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EAN : 9782070374694
384 pages
Éditeur : Gallimard (25/05/1983)
3.48/5   26 notes
Résumé :

Olivier Malentraide promène un regard narquois sur la faune qui l'entoure : beau-père bougonnant, mère coquette et infidèle, demi-frère abruti par les livres. Son ami Didier ne semble pas mieux partagé. Le monde n'est-il donc peuplé que de gens imparfaits ?

Le jeune Olivier se rebelle contre le conformisme général. Puis vient l'interlude de la guerre. Dans Paris redevenu libre, la verve insolente d'Olivier fait merveille. Pour secouer son enn... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
torpedo
  15 juin 2018
Avec Les Enfants Tristes, paru en 1951, Roger Nimier nous invite à partager la vie de ses contemporains - des petits bourgeois parisiens désenchantés. Olivier Malentraide (alter ego de l'auteur ?) est le révélateur du malaise ambiant. Nous suivons un groupe de jeunes dandys, dont la vie est triste à dormir, passer les soirées à danser en fumant des cigarettes et en buvant des cocktails. Les Enfants Tristes, le titre du roman ne pouvait être mieux trouvé. Roger Nimier, volontiers provocateur, ne laisse pas le lecteur indifférent grâce à son style. Il parsème son roman de références littéraires et fait d'ailleurs d'Olivier Malentraide un écrivain. le roman se clôt tragiquement avec un événement prémonitoire.
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GrandGousierGuerin
  18 octobre 2015
Quatrième de couverture :
« Olivier Malentraide est un enfant monté contre sa famille. Il trouve sa mère trop jeune, son beau-père trop libéral, ses cousines trop débauchées. Il essaie de déclencher des catastrophes, mais réussit tout juste à ce que sa mère prenne un amant. Dans la deuxième partie, nous retrouvons un Olivier différent. Sans qu'on sache trop bien ce qu'il a fait pendant la guerre, il a pris un drôle de genre. Ce n'est pas le cynisme, c'est une sorte de sécheresse passionnée. Il fait des bêtises. La troisième partie le met en contact avec deux petites filles de l'aristocratie assez étranges : Dominique et Catherine. Entre-temps, Olivier est devenu écrivain, et il a du succès. Dominique aime ce succès, et Catherine aime Dominique. C'est pourtant Catherine qu'Olivier épousera. Mais la conclusion ne sera pas gaie pour autant.»
Chronique d'une certaine bourgeoisie et plus particulièrement de sa jeunesse avant et après la seconde guerre mondiale, elle s'incarne tout particulièrement en Olivier Malentraide dont on suit le parcours par trois périodes particulières où il est en interaction étroite avec la gente féminine. D'une intelligence supérieure, il est en perpétuelle quête d'un impossible zénith tout en pressentant la proximité de l'inexorable et consécutive chute du haut de la roche tarpéienne : une vie au fil du rasoir... de ces contradictions, il se nourrit et se construit pour créer un monde où le geste n'est en rien en lien avec l'intention. En cela, de nombreuses générations qu'on a dit perdu se sont complues dans ces extrêmes. Ici, le désaccord qu'on donne à l'unicité s'exprime par un dénigrement des valeurs chrétiennes mais en restant d'autant plus attaché à une certaine réputation, le mouvement par la danse et la vitesse, le rire aux moments les plus incongrus et sûrement les moins appropriés.
Chronique d'une jeunesse dorée qui se joue des codes et se cherche comme des enfants mais est d'une tristesse confondante : le rire employé ici est plus signe de désarroi et de vulnérabilité, de la prise de conscience de la puérilité de leur quête.
Nimier connait son métier avec un style riche en symbole qui peut aisément porter à la citation – ce que je ne ferai point étant donné ma soudaine nonchalance. Il faut prendre le temps de déguster certains passages comme certains morceaux de bravoure en littérature.
Nimier fut une étoile filante du monde littéraire dont la fin dans un accident de voiture, tel Camus ou James Dean, ne l'a pas empêché d'être le chef de fil d'un courant littéraire qui s'opposait notamment à l'omniprésent existentialisme incarné par Jean Paul Sartre. Ce livre m'est au final apparu comme une critique acerbe de ce courant philosophique en vogue à cette époque : l'existentialisme n'est en fait qu'un jeu vain, malsain et égocentrique où la volonté de s'émanciper et de vivre ne peut s'exercer qu'en malmenant son entourage afin qu'il obéisse, les réduisant à une servilité plus ou moins acceptée. En cela l'existentialisme obéit aux même ressorts qui font de certains enfants les tyrans ou les esclaves des cours d'école. Toutefois l'âge venant, on se rend compte de la vanité de la démarche, ce qui la vide par conséquent de toute la charge qu'on avait su y insuffler initialement. En résumé, l'existentialisme ne serait-il pas un jeu quelque peu puéril, futile et en rien amusant pour intellectuels en recherche d'émancipation vis-à-vis des conventions d'une société rigide dans ses conventions ?
Au final, allez donc vous faire votre propre idée …
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BVIALLET
  06 mai 2012
livier Malentraide est un enfant remonté contre sa famille de parvenus et d'aristocrates décatis. Il trouve sa mère trop légère, son beau-père trop rustre et ses cousines trop débauchées. Prétentieux et poseur, il essaie de déclencher des catastrophes mais ne parvient qu'à pousser sa mère à prendre un amant. Dans la seconde partie, on retrouve un Olivier assez différent. Sans que l'on sache bien ce qu'il a fait pendant la guerre, il a pris un drôle de genre. Un mélange de cynisme et d'indifférence passionnée. Il fait des bêtises, multiplie les aventures et se pique même de littérature. Dans la troisième partie, son coeur balance entre deux très jeunes représentantes de l'aristocratie, Dominique et Catherine. Olivier est devenu un écrivain à succès. Dominique est amoureuse de ce succès et Catherine aime profondément Dominique. Pourtant c'est Catherine qu'Olivier épousera en gardant Dominique en réserve. Ce qui n'empêchera pas une fin tragique et prémonitoire de celle de l'auteur…
Roman sentimental, mais pas à l'eau de rose, ces « Enfants tristes » ont mal vieilli. En dépit de quelques fulgurances dues à la brillante intelligence et au regard acéré de Nimier sur son époque, on peine aujourd'hui à s'intéresser à ces petites coucheries de la belle jeunesse jouisseuse et désenchantée de l'après guerre. N'ayant pas suffisamment axé son propos sur la réalité sociologique de son époque, il ne reste que les sentiments et la psychologie de personnages inintéressants ou carrément antipathiques autant dire pas grand-chose de passionnant pour accrocher le lecteur d'aujourd'hui.
Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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luis1952
  22 septembre 2018
Avec ce roman-ci Roger Nimier nous raconte le Paris des années 30, 40 et 50. Il le fait avec différents personnages : Oliver, Dominique, Didier, Catherine, Raoul et Tessa. Des amours, des déceptions, des scènes tirées en longueur, voilà ce que contient ce roman. Fort déçu par cette histoire, j'ai préféré L'Etrangère du même auteur.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
aleatoirealeatoire   25 mars 2017
- Qu'est-ce que c'est comme marque ?
- C'est une Aston-Martin.
- Quelle marque ?
- Aston-Martin.
- Ça n'est pas connu. Ça ne doit pas être fameux.
- Ne dites pas d'imbécilité.
En quelques secondes, il roulait à 70 à l'heure, puis à 100. Il gagna un passage souterrain qui tournait et pris le virage à 140 ; Catherine appuya sur le klaxon pour l'entendre résonner et cria :
- C'est merveilleux, Olivier ! Merveilleux !
- Il faut bien que je vous donne quelques sensations, dit-il simplement.
(...).
Puis il sortit. La nuit était si belle, une sage et magnifique nuit de décembre. Olivier monta dans la voiture et la mit en marche. Il s'aperçut au bout d'un quart d'heure qu'il avait oublié d'allumer les phares. Il se trompa sans doute de chemin, car il n'entra pas dans Paris par la porte qu'ils avaient prise pour venir. Olivier lança la voiture à 130, brûlant les feux rouges, évitant de justesse des camions, des cyclistes. Après avoir roulé quelque temps à cette allure sur les boulevards extérieurs, il trouva ce qu'il était venu chercher dans un grand chantier où l'on avait creusé des fosses profondes.
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aleatoirealeatoire   24 mars 2017
Ils s'émerveillent d'avoir tenu si longtemps, d'avoir sauvegardé leur mise. Ils arriveront devant Dieu et montreront leur vie dont ils n'ont rien fait, ils lui diront comme ils furent économes. (...).
La trahison perpétuelle de chaque jour qui passe et n'a point apporté de remède à l'ennui.(...). Mais les héros de romans vous regardent tristement. Ils ne l'entendent pas de cette façon. De vous, ils attendent autre chose.
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tetsuotetsuo   18 février 2021
Dominique possédait par cœur la science du monde. Elle savait marcher, elle dansait admirablement, elle écoutait au besoin. Personne comme elle ne savait habiller ce qu'elle portait. Enfin on croyait fermement à son intelligence. Par un étrange malheur, elle se conduisait mal d'une façon assez gauche. Dès qu'elle montrait ses jambes ou perdait une de ses robes sur l'épaule, on s'apercevait tout d'un coup de son âge. Ce n'était plus une vamp, mais une écolière mal élevée. les excentricités ne démentaient pas sa timidité. Elle avait, à la fois, besoin d'être remarquée et passionnément horreur d'être dévisagée. Ces deux familles de sentiments font assez bon ménage. On aurait retrouvé ce couple chez Olivier qui détestait attirer l'attention et qui ne songeait pourtant qu'à la gloire. On peut dire de ceux-là qu'ils sont des amoureux platoniques de la plus abstraite des passions. Ombre sur ombre, néant sur néant, ils accumulent l'impossible et, dans cette atmosphère raréfiée, ils parviennent à brûler sans se consumer, spectaclke qui étonne à distance.
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luis1952luis1952   21 septembre 2018
Comme j'étais trop malheureuse, je me suis couchée sur ton lit. Et puis, j'ai eu peur qu'on vienne, je me suis glissée pieds nus sous le drap. J'étais comme dans une tente. Là, je me suis sentie bien. Tu étais avec moi seule, et la pièce c'était le monde entier. La nuit est venue. Je me suis réveillée à six heures du matin.
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luis1952luis1952   18 septembre 2018
Elle se leva, passa un vieux pull-over gris, une jupe noire et entra ses pieds nus dans ses tongues . Elle adorait montrer ses orteils et sortir ainsi en plein hiver.
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Vidéo de Roger Nimier
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