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Claude Seban (Traducteur)
ISBN : 225311426X
Éditeur : Le Livre de Poche (15/11/2006)

Note moyenne : 3.26/5 (sur 76 notes)
Résumé :
" En ce début des années soixante, nous n'étions pas encore des femmes mais des jeunes filles.
Fait qui, sans ironie aucune, était considéré comme un avantage. " Ainsi commence cette chronique de la vie d'un campus américain à l'époque où le seul diplôme reconnu pour une demoiselle qui se respecte était une bague de fiançailles. Que se passe-t-il dans ce petit monde édulcoré quand une jeune femme pas comme les autres s'éprend d'un étudiant noir alors que la s... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
sabine59
08 novembre 2016

Comme dans tous ses romans ,cette romancière géniale nous emmène effectivement, et nous nous laissons entraîner sans aucune hésitation...
Ce livre passionnant, au ton mordant, à l'humour bien trempé, nous fait découvrir les campus universitaires américains des années 60, avec leurs codes sociaux, leurs conventions bien établies et étroites, sous une apparence trompeuse de liberté et d'indépendance.Il s'y passe, des choses, au sein de ces " sororités"...
le roman donne le point de vue- et c'est là son originalité- d'une jeune fille différente, peinant à se fondre dans la masse étudiante.Décrivant son " bizutage", elle avoue: " Ma cérémonie d'initiation se déroula dans un brouillard d'anxiété et de vertige teinté de nausée(...) Pourquoi suis-je ici ?"
Et elle va définitivement rompre avec l'univers bien-pensant et raciste ( la ségrégation raciale sévissait pleinement à l'époque, rien n'a changé d'ailleurs...) de cette jeunesse dorée et frivole, où l'on tolérait que les jeunes femmes fassent quelques études en attendant de se marier et de rester bien sagement dans leur foyer .Car elle va tomber amoureuse de Vernor , un étudiant noir...
J'ai beaucoup aimé la narratrice, son originalité, sa façon de se dissocier courageusement de l'hypocrisie sociale et d'aller vers son destin, même s'il lui faudra traverser la douleur et l'isolement.Et elle vit les choses avec une bonne dose d'humour et d'auto-dérision." J'avais détruit Anellia, cette terrible sotte", dira-t-elle d'elle -même , au terme de sa relation avec Vernor. C'est un drame familial qui sera pour elle l'issue.Et la conduira à la maturité.
Un voyage bien prenant, corrosif et sensible à la fois.

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LiliGalipette
29 novembre 2014
Début des années soixante. Orpheline de mère, mal aimée de son père, de ses frères et de ses grands-parents, la narratrice postule pour intégrer une sororité universitaire, la Kappa Gamma Pi. Elle espère ainsi éteindre son sentiment de solitude en se choisissant des soeurs. Admise par la Kappa, elle ne trouve cependant jamais sa place et met bien longtemps à comprendre qu'elle n'a été acceptée qu'en raison de son excellent niveau scolaire et des avantages que ses consoeurs pensaient en tirer. « Mes soeurs Kappa me fascinaient comme des rapaces géants au plumage bariolé fascinent un petit oiseau chanteur caché dans les buissons. Ou qui essaie de se cacher dans les buissons. » (p. 84) Méprisée par la sororité, la jeune fille tombe dans une sombre dépression dont elle sort in extremis.
Voilà qu'elle rencontre Vernor Matheius, doctorant en philosophie à l'intelligence flamboyante et au pessimisme étourdissant. Et Vernor est noir, dans une Amérique où la ségrégation n'a pas tout à fait fini de faire des ravages. « Je n'aurais pas isolé la négritude de ses autres qualités. Certes, c'était un fait de son être. La première chose qui frappait l'oeil, mais ce n'était pas un fait définissant ni définitif. » (p. 173) Vernor est indépendant, solitaire, parfois brutal. Bien qu'amants, les deux jeunes gens ne forment jamais un couple et la jeune fille s'épuise dans un amour dévorant et non payé de retour.
Finalement, elle retrouve son père mourant, défiguré par une cruelle maladie. Sur le lit d'agonie de cet homme dont elle pensait ne pas être aimée, elle déverse des torrents de larmes et de phrases réconfortantes.
Le roman se compose donc de trois parties totalement déconnectées les unes des autres. Une fois l'épisode Kappa terminé, on passa à l'épisode Vernor, puis à l'épisode Papa. L'ellipse confine ici à l'incohérence et le flou artistique n'est en fait qu'un épais brouillard. Dans chaque partie, la jeune fille est présentée comme une personne au bord du gouffre : on ne sait jamais vraiment comment elle reprend pied, ni comment elle échappe au traumatisme des évènements passés. Elle passe simplement à autre chose. Il semble que l'auteure ait voulu aborder trop de sujets pour un texte aussi court : la ségrégation, l'université, la féminité, la sexualité, l'amour, le rapport au père, tout cela se télescope sans se rencontrer et sans s'accorder.
Les personnages sont caricaturaux jusqu'à l'écoeurement. Les filles sont Kappa sont superficielles, trop maquillées, vulgaires et furieusement en quête d'un époux au mépris de leurs études. Vernor est un intellectuel tourmenté au passé lourd. Mais la palme du ridicule revient à la narratrice, personnage misérable, pauvre, fatigué, toujours affamé et mal fagoté. À trop vouloir attirer la sympathie sur son héroïne, l'auteure nous fait verser dans un apitoiement excessif parfaitement pathétique et contre-productif. Comment s'attacher à la jeune fille alors qu'elle s'entête à se frotter à des univers qui la malmènent et à des personnes qui la blessent ? La dernière partie fait déborder la coupe du pathos : les retrouvailles entre le père et la fille ne sont qu'une enfilade de clichés qui n'ont plus rien de littéraire depuis des siècles.
Le texte est émaillé de citations et de références philosophiques puisque – évidemment – la jeune fille étudie la philosophie, n'est préoccupée que de la vie de l'esprit et méprise son corps et ses sensations. À plusieurs reprises, il est dit d'elle qu'elle est trop intelligente pour son bien : cette affirmation me laisse profondément dubitative tant il me semble que ce personnage est condamné à revenir sans cesse sur les mêmes chemins accidentés. Certes, la narratrice raconte son histoire a posteriori et l'on peut donc supposer qu'elle a fini par s'en sortir, mais la dernière phrase révèle un interlocuteur parfaitement absent du reste du texte, à peine annoncé dans le titre. Qui est ce personnage ? Pourquoi l'héroïne lui raconte-t-elle sa triste histoire ?
Dernière question, et non des moindres. On ne sait pas comment s'appelle la narratrice. Trois prénoms sont utilisés au fil du récit, mais ce ne sont pas les siens. On sait vaguement que son prénom est banal, mais il n'est jamais cité. Pourquoi un tel flou sur l'identité du protagoniste ? Cela n'apporte qu'un supplément de pathétique à un personnage déjà bien difficile à cerner. Faut-il partir du présupposé que, le récit s'adressant finalement à un interlocuteur proche de la narratrice, il est inutile de mentionner un prénom qui est de toute façon connu ? C'est un procédé bien compliqué et qui n'apporte rien de significatif au récit.
L'ennui et l'agacement ont ponctué ma lecture. Joyce Carol Oates est capable de tellement mieux, comme elle l'a prouvé avec Mon coeur mis à nu, roman-fleuve qui pouvait se permettre d'aborder une foule de sujets au vu de sa densité. Mais pour rester dans le monde universitaire, Délicieuses pourritures ou Fille noire, fille blanche abordaient bien mieux les figures féminines du milieu de siècle. Bref, un roman sur deux, Joyce Carol Oates me déçoit. Il ne reste qu'à espérer que ma prochaine lecture de cette auteure sera meilleure.
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mariech
24 octobre 2011
Roman ardu , qui demande un effort de lecture mais à la fin du livre , l'impression positive d'avoir passé un bon moment dans ma vie de lectrice .
L'héroïne nous emmène dans l' Amérique du début des années 60 , au temps où on ne parlait pas encore de révolution sexuelle ( la pilule n'existait pas ) , où on appelait un noir un nègre ...
On sent que ce roman est en grande partie autobiographique , l'auteur fait une critique au vitriol de la société de l'époque . La jeune fille est douée d'une intelligence exceptionnelle , ce qui ne l'empêche pas de faire parfois exactement le contraire de ce qu'elle doit faire , elle est pleine de paradoxes , de contradictions , elle se laisse accuser de choses qu'elle n'a pas faites puis finit par se rebeller , comme seules les timides en sont capables . Elle qui enfant à toujours pensé que son père ne l'aimait pas , sera étonnée de le voir arriver à la remise des diplômes où elle est première , pour la première fois , il va l'a comparer de façon positive à sa mère , décédée lorsqu'elle avait 18 mois ; il est fier d'elle ; elle retrouvera d'ailleurs son père à la fin de sa vie . Elle nous raconte sa passion sans avenir avec un étudiant noir beaucoup plus âgé qu'elle , qui se rend compte , lui aussi de son intelligence supérieure , mais qui aime plus que tout souligner ses failles .
Cet auteur me fait penser à Philip Roth pour sa critique sans concession de l'époque et les différents thèmes abordés , ils sont d'ailleurs à quelques années près de la même génération.
En résumé , je conseille ce roman aux fans de Joyce Carol Oates car malgré quelques digressions parfois difficiles à suivre , ce livre contient des pépites d'or qui font notre bonheur de lecteurs .
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morin
19 octobre 2011
C'est l'histoire d'une jeune américaine, dont la naissance a entraîné quelques mois plus tard le décès de sa mère ; elle se persuade, à tord ou à raison que ses 3 frères, plus âgés qu'elle et son père, lui en veulent. L'image de sa mère l'accompagne presque en permanence. Très intelligente elle obtient une bourse pour faire des études à l'université ; dans un premier temps elle s'inscrit dans une sororité où elle se sent déclassée par rapport à ses compagnes très aisée financièrement. Elle quitte cette sororité pour un logement plus modeste, tombe amoureuse d'un étudiant en doctorat de philosophie, noir, Vernor Matheus, ce qui n'était pas évident dans l'Amérique des années 60. la philosophie et les philosophes(Wittgenstein, Nietzsche, Descartes, Kant, Spinoza) semblent régir leur vie.
Alors qu'elle écrit son premier livre, elle apprend de l'un de ses frères que leur père qu'ils avaient cru mort, est en vie, mais qu'il est en train de mourir d'un cancer.
Elle traverse une partie des États Unis pour revoir son père et l' accompagner dans ses deniers jours. La compagne de son père qui la reçoit lui demande de ne jamais regarder son père, totalement défiguré par son cancer. Elle désobéira avec une petite glace.
Alors que dans l'ensemble du livre la narratrice (nous ne connaissons pas son vrai prénom...son père l'appelle "toi", a la sororité on l'appelle Marie-ALice, son amant l'appelle Anellia, la compagne de son père Mon Chou) nous apparaît comme une écorchée, elle semble enfin connaître une certaine sérénité après le décès de son père.
Ce livre est intéressant, mais il nécessite un certain effort de lecture.
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jfponge
22 mars 2015
Dans ce récit, probablement autobiographique (du moins on le pense tant la narration est dépourvue d'artifices), l'auteure nous raconte ses jeunes années, de son départ de la ferme familiale, pour suivre des études supérieures, jusqu'à la mort de son père, qu'elle va revoir après une longue, trop longue absence. Désarrois de la fin de l'adolescence lorsque, étudiante boursière, elle loge dans une résidence universitaire pour filles (une "sorority") où ses "consoeurs" et la "mère supérieure" (?) lui en font voir des vertes et des pas mûres. Découverte de l'amour, dans les bras d'un étudiant attardé, brillant philosophe mais piètre compagnon. Enfin, retrouvailles avec un père qui l'a tenue à l'écart jusqu'à quitter le giron familial après la mort de sa mère, survenue lorsqu'elle avait dix-huit mois. L'histoire est simple et peut se raconter sans préjudice pour le lecteur, car ce n'est pas un roman à suspense. L'intérêt principal réside dans la sincérité et la finesse de l'analyse psychologique. La narratrice dépeint ses sentiments et sa vision du monde extérieur avec une acuité rarement présente dans la littérature contemporaine. le trouble est généré par le contraste entre les paroles qu'elle prononce et les pensées qu'elle garde bien cachées au fond de son coeur. Celles-ci apparaissent en italique, d'abord sous la forme de citations car c'est dans sa culture que l'adolescente parvient à trouver les mots pour le dire, puis elle met ses propres paroles à la place. Comme tout cela est vrai, comme tout cela nous ressemble, à tout un chacun ! Cerise sur le gâteau, la traduction de Claude Seban est remarquable. Un chef-d'oeuvre !
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Citations & extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
paullichinelpaullichinel31 octobre 2016
Montrer à la mouche par où sortir de la bouteille fut l'espoir qui anima Ludwig Wittgenstein toute sa vie, mais la vérité est que les êtres humains ne veulent pas sortir de la bouteille; nous sommes captivés, fascinés, par l'intérieur de la bouteille; ses parois de verre nous caressent et nous consolent; ses parois de verre sont les limites de nos expériences et de nos aspirations; la bouteille est notre peau, notre âme; nous sommes habitués aux déformations visuelles du verre; nous ne souhaiterions pas voir nettement, sans la barrière du verre; nous serions incapables de respirer un air plus pur; nous serions incapables de survivre à l'extérieur de la bouteille.
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RobeRobe06 mars 2008
Nous vivions dans une époque énergique de vigilance militaire américaine à l'étranger, de surveillance ininterrompue du "communisme athée", qui aboutirait bientôt à une guerre cataclysmique contre un lointain pays d'extrême-Orient censé être menacé par les communistes et sur lequel personne dans cette réception ne connaissait les faits les plus élémentaires ; c'était une époque macho grisante, et pourtant une époque de silhouettes féminines voluptueuses et de coiffures bouffantes, de cheveux crêpés, tourmentés et laqués jusqu'à resplendir comme des nids de frelons, jusqu'à ressembler à ces têtes héraldiques sur les manuscrits anciens et sur les murs des tombeaux.
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LiliGalipetteLiliGalipette29 novembre 2014
« Je n’aurais pas isolé la négritude de ses autres qualités. Certes, c’était un fait de son être. La première chose qui frappait l’œil, mais ce n’était pas un fait définissant ni définitif. » (p. 173)
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mariechmariech18 octobre 2011
Je n'avais pas encore découvert l'aphorisme cruel de Nietzsche : Parvenir à force de séduction à donner une bonne opinion à son prochain , puis croire cette opinion : qui est plus doué pour cela qu'une femme ?
Ces efforts de séduction étaient pourtant tout de que j'avais à dresser contre la terrible solitude de ma vie . Du moins le croyais -je .
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mariechmariech18 octobre 2011
Je n'avais jamais compris que l'alcoolisme est un état d'âme : une cachette , un refuge sous des branches de conifères alourdies de neige . On se coule à l'intérieur , et personne ne peut vous suivre ;
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