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EAN : 9782742789252
170 pages
Éditeur : Actes Sud (28/02/2010)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 19 notes)
Résumé :

Terrorisé par un contrôle de police sur les quais de la gare de Lyon, Clovis Nzila vient de sauter dans un train de banlieue. Sans-papiers, clandestin, il s'assied au hasard d'un wagon surchauffé et tente de maîtriser sa peur. Face à lui, une femme l'observe, accepte en retour ses regards indiscrets, ne semble pas effrayée par sa triste apparence. Attentive, elle engage la conversation, perçoit le désespoir de ce je... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Apoapo
  29 mars 2018
Voici l'histoire de l'attraction d'une femme et d'un homme – Christelle, française, et Clovis, sans-papiers issu d'un pays africain non nommé mais frappé par la guerre civile – que leur détresse commune aurait pu unir. le souvenir d'un troisième personnage, Marcelline, la soeur jumelle de Clovis, hante le récit, qui se déplie par l'alternance des remémorations des drames qui ont constitué la vie de tous les trois. Clovis est le narrateur et celui dont on apprendra le plus ; à travers lui, on apercevra aussi progressivement des visions d'horreur croissante sur la violence de la vie rurale africaine, celle des bidonvilles, et surtout celle de la guerre civile. Marcelline, plus que compter pour leur rapport gémellaire, représente un possible anti-Clovis au féminin. Quant à Christelle, sa caractérisation se fond avec l'érotisme de sa rencontre avec le héros : c'est un personnage peu creusé.
Le style est simple et présente même certaines maladresses (outrances ou survols) que la jolie structure par révélations successives et l'intérêt de l'information sur la vie africaine des marginaux ne parviennent hélas pas à compenser.
(Lecture adaptée à un voyage ou autre situation de concentration modérée...)
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Mirontainestaleggendo
  29 mars 2018
L'histoire d'un mirage, d'une rencontre inattendue entre Clovis N'Zila, qui tente d'échapper à un contrôle de police et une femme dans un train de banlieue.
Christelle décide de l'héberger pour la nuit. Elle ne sait rien de lui sauf la détresse de son regard.
Clovis et ses multiples secrets, Christelle et sa solitude.
Une bulle se crée dans le modeste appartement. Et la confiance s'installe peu à peu.
Des mots cousus pour décrire la violence d'une guerre civile en Afrique et les stigmates de l'enfant soldat face à la morosité d'un quotidien de banlieue d'une femme esseulée.
Dès la naissance, Clovis a été emporté dans un tourbillon de colère et de haine. Il pleure sa vie et sa prime enfance aux côtés de sa soeur Marcelline. Il a fui, le désespoir aux trousses. Christelle écoute les aveux de l'enfant soldat et tressaille à l'angoisse des démunis.
On veut croire à la fable comme à celle de la déesse, créatrice de tout ce qui se voit ou ne se voit pas. Celle qui habille la terre entière d'une musique, celle des battements du coeur. La déesse, mère du Monde, qui pose sur les songes des hommes et des femmes, le fil magique qui soutient et guérit: le baiser des esprits.
Les esprits parfois s'affolent quand la catastrophe et le chaos l'emportent. Ils s'égarent et deviennent aphones par l'envie, la haine et la mitraille.
Christelle, la main couchée côté coeur, témoigne de l'attention à celui qui crie la nuit.
Peut-on parvenir à oublier les bruits et les images de guerre incrustés dans sa mémoire? L'émotion de velours d'une nuit de confidences suffit- elle à réparer ?
La fin de ce texte est abrupte, à la manière d'un voile opaque jeté sur le monde, sur ceux qui clament pourtant comme la déesse Mère « nous sommes tous frères ».
Le Silence des esprits, Wilfried N'sondé , Actes Sud Babel, mars 2018, première parution en 2010.
Lien : http://lemondedemirontaine.h..
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julienleclerc45
  05 mai 2018
Ce roman explore les esprits de ces deux êtres qui se rencontrent. Ce ne sont pas tant les interrogations menant à l'amour qui peuplent l'intrigue mais ce que les esprits doivent oublier, ce qu'ils doivent abandonner, ces poids qui les contraignent. En se concentrant sur cet homme rescapé d'une guerre civile et cette femme engluée dans ce capitalisme assourdissant, l'auteur montre les chemins d'une libération psychologique. Tout se joue dans les arcanes de l'esprit avant que les sentiments surgissent des corps. Pour décrire tout ce parcours, l'écriture développe une grande sensualité. le lecteur est au plus près des personnages. Les corps en mouvement, que ce soit en plein combat, en fuite ou dans les transports en commun, sont au coeur de cette histoire. Chacun mène un chemin rempli de risques ou d'habitude. Chacun est pris par une forme de tragédie. le dénouement ne peut venir que la libération possible de Clovis et Christelle. Malgré quelques baisses de rythme, ce roman saisit par le traitement des souvenirs. le passé de Clovis, sa relation avec sa soeur et sa place dans ce monde, donnent lieu à des passages très émouvants.
Lien : https://tourneurdepages.word..
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Acerola13
  23 juillet 2018
J'ai été très touchée par ce court roman mettant en scène un migrant congolais et une infirmière cinquantenaire, tous deux particules semblant avoir été laissées à l'abandon par la société et ses membres pressés et inattentifs. Entre scènes attendrissantes et souvenirs d'enfance ou de guerre civile, le Silence des esprits attriste par ce qui semble être une infortune s'abattant sans pitié et sans distinction, au gré d'un hasard destructif.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
julienleclerc45julienleclerc45   05 mai 2018
L’autre délice de notre enfance, le moment que nous chérissions par-dessus tout, venait à la tombée de la nuit. Dans la case que nous occupions avec notre grand-mère, chacun avait sa place. Or, dès que ses puissants ronflements emplissaient la pièce, ce ronronnement dont j’avais appris à lire et interpréter chaque note, je m’approchais de Marcelline, sans bruit, l’entourais de mes bras délicatement et posais tendrement la pointe de ma langue sur le velours de son épaule.
Marcelline faisait toujours semblant de dormir déjà depuis longtemps, immobile. Elle jubilait. Ensemble, silencieux, nous avons su recréer l’harmonie, la plénitude partagée jadis, unis des mois durant dans le ventre de notre mère.
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CindyPleyCindyPley   24 août 2012
"Habitué à la malchance et aux mauvais traitements, j'aurais préféré me recroqueviller sur moi-même. Un animal en cage. M'interdir d'y croire, de peur d'être déçu! J'ai trop manqué d'amour pour accepter d'être heureux. La lumière me gène. J'ai longtemps erré au grand large du bonheur, j'assombris les astres d'intense luminosité. Je n'ai jamais rien essayé, par crainte de faillir, ainsi j'ai toujours fui l'angoisse de l'échec."
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Acerola13Acerola13   06 janvier 2019
Nous hantions les rues. En vérité, c'est tout un continent qui marchait sur la tête et laissait un vide dans l'éducation et le cœur des jeunes, les plus nombreux. Rien de cohérent ne se transmettait, les adolescents se construisaient autour d'éléments hétéroclites ramassés au hasard de la télévision et des vidéoclips. Une cacophonie de strings, de Mercedes Benz, de films d'action de mauvaise qualité et de pornographie. Un désordre sans nom s'était ainsi installé à la place de mon cerveau, sans oublier la faim qui me rend féroce et aveugle, la résignation et le fatalisme.
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Acerola13Acerola13   06 janvier 2019
Son absence saignait à flot dans ma poitrine, elle me ramenait inlassablement à ce que j'étais devenu, un triste reflet d'humanité, une petite chose niée, naufragée du bonheur...Un sans-papiers !
Un silence infini dans mon âme, un abîme, au-delà de la peur et du doute, une douleur aiguë dans les tripes, une immense incertitude, beaucoup plus vaste qu'un mal-être. Un vide, un désespoir absolu.
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Acerola13Acerola13   06 janvier 2019
Ce matin-là, elle marchait d'un pas rapide pour fendre au plus vite le vent glacial d'hiver. L'allure décidée, battant son rythme bruyant sur l'asphalte, dans la tristesse et le gris du béton. La saleté d'un jour qui ne se lèvera pas vraiment, une lumière terne. Elle bravait courageusement le paysage monotone des bâtiments carrés. Pour seul rayon de soleil un mince espoir dans sa poitrine !
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