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ISBN : 2070369862
Éditeur : Gallimard (22/09/1977)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 84 notes)
Résumé :
Le livre insolent, romantique et tendre qui rendit Nimier célèbre à vingt-cinq ans. Le roman qui fit école et donna naissance à la génération littéraire des « hussards ». La chronique intime, à la fois cynique et sentimentale, d'un peloton de hussards qui pénètre en Allemagne, en 1945.
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
ibon
  11 septembre 2014
Roman très riche et intense. En 1945, des hussards français, l'esprit revanchard, stationnent en Allemagne en attendant d'en découdre avec ce qui reste des divisions de l'ennemi. 
C'est un roman choral où l'on apprend beaucoup grâce au monologue intérieur de dix personnages perdus dans cette fin de guerre: 
Sanders est le soldat viril, odieux et séducteur.
Saint-Anne, c'est lui Le hussard bleu il symbolise la beauté, la jeunesse et ses grandes idées.
Forjac est le gradé cynique qui aime les hommes.
Los Anderos est le soldat communiste colérique.
Et une jeune et belle Allemande... 
Les scènes d'héroïsme et celles de désoeuvrement où se commettent bien des turpitudes sont la toile de fond mais ce n'est pas qu'une chronique de guerre. D'ailleurs, on sait que beaucoup vont mourir dans les dernières embuscades de la guerre. Donc, pas trop d'intrigue de ce côté-là. Non, ce qui tient le lecteur en haleine, c'est cette belle Allemande "sauvée" par le goujat Sanders, son importance grandit peu à peu jusqu'à la surprise finale.
Du suspense auquel s'ajoute un style enlevé et une construction façon puzzle qui ne laissent pas de repos au lecteur.
Ce roman choral est un prétexte pour employer toutes les subtilités et les grossièretés de la langue selon le protagoniste. de l'argot au français littéraire, très proustien, le contraste est vraiment riche et croustillant. 
De plus, la construction en chapitres "monologues" , qui ne suit pas toujours la chronologie, permet de confronter les opinions et surtout d'imaginer un récit possible et de bien cerner les personnages. Quelle réjouissance de combler les blancs et de construire sa propre histoire. Avis aux imaginatifs!
Ce roman est sous cette forme une réussite. L'usage du "je" emmène le lecteur au plus près de l'action et des états d'âme de chacun. Et certains ont des côtés obscurs qui ne nous sont pas dissimulés et détonent dans le cheminement vers la victoire: le racisme, Pétain et la Milice, les viols en pays conquis. C'est donc un livre qui dérange par ces aspects mais c'est une photographie de la fin de la guerre vraiment saisissante. 
Cet effroyable second plan contraste avec de biens purs sentiments que le lecteur pourra découvrir grâce au hussard bleu Saint Anne. 
Si bien que la fin m'a englouti dans un tourbillon dont je ne suis pas sorti indemne.
Lu trois fois, et ce n'est pas fini. Pour moi un chef d'oeuvre qui dérange.
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oran
  30 août 2017

Avec « le Hussard Bleu » j'ai fait connaissance avec cet écrivain qui m'était, jusqu'ici, inconnu !
Avant de me lancer dans la lecture de ce roman, j'ai cherché à en savoir un peu plus sur ce jeune écrivain Roger Nimier (1925/1962), chef de file des Hussards ( "l'amour du style bref, cinglant, ductile, incisif anticonformiste , le refus des modes, le goût des causes perdues") , qui marqua profondément sa génération disparu à l'âge de 37 ans, parce qu'il idolâtrait un peu trop la vitesse. (Un décès tragique et prématuré qui fait penser à d'autres fous de bolides de la m^me époque: James Dean, Jean-René Huguenin, Françoise Sagan, elle aussi, à bord d'une Aston Martin, mais qui en réchappa avec de lourdes conséquences … )
J'ai ainsi appris qu'il a eu, au lycée Pasteur, où il est un brillant élève turbulant ,Michel Tournier comme condisciple en terminale, qu'il obtient un deuxième prix de philosophie au Concours général, ensuite une licence dans cette même matière, qu'il s'engage au 2e Régiment de hussards, blessé à Royan, démobilisé au printemps 1945 , il écrit depuis cette date : romancier, rédacteur en chef (Opera), journaliste, scénariste pour le cinéma « Nouvelle vague » (Ascenseur pour l'échafaud, Les Grandes personnes), dialoguiste (L'Education sentimentale) conseiller littéraire chez Gallimard…
La lecture de la 4e de couverture me laisse un peu sceptique : « une succession de monologues intérieures … ils permettent au lecteur de visiter en détail le cervelet d'un colonel, le coeur d'un cavalier, le foie ou encore la rate d'autres soldats » et là je me mets à chantonner les paroles d'Ouvrard pour me donner du coeur à l'ouvrage… Mais on n'est pas du tout dans le registre de ce comique troupier, plus dans celui des quatre-vingt-chasseurs ! (j'en connais juste le premier couplet, entendu maintes fois chanté par mon père qui n'allait pas plus loin, parce que ma mère veillait au grain !)
Soliloques successifs de soldats, issus de milieux sociaux différents appartenant au XVI e Hussards (cavalerie blindée ) à sa tête le lieutenant commandant de Fermendidier : Casse-Pompons, Los Anderos, le capitaine de Forjac, Tisseau, il y a aussi Florence, Lili l'Allemande, et Saint- Anne, c'est lui le héros, le Hussard bleu et son ami Sanders.
Réflexions dans un langage très coloré celui de chambrée, ordurier, violent, insolent, cynique, argotique, pour évoquer la défaite, l'Occupation , la Résistance , la reprise des combats, la prise de villes, les exactions, l'occupation en sens inverse, la violence , la vengeance, la trahison, la mort .
Le Hussard bleu est un roman de l'absurde, incongruité de la guerre, indécence de la vie, absurdité de la mort … Une mise en scène déconcertante mais toute en vérité.
La phrase épilogue du roman fait éminemment penser à l'Etranger.
« Désormais, je connais mon rôle sur la terre, mais je ne sais qui je suis. Voyageur, pose des yeux tristes sur les choses, elles te le rendront au centuple. le visage barré du ciel te menace et te guide à la fois. Vivre, il me faudra vivre encore, quelques temps parmi ceux-là. Tout ce qui est humain m'est étranger.
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Horizon_du_plomb
  30 juin 2017
On connait tous ces journaux, lettres intimes écrits en temps de guerres. Ici, le livre nous en offre plusieurs de façon orchestrale, en arabesques et avec des prolongements en dehors de la seconde guerre mondiale (ZFOA après à Drecknaü). Le livre m'a fait penser au film « Fury » par bien des égards mais dans un registre littéraire que lui seul toutefois peut se permettre.
« En lui, chaque trait est poussé au noir et souligné deux fois à l'encre rouge. »
« Il est urgent de tromper l'humanité en couchant avec Marlène Dietrich. »
Je ne connais pas l'histoire du roman noir non policier mais ce roman-ci est sale, crasseux. Le style m'a fait penser au vol d'une mouette rieuse: une distance moqueuse, prêt à vous bombarder votre fière allure. Dés le départ, rempli de phrases tranchées sur le front, il faut s'accrocher, cela mitraille dans tous les sens sans même parler de la tournure d'esprit, des expressions qui ont tourné sans écoeurer. Il faut loucher sur la phrase comme dans une soupe parfois pour mieux la comprendre. Il arrive qu'on se demande si cela ne se fait pas trop mousser le créateur. En fait, on est en plein impressionnisme littéraire, de grosses touches qui prennent sens quand on a la globalité sous les yeux. Lire ce livre, c'est un peu être goumier dans ce monde qui ne ressemble qu'au monde.
« J'ai enjambé les marches du parvis comme les enjambaient, cent quarante ans derrière moi, les gros hussards fessus de Napoléon, incroyants, buveurs, mais amis de la civilisation à leurs moments perdus. »
Ce qui m'a frappé, c'est la maîtrise pour un livre écrit à 25 ans. C'est un roman intelligent qui y mêle le style. On se rend vite compte que l'écrit a été poli à l'image de la bague dans la citation d'Apollinaire, qu'il a été nourri de lectures dés le plus jeune âge, sans parler des études de l'auteur. Tout le long du livre, les soldats lisent malgré la guerre ou l'occupation, lectures inégales certes. En particulier, les références sur la littérature militaire sont multiples.
« Bernard Tusseau me demande si cela vaut Montaigne. « C'est plus saignant, lui dis-je, mais Montaigne est mieux cuit. Affaire de gencives. » Mon beau frère est en progrès, avant le passage du Rhin il m'aurait volontiers demandé s'il y avait une étude sur Saint-Exupéry chez Plutarque. »
« Je sais, j'ai été comme vous. A une époque, je lisais trois livres par jour, et aussi bien des Réflexions sur les troglodytes que les oeuvres de Jouhandeau ou Pierre Benoit qui me paraissaient importants. J'avais quatorze ans et je suis pardonnable. Tout cela m'est passé. Je lis encore beaucoup … »
« Malheureusement elle (la philo) est comme la Russie : pleine de marécages et souvent envahie par les Allemands. »
Plus que d'en faire trop, on a parfois l'impression d'une écriture non orientée qui empêche la pleine saveur, de tout goûter.
« La haine, le désordre, la honte, ces sentiments ne sont pas toujours orientés. »
« … il est tellement plus simple de ne pas gouverner ce royaume, laissant à notre coeur la liberté que nous accordons à notre estomac, sans prévoir nos menus, d'autant qu'il est assuré que nous formons un imprévu de peu et l'étroitesse de notre vue fait la moitié de notre émerveillement … »
Le livre, s'il est pris de fièvres languissantes, est moins intéressant dans sa seconde partie, il fait plus son trou dans sa cellule intérieure, le château et ses alentours. On est dans les amours de ceux, déjà vaincus, qui se cherchent et se flairent quand ils ne sont pas surpris par les choeurs grivois des Gaulois.
Le livre parle de la confusion des camps du monde moderne. Évidemment, il y a un ton politique de droite mais je l'ai pris comme le reste, comme les cendres d'un esprit décadent foudroyé dans des éclairs de collectivité.
« Votre querelle avec les résistants, c'est la querelle des cancres contre les bons élèves. N'empêche que vous êtes tous dans la même classe, mes petits agneaux, et vous faites un long devoir que vous ne comprenez pas très bien. »
« « Ressemblez vous les uns les autres » telle était l'Évangile du monde moderne. Plus besoin de s'aimer, quelle fatigue évitée ! »
Je pense que ce livre fait partie de ces livres qui forment un témoignage de la guerre et ses prolongements que seule la littérature peut rendre par sa capacité à cerner l'âme intérieure et son chaos.
« J'étais dans ce plaisir comme celui qui suffoque au comble d'une mer furieuse. »
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Projet78
  17 novembre 2014
Le Hussard bleu a ceci de particulier qu'il donne son nom à une génération littéraire toute entière. Voilà qui, d'une manière ou d'une autre, fascine déjà avant toute lecture. Enfin, il s'agit plus exactement de Bernard Frank qui emprunte une partie de ce titre pour baptiser un groupe de jeunes écrivains à peine formé. Les « Hussards » n'ont jamais vraiment cherché à l'être. Chez eux point de code ou de manifeste, plutôt des auteurs qui, parce qu'ils partageaient des points de vue politiques et littéraires semblables, ont été réunis sous la plume de Frank dans un article ironiquement publié (en 1952) dans Les Temps Modernes, la revue de Sartre, le grand adversaire des Hussards. Ces derniers se forment autour d'un chef de file, Roger Nimier. Michel Déon, Jacques Laurent, Antoine Blondin en sont les principaux représentants. Ils étaient de droite et défendaient des valeurs que l'issue de la Seconde Guerre mondiale a laissé au passé, des valeurs littéraires aussi, qui n'avaient plus cours. Élevés au romantisme, ils admiraient tous les Stendhal, mais le monde était passé à autre chose ; voilà peut-être pourquoi aujourd'hui on se souvient avec difficulté de Roger Nimier, même s'il se cache derrière le scénario et les dialogues d'Ascenseur pour l'échafaud, ou Antoine Blondin, l'auteur d'Un singe en hiver, magnifiquement adapté au cinéma par Henri Verneuil et joué par Belmondo et Gabin.
Quoi qu'il en soit le Hussard bleu est un livre admirable. Il prend place à la fin et dans l'immédiat après guerre, et suit le quotidien – souvent l'ennui – du XVIe hussard, en poste près de la ville de K. en Allemagne. le roman se concentre principalement sur l'histoire de François Sanders (double de Nimier), ainsi que son amitié avec François Saint-Anne, jeune recrue au sein des hussards. On assiste à la déroute de l'armée allemande, l'installation des français qui, d'occupés, deviennent occupants, la relation avec les allemands – et surtout les allemandes, les combats, la blessure de Sanders… Mais le Hussard… n'est pas un récit historique, l'intérêt du texte réside dans ses personnages aux multiples facettes, dans l'écriture et la voix de son auteur.
En effet, Nimier réussit, à 25 ans, un roman d'une maîtrise exceptionnelle. Chaque chapitre est la voix d'un des personnages. Bien sûr, chaque personnage est différent des autres, et Nimier parvient à attribuer un style d'écriture propre à chacun, qu'il tient parfaitement jusqu'au bout, où les derniers chapitre s'enchaînent dans une virtuosité cinématographique impressionnante. Tour à tour les acteurs de cet ouvrage prennent la parole à la première personne pour proposer leur vision du monde, de la guerre, de l'armée, des femmes, de la violence… Cette petite prouesse littéraire n'est pas anecdotique, l'auteur brouille délicatement les pistes entre ses pensées et celles de ses héros, recréant un monde au lendemain de la guerre où les idéologies antagonistes se côtoient encore pour un temps. Il est difficile de dégager une prise de position dans le récit ; il est à la fois militariste et anti-militariste, gaulliste et anti-gaulliste, et ainsi de même pour tous les sujets abordés, homosexualité, amour, honneur, courage… Par exemple, Saint-Anne, qui a les atouts d'un Julien Sorel dans le Rouge et le Noir, incarne tout le romantisme d'un monde ancien qu'admire encore Nimier, et dans lequel il voit le salut de sa société. Mais le jeune hussard échoue dans ce nouveau monde, de même que ses compagnons se laissent aller à leurs désillusions ; le viol devient une façon d'aimer, et de se faire aimer. de cette manière le roman fait le lien entre deux époques, où le basculement de l'une vers l'autre n'est pas tout à fait irrémédiable. Sanders et Saint-Anne sont amants de la même femme, une Allemande, Rita. Peut-être représentent-ils justement ces deux époques. Mais il est alors intéressant de constater que Saint-Anne, qui serait le romantisme, le temps le plus ancien, est aussi le plus jeune des deux. Nimier place-t-il en lui ses espoirs, voulant lui offrir par son jeune âge un avenir plus long ? Il sait pourtant que ses espoirs sont vains, puisqu'il écrit lui-même l'échec de ce pauvre Saint-Anne.
Le Hussard bleu nous invite à être spectateur de la vie des ces hommes et femmes pendant plusieurs mois. Souvent drôle et provocateur, il est aussi souvent désabusé. Reflet parfait de la société qui l'a vu paraître. Parfaitement écrit, il l'est aussi, et fût un vrai plaisir de lecture et une très agréable découverte. Celle d'un auteur mais aussi d'une génération que je ne tarderai pas à rencontrer un peu plus.
« Tout ce qui est humain m'est étranger. »
Lu dans :
Nimier, Roger, le Hussard bleu, Gallimard, « Folio », Paris, 2008, (1977), 434 p., 7€50.
Première édition :
Nimier, Roger, le Hussard bleu, Gallimard, Paris, 1950.
À consulter :
Frank, Bernard, « Grognards & Hussards », dans Les Temps Modernes, Gallimard, Paris, décembre 1952.
Lien : http://projet78.wordpress.co..
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Charybde2
  19 mars 2013
Désenchantement cynique, dandysme désabusé, pour un feu d'artifice jubilatoire...
Publié en 1950 par un auteur de vingt-cinq ans, ce court roman désenchanté fit l'effet d'une bombe à l'époque, et donna le coup d'envoi à la constitution du groupe littéraire informel des « Hussards ».
La quatrième de couverture parle de « livre insolent, romantique et tendre », pour cette « chronique intime, à la fois cynique et sentimentale, d'un peloton de hussards qui pénètre en Allemagne en 1945 ».
La langue de Nimier est en effet magnifique, et nous emmène avec bonheur et parfois jubilation dans les méandres des monologues intérieurs des principaux personnages : vieux colonels de carrière vichystes pesamment ralliés à la Libération, commandants déchirés plus ou moins suavement par leur homosexualité non assumée, fausses brutes au coeur tendre issues des FFI, des FTP, voire secrètement de la Milice, naïfs engagés volontaires romantiques, femmes allemandes plus ou moins accueillantes à l'envahisseur,... le rire et l'émotion sont brillamment servis par le style acéré et l'alternance remarquable des tons et des points de vue. Entre dureté profonde et insolence jaillissante, la lecture est captivante jusqu'au bout.
Il n'en reste pas moins que le désenchantement cynique est omniprésent, et que le dandysme désabusé qui tient lieu le plus souvent de réflexion, nu derrière le charme des formules assassines, laisse rapidement un certain sentiment de malaise, correspondant vraisemblablement aux objectifs de l'auteur, figure de proue de cette « nouvelle droite littéraire » qui tentait alors de renaître après les heurts de l'épuration de 1944-1947.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
LutvicLutvic   18 avril 2018
Au théâtre, quand j'étais enfant, n’espérais-je pas toujours que l'acteur tragique allait soudain quitter la scène pour se mêler aux spectateurs ? Comme ce serait facile, pensais-je avec la logique de mon âge. Trois mètres de chemin et Hamlet abandonnera ses scrupules. Hélas, il lui manquait une dimension qui n'était peut-être que la dimension de l'indifférence. La volonté acharnée des imbéciles de ressembler à Dieu ou à l'acteur tragique, en accumulant les incestes, les meurtres, ne prouvait qu'une chose : leur incompréhension de Dieu. Car Dieu est notre spectateur et retirer son épingle du jeu, c'est le rejoindre. Alors plus d'actions, on ne fait que des miracles...

Ces pensées n'étaient plus les miennes pour mille raisons. Mais des pensées qu'on a courtisées, qui ont répondu à votre amour, qui vous ont illuminé, puis qu'on a quittées, sont un peu comme ces anciennes maîtresses que nous rencontrons dans une soirée et chez qui nous distinguons toujours les petits cris de plaisir qu'elles avaient dans nos bras, sous les paroles les plus anodines, à condition d'aimer les femmes, bien entendu. Ainsi de l'indifférence : je la goûtais chez les autres, car je savais que son visage nocturne est de feu (éd. Gallimard, 1978, pp. 113-114).
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MeduzanticMeduzantic   05 avril 2012
Miracle invraisemblable (...) et dont certains êtres seulement sont pleinement capables, mais qui fleurit parfois (...) dans une attitude, dans un sourire, dans une boucle de cheveux, alors le monde s'éclaire et retrouve son unité perdue (...) et ce n'est pas sans doute une des moindres propriétés de l'amour que de nous rendre semblables aux océans, nous diluant dans l'infini de chaque heure, nous étalant à la surface des choses (...) nous laissant face à face avec notre unique pensée qui donne à tous nos gestes l'allure des grands fonds.
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ibonibon   26 janvier 2013
Évidemment, c'est la guerre. Mais la guerre, ça devient la barbe quand tout est mort, éteint, embaumé. Il faudrait lui trouver des limites. Par exemple le foutebôle, on y joue dans des endroits spéciaux. Il devrait y avoir des terrains de guerre pour ceux qui aiment bien mourir en plein air.
(Florence)
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aleatoirealeatoire   07 mai 2011
Paris, voici ton fleuve et les larmes que tu versas, voilà ton visage au front penché. Paris, voici tes rues et la plaque d'identité au bras de chacune. Les hautes maisons subissent l'amertume du soir. Mes pas sonnent sur le boulevard. Désormais, je connais mon rôle sur la terre, mais je ne sais qui je suis. Voyageur, pose des yeux tristes sur les choses, elles te le rendront au centuple. Le visage barré du ciel te menace et te guide à la fois. Vivre, il me faudra vivre encore, quelque temps parmi ceux-là. Tout ce qui est humain m'est étranger.
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MeduzanticMeduzantic   05 avril 2012
Il faut croire que l'hiver est une saison où l'on n'existe pas vraiment. Depuis si longtemps, sans doute, les hommes ont l'habitude de se laisser séparer par le froid, qu'aujourd'hui encore, janvier, février sont les seigneurs de la solitude. Un lit où l'on s'engouffre, un rêve où l'on s'enfouit, telles sont les ressources de cette époque. Quand la neige se dissipe, les choses apparaissent dans leur vérité qui est brillante et colorée. Elles font envie. On veut les toucher. Trois mois de dénuement vous ont permis d'accumuler des forces.
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Videos de Roger Nimier (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roger Nimier
Reportage sur l?atelier gruppetto. Dans le cadre du banquet d?été 2019 intitulé « Transformer, transfigurer » qui s?est déroulé à Lagrasse du 2 au 9 août 2019
L?écrivain Emmanuel Ruben prix Roger Nimier pour son livre «  sur la route du Danube » Rivages 2019, accompagne un groupe de cyclistes amateurs sur les routes des corbières.
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