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EAN : 9782072781599
192 pages
Éditeur : Gallimard (08/03/2018)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 33 notes)
Résumé :
Comment sauver son enfant d’une mort certaine ? Faut-il, comme le croit le père de l’auteur, faire confiance à l’école afin qu’elle obtienne un «beau diplôme»? Ainsi elle ne serait plus ni hutu ni tutsi : elle atteindrait le statut inviolable des «évolués».
C’est justement pour obtenir ce certificat que l’auteur sera obligée de prendre le chemin de l’exil. Elle passera de pays en pays, au Burundi, à Djibouti puis en France. Tantôt les chances que lui promett... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
fanfanouche24
  01 mai 2018
"Comment sauver son enfant d'une mort certaine ? Faut-il, comme le croit le père de l'auteur, faire confiance à l'école afin qu'elle obtienne un «beau diplôme»? Ainsi elle ne serait plus ni hutu ni tutsi : elle atteindrait le
statut inviolable des «évolués».
Cette petite phrase introductive dit l'essentiel de ce texte autobiographique d'une dame , qui reçut le prix Renaudot, en 2012... avec "Notre-Dame du Nil"... [qu'il me restera à découvrir ! ]
Un texte aux sujets douloureux, rappelant les horreurs survenues au Rwanda... dans les années 1990. le père de l'auteur se battra pour tenter de sauver ses enfants par l'école, les filles y compris !
Mais le talent suprême de Scholastique Mukasonga... est de ne jamais être dans les pleurs, le drame... de rester dans la vie , en dépit des pertes insupportables [ le massacre de sa famille], elle se bat pour ce fameux diplôme d'"assistante sociale", qu'elle veut obtenir envers et contre tout; Elle affronte toutes les difficultés, les exils, les adaptations aux différents pays où elle doit vivre...et travailler !
Beaucoup de mal à parler de cette lecture, qui m'a très fortement émue !...
"Cosmas, mon père, je peux dire que je lui dois deux fois la vie. D'abord, c'est mon père, mais c'est lui aussi qui m'a encouragée à aller à l'école, moi qui, petite fille, préférais trottiner accrochée au pagne de ma mère (...)
C'est grâce à lui que le français, qu'il ne connaissait pas, est devenu pour moi cette seconde langue qui fut mon passeport et mon sauveur. Mon père s'était juré de sauver au moins un de ses enfants par l'école, et il ne s'est pas trompé. "(p. 174-175)
Un très beau récit ainsi qu' un hommage infini à son père et sa mère...aux siens. Les mots, l'instruction, les livres ...les études pour tous les enfants, les garçons comme les filles.. .pour lutter contre toute BARBARIE !
Le récit, la mise en valeur également de l'Afrique, des coutumes, des traditions...Un livre qui de façon incroyable déborde de Vie, d'enthousiasme, de détermination... des plus communicatives... des plus exemplaires... !
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Annette55
  03 juin 2018
Voici le beau récit autobiographique de l'auteur de retour au Rwanda, des années aprés le génocide de 1994, qui explore entre joie et tragédie, humanité , force et modestie cette quête obstinée surtout ," d'école en école" , du fameux diplôme "d'assistante sociale "qui selon son père, Tutsi, pour qui faire confiance à cette institution était primordial, afin que celui - ci lui ouvre des portes prometteuses . ......
Devenir "assistante sociale "la hisserait , elle, de condition modeste, au dessus du statut --ni Hutu ni tutsi----: "elle atteindrait le niveau inviolable des évolués", elle , si courageuse et si forte...
La romancière évoque , à l'aide de son écriture imagée , enjouée, ses mots et ses images , maniant la langue comme personne , les exils , les déplacements successifs, les humiliations de sa communauté méprisée comme de sa famille .....du Rwanda jusqu'au Burundi ....
Avant que le massacre de huit cent mille Tustis d'avril à juillet 1994, n'élimine tous les siens .
Mariée à un français , elle vivait alors en Normandie ......
Ce qui est remarquable dans ce récit solaire , infiniment émouvant ,c'est sa volonté inébranlable de devenir une femme "libre" et éduquée, sa fierté d'être Africaine, riche des coutumes ancestrales et du savoir - faire de son peuple, sa capacité d'accueil, sa dignité , sa pudeur , sa politesse, ses traditions immuables .
Sa lutte opiniâtre grâce à son beau diplôme ce " talisman" , cette source d'énergie inépuisable qui lui permettront de surmonter désillusions, humiliations , mises à l'écart, désespérances et déconvenues donnent une force incroyable aux savoureuses anecdotes de sa jeunesse.....
Elle fait revivre à sa manière positive, enthousiasmante, déterminée, jamais négative la culture de son peuple , les subtilités de sa langue , en forme d'hommage à ses parents disparus , une communauté dévastée et sacrifiée .
Un récit pétri d'humour et de fantaisie qui rend passionnant le récit des ses souvenirs , si douloureux --- soient-ils !
J'ai lu plusieurs livres sur le drame du Rwanda mais jamais vu du côté positif et déterminé , une force de vie et une générosité telles malgré un parcours si difficile et chaotique !
C'est la grâce de l'entreprise littéraire !
Mais ce n'est que mon avis , bien sûr !
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montmartin
  13 avril 2018
Elle a passé la moitié de sa vie à courir après un modeste diplôme d’assistante sociale. Son père croit que l’école sauvera ses enfants, un beau diplôme c’est un passeport pour l’avenir, la seule preuve au monde que l’on existe, un véritable sauf-conduit, qui permet de préserver sa dignité, son indépendance, d’assurer la protection de ses enfants. Sa carte d’identité porte, comme une marque infamante, la mention TUTSI. Chassée de son pays, réfugiée au Burundi frontalier. Mais hélas ce diplôme, quand on est réfugié ne lui donne pas les mêmes chances que ses camarades, commence le long chemin chaotique et difficile pour trouver du travail.
Mariée à un Français la voilà à Djibouti où on n’a pas l’utilité d’une assistante sociale puis en France où son diplôme n’a aucune valeur, il faut un diplôme français. À la veille de ses quarante ans, elle reprend donc ses cahiers, retrouve les bancs de l’école où les élèves ont l’âge de ses enfants.
Dans ce récit autobiographique, Scholastique Mukasonga nous raconte le parcours d’une jeune fille, devenue femme qui s’obstine à obtenir un diplôme. Une écriture enjouée, remplie d’anecdotes, de traditions, de coutumes pour nous conter son histoire et à travers elle, celle de son peuple condamné à s’exiler jusqu’au génocide des Tutsis, où trente-sept membres de sa famille sont assassinés. Un hommage à son père, considéré comme un sage, devenu modeste commerçant, car un homme se déshonore s’il reste à la maison comme une femme, un père qui est persuadé que l’éducation est un laissez-passer vers la liberté.
Le parcours d’une jeune fille qui ne possède qu’un seul livre et qui va découvrir émerveillée, une bibliothèque dont les murs sont tapissés de livres. Ce récit se termine par le retour à Kigali, au Rwanda aujourd’hui, sur les traces de la terre de ses parents, un pèlerinage douloureux, même le lac où elle allait chercher de l’eau a disparu comme mort de chagrin. Hôtels, restaurants, entreprises ont poussé comme des champignons, aujourd’hui les femmes sont partout, elles sont députés, médecins, militaires, femmes d’affaires. Ce sont les femmes qui choisissent leur mari, c’est le Rwanda nouveau !
Le récit émouvant d’une femme généreuse fière de ses origines, de la richesse de son peuple sacrifié.
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ninachevalier
  28 juillet 2018

Scholastique Mukasonga rend un vibrant hommage à son père Cosmas à qui elle dédie ce roman pour lui avoir inculqué la valeur du travail et l'avoir encouragée à persévérer.
Elle revient sur son parcours scolaire atypique, avec en toile de fond le génocide de 1994 ( décimant les Tutsi). La situation l'oblige à quitter le Rwanda pour le Burundi. Son Graal : obtenir le diplôme d'assistante sociale, ce qui lui assurait un «  passeport pour la vie ». Que d'efforts et de sacrifices ( son seul bagage:une valise en carton, conditions spartiates) pour décrocher ce sésame ! Mais que de désillusions ensuite, car l'étudiante fraîchement diplômée, avait pensé que ce « talisman », lui ouvrirait les portes du monde du travail. Elle galère jusqu'à ce qu'elle travaille pour l'UNICEF, puis rencontre son mari. Son parcours du combattante se poursuit à Djibouti(où elle se sent apatride), en France ( en 1992) où elle réalise que ce fameux papier est sans valeur! Elle va de Charybde en Scylla et nous émeut.
La romancière nous dépayse d'abord avec tous ces lieux peu familiers, puis nous plonge dans les traditions du Rwanda ( hospitalité, tenues vestimentaires, nourriture) et en constellant le récit de termes locaux ( imvutano, imbabura, impundu, barza...), de chants. Elle livre un témoignage édifiant de la condition féminine et de l'accès à l'éducation, aux livres en Afrique. Elle convoque un chapelet de souvenirs poignants lors de son retour au pays. On referme ce roman à la veine autobiographique, la gorge serrée. Toutefois, l'humour lui a permis de «  digérer les drames », confie-t-elle.
L'auteure force l'admiration par son courage, son opiniâtreté,sa force de caractère, son audace, ayant eu à supporter l'exil, la solitude, tant de déboires et d'obstacles !
Son aisance à argumenter et à convaincre à l'oral est à l'égal de sa puissance à l'écrit
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Vermeer
  26 septembre 2018
Scholastique Mukasanga n'en finit pas de rendre hommage à sa famille exterminée par le génocide tutsi de 1994 au Rwanda, à construire pour elle des "tombeaux de papier".
Dans cet ouvrage, elle évoque plus particulièrement son père qui a incité sa fille à poursuivre des études, à obtenir un diplôme qui la sauverait pensait-il.
L'auteur, grâce à sa force de caractère, a bravé les difficultés dans la région déshéritée du Rwanda le Bugesera où les Hutu avaient parqué les Tutsi dès la fin des années 1950. Rare à suivre des études au lycée, elle obtient ensuite un diplôme d'assistante sociale.
Elle raconte la relégation, la ségrégation des Tutsi et avec beaucoup d'humour, son arrogance de jeune fille venant d'obtenir son diplôme censé la délivrer mais qui n'était en fait qu'un chiffon de papier.
Elle se marie à un Français, vit quelques années à Djibouti puis en France en Normandie où elle reprend ses études. Elle revient au Rwanda quelques années après le génocide, retour particulièrement douloureux mais qui s'achève néanmoins sur une note optimiste. le Rwanda a changé, s'est modernisé, grâce en particulier aux femmes.
Un bel hommage à son père.
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Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
ArmelleAlxArmelleAlx   28 juillet 2020
Cosmas, mon père, je peux dire que je lui dois deux vies. D'abord, c'est mon père, mais c'est lui aussi qui m'a encouragée à aller à l'école, moi qui, petite fille, préférais trottiner accrochée au pagne de ma mère, cultiver comme elle avec ma petite houe, et veiller comme elle sur mes soeurs cadettes.
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fanfanouche24fanfanouche24   01 mai 2018
"Maman, pourquoi ne nous as-tu pas appris le kinyarwanda ? Ne sommes-nous pas nous aussi rwandais ? Nous avons honte quand nous allons au Rwanda voir nos cousins et nos cousines. Que pensent-ils de nous ? Que nous méprisons leur langue ? " A cette époque, j'avais peur pour mes enfants. La langue est une identité, et cette identité , on me l'avait niée. Elle était devenue une menace de mort. Je voulais leur épargner cette menace, qui semblait planer sur eux comme elle planait sur moi. (p. 105-106)
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fanfanouche24fanfanouche24   12 avril 2018
Le jour tant désiré de la remise du diplôme arriva enfin. J'allais vraiment le posséder, ce fameux papier, ce serait le mien, à mon nom, rien qu'à moi. (...)
Ce serait ma sauvegarde, mon sauf-conduit dans les périls de cette vie, mon véritable passeport : la seule preuve que, quelque part dans le monde, j'existais. (p. 47)
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fanfanouche24fanfanouche24   01 mai 2018
Cosmas, mon père, je peux dire que je lui dois deux fois la vie. D'abord, c'est mon père, mais c'est lui aussi qui m'a encouragée à aller à l'école, moi qui, petite fille, préférais trottiner accrochée au pagne de ma mère (...)
C'est grâce à lui que le français, qu'il ne connaissait pas, est devenu pour moi cette seconde langue qui fut mon passeport et mon sauveur. Mon père s'était juré de sauver au moins un de ses enfants par l'école, et il ne s'est pas trompé. (p. 174-175)
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fanfanouche24fanfanouche24   11 avril 2018
Les malheurs du pauvre Edmond Dantès me fascinaient. Reviendrais-je comme lui au pays ? Mais faudrait-il comme lui, devenu comte de Monte-Cristo, exercer vengeance ? Ces questions me dépassaient mais, en attendant, l'école d'assistantes sociales devenait mon château d'If et il ne me restait plus qu'à trouver un abbé Faria et son trésor. Comment aurais-je deviner que mon trésor serait de pouvoir écrire ? (p. 18)
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Videos de Scholastique Mukasonga (11) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Scholastique Mukasonga
Comme chaque mois sur Babelio, nous vous proposons de découvrir quelques adaptations de romans qui sortiront prochainement dans les salles obscures. Au menu ce mois-ci : une aventure touchante au coeur des contrées canadiennes, le plus petit des grands héros sur grand écran, un institut catholique dans le Rwanda des années 1970, un tricheur au pull rayé de retour pour un troisième opus et le cauchemar d'une femme face à un homme invisible...
L'Appel de la forêt de Jack London : https://www.babelio.com/livres/London-Lappel-de-la-foret/491072 SamSam de Serge Bloch : https://www.babelio.com/livres/Bloch-SamSam-tome-1--Une-famille-cosmique-/1137017 Notre-Dame du Nil de Scholastique Mukasonga : https://www.babelio.com/livres/Mukasonga-Notre-Dame-du-Nil/366549 L'Elève Ducobu de Zidrou et Godi : https://www.babelio.com/livres/Zidrou-LEleve-Ducobu-tome-19--Ducobu-eleve-modele-/485509 L'Homme invisible de H.G. Wells : https://www.babelio.com/livres/Wells-LHomme-invisible/8290
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