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Claude Couffon (Autre)
ISBN : 2253043974
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1987)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 1099 notes)
Résumé :
Sur la silhouette de Santiago Nasar s'est penchée la figure grimaçante de la mort. Qui n'a pas entendu, de la bouche même des assassins en puissance, les frères Vicario, le désir ardent de laver dans le sang l'honneur bafoué de la famille ?
Nombreux sont ceux - les amis, la famille, les criminels eux-mêmes - qui tenteront de déjouer ce que le narrateur, enquêteur minutieux, affirme comme inéluctable dès les premières pages...

Mais sur ce bout... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (80) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  27 juillet 2018
Santiago Nasar va mourir. C'est annoncé dès le départ, dès le titre du roman. C'est un fait. On n'y pourra rien. Pas la peine de chercher à le sauver, sa mort est annoncée, et ce n'est pas à moi de la chroniquer. Enfin, si, quand même un peu sinon, je ne serais pas devant toi à te parler d'un roman de Gabriel Garcia Marquez, prix Nobel de littérature, prix pour moi d'une atmosphère tourbillonnante. Laisse la bouteille sur la table, le temps de me servir un verre, ou deux, chronique d'une beuverie annoncée.
Je ne te cacherais pas plus longtemps les coupables, ni mêmes les aboutissants de ce fol, et étrange, lendemain de noce. Alors que tout le monde reprend ses esprits fortement embrumés par le flot d'alcool qui s'y est déversé durant ces deux jours de fêtes, Santiago Nasar va mourir. Des trompettes sonnent dans le vent, vent qui fait tourbillonner la poussière. Dès qu'il y a de la poussière, je me retrouve dans mon élément, poussière de vie qui s'envole, comme la mienne de vie. Des trompettes dansent, façon mariachis. Je les entends entre les paragraphes de l'auteur. Ses phrases doivent être à l'unisson du vent et de la musique, j'avais constamment le sentiment étrange de voir tourbillonner la poussière et la musique.
Santiago Nasar va mourir, son destin probable. Pourtant tout le village semble au courant, les futurs meurtriers sortis d'une nuit de beuverie ne s'en cachent point, avec leurs couteaux de bouchers bien en avant. de quoi découper le cochon gras. Autant aller le prévenir. Peine perdue. Si le village est au courant de l'affaire, le principal intéressé doit l'être également. Peut-être est-ce cela que se disent les villageois. Moi aussi, certainement, le teint mutique, regardant se remplir mon verre, bien au-delà des heures festives. de toute façon, il fait trop chaud pour me lever au milieu de cette poussière, autant rester avec mon verre sur cette terrasse ombragée que dominent le chant d'une musique funeste.
Compte-rendu détaillé d'une histoire d'honneur. Minute par minute, le vent emmène les poussières de vies, bien au-delà du fleuve sauvage qui transite l'évêque. D'ailleurs, si ce dernier n'avait pas été à bord de son bateau, Santiago ne serait peut-être pas sorti de son pieu, les assassins auraient fini de cuver leurs vins, les cloches de l'église n'auraient pas sonné… Mais avec des si, mon verre serait encore plein, la vie n'est pas faite de si mais de faits, et je t'annonce que Santiago Nasar est mort assassiné. Et tout ça, pourquoi ? Parce que la belle Angela n'était pas vierge à son mariage…
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palamede
  16 mai 2017
Ils avaient décidé qu'il devait mourir, pourtant, ils auraient aimé que quelqu'un les arrête. Les assassins de Santiago Nasar étaient allés, mais en vain, au-delà de l'imaginable pour ne pas le tuer.
Parmi les villageois qui ont entendu les deux frères Vicario raconter qu'ils allaient laver l'honneur de leur soeur, certains n'y ont pas cru et d'autres qui, avec beaucoup de bonne volonté, ont tenté quelque chose, ont échoué. Santiago Nasar est mort sous les multiples coups de ses meurtriers.
Volonté, hasard ou fatalité, la mort d'un homme a-t-elle dépendu d'une tradition d'honneur et d'un concours de circonstances malheureuses ? L'enquêteur – il semble que ce soit Gabriel Garcia Marquez lui-même – paraît le croire. Et puis, Nasar était arabe ce qui a fait de lui, dans ce petit village caribéen, malgré l'absence de preuves, un coupable idéal.
Dans ce roman foisonnant de sensations et de sentiments contradictoires, bien que bref, Gabriel Garcia Marquez nous emporte dans un monde fruste et fascinant. Un monde bariolé, fantasque mais bien réel, sublimé par l'imagination narrative admirable du lauréat du Prix Nobel de Littérature.
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LydiaB
  08 mai 2014
Il m'a fallu attendre le décès de ce prix Nobel, écrivain à succès, pour lire un de ses textes. Honte à moi ! Enfin, je vais vite relativiser les choses et, par ce biais, m'attirer bon nombre d'ennemis. Tant pis, je le dis : je comprends pourquoi je ne l'avais pas encore lu car je n'ai franchement pas accroché, mais alors pas du tout ! Voilà, ouf, ça, c'est fait !

Ce court récit est l'histoire d'un meurtre, celui de Santiago Nasar. Ou plutôt, de l'enquête, faite par le narrateur. Là, on apprend assez vite que tout le village était au courant mais que personne n'a rien fait pour empêcher le massacre. Pourquoi ? Qu'avait donc pu faire ce Santiago ?

L'histoire était plutôt sympathique (enfin, tout est relatif) au demeurant. Mais le problème est que ça commence plutôt bien au départ, un peu comme un western, et puis ça s'éternise... Alors on se dit que ça va finir par bouger, par être un peu rythmé... J'attends encore !

Que voulez-vous, tous les goûts sont dans la nature ! Tant pis, je sais que d'autres sauront l'apprécier mieux que moi (et inutile de venir glapir, de tenter de m'expliquer le pourquoi du comment... Je n'ai pas aimé, c'est tout ! Je préfère prévenir...).
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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viou1108
  27 juin 2014
Lu dans le cadre du Challenge Nobel
Il ne manque pas d'air, ce sacré « Gabo ». Il nous annonce d'emblée l'identité de la victime et celle des assassins. Avouez qu'on aurait là un bien mauvais polar. Mais évidemment, ceci n'est pas qu'une histoire policière.
Ainsi donc, dès le début le narrateur nous explique comment ça va finir : le malheureux Santiago Nasar va périr sous les coups de couteau des jumeaux Pablo et Pedro Vicario, obligés de laver ainsi l'honneur bafoué de leur soeur Angela. Coupables et victimes sont connus, le mobile un peu moins, mais il ne tardera pas à être expliqué. Où est donc l'intérêt de ce livre ? Bizarrement, le suspense (parce que, oui, il y a malgré tout du suspense) se trouve là où on ne l'attend pas. En effet, quelques heures avant la tragédie, tout le village (à l'exception de la victime) sait ce qui va se passer. Mais personne ne veut/ne peut l'éviter. Un enchaînement invraisemblable de circonstances, de malentendus et de bonne ou mauvaise volonté a rendu la mort de Santiago inéluctable. Ce sont ces dernières heures que le narrateur retrace, à la façon d'une enquête, en recoupant les témoignages des nombreux protagonistes. Il délivre les pièces du puzzle, dans le désordre, remontant plus loin dans le passé à la recherche des racines du mal. Quelle est la cause première de ce drame ? l'arrivée de l'excentrique Bayardo San Roman, dont le seul objectif semble être d'épouser une fille quelconque du village ? l'étouffoir dans lequel Pura Vicario maintient sa dernière fille Angela, laquelle passe pour gourde dans toute la région ? ou encore l'indigence morale des habitants, enfermés dans leurs préjugés et leurs superstitions ?
Malgré un flot de personnages un peu étourdissant, le récit est captivant, hallucinant tant il est difficile de comprendre pourquoi ce gâchis n'a pu être évité.
Et puis, et c'est là la patte d'un grand, Garcia Marquez ne nous parle pas que de Santiago Nasar : causes, conséquences, effets, coïncidences, fatalité, responsabilité, vie, amour, mort, deuil, honneur, fierté, vérité et mensonges, petits et grands, tous ces enchaînements chaotiques, c'est la vie, c'est universel.
Et parfois ça vaut un Prix Nobel.
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Aline1102
  25 août 2012
Dans un petit village des Caraïbes, les habitants s'endorment enfin après la grande fête donnée à l'occasion du mariage de Bayardo San Roman et d'Angela Vicario.

Mais à deux heures du matin, le jeune marié ramène tout d'un coup Angela à la maison de ses parents. Il la répudie car elle a menti sur sa virginité au moment du mariage.

Quand les jumeaux Pedro et Pablo Vicario, les frères d'Angela, rentrent à la maison, ils décident de venger l'honneur familial en tuant Santiago Nasar, celui qui, d'après leur soeur, est responsable de sa répudiation.

Crónica de una muerte anunciada est un récit d'une force surprenante malgré sa brièveté. Quelle puissance dans les termes utilisés, quel suspense ressenti grâce au coup de génie de l'auteur : commencer par la fin, c'est-à-dire la mort de Nasar, avant de nous expliquer les faits ayant mené à ce désastre.

C'est par le biais d'un narrateur qui semble enquêter a posteriori sur la mort de Nasar que García Márquez nous explique les faits. Minute par minute, la situation est analysée en profondeur et les différentes implications et raisons de l'assassinat commis par les frères Vicario se dévoilent petit à petit.

Désir de vengeance, bien entendu. Mais pas seulement. Obligation, pour deux jeunes hommes, de blanchir l'honneur familial en faisant couler le sang d'un homme dont la culpabilité n'est pourtant pas établie avec certitude. Alors qu'en fait, ni Pablo ni Pedro ne semble ravi de commettre cet acte irréparable. Au fur et à mesure de l'explication des faits par le narrateur, on se rend compte que, si les jumeaux racontent à tout le monde ce qu'ils s'apprêtent à faire, c'est parce qu'ils espèrent être arrêtés avant les faits. Ils souhaitent que quelqu'un, n'importe qui, même une femme, les empêchent de tuer Nasar. Ou, tout au moins, qu'on prévienne leur future victime, afin que Nasar se mette à l'abri ou soit en mesure de se défendre.

Les frères Vicario ne sont pas des assassins, ce sont les us et coutumes de leur société qui ont véritablement tué Nasar. de manière indirecte, mais aussi sûrement que les couteaux utilisés par les jumeaux. Si la virginité d'une femme avant le mariage n'était pas aussi importante dans ce petit village reculé des Caraïbes, si Angela n'avait pas menti sur l'identité du responsable, si elle avait avoué à son futur mari qu'elle n'était pas vierge, si quelqu'un avait prévenu Nasar, si celui-ci avait fait la grasse matinée au lieu de se lever tôt pour apercevoir le bateau de l'évêque passer sur le fleuve derrière le village... Ce sont tous ces éléments très divers et apparemment sans aucun lien entre eux qui mènent Nasar à sa perte.

Et le pire, dans tout cela, c'est que la quatrième de couverture nous apprend que c'est un événement réel similaire qui a inspiré cette nouvelle (vu le peu de pages, je pense que c'est le terme le plus approprié) à García Márquez :
" Acaso sea Crónica de una muerte anunciada la obra más «realista» de Gabriel García Márquez, pues se basa en un hecho histórico acontecido en la tierra natal de escritor. "

(" Cronica de una muerte anunciada est sans doute l'oeuvre la plus " réaliste " de Gabriel Garcia Marquez, puisqu'elle se base sur un fait historique qui s'est déroulé dans le pays natal de l'écrivain. ")

On a d'ailleurs plus d'une fois l'impression que, lorsque le narrateur parle, c'est en fait García Márquez qui s'exprime à travers lui. L'auteur aurait-il lui-même enquêté sur ce fait divers qui l'a marqué au point de lui inspirer une histoire ? Mystère.

Toutefois, malgré ce réalisme, la part de " magie ", typique du de l'auteur, ne manque pas. Ainsi, le village décrit ici rappelle Macondo, cette bourgade imaginaire, décor des Cent ans de solitude de García Márquez. Et pour être sûr que son récit marque les esprits, l'auteur n'hésite pas à faire marcher et parler un Santiago Nasar agonisant qui, tout en retenant les entrailles qui tombent hors de son ventre, parvient à rentrer chez lui en faisant le tour de la maison (les frères Vicario l'ont tué alors que Nasar essayait de rentrer chez lui par la porte de devant, fermée à clé) à crier à une voisine : " Ils m'ont tué ".
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Citations et extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   08 mai 2014
Avant de se coucher, il alla au petit coin mais s’endormit assis sur la tinette, et quand mon frère Jaime se leva pour se rendre à l’école, il le trouva affalé à plat ventre sur le carrelage, et chantant dans son sommeil. Ma sœur la nonne, qui ne put descendre au débarcadère accueillir l’évêque parce qu’elle avait une gueule de bois carabinée, ne parvint pas à le réveiller. « Cinq heures sonnaient quand je suis allée aux toilettes », me dit-elle. Ce fut, plus tard, ma sœur Margot, en entrant se doucher avant de partir pour le port, qui réussit à le traîner à grand-peine jusqu’à son lit. De l’autre rive du sommeil, il entendit, sans ouvrir les yeux, les premiers beuglements du bateau de l’évêque. Puis il s’endormit comme une masse, épuisé par la bombance, jusqu’au moment où ma sœur la nonne entra dans la chambre en essayant d’enfiler sa bure au pas de course. Elle le réveilla de son cri de folle : « On a tué Santiago Nasar ! »
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palamedepalamede   16 mai 2017
Le jour où je demandai aux bouchers si le métier d’équarrisseur ne révélait pas certaines prédispositions à tuer un être humain, ils protestèrent : " Quand on sacrifie une bête, on n'ose pas la regarder dans les yeux. " L'un d'eux me dit qu'il ne pouvait pas manger la viande d'un animal qu'il avait égorgé. Un autre m'avoua son incapacité à sacrifier une vache qu'il avait connue, surtout s'il avait bu de son lait. Je leur rappelai que les frères Vicario, eux, saignaient les porcs qu'ils élevaient et qui leur étaient si familiers qu'ils les appelaient par leur nom. " C'est vrai, me répliqua quelqu’un, mais remarquez qu'ils ne leur donnaient pas des noms d'êtres humains. Uniquement des noms des fleurs. "
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JollanneJollanne   24 avril 2010
Il se portait mieux que nous tous, mais quand on l'auscultait on entendait les larmes bouillonner dans son coeur.
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le_Bisonle_Bison   13 juillet 2018
A la différence des jeunes femmes de l'époque, qui avaient négligé le culte de la mort, elles étaient expertes dans l'art séculaire de veiller les malades, de réconforter les agonisants et d'ensevelir les morts. Ma mère ne leur reprochait qu'une chose : leur habitude de se brosser les cheveux avant de dormir. " Mesdemoiselles, leur disait-elle, on ne se coiffe pas la nuit, cela retarde le retour des marins."
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le_Bisonle_Bison   27 juillet 2018
La cérémonie officielle s’acheva à six heures du soir, quand les invités d’honneur se retirèrent. Le bateau repartit tous feux allumés, en laissant un sillage de valses jouées au piano mécanique, et nous restâmes durant un instant à la dérive au-dessus d’un abîme d’incertitude avant de nous reconnaître les uns et les autres et de nous enfoncer dans la mangrove de la beuverie.
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Vidéo de Gabriel Garcia Márquez
Cuba, les années 1980. le grand Gabriel García Márquez dirige un atelier pour former une nouvelle génération d'auteurs de fiction. Ici, pas de cours magistral : la parole est libre, fluide, sans façon ? aucun snobisme ne prévaut entre les gens de métier et ceux qui aspirent à le devenir. On s'interpelle, on rit, on corrige, on s'interroge sur la meilleure façon d'élaborer des histoires originales qui accrochent et fonctionnent. Dans ce volume inédit, le lecteur français pourra découvrir la retranscription de deux sessions plénières de cette aventure collective, la première intitulée « Comment raconter une histoire » et la seconde « Mes rêves à louer ». Gabo offre les clefs de ce qu'il appelle l'esprit de création. En dialogue avec les participants, et face aux erreurs de jeunesse ou aux méthodes paralysantes, il offre les leçons qu'il a tirées de sa propre expérience ou synthétisées au cours des ateliers. Ce qui l'intéresse avant tout, c'est de saisir le processus à l'oeuvre lorsque l'on écrit, ce moment indéfinissable ou tout devient possible, ce mystérieux déclic qui toujours lui échappe. Au-delà de tous les « trucs » et conseils destinés à ceux qui ont le désir d'écrire, ce livre est une porte ouverte sur ce petit miracle dont chacun peut se révéler capable.
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>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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