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Elisabeth Suetsugu (Traducteur)
ISBN : 2809701067
Éditeur : Editions Philippe Picquier (15/09/2009)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 77 notes)
Résumé :
Une femme, sa fille, son amant... et le fantôme de son mari disparu. Non pas défunt, mais mystérieusement évaporé dans la nature.
Le seul indice de l'endroit où il pourrait se trouver est le mot 'Manazuru' écrit sur l'agenda qu'il a laissé.
Ce qui amène sa femme à se rendre régulièrement dans la station balnéaire du même nom.
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  25 juin 2018
Manazuru est une petite ville portuaire vers laquelle Kei se sent attirée, dix ans après la disparition de son mari. Elle y retourne donc, sur les traces de leur passé, laissant sa mère et sa fille maintenant adolescente à Tokyo, et plonge dans les embruns de cette ville mystérieuse... des ombres l'entourent, la suivent, jusqu'à ce que l'une d'elle prenne forme humaine et la mène dans les méandres d'un monde entre morts et vivants.
Kei se souvient... de son mari Rei, de ses comportements, des jours qui ont précédé sa disparition, et elle tente de comprendre.
C'est un beau roman mystérieux, onirique, dans lequel il vaut mieux s'abandonner plutôt que d'essayer de tout comprendre. Hiromi Kawakami a une écriture très particulière, qui semble errer d'un temps et d'un espace à un autre sans qu'il n'y ait de rupture.
Le récit porte sur la difficulté du deuil quand il n'y a pas de mort officielle mais d'une manière très douce et presque légère, vaporeuse pourrait-on dire. C'est une belle découverte que je dois à mon libraire.
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kuroineko
  23 juin 2017
Ouvrir un roman de Kawakami Hiromi est comme faire glisser un panneau ouvrant sur un monde évanescent.
C'est elle-même, par le biais de Kei, sa narratrice, qui donne la meilleure définition de son livre: "Le récit est censé être limpide et innocent, pourtant, on ne voit pas où il mène. Et dans l'ombre de certains passages, on découvre quelque chose!"
La dernière page se ferme et on se reveille, le temps reprend son cours. L'auteure est une véritable magicienne des mots. Elle les tisse et les assemble comme un charme ensorcelant.
J'ai trouvé le personnage de Kei, cette femme plus toute jeune et dont le mari a disparu depuis douze années, infiniment attachant. le roman étant rédigé à la première personne du singulier, on plonge dans l'intimité de ses réflexions. C'est beau, d'une beauté éthérée. Les contours apparaissent flous, plus aquarelle que peinture à l'huile. C'est ce qui donne ce côté merveilleux et fantastique au récit.
Comme Kei, on se perd parfois dans les méandres de Manazuru. Cette ville à la pointe d'une péninsule semble multidimensionnelle, à l'image des pensées et de l'imagination.
De son écriture délicate et intimiste, Kawakami Hiromi nous offre de très belles scènes, qu'elles sortent du quotidien de Kei entre sa mère et sa fille collégienne, ou de ses réflexions. Beaucoup d'intensité dans ce roman, de douceur également. A consommer sans modération.
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Corboland78
  02 juin 2014
Hiromi Kawakami née en 1958 est une romancière japonaise née à Tokyo. Elle est diplômée de l'université pour femmes d'Ochanomizu. Depuis ses débuts en 1994, elle est définitivement devenue l'un des écrivains les plus populaires au Japon, et l'un de ceux qui parviennent à offrir leurs histoires en Occident. En 2000, elle reçut le Prix Tanizaki pour son roman Les Années douces. C'est en 2009 qu'est paru en France, Manazuru.
Kei vit avec Momo, sa fille adolescente, et sa mère. Rei, son mari, a disparu depuis douze ans, parti on sait où, personne ne le sait, mort peut-être. Deux ans plus tard, Seiji est devenu l'amant de Kei. Lorsque Kei découvre le journal intime de son mari et y lit à plusieurs reprises ses passages à Manazuru, petite ville du bord de mer, elle décide de s'y rendre.
J'avais beaucoup aimé La Brocante Nakano, un précédent roman d'Hiromi Kawakami. Légèreté de l'écriture, finesse des sentiments, ellipses aériennes mais une histoire claire. Ici, je suis nettement moins emballé. Certes l'écriture est toujours aussi délicate, les descriptions rapides de petits gestes de la vie quotidienne sont particulièrement réussies, finesse du trait à l'encre de Chine. Mais le roman repose sur une large part de mystère jamais éclairci qui, d'un côté rend le texte délicieusement éthéré et d'un autre carrément ésotérique.
Télévision qui s'allume toute seule, présence invisible qui suit Kei puis, petit à petit se révèle être une femme inconnue, telle un fantôme à moins que ce ne soit le moi-intérieur de l'héroïne ? Les rapports entre Kei et sa fille ou sa mère sont proches ou lointains, de même avec son amant au fil du temps qui passe. La narration semble nous parvenir à travers un voile de tulle, comme une photo de David Hamilton, douceur estompée des scènes. Les multiples excursions de Kei à Manazuru sont prétextes à retrouver la trace du mari envolé. Recherches par la pensée ou le rêve puisqu'elle lui parle et qu'il lui répond, à moins que ce ne soit le fantôme féminin qui la suit qui n'intervienne dans la conversation, « Tout existe dans l'esprit. Tout ce qu'on a vu de ses propres yeux depuis qu'on est au monde, tout, y compris ce qu'on croit avoir oublié depuis longtemps, existe à l'état pur dans la conscience. »
Réflexion sur l'amour et ses pouvoirs mais avec une approche toute orientale de la question et une mise en abîme puisque Kei écrit un roman, celui que nous lisons peut-être ? « La tonalité du récit, sa densité… oui, c'est un livre plein de mystère. (…) le récit est censé être limpide et innocent, pourtant, on ne voit pas où il mène. Et dans l'ombre de certains passages, on découvre quelque chose ! » Les plus heureux feront cette découverte, les autres resteront sur le bord du chemin.
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Kaeru26
  01 août 2015
Comme le dit la 4ème de couverture : "Une femme, sa fille, son amant... et son mari disparu. Non pas défunt, mais mystérieusement évanoui dans la nature."

Il ne reste rien à Kei que le journal de Rei pour se souvenir de lui. Des années après sa disparition, elle ressent le besoin d'aller à Manazuru, une ville côtière où son époux est né. Seule, sans sa fille Momo, sa mère avec qui elle vit, ni son amant Seiji.
Le voyage à Manzuru est aussi un voyage dans le passé, elle se remémore sa rencontre avec son futur mari, le début de leur vie commune, puis des souvenirs plus douloureux qu'elle avait enfoui au plus profond d'elle-même.
Kawakami Hiromi réussit un formidable récit qui nous fait littéralement entrer dans les pensée de l'héroïne. A un moment précis de sa vie, celle-ci ressent le besoin impératif de résoudre la question de la disparition de l'homme qu'elle n'a jamais cessé d'aimer. Ce temps qu'elle s'octroie au moment où sa fille entre dans l'adolescence et devient une femme est tourné vers l'introspection. L'auteur écrit de très beaux passages sur la maternité et réussit à nous transporter entre présent et passé sans nous perdre en chemin. L'irruption du fantastique dans ce récit psychologique m'a un peu étonné mais ne pas pas empêché d'apprécier ce roman paru aux éditions Picquier en 2009.
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AkaiAki
  19 janvier 2015
Kei, au mitan de sa vie, se rend à Manazuru, station balnéaire. Ou plutôt s'y sent irrésistiblement attirée. Commence alors son voyage entre souvenirs, rêves, fantasmes et récit de son quotidien. Entre sa mère, Momo sa fille, son amant Seiji et son mari disparu mystérieusement douze ans auparavant.
Un roman emplit de mystère, étrange et pénétrant. Où les sentiments sont décrits avec franchise, parfois cruement, tout en étant d'une grande pudeur. L'auteur nippone, à travers ce "je" qui nous ressemble tant et si peu, nous dépeint, avec délicatesse, la beauté éphémère de la vie.
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critiques presse (1)
Telerama   14 mars 2012
Depuis Les Années douces, Hiromi Kawakami tisse une œuvre en demi-teinte, des livres murmurés où la description du quotidien en dit plus que la réflexion psychologique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
kathelkathel   18 août 2010
Tandis que je marchais, j’ai senti que je n’étais pas seule.
La distance était trop grande, je ne pouvais pas savoir si c’était un homme ou une femme qui se trouvait derrière moi. Sans me poser davantage de questions, j’ai continué à avancer.
J’avais quitté dans la matinée l’auberge près de l’estuaire, et je me dirigeais vers la pointe du cap. J’avais passé la nuit dans un petit hôtel du bourg tenu par un couple dont l’âge laissait supposer que c’était la mère et le fils.
A mon arrivée de Tokyo après deux heures de train, il était neuf heures du soir et la façade était obscure. En fait de façade, le nom de l’auberge n’y figurait même pas, il y avait simplement un petit portillon de fer que rien ne différenciait d’une habitation ordinaire, avec deux ou trois pins de petite taille aux branches torsadées et une vieille plaque accrochée discrètement sur laquelle on découvrait le caractère «Sunna », « Sable » écrit au pinceau.
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DamepluieDamepluie   22 janvier 2012
Le refus de toute intrusion. J'ai conservé cette attitude depuis que Momo est tout bébé. A cette époque d'ailleurs, que je l'admette ou non, rien ne pouvait s'immiscer entre elle et moi. Elle m'était proche de nuit comme de jour. Ce n'était nullement un plaisir. C'était épuisant. Dans une complète immobilité, je vivais repliée sur moi-même, comme un fauve sur la défensive. J'allaitais, je faisais la cuisine, le ménage et la lessive, mon corps s'affairait du matin au soir sans un seul regard pour le monde extérieur. Comme on a le cou rentré dans les épaules, j'avais le regard recroquevillé.
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DamepluieDamepluie   08 janvier 2012
Je ne désirais pas mon mari. Momo me remplissait de chaleur. Pendant que je lui donnais le sein, je ne ressentais pas le moindre désir d'un homme. En un sens, mon mari ne comptait pas. Ca ne m'empêchait pas de l'aimer dans ma tête. La nuit quand il m'approchait, mon corps ne l'accueillait qu'en surface. Je croyais que le corps et l'esprit étaient distincts, mais en réalité j'étais seulement un corps. Et ma tête faisait partie de mon corps.
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DamepluieDamepluie   22 janvier 2012
Je n'ai pas enlevé son nom. Je continue à l'utiliser quand j'ai à me nommer. Oui, j'éprouve de la rancune, mais ce n'est pas dans la forme, c'est quelque chose au plus profond de moi, mon être tout entier, le noyau de mon corps éprouve du ressentiment pour ce mari disparu sans rien dire.
En même temps que mon corps entier en veut à Rei, quelque chose au plus profond de moi le réclame. Quelque chose dont Seiji ne peut pas se rendre maître. Il faut que ce soit Rei. Ce n'est pas parce qu'il avait le rôle d'époux, c'est l'homme qu'il était qui pouvait seul s'en rendre maître.
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DamepluieDamepluie   05 février 2012
Qu'en est-il alors de mon mari? Ce mari qui a disparu, dont je ne connais plus l'apparence, cette coupure soudaine et brutale. Mon mari n'est pas "quelqu'un qui n'est plus", il est celui qui n'est "pas encore là".
Celui qui n'est pas encore là. Qui apparaîtra peut-être un jour. Seul ce qui existe maintenant peut disparaître dans le passé. Indélébile pour toujours. Absent, et pourtant qui ne disparaîtra jamais, présent à jamais.
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Payot - Marque Page - Hiromi Kawakami - Les dix amours de Nishino.
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