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EAN : 9782234086463
176 pages
Éditeur : Stock (26/09/2018)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 7 notes)
Résumé :
« Écrire sur l’après-Weinstein, du point de vue américain et français. Analyser
deux cultures, cousines et à bien des égards incompatibles. Préférer l’histoire longue, des origines lointaines aux perspectives d’avenir, à l’histoire courte et pagailleuse livrée par les médias. Esayer de comprendre ce qui constitue un événement historique et ses enjeux. Revenir sur les polémiques autour de la liberté d’expression, de la morale et de l’art, en particulier dans l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
belette42
  06 septembre 2019
L'affaire Weinstein, vous connaissez ? C'est l'histoire de cet homme d'influence cinématographique hollywoodien qui est accusé d'avoir harcelé et d'avoir agressé sexuellement bon nombre de femmes avec lesquelles il travaillait. L'affaire a éclaté en novembre 2017.
L'autrice vit à la fois en France et aux États-Unis. Dans cet essai, elle énonce ses réflexions sur cette affaire, ce qu'elle implique dans les rapports de domination hommes-femmes et les conséquences que cette affaire a engendré, du point de vue américain et du point de vue français.
Un essai que j'ai trouvé riche, enrichissant. L'auteure apporte des pistes de réflexions intéressantes. Laure Murat le précise elle-même, ce ne sont que des pistes de sa propre réflexion et de ce qu'elle a pu observer. Ceci permet d'ouvrir son propre champ de réflexion.
Après L'affaire Weinstein, de nombreux mouvements ont vu le jour tels que #MeToo aux Etats-Unis et #Balancetonporc en France. Ils ont permis une écoute de la parole de la femme, celle-ci a pu se faire entendre. Mais ces mouvements n'ont pas véritablement permis de libérer une parole de la femme, ils ont permis à certaines qui n'osaient pas lever la voix de le faire dorénavant.
L'auteure nous montre aussi les attitudes parfois ambiguës d'artistes américains (Aziz Ansari) et français (Orelsan). Mais aussi des rapports entre les artistes et leur vie (Bertrand Cantat).
En ce qui concerne les rapports hommes-femmes, elle pointe le fait que souvent la frontière entre la séduction et le harcèlement n'est pas la même pour les 2 sexes.
Bref, j'ai bien aimé !
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egare
  26 février 2020
Le chapitre III, le syndrome Ansari ou le problème de la « zone grise » est d'après moi, le chapitre le plus dérangeant et le plus susceptible de nous faire cheminer car il porte sur la question du consentement au travers du récit d'une jeune femme de 23 ans, sous le pseudonyme de Grace, paru le 13 janvier 2018 sur le site babe.net. La jeune photographe raconte sa première grande mésaventure sexuelle : je suis sortie avec Aziz Ansari ou la pire soirée de ma vie.
Ce récit paraît 6 jours après que Aziz Ansari, arborant le badge Times'Up est récompensé par le Golden Globe du meilleur acteur de série dans Master of None, série très populaire décrivant la vie sentimentale et sexuelle de la génération 2.0.
Grace a rencontré Aziz à la cérémonie des Emmy Awards en 2017. Elle a pris le prétexte de la photographie pour le brancher (on dit comme ça). Flirt sur la piste de danse lors de la soirée, N° de portable donné à Aziz qui propose quelques jours après un verre chez lui à Manhattan avant d'aller dîner. Elle accepte la proposition et (je ne développe pas la suite, celle d'un homme pressant, pressé, Quand veux-tu que je te baise ? Où est-ce que tu voudrais que je te baise ? le sexe sur ses fesses, celle d'une femme qui dit je ne veux pas me sentir forcée sinon je vais te haïr ce qui ne serait pas souhaitable... qui par divers signaux corporels de rétractation, d'inconfort signifie son refus mais qui n'est pas un non catégorique ; aujourd'hui, le slogan NON c'est NON est revendiqué par les féministes parce que pour trop d'hommes NON c'est OUI ; il y a cunnilingus, fellations, doigts en forme de V dans la gorge et dans le sexe). Ils regardent un épisode d'une série et là, déclic, elle prend conscience qu'elle a été violentée.
La parution de ce témoignage anonyme a suscité un débat très houleux aux USA, ce qui est arrivé de pire au mouvement # metoo titre le New York Times ; ce n'était pas un viol ni une agression sexuelle tranche une avocate. Evidemment, la carrière d'Aziz a explosé en plein vol.
À chacun de se demander comment il caractérise ce récit et ce qui y est raconté.
La « naïveté » de Grace, son flottement, ses questions à ses amies sur ce qu'elle a vécu révèlent la complexité de qu'on appelle la zone grise du consentement. Car à la différence des médias abominant Grace, celle-ci reçut le soutien de milliers de jeunes filles, se reconnaissant dans son récit d'une histoire boiteuse, douloureuse où les désirs n'étaient pas accordés.
Le monde ne marche que par le malentendu. C'est par le malentendu universel que tout le monde s'accorde. Car si, par malheur, on se comprenait, on ne pourrait jamais s'accorder.
Charles Baudelaire, Mon coeur mis à nu
Pour les générations nées entre 1950 et 1970, la dissymétrie provoquée par le comportement du mâle sûr de ce qu'il veut et empressé pour l'obtenir, sourd aux attentes ou non de la femme est la norme et ce flou renvoie à une conception de la relation comme séduction induisant des rapports de défi et de jeu dont il faut assumer l'inconfort éventuel, une sorte de lutte provocante et complexe faisant le sel, l'excitation de la rencontre (tribune des femmes de renom revendiquant la liberté d'être importunées).
Pour les générations 2.0, cette norme n'est plus acceptable. Les filles et femmes de 18 à 35 ans réclament la prise en compte de leur désir, de leur plaisir, de leur corps, de leur rythme, une vraie conversation charnelle et verbale avec les hommes qui n'ont pas à se sentir castrés par cette écoute. le consentement ça semble simple, OUI c'est OUI, NON c'est NON. La zone grise ce sont toutes les pressions, hésitations, zones de flous qui peuvent entourer la personne et brouiller la « validité » de son consentement.

Lien : http://les4saisons.over-blog..
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mybooksntea
  21 décembre 2018
Je m'interroge moi-même sur les avancées (ou absences d'avancées) qu'a pu provoquer le mouvement #MeToo après l'accusation d'Harvey Weinstein, poids lourd du cinéma hollywoodien, d'agressions sexuelles. Cristallisé sous le #metoo dans les pays anglophones, #balancetonporc en France ou encore #moiaussi au Canada, le mouvement a pris une grande ampleur à la fin de l'année 2017. Il a permis, non pas une libération de la parole de la femme, mais une écoute de cette parole. Enfin, on a entendu que des femmes ont été agressées, harcelées sexuellement. On les a écoutées.
Dans cet essai, Laure Murat explore différentes pistes dans chaque chapitre, lesquels sont bourrés de références historiques, politiques et culturelles.
Elle s'interroge sur la portée de la tribune « Nous défendons une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle » signée par, entre autres, Catherine Miller, Catherine Robbe-Grillet ou encore Catherine Deneuve. Elle compare cette « liberté d'importuner », sensée représenter les amours libres à la française, au puritanisme américain à travers l'affaire DSK.
Elle aborde la question de la « zone grise » et du consentement avec l'affaire Aziz Ansari, cet humoriste américain accusé d'agression sexuelle.
Le monde cinématographique en prend également pour son grade puisqu'un chapitre est évidemment consacré à l'affaire Weinstein, mais la journaliste parle également de Woody Allen et des accusations dont il a fait l'objet par sa fille adoptive.
Un des chapitres qui m'a le plus marquée concerne le sexisme ordinaire dans le milieu musical. Laure Murat passe notamment au crible Bertrand Cantat et le rappeur Orelsan.
Sous couvert d'être un artiste, Orelsan a écrit des titres extrêmement violents et sexistes (« Sale pute » et « Saint Valentin« ), se défendant des accusations des féministes en précisant que ses textes ne sont que de la fiction.
La journaliste démonte ses arguments et démontre que son attitude est ambiguë. Sous prétexte de la liberté d'expression, a-t-on vraiment le droit de tout dire ? Si on change les paroles violentes de ses chansons, adressant la violence à des Juifs ou des Noirs à la place des femmes, est-ce que ça passerait toujours ? Je ne crois pas.
Pour moi, ce chapitre résonne d'autant plus qu'il est malheureusement bien ancré dans la réalité du paysage musical. Cela fait écho au nouveau single de Saez, « p'tite pute ». Je vous passe mon énervement et vous mets directement le lien de l'article écrit par Madmoizelle, qui résume parfaitement ma pensée sur la question.
Et pour moi, cela fait aussi écho aux chansons de rap. J'en écoute beaucoup, j'adore ça. Mais je suis lassée que « bitch » ou « salope » soient utilisés comme des mots de liaison !! Quel est l'intérêt ? Si ce n'est de nourrir ce climat sexiste et violent envers les femmes ? de renforcer l'idée qu'elles ne sont que des objets sexuels ?
Bref, vous l'aurez compris, Une révolution sexuelle ? est un livre très intéressant, dans lequel Laure Murat nous pousse à réfléchir sur les conséquences du mouvement #metoo. Une lecture enrichissante et essentielle !
Lien : https://boldreadings.wordpre..
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Sibela
  20 avril 2019
Cet essai dont l'auteur nous dit qu'elle a pris le risque de l'écrire rapidement est une réussite. Très bien documenté, ce qui n'est pas surprenant de la part d'une historienne, il pose avec beaucoup de pertinence et de nuances la question des rapports entre l'oeuvre d'un artiste, écrivain, cinéaste, et sa vie.
L'auteur s'affirme clairement contre la censure, que ce soit de Polanski ou de Céline ou de tout autre créateur, mais propose d'analyser à nouveau les oeuvres pour tenter de repérer comment elles sont aussi marquées par les positions éthiques (ou contraires à l'éthique) et politiques des auteurs, ce qui ne les empêche pas par ailleurs d'être des oeuvres d'une qualité artistique incontestable.
Elle propose que ces oeuvres soient précédés d'un « avertissement » expliquant le contexte historique et la position que l'auteur y occupe.
Il est heureux de voir ainsi conciliés liberté d'expression et information/éducation du public.
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keisha
  16 décembre 2019
Dès le départ, j'étais décidée, si on tombe dans le pamphlet, le féminisme pur et dur, le style abscons et l'écriture inclusive à chaque coin de page, j'abandonne!
Hé bien non, dès le premier chapitre et tout du long, Laure Murat, dont j'ai apprécié les deux livres déjà lus, opte pour un ton mesuré, informatif, engagé bien sûr, mais laissant place à des questionnements et des ouvertures. J'ai lu les 150 pages (suivies de notes si on veut) avec intérêt et sans fatigue.
"Ces réflexions sont davantage des pistes que des développements fouillés. C'est un texte plein de raccourcis inévitables, écrit au galop, où je lance des hypothèses comme des cailloux sur le chemin. Je m'interroge tout haut. Je pose des questions auxquelles, souvent, je n'ai pas de réponse. J'invite au dialogue et à la contradiction.
Ce n'est pas un livre sur l'affaire Weinstein, mais bien sur l'après-Weinstein, ses retombées, et ce que nous sommes libres d'en faire aujourd'hui (ou pas). Je mesure très bien, en tant qu'historienne, les risques d'écrire un livre d'intervention en pleine actualité. Je les assume parce que je crois que contribuer à la conversation démocratique vaut mieux que de rester dans son coin."
L'avantage de Laure Murat, c'est qu'elle habite aux Etats-Unis la plupart du temps, et en France. Elle connaît donc les différences dans les lois, la justice, les mentalités. Par exemple pour le harcèlement en entreprise, normalement mieux prévenu en Amérique. Mais à l'arrivée les plaintes et les résultats sont similaires en pourcentages.
Elle évoque l'affaire Weinstein, bien sûr, mais aussi Polanski (son livre a été terminé en 2018) et Woody Allen (pages intéressantes sur le monde du cinéma) ainsi que le domaine de la chanson, avec Orelsan et Cantat. Toujours des interrogations sur différencier l'auteur et son oeuvre, bref, un livre d'actualité.
Lien : https://enlisantenvoyageant...
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
0drey620drey62   31 décembre 2018
Si on chante « sale pédé, t’es juste bon à te faire péter le rectum », c’est un scandale. Orelsan chante « sale pute, t’es juste bon à te faire péter le rectum », c’est du second degré.

Si on chante « sale nègre … on verra comment tu suces quand je te déboîterais la mâchoire », c’est de l’incitation à la haine. Orelsan chante « sale pute … on verra comment tu suces quand je te déboîterais la mâchoire », c’est de la liberté d’expression.

Bougnoule, youpin, bamboula, niaqwé ça ne passe plus, et c’est heureux. Pute, salope, connasse, personne ne bouge. Au contraire. On applaudit, on rigole, on en redemande.
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0drey620drey62   31 décembre 2018
L’affaire Weinstein est en réalité la goutte d’eau qui a fait déborder un vase saturé de scandales quotidiens, pour la plupart ignorés, affectant les femmes du monde entier dans leur vie de tous les jours. Or c’est bien ainsi que naissent les révoltes. Lorsque la coupe est pleine.
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0drey620drey62   31 décembre 2018
Le mouvement #MeToo va-t-il, pour la première fois, imprimer un tournant et faire de l’incitation à la haine des femmes un (vrai) délit comme le sont le racisme, l’antisémitisme ou le négationnisme ?
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0drey620drey62   31 décembre 2018
Ce qui fait que l’affaire est médiatisée n’est pas tant le gravité du délit reproché que la notoriété de la personnalité dénoncée. Résultat, Ben Affleck, accusé par Hilarie Burton de lui avoir pincé le sein gauche sur un tournage en 2003, se verra mis sur le devant de la scène au même titre que le réalisateur James Toback, accusé par 395 femmes de harcèlements et d’agressions sexuelles.
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Videos de Laure Murat (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laure Murat
LES GUÉRILLÈRES DE MONIQUE WITTIG Avec Rébecca Chaillon, Virginie Despentes, Anne Garréta, Laure Murat & Suzette Robichon
« LES CRIS LES RIRES LES MOUVEMENTS ELLES AFFIRMENT TRIOMPHANT QUE TOUT GESTE EST RENVERSEMENT… … Elles disent qu'elles ont appris à compter sur leurs propres forces. Elles disent qu'elles savent ce qu'ensemble elles signifient. Elles disent, que celles qui revendiquent un langage nouveau apprennent d'abord la violence. Elles disent, que celles qui veulent transformer le monde s'emparent avant tout des fusils. Elles disent qu'elles partent de zéro. Elles disent que c'est un monde nouveau qui commence… » Extrait de Les Guérillères de Monique Wittig
À lire – Monique Wittig, aux éditions de Minuit, Les Guérillères, 1969. L'Opoponax, 1964, le Corps lesbien, 1973,Virgile, non, 1985. le Chantier littéraire, éd. iXe/P.U.L. 2010.
Samedi 21 septembre 2019
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