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Alain Renaut (Éditeur scientifique)Patrick Savidan (Éditeur scientifique)
ISBN : 2080713043
Éditeur : Flammarion (07/08/2006)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 144 notes)
Résumé :
Cathédrale philosophique, la "Critique de la raison pure" (1781-1787) n'avait pas connu de traduction française entièrement nouvelle depuis près d'un siècle. Il fallait rendre sa jeunesse à une oeuvre qui demeure présente dans la réflexion contemporaine comme un sommet inégalé.

Identifiant l'oubli de la finitude comme le ressort des illusions d'un savoir absolu, Kant développe ici la première déconstruction systématique de la métaphysique spéculative.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
peloignon
  06 décembre 2012
Au lieu de commencer à philosopher en lisant les auteurs de notre siècle afin d'obtenir du succès en faisant de beaux papiers à la mode, Karl Jaspers, dans son Introduction à la philosophie, conseillait aux néophytes d'aller d'abord lire Platon et Kant. Bien que la lecture de Kant sera grandement facilité par celle de Leibniz et de Hume, mais aussi d'Aristote, de Descartes, de Spinoza, de Berkeley et de Locke, je souscris assez bien à l'opinion de Jaspers. Et, de fait, tous les philosophes vraiment marquants se réfèrent inévitablement à Platon et à Kant.
Après avoir tout lu Platon, je me suis donc lancé dans Kant en commençant avec sa Critique de la raison pure. Depuis, je l'ai lue trois fois, d'un couvert à l'autre, en plus de plusieurs lectures partielles pour divers travaux, sans compter que j'ai à peu près tout lu les autres livres qu'il a écrits. Il n'y a que l'Opus postumum et la Métaphysique des moeurs que je n'ai pas encore trouvé l'occasion de lire parmi ses oeuvres principales. Bref, j'ai lu beaucoup Kant, beaucoup sur Kant et je suis loin d'avoir d'en avoir fini avec lui. C'est pour moi un des plus grand philosophes de tous les temps et surtout le philosophe par excellence de la moralité.
La Critique de la raison pure ne se donne pas gratuitement. Elle exige, pour être compréhensible par son lecteur, que ce dernier dispose d'une actualité existentielle morale ainsi que de la capacité corollaire d'abstraction philosophique. Il pourra alors se prêter à une véritable expérience philosophique d'orientation de l'éclairement des clôtures et ouvertures de l'esprit humain.
La position critique qu'il nous présente ici me semble toujours être la position par excellence pour philosopher, mais aussi pour vivre sa foi (quelle soit politique, artistique, morale ou religieuse) et pour évoluer dans le monde de la science, tout en demeurant sur le terrain d'une possible communication ouverte avec l'autre.
Le passage qui m'a donné le plus de mal, c'est le saut qu'il nous faut faire lorsque se présente, brusquement, sa table des catégories. Kant ne tente même pas d'en faire la déduction. Ce ne sont toutefois pas des dogmes pour autant, mais des concepts hypothétiques dont il faut évaluer l'utilité et l'exhaustivité afin d'évaluer si l'on peut trouver mieux avant de les rejeter. Comme toujours avec les concepts métaphysiques, chez Kant, ce sont des noumènes au sens négatifs, c'est-à-dire des postulats et non des réalités ontologiques.
Je ne vais pas aborder chaque détail pour ne pas abuser de la patience des lecteurs et lectrices de ce commentaire, mais pour aider quiconque aimerait s'y initier, je conseille fortement de commencer par lire la partie sur les Antinomies de la raison pure. Il s'agit de la première section que Kant a écrite et tous les problèmes qu'il aborde dans les sections précédentes et subséquentes cherchent à expliquer comment il a trouvé ces solutions aux Antinomies et ce qui en découle.
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vincentf
  30 juillet 2013
La philosophie de Kant, du moins dans ce livre très abstrait, ne donne pas de réponse aux grandes questions métaphysiques. Elle dit au contraire, et elle le prouve, que notre raison n'a pas la possibilité de répondre à ces questions. le lecteur ressort donc du livre doublement frustré, premièrement parce qu'il sait surtout ce que ne peut pas sa raison, et deuxièmement parce qu'il n'a pas compris grand chose aux spéculations du philosophe. Que retenir? La séparation nette entre les phénomènes, que nous pouvons connaître en tant que phénomènes seulement, et les choses en soi, que notre raison n'a pas les moyens de toucher. Trop souvent, on croit connaître une vérité alors qu'on ne fait que décrire un phénomène, c'est-à-dire un fruit de notre perception. La nécessité a priori de l'espace et du temps comme condition des phénomènes : tout est situé sur ces deux axes, l'externe (l'espace) et l'interne (le temps). L'impossibilité de prouver l'existence de Dieu mais aussi de prouver son inexistence. Idem pour l'immortalité de l'âme. Bref, Kant nous donne des limites. Il restreint le contenu de la philosophie. Après lui, peut-on encore penser?
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Chri
  03 septembre 2016
- « J'disais, je sais, je sais, je sais », chantait Gabin.
- « Un véritable empire de l'illusion » répondrait Kant.
Vous connaissez la suite de la chanson ? Kant, à sa manière, raconte cette « marche naturelle de la raison ». Elle commence dans l'entendement et peut facilement dépasser les limites de l'expérience et conclure en spéculation sans un effort particulier qui est «La critique de la raison pure».
Kant n'est pas dogmatique ni sceptique et c'est tout l'intérêt de l'ouvrage qui décrit les fonctionnements cognitifs reposant sur des facultés a priori ou transcendantales et associant de façon subtile, sensibilité et intellect.
Les questions hautement philosophiques sont posées. Comment peut-on connaître, Que peut-on connaître ?
- « Au milieu de ma vie, j'ai encore appris. C'que j'ai appris, ça tient en trois, quatre mots : le jour où quelqu'un vous aime, il fait très beau », chantait Gabin
Mais rien de tel ne peut surgir de la philosophie de Kant, car dans les limites du possible, le travail de la raison est architecturé comme un projet. La finalité est donnée. Ici, on ne joue pas une « rhapsodie ».
C'est l'ordonnance de la nature qui le prouve, Dieu aurait tout projeté par avance. Mais pour ne pas se perdre en spéculation, la recherche de l'unité systématique doit se conclure simplement par l'obéissance au canon des lois morales.
Une espèce de saut quantique a produit la croyance à partir d'une simple mais forte impression d'ordonnance de la nature. L'élan vital de Kant commence et se termine ainsi.
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Colonel
  31 octobre 2010
Certains ont dit que Kant a mis en place la mécanique nécessaire et suffisante à la mise à pied de Dieu... mais a reculé au dernier moment et fini par postuler son existence.
De là la lapidaire sentence, car 300 pages de circonvolution pour en arriver à "poser" l'existence de Dieu, on peut comprendre que d'aucuns trouvent cela assez couillon.
La lecture du texte n'est cependant pas dénuée d'intérêt, Kant restant un très très grand dialecticien pour autant.
J'aurais personnellement tendance à orienter vers ses "Prolégomènes à toute métaphysique future qui aura le droit de se présenter comme science", avant toute chose, et à en comprendre les principes.
Dans la forme, le texte est assez limpide à lire, pour ce que j'en dis. Chanceux ceux qui sauront l'aborder dans sa langue originale !
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hupomnemata
  03 mars 2010
3heures pour lire 3 pages, pas facile, mais ce n'est pas sans utilité, j'ai l'impréssion que tout les penseurs qui le suivent s'inspirent de lui, se positionnent par rapport à lui, il semble incontournable...
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
Ada_2012Ada_2012   30 mai 2013
"L’espace et le temps sont certes des représentations a priori, qui sont inscrites en nous comme formes de notre intuition sensible avant même qu’un objet réel ait déterminé, à travers la sensation, notre sens à le représenter sous ces rapports sensibles. Simplement, cet élément matériel ou cette dimension de réalité, ce quelque chose qui doit être intuitionné dans l’espace, présuppose nécessairement une perception et ne peut, indépendamment de cette perception qui indique la réalité de quelque chose dans l’espace, être ni inventé, ni produit par aucune imagination. La sensation est donc ce qui fait signe vers une réalité dans l’espace et dans le temps, selon qu’elle est rapportée à l’une ou à l’autre espèce de l’intuition sensible. Une fois donnée la sensation (laquelle, quand elle est appliquée à un objet en général sans le déterminer, s’appelle perception), il est possible, à l’aide de la diversité qu’elle contient, d’inventer dans l’imagination maint objet qui, en dehors de celle-ci, n’a aucune place empirique qui lui corresponde dans l’espace ou dans le temps. Ce point est indubitablement certain : que l’on prenne les sensations de plaisir ou de peine, ou même celles des sens extérieurs, comme les couleurs, la chaleur, etc. la perception est ce à travers quoi doit d’abord être donnée la matière pour que l’on puisse penser des objets de l’intuition sensible. Cette perception représente donc (pour nous borner cette fois uniquement aux intuitions extérieures) quelque chose de réel dans l’espace. Car, tout d’abord, la perception est la représentation d’une réalité, tout comme l’espace est la représentation d’une simple possibilité de la coexistence. Deuxièmement, cette réalité est représentée pour le sens extérieur, c’est-à-dire dans l’espace. Troisièmement, l’espace lui-même n’est rien d’autre qu’une simple représentation ; par conséquent, ne peut y avoir la valeur d’une réalité que ce qui s’y trouve représenté, et ce qui , inversement est donné en lui, c’est-à-dire est représenté par la perception, y possède aussi une dimension de réalité ; car si un tel élément, en lui, n’était pas réel, c’est-à-dire donné de manière immédiate à travers l’intuition empirique, il ne pourrait pas non plus être inventé, étant entendu que l’on ne saurait aucunement fabriquer de toutes pièces le réel des intuitions.
Toute perception extérieure est donc immédiatement la preuve de quelque chose de réel dans l’espace, ou plutôt elle est le réel même, et dans cette mesure le réalisme empirique est donc hors de doute, c’est-à-dire qu’il correspond à nos intuitions extérieures quelque chose de réel dans l’espace. Assurément l’espace lui-même, avec tous ses phénomènes comme autant de représentations, n’est-il qu’en moi, mais c’est dans cet espace que le réel ou la matière de tous les objets de l’intuition extérieure se trouve pourtant, en tout état de cause, donné effectivement et indépendamment de toute invention, et il est même impossible que, dans cet espace, puisse être donné quelque chose d’extérieur à nous (au sens transcendantal), parce que l’espace lui-même n’est rien en dehors de notre sensibilité. Donc, l’idéaliste le plus rigoureux ne peut exiger que l’on démontre qu’à notre perception correspond l’objet existant hors de nous (au sens strict). Y eût-il en effet un tel objet, il ne pourrait cependant être représenté et intuitionné comme extérieur à nous, puisque cela suppose l’espace et que la réalité inscrite dans l’espace, en tant qu’elle est une simple représentation, n’est rien d’autre que la perception elle-même. La dimension de réalité qui est constitutive des phénomènes extérieurs n’a donc d’effectivité que dans la perception, et elle ne peut être effective d’aucune autre manière.
À partir des perceptions, une connaissance de l’objet peut être produite soit par un simple jeu de l’imagination, soit encore par l’intermédiaire de l’expérience. Et dès lors peuvent en naître assurément des représentations trompeuses auxquelles les objets ne correspondent pas et où l’illusion peut être imputée tantôt à un fantasme de l’imagination (dans le rêve), tantôt à une défaillance de la faculté de juger (dans ce que l’on appelle les erreurs des sens). Pour se soustraire alors ici, à la fausse apparence, on procède selon cette règle : ce qui s’accorde avec une perception d’après des lois empiriques est réel." (pp. 377-379)
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ChriChri   03 septembre 2016
Notre intention n’est pas de démontrer l’existence inconditionnellement nécessaire d’un être, ni même d’y fonder seulement la possibilité d’une condition simplement intelligible de l’existence des phénomènes du monde sensible, mais seulement, tout en limitant la raison de telle sorte qu’elle n’abandonne pas le fil des conditions empiriques et ne se précipite pas dans des principes d’explication transcendants et qui ne sont pas susceptibles de représentations in concreto, de restreindre aussi, d’un autre côté, la loi de l’usage simplement empirique de l’entendement, de manière qu’il ne décide pas de la possibilité des choses en général et que par là il ne regarde pas comme impossible l’intelligible, bien que ce dernier ne puisse pas nous servir pour l’explication des phénomènes.

Livre II Des raisonnements dialectiques de la raison pure.
Chapitre II L’antinomie de la raison pure.
Neuvième section : de l’usage empirique du principe régulateur de la raison par rapport à toutes les idées cosmologiques.
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peloignonpeloignon   24 novembre 2012
Du reste, le dogmatisme de la Métaphysique, c'est-à-dire le préjugé d'avancer dans cette science sans une Critique de la raison pure, est la vraie source de toute l'incrédulité qui s'attaque à la moralité - incrédulité toujours très dogmatique, elle aussi.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   13 juin 2016
Je soutiens donc que les idées transcendantales n’ont jamais d’usage constitutif qui fournisse à lui seul des concepts de certains objets, et que, dans le cas où on les entend ainsi, elles sont simplement des concepts sophistiques (dialectiques). Mais, en revanche, elles ont un usage régu­lateur excellent et indispensablement nécessaire : celui de diriger l’en­tendement vers un certain but qui fait converger les lignes de direction que suivent toutes les règles en point qui, pour n’être, il est vrai, qu’une idée (focus imaginarius), c’est-à-dire un point d’où les concepts de l’en­tendement ne partent pas réellement - puisqu’il est entièrement placé hors des bornes de l’expérience possible -, sert cependant à leur procurer la plus grande unité avec la plus grande extension.
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PiertyMPiertyM   04 novembre 2014
C'est le destin ordinaire de la raison humaine, dans la spéculation, de terminer son édifice aussitôt que possible et de n'examiner qu'ensuite si les fondements, eux aussi, ont été bien posés.
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