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EAN : 9782266320832
230 pages
Pocket (19/05/2022)
3.87/5   89 notes
Résumé :
Alors que le narrateur vient d’apprendre qu’il sera bientôt père d’une petite fille, le téléphone sonne. À l’autre bout du fil, sa mère. Le bateau de son père, Jean, vient de sombrer « corps et biens ». Jamais Jean ne saura que sa petite-fille s’appellera Louise.
Peut-être pour lui rendre hommage, peut-être pour apaiser son chagrin, le narrateur se met alors à écrire le roman de ce coquillier blanc et bleu, Ar c’hwil, né presque en même temps que lui.
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
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HordeDuContrevent
  03 août 2021
Simple et lumineux, pudique et délicat, ce livre aux racines bretonnes. Que cette lecture fut agréable et génératrice d'ondes bienfaisantes ! Un bel éloge aux liens familiaux et à l'amour inconditionnel.
« Les fils du pêcheur » de Grégory Nicolas, c'est l'histoire émouvante d'une famille bretonne soudée, narrée par un des fils suite à la mort de son père. le narrateur, Pierre, vient en effet d'apprendre qu'il sera bientôt papa d'une petite Louise lorsque le téléphone sonne. Sa mère lui annonce que le bateau paternel, ce beau coquillier blanc et bleu, le Ar c'hwill, vient de sombrer. Ecrire lui permet alors de lui rendre hommage, de faire son deuil, et enfin de dresser le portrait complet d'un grand-père pour pouvoir le transmettre aux petits enfants de la famille qui ne l'auront pas connu. Qu'il ne tombe pas dans l'oubli.
On suit ainsi la vie de ce père pudique et simple, depuis son enfance jusqu'à sa mort, ses joies, son courages et ses peines. On est témoin de l'éclosion et de l'épanouissement d'une famille très unie, tissée d'amour, amour filial et fraternel, amour conjugal. Ce père toujours présent aux fêtes de famille, à tous les anniversaires, toujours là pour eux, malgré son métier de pêcheur. Ce père que les fils admirent et qui a cependant sa part d'ombre, part inattendue dont ils apprennent l'existence après sa mort par un certain Benoit Notre-Dame…
Et à travers cette histoire, nous sommes témoins de l'Histoire de la Bretagne, celle de la pêche, celle du remembrement des terres, celle des crises et des manifestations, celle du naufrage de l'Amoco Cadiz.
« On avait expliqué aux paysans que la parcellisation, le mode d'exploitation traditionnel, les condamnait à demeurer dans une économie peu productive. Pour les faire entrer dans la modernité, on décida de rassembler les parcelles autour des longères. On appela cela le remembrement. Les bulldozers entrèrent en jeu : ils abattirent les hautes haies qui séparaient les champs, ils brisèrent les talus, ils aplanirent les sols, les nivelèrent, ils comblèrent les fossés et les douves pour mettre en place de grandes parcelles d'un seul tenant, exploitables plus facilement, avec des rendements jamais vus jusqu'ici [ …] Les gros pneus remplacèrent les sabots de bois des hommes et les fers des chevaux. En même temps que les tracteurs, on vit apparaître dans les terres celui qui n'en partirait plus jamais : le vent».
Le talent de conteur de Grégory Nicolas est tel que nous tournons les pages avec bonheur, nous passionnant pour cette histoire de famille au fin fond de la Bretagne. le coeur apaisé et chaud, l'oeil brillant et le sourire discret aux lèvres. J'ai particulièrement aimé la pudeur des sentiments qui transparait derrière cet amour familial. C'est d'une élégance et d'une douceur qui m'ont fait fondre.
« Avec sa boucle d'oreille, ça lui donnait des airs de dur, et il en jouait, alors qu'il a toujours été doux comme un agneau. Les copains de l'école nous faisaient remarquer à Julien, à Clément et à moi que notre père avait une boucle d'oreille et un tatouage… C'était le seul des pères à en avoir. C'était le seul marin aussi. Ça ne nous plaisait pas, cette différence. Ça ne nous plaisait pas qu'on nous appelle « les fils du pêcheur ». On aurait préféré être comme tout le monde, et avoir un père sans tatouage et sans boucle d'oreille. Mais on a fait avec. Et maintenant qu'il est mort on en serait fiers ».
« Pourtant, et bien que ce soit moi qui l'aie décidé, je ne trouvais pas ça naturel de serrer sa main, c'était une distance trop grande, de celles qui ne devraient jamais s'installer entre un père et son enfant. Mes frères continuaient de l'embrasser et je les enviais. Et nous on se serrait la main. Quelle honte. J'en chialerais. Je n'osais pas lui redemander de revenir aux bisous et lui non plus, ça a duré des années. C'est infernal la pudeur ».
Notons un éloge au sport, à la course à pied notamment, qui n'est pas sans me déplaire ce sport étant ma passion, ainsi qu'une ode à la littérature.
L'écriture de cet auteur, qui m'était inconnu, est à l'image de son histoire : une plume sobre pleine d'humanité, sans misérabilisme, où l'amour filial, l'amour inconditionnel et les valeurs comme le respect sont des actes de foi. Il réussit avec brio à nous attacher à cette famille. J'ai refermé ainsi à regret ce livre et en fermant les yeux, l'âme bretonne, je me suis imaginée penchée vers la mer, happée, elle était « si belle et si limpide que, malgré la profondeur, on avait l'impression qu'en se concentrant longtemps et, comme on patiente l'été, allongé par terre parmi les herbes qui grattent le cou, pour tenter de voir la voie lactée, on aurait pu deviner Ar c'hwil ».
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Cannetille
  21 novembre 2021
Lorsque son père marin pêcheur disparaît en mer avec son coquillier Ar c'hwill, le narrateur entreprend l'écriture de la biographie familiale, en hommage à cette figure paternelle tant admirée. Au travers du parcours et des drames de cet homme, c'est toute l'histoire de la Bretagne, de la pêche et de ses crises sur ces soixante dernières années qui se dessine peu à peu.
Autobiographie ? Fiction ? On ne sait, mais on ne peut que croire à ce récit où l'intime rejoint la chronique sociale, conjuguant émotion, surprises et tension, enfin intérêt d'un témoignage hautement représentatif que l'on jurerait vécu. D'un côté, ce roman est l'histoire d'une relation filiale, touchante d'amour et de pudeur, que transfigure la présence taiseuse mais généreuse d'un homme dont on découvre peu à peu les peines et les drames secrets. de l'autre, il dresse un tableau vivant de la rude profession de marin pêcheur, à la fois passion et sacerdoce aux premières loges des périlleuses et capricieuses grandeurs de la mer, mais, dans tous les cas, de plus en plus étranglée par les crises depuis l'ouverture à la concurrence européenne. La narration est notamment l'occasion de se souvenir des scènes de guerre civile, qui, en 1994, accompagnèrent à Rennes les manifestations de marins pêcheurs rendus fous de rage par l'effondrement des cours du poisson et par la hausse du gasoil.
Voici un livre qui s'aborde avec le coeur, tant ses mots désarmants de délicatesse et d'élégance, en toute simplicité, expriment d'humanité, d'amour filial et paternel, d'admiration et de respect pour ces hommes chevillés à leurs valeurs entre terre et mer bretonnes. C'est d'ailleurs cette tendresse pour ses personnages, en même temps que les détails clairement personnels dont l'auteur parsème son texte – comme ses goûts littéraires et oenologiques - , qui achève de parfaire l'impression autobiographique.
Un bien bel hommage à la terre bretonne et à ses habitants, à ses beautés et à ses rudesses, que ses travailleurs de la mer en particulier ont gravées dans l'âme et la chair.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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dannso
  22 décembre 2021
Ils sont trois, les fils du pêcheur, trois frères ; pas de soeur dans cette fratrie. Alors Pierre, le fils ainé, est tellement content d'annoncer à son père qu'il va avoir une petite-fille. Las, son père ne l'apprendra jamais. Son bateau, l'Ar c'hwill, vient de couler corps et biens. Surtout, corps, d'ailleurs : le corps de son père ne sera jamais retrouvé.
Cela va être l'occasion pour Pierre de se replonger dans l'histoire de ce père différent des autres pères. En effet, la famille habite à ¾ heures de la mer, dans le bocage breton, le pays de la terre, l'Argoat. Les autres pères n'ont pas de boucle d'oreille, ne sont pas tatoués
« C'était le seul des pères à en avoir. C'était le seul marin aussi. Ça ne nous plaisait pas, cette différence. Ça ne nous plaisait pas qu'on nous appelle « les fils du pêcheur ». On aurait préféré être comme tout le monde, et avoir un père sans tatouage et sans boucle d'oreille. Mais on a fait avec. Et maintenant qu'il est mort on en serait fiers ».
L'auteur va raconter la vie de ce père de son enfance, à sa décision de devenir marin, de la pêche en haute mer à la pêche côtière plus propice à la vie de famille. Il évoque en parallèle les évènements qui vont secouer la Bretagne pendant cette période, le remembrement qui va détruire le paysage de bocage, les crises qui vont secouer le monde de la pêche et les manifestations qui s'en suivront.
Il va surtout raconter l'amour, l'amour de ce père pour sa famille, même s'il ne savait pas très bien l'exprimer, l'amour des trois frères pour lui, leur mère et entre eux, même si aucun ne sait très bien l'exprimer. La pudeur est de mise dans cette famille majoritairement masculine, mais l'amour est présent à chaque page de ce livre, même quand un homme viendra leur révéler un évènement ignoré qui changera pour un temps leur regard sur leur père.
C'est un court roman, une histoire simple, qui a su pourtant m'embarquer : un roman pétri d'humanité dans lequel le talent de conteur de l'auteur nous charme et nous émeut.
Un immense merci aux éditions Les Escales pour ce partage #Lesfilsdupêcheur #NetGalleyFrance
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sylvaine
  16 juin 2021
Les fils du pêcheur de Grégory Nicolas est publié aux éditions Les Escales.
Un auteur que je ne connaissais pas mais que je vais suivre pas à pas c'est certain.
Le narrateur avec dans les bras la petite Louise qui vient de naitre reçoit un coup de téléphone de sa mère Marie-Lou, l'
Ar c'hwill a coulé corps et bien entrainant dans les fonds son père Jean. Commence alors pour lui et ses frères un long travail de deuil , surgit aussi l'envie de mieux connaitre ce père qu'ils aimaient si fort et qui étaient toujours là pour eux ne ratant aucune fête, aucun anniversaire, seulement une fois le 4 février 1994 où leur père avec de très nombreux pêcheurs est allé manifester à Rennes...
De fil en aiguille certains faits vont venir semer le trouble. Qui était vraiment Jean? Les fils du pêcheur iront ils au bout de leur quête de vérité et sont ils prêts à tout entendre ?
j'ai apprécié l'écriture sobre et élégante de Grégory Nicolas, à l'image de ce pays et de ses habitants.
Un magnifique roman !! Celui de l'amour inconditionnel de 3 frères pour leur père, celui de l'amour que ce père portait à ses enfants; Celui du monde de la pêche côtière de ces marins qui vivent au jour le jour dépendant de la météo et de toutes ces décisions prises à Bruxelles , décisions qui peuvent les tuer d'un jour à l'autre. Une pensée pour ceux qui souffrent en ce moment.
Un livre que vous devez absolument découvrir
Merci aux éditions Les Escales via Netgalley pour c e partage
#Lesfilsdupêcheur #NetGalleyFrance
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Book_rockeuse
  28 mai 2022
De prime abord, je n'aurais pas acheté ce livre car la quatrième ne m'emballait pas franchement. D'autant que je ne la trouve pas forcément représentative du contenu.
On s'attend à découvrir la vie d'un pêcheur, père de famille.
En réalité, c'est beaucoup plus que çà.
C'est toute une famille que l'auteur nous raconte, à travers les yeux de Pierre, endeuillé par la perte de son marin de père.
Gregory Nicolas nous propose cette relation père - fils emplie d'amour et de pudeur et décrit avec justesse les rapports entre pêcheurs. C'est l'histoire d'une transmission, entre les hommes de la famille mais pas que… L'auteur, à travers le portrait d'un personnage extérieur, nous montre à quel point une vie et les rêves qui l'accompagnent peuvent être bousillés en une seconde…
Les quelques références aux années 90 m'ont fait sourire me ramenant moi-même à mon enfance ! (Billy Ze Kick et le survet‘ Adidas à pressions si vous avez la ref !!!)
J'ai passé de beaux moments avec ce livre, ressenti de belles émotions mais trop de longueurs ont entaché ma concentration et ma lecture. Dommage, car le fond est vraiment beau.
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
HordeDuContrevent
HordeDuContrevent  
Il nous avait fait remarquer le ciel si bas, si particulier et si beau de Brest, et la façon qu’il a de se perdre à la surface de l’eau grise de la rade. C’est comme si le ciel et la mer se confondaient. Comme si l’un et l’autre s’étiraient ainsi que le font les gros chats, rien que pour se toucher. J’ai revu ce phénomène une fois, sur un petit coteau de la Loire, entre Saumur et Angers, au-dessus d’un village qui s’appelle Le Thoureil : deux vieilles vignes qui avaient surmonté la palissade, qui s’étaient étirées de toutes leurs forces, pour finalement s’enserrer en une voûte. Elles faisaient comme un collier en se rejoignant de leurs jeunes pousses. Ou plutôt comme une couronne, voilà c’est ça, on aurait dit que toutes les deux, unies ainsi, elles couronnaient le ciel.
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HordeDuContrevent
HordeDuContrevent  
Vous savez, quand on court c’est étrange. C’est comme une sorte d’hypnose. Comme si on sortait de son propre corps. C’est comme si on se regardait. Comme si on était le spectateur de sa propre vie, si je peux utiliser des grands mots. C’est un beau spectacle car on se sent fort. Invulnérable. On transforme la douleur en plaisir. C’est une sensation de bien-être totale. J’appelais ça l’allégresse, mais ma fille m’a dit que ce n’était pas le bon mot… Il fallait plutôt parler d’euphorie. Ce sont les hormones que l’on produit dans l’effort qui sont responsables de ça, m’a dit mon gendre. Il faut toujours qu’il explique les choses par la science.
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Cannetille
Cannetille  
— Tu es un peu dégoûté de la mer maintenant, Yvik, je me trompe ? a demandé Julien.
— Non, je ne suis pas dégoûté. La vérité, c’est que j’ai jamais vraiment aimé ça. Quand je le dis, les gens ont du mal à comprendre. Ils pensent tous que la vérité est au large. Mais qu’ils y aillent donc, au large, voir un peu ! Et ensuite on en rediscute. On me dit : « La liberté, la liberté. » Tu parles d’une liberté ! La mer est grande, certes, mais un bateau c’est une prison qui flotte, rien d’autre. Tu n’es jamais moins libre de tes mouvements que dans un canot. Tu es contraint par la mer, le vent, les embruns, la machine, la ressource et les sous. Tu parles d’une liberté ! Seulement à Ouessant, tu penses bien qu’on n’avait pas le choix dans le temps. C’était la pêche ici ou l’usine sur le continent, hein. Et moi j’avais pas envie de travailler toute ma vie avec un toit au-dessus de la tête. À tort ou à raison d’ailleurs, je me serais moins pelé à l’usine, c’est sûr.
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HordeDuContrevent
HordeDuContrevent  
Avant le bosquet, sur la gauche en venant de la maison, on trouvait un vieux lavoir cerclé d’herbes hautes dans lequel on avait mis des truites arc-en-ciel achetées à la pisciculture d’à côté. Elles ont fini par être grosses comme des saumons à force de gober les coquillettes que leur balançait Clément après les avoir chipées dans le frigo et cachées sous son pull. Et ses tee-shirts qu’il tachait parce qu’il est maladroit comme tout, eh bien, ils sentaient le beurre cuit à cause de ça.
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Cannetille
Cannetille  
Sûr qu’il devait être heureux.
Et pourtant il y a toujours eu comme de la mélancolie dans son regard, celle de l’enfance perdue, et on n’y peut rien, comme quand la ligne casse. On ne rattrape pas le poisson qui s’en va l’hameçon dans la gueule, c’est comme ça. Il a essayé de le cacher pendant longtemps. Nous n’étions dupes de rien avec les frères, mais on n’en parlait pas, ni entre nous ni avec lui.
Il voulait continuer de paraître grand et fort devant ses fils, quitte à en rajouter pour qu’on soit fier de lui, pour que l’on continue à le regarder d’en dessous comme font les gamins. C’était bien ce temps, petit, où le monde nous apparaissait en contre-plongée. Il devait trouver ça moins drôle de voir le monde d’en haut, je pensais.
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Vidéo de Grégory Nicolas
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Chaque jour, Stéphane Place vous propose une pause littérature, en partenariat avec la Librairie Mollat de Bordeaux. Vendredi, il vous conseille la lecture du livre de Grégory Nicolas, prix Antoine Blondin qui récompense un ouvrage original sur le sport, et disponible en poche : "Équipiers".
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