, se réfugie en Angleterre puis aux États-Unis. En 1942, il se suicide avec sa femme à Petrópolis, au Brésil.
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