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EAN : 9782757840634
576 pages
Éditeur : Points (02/10/2014)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 431 notes)
Résumé :
Abandonnée par sa mère à demi-folle au milieu des marais de l’Adirondacks, Mudgirl, l’enfant de la boue, est sauvée on ne sait trop comment, puis adoptée par un brave couple de Quakers qui l’élèvera avec tendresse en s’efforçant toujours de la protéger des conséquences de son horrible histoire. Devenue Meredith "M.R" Neukirchen, première femme présidente d’une université de grand renom, Mudgirl, brillante et irréprochable, fait preuve d’un dévouement total à l’égard... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (106) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  19 décembre 2013
Coup de coeur pour la boue ! ( Mud en anglais )
Avril 1965. Imaginez...une petite fille d'à peine cinq ans, une toute petite fille accrochée à sa poupée en caoutchouc, précipitée par sa propre mère, marginale à moitié folle, dans la boue froide des marais de la Blake Snake River dans les Adirondacks pour se débarrasser d'elle. L'histoire tragique de Mudgirl commence ainsi, aspirée par cette boue qui pénètre dans sa bouche, ses yeux, ses oreilles, l'étouffe, promise à une mort certaine si un homme ne l'avait pas découverte in extremis et sortie de ce cloaque.
Mais...elle a été un rebut sans identité dont même sa mère ne voulait plus. Finalement recueillie par un couple de quakers qui reporte sur elle l'affection qu'ils n'ont pu donner à leur propre fille morte prématurément, elle poursuit des études brillantes et devient la première femme présidente d'une prestigieuse université de l'Ivy League, la désormais célèbre Meredith Neukirchen, dite M.R., professionnelle irréprochable aux idées progressistes, bourreau de travail, qui ne s'accorde que de rares parenthèses dans les bras de son amant astronome peu présent - l'amant ( secret ), facétie de l'auteur qui ne le mentionne que de cette manière, façon originale de le mettre réellement " entre parenthèses ".
Octobre 2002. Meredith a 41 ans et revient dans la région de son enfance pour prononcer un discours à un congrès. Mais on n'échappe pas aisément à son passé surtout s'il est aussi tragique que celui de Mudwoman. Ses souvenirs profondément refoulés l'assaillent, elle commence à perdre imperceptiblement ses repères, fait des cauchemars, tombe...À l'université, elle doit lutter contre la misogynie et l'immobilisme conservateur de ses collègues et souvent adversaires. Elle lutte courageusement comme elle a toujours su le faire depuis son enfance, mais lassitude insidieuse et/ou solitude dévorante, elle commence à perdre pied.
Comment survivre à un tel traumatisme, une telle absence d'amour finalement ?
C'est véritablement le propos de ce roman de Joyce Carol OATES centré sur M.R., Meredith Neukirchen. Un beau portrait de femme, complexe, dont l'analyse psychologique est très aboutie, subtile. J'ai trouvé particulièrement intéressante la descente aux enfers de M.R., l'engrenage des événements et de ses réflexions intimes, comment elle frôle la folie et flirte avec la perte de contrôle : du OATES au top de son art. Une aventure prenante finalement ce roman, un peu à la manière d'un thriller.
Pour mieux appréhender la psychologie de l'héroïne, et ne pas lasser le lecteur avec une trâme linéaire classique, les chapitres consacrés à Mudgirl et à Mudwoman alternent, scandés par des titres sybillins teintés d'humour grinçant " Mudgirl a un nouveau foyer ", " Mudwoman précipitée sur terre ", " Mudgirl accouplée ", " Mudwoman in extremis ". Presque un sommaire de livre pour enfants ! Un comble ! Bien sûr, il ne s'agit pas d'un roman léger, mais OATES, selon moi, dédramatise ainsi ce roman sombre par touches, s'amuse à sa façon. Jusqu'aux citations d'ouverture de roman : Nietzsche, Whitman et un certain André Litovik qui énonce : " le temps terrestre est une façon d'empêcher que tout n'arrive en même temps. " Tiens donc, qui est ce Litovik, me suis-je dis en ouvrant le bouquin, jusqu'à ce que je réalise bien plus tard qu'il s'agit de l'amant ( secret ). Astucieux clin d'oeil pour se citer soi-même Madame OATES !
N'ayant plus rien à prouver, elle brouille les pistes et se permet des facéties de présentation pour le plaisir de ses aficionados.
Je persiste : à quand le prix Nobel de littérature pour cette grande dame de la littérature américaine ?
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le_Bison
  09 mai 2018
Dans les méandres boueux de la Black Snake River, perdue au milieu de l'immensité sauvage des Adirondacks, une petite fille, de la boue dans la bouche, de la boue dans les oreilles, jusqu'à de la boue dans les yeux, gît là, abandonnée avec sa poupée comme morte. Recueillie par une famille dite d'accueil, puis par des « parents » aimants, dans le genre couple de quakers, Mudgirl grandit, s'affranchit, et devient Mudwoman, une femme reconnue mais qui reste solitaire, pas vraiment par choix. Elle devient la première femme présidente d'une université de prestige, reniant pratiquement tout son environnement, sa famille, son passé, son histoire. Même son amant « secret » se fait extrêmement discret. Un corbeau noir dans le jardin l'observe à travers les persiennes de son manoir de fonction. Un cri perçant dans la nuit, un nuage dérive sur la lune, les ombres s'effacent dans le noir de jais d'un ciel sans étoiles.
Meredith Ruth doit lutter contre les préjugés, la misogynie de ses paires, la méfiance du conseil de gouvernance, l'hésitation des généreux donateurs. Fière de ses idées progressistes, voulant remettre en question le conservatisme de cet immense paquebot universitaire pour lequel on lui a octroyé la barre, M.R. ne ménage pas son travail, telle un bourreau, ne flanchant jamais devant la tâche et les obligations. Un congrès la ramène dans sa région d'enfance, ces routes isolées qui serpentent au milieu des Adirondacks, les souvenirs remontent à la surface, le goût de boue en bouche resurgit de sa mémoire. le cri des corbeaux devient menaçant.
Un nouveau portrait de femme, Mudgirl devenu Mudwoman, sous la plume de la prolifique Joyce Carol Oates. Grandeur de la femme, socialement parlant, avant la décadence, la chute irrémédiable tourmentée par les fantômes de son passé. Il a suffi d'une conférence sur les lieux de son enfance pour que l'histoire vire au « thriller » névrosé. Les pages ne se comptent plus. Certaines sont en trop mais elles apportent une ambiance, l'atmosphère des lieux, le cri perçant du corbeau, le roi des corbeaux. Les pages défilent, comme les feuilles mortes sur un campus universitaire livrées au vent. le temps passe, les années circulent, les yeux plongent dans ce roman, dans cet univers qui flirte avec – comme souvent – des instants gothiques.
Toujours aussi noire, cette plume de corbeau.
Toujours aussi sombre, cette histoire glaçante.
Toujours aussi froide, cette boue sombre et noire.
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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latina
  26 décembre 2014
Regarde en toi-même et tu y trouveras la lumière...
Difficile de croire cette maxime des Quakers pour une femme dont l'enfance a été jetée dans la boue des marais des Adirondacks, par sa mère de surcroit.
Il lui en a fallu du courage et de la volonté pour s'en sortir ! Recueillie par un couple quaker qui l'a dorlotée mais peut-être mal aimée, elle creuse sa voie intellectuellement et arrive sur les plus hautes marches de l'Université en étant élue première femme présidente.
Mais la boue est tenace et s'est insinuée dans les moindres recoins de son âme, faisant de sa vie privée un ratage complet et empiétant même sur sa vie professionnelle. Meredith Ruth alias M.R. ou ...Jewell ou....Jedina ? pourra-t-elle sortir de ce qui l'englue ?
Joyce Carol Oates, un de mes écrivains préférés, a fait fort avec « Mudwoman » car elle a réussi à m'engluer dans cette atmosphère délétère. Quand la maltraitance sur une enfant atteint ce summum de l'horreur, la folie guette.
Oui, l'intelligence peut sauver, oui, la volonté entraine vers le haut, mais arrive toujours un moment où le passé fétide remonte à la surface et fait des dégâts.
C'est donc très lent, nous entrainant dans une spirale de mort, mort à soi, mort aux autres. Une chronologie bouleversée, un ressassement continuel.
Des cauchemars, des hallucinations, des épisodes véridiques et consternants.
Non, Oates ne nous a rien épargné.
Oui, Oates est encore la reine du roman psychologique, quitte à nous perdre parfois dans les labyrinthes traumatiques.
Affolant. Mais addictif.
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colka
  27 octobre 2019
Jaume Cabre dans Confiteor glisse dans la bouche d'un de ses personnages, écrivain de son état, qu'un bon roman ne se livre à sa lectrice ou son lecteur, qu'après plusieurs lectures. Faut-il appliquer ce principe à Mudwoman de J.C Oates ? Pour moi, ce fut presque le cas...
J'ai lu le roman en apnée mais éprouvé le besoin de le parcourir à nouveau pour détricoter la toile d'araignée dans laquelle je m'étais laissé entraîner par l'auteure. La suivre c'est accepter d'être déstabilisé et d'entrer dans un labyrinthe où l'on se perd, se retrouve pour mieux se perdre ensuite. Présent et passé se mêlent dans un subtil entrelacs au fil des chapitres et parfois dans le même chapitre. Heureusement, n'échappent pas à notre attention les signaux essaimés çà et là et qui sont autant de petits cailloux semés habilement sur notre chemin. Une phrase leitmotiv par exemple scande littéralement tout le roman : "préparée, tu dois être préparée" et crée une sorte de martèlement et de tension dramatique parfois très forte. Idem pour le thème récurrent de la chute décliné sur différents modes et qui là aussi marque des moments forts et déterminants dans le parcours de Mudwoman .
Même jeu du chat et de la souris avec le rêve et la réalité, le rationnel et l'irrationnel. Un événement conté de façon très réaliste dérape soudain vers un rêve souvent cauchemardesque de l'héroïne. Et -cerise sur le gâteau- la réalité est elle-même souvent mise en doute, notamment dans la scène finale narrée de façon à basculer presque dans le fantastique, tant et si bien que l'on se pose la question de sa réalité. Pas étonnant alors que le conte soit si présent dans le roman : il contamine par exemple la réalité au point qu'un événement réel est raconté avec les codes du conte , comme l'épisode du Roi des corbeaux où la trame du conte est utilisée pour raconter le sauvetage de l'héroïne de la boue où l'avait jetée sa mère.
J.C. Oates joue donc beaucoup avec les genres, le changement de perspective, les tonalités. Elle joue aussi avec les limites, nos limites, notamment au niveau de l'intolérable et de l'inacceptable. La scène inaugurale du roman par exemple est glaçante d'horreur puisqu'elle évoque un geste abominable, celui d'une mère en proie à un délire mystique jetant son enfant, l'héroïne principale, dans la boue, au bord de la Black Snake River.
Pourquoi alors, outre le plaisir ambivalent d'être dérangée dans mon confort de lectrice, ai-je beaucoup aimé ce roman ?
Je pense que la première raison est qu'il pose de façon magistrale la problématique suivante : comment survivre à l'horreur et même vivre sans porter constamment un masque, sans jouer le rôle que la société attend de celle qui a été sauvée miraculeusement et qui doit payer son dû. Comment ne plus vivre dans une forme d'imposture qui devient au fil des années insupportable. C'est ce défi que doit relever Mudwoman, sauvée de la boue et de la folie meurtrière de sa mère et devenue Présidente d'Université. C'est sa formidable capacité de résilience que J.C Oates sait si bien mettre en avant et c'est aussi ce qui m'a permis d'accepter toutes les scènes d'horreur très présentes dans les cauchemars de l'héroïne. Pas de complaisance, ni de voyeurisme, simplement une plongée dans les tréfonds tourmentés de la psyché humaine. Mais c'est parfois très éprouvant tout comme l'humour noir dont l'auteure fait souvent usage. Un humour grinçant ravageur, comme dans cette scène onirique où Mudwoman se marie avec un vétéran affreusement mutilé et dont elle décrit avec une précision clinique toutes les blessures. On serre les dents bien sûr, mais en même temps on est confronté de plein fouet avec la folie meurtrière des hommes et de la guerre.
J'aurais pu aussi évoquer d'autres richesses de ce roman mais je m'en voudrais d'abuser plus longuement de l'attention de mes lectrices et de mes lecteurs.
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Nastie92
  08 septembre 2019
Un bain de boue, ça vous dit ?
Il paraît que c'est bon pour la peau.
Pour la peau, oui. Mais pour le moral ?
Attention, le bain de boue qui vous est proposé ici a été concocté par Joyce Carol Oates. Celle dont le New York Times écrit : "Oates est un écrivain dangereux au meilleur sens du terme, un écrivain qui prend des risques de manière presque obsessive, avec vigueur et délectation."
Délectation, c'est bien le mot qui convient. On sent toujours dans les romans de Joyce Carol Oates qu'elle prend un plaisir fou à remuer son lecteur, à l'interpeller, à le surprendre, à le bousculer, à le malmener.
Et dans celui-ci, elle se montre exceptionnellement perverse.
Elle nous plonge dès le départ dans une atmosphère glauque et poisseuse. Elle nous embourbe dans son histoire. Et tout au long de l'ouvrage, elle fait naître chez son lecteur de l'inquiétude, de l'indignation, de l'effroi... toute une palette d'émotions.
Comme toujours, lire Joyce Carol Oates, c'est accepter de la suivre dans les méandres de sa pensée, de sa folie ; c'est accepter de s'embarquer pour un voyage qui sera tout sauf ordinaire.
Peut-on surmonter les blessures de son enfance ? Quel adulte devient-on lorsque l'on a subi un traumatisme ? Voilà les questions soulevées par ce livre. Et comme a son habitude, Joyce Carol Oates n'y va pas de main morte pour illustrer sa réflexion.
Comment grandir et devenir adulte quand votre propre mère a tenté de vous tuer, et d'une manière sordide au possible : en vous abandonnant "comme un objet de rebut" dans un marécage dont vous ne pourrez vraisemblablement pas ressortir vivante ?
Comment Mudgirl, petite fille jetée dans cette boue qui l'étouffe et envahit son nez, ses yeux, sa bouche et ses oreilles, va-t-elle grandir et devenir Mudwoman ? Comment Mudwoman peut-elle exercer de très hautes fonctions administratives, qui exigent en permanence concentration et précision alors qu'elle a une personnalité si tourmentée ?
Peut-on échapper à son passé ? Doit-on l'oublier pour avancer ?
Si vous voulez le savoir, lisez ce roman !
Joyce Carol Oates a dressé un portrait de femme saisissant : une femme complexe qui dévoile petit à petit ses multiples facettes et dont on suit avec horreur, (mais avouons-le, délectation !) la descente aux enfers.
Mudwoman regorge d'humour grinçant, déborde d'ironie, vous surprend, vous horrifie et vous ravit à chaque page. Le court chapitre "Mudwoman mariée." est à lui seul un chef-d'oeuvre du genre.
Plongez à votre tour, mais couvrez-vous d'un bon tablier et chaussez vos bottes de caoutchouc pour ne pas vous faire éclabousser par cette boue omniprésente dans le récit : Joyce Carol Oates est à la manoeuvre, plus machiavélique que jamais.
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critiques presse (5)
Telerama   18 décembre 2013
Durant toute son existence, M.R. lutte contre une tendance somnambulique née du choc de son abandon. Cette façon de s'avancer « à l'aveuglette » vers son destin donne au livre une torpeur nauséeuse saisissante et ajoute un beau personnage dans la galerie des épaves ravagées qui peuplent les romans de J.C.O.
Lire la critique sur le site : Telerama
LesEchos   08 novembre 2013
Auteure dont la renommée n’est plus à faire, Joyce Carol Oates atteint ici la puissance d’évocation des conteurs, qui nous terrifiaient, enfants. Les marais glauques, la vaste demeure aux meubles sombres, résidence des présidents d’université, ont des airs de lieux hantés dans lesquels l’écrivain excelle à faire vibrer les nerfs à vif de son héroïne.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Lhumanite   04 novembre 2013
Joyce Carol Oates excelle à traduire les états d’âme successifs de son héroïne et le combat mental qui se livre en elle. Mudwoman, qui ne fait pas moins de 566 pages, s’offre sans conteste comme une œuvre d’introspection massive.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
LeFigaro   03 octobre 2013
Dans ce thriller psychologique, Joyce Carol Oates infuse un peu de politique, et on doit avouer que ce versant du livre est moins passionnant. Mudwoman ne réussit pas tout à fait la synthèse entre deux trames de densités inégales: les fantômes de M. R. et les querelles idéologiques des universitaires.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LaLibreBelgique   01 octobre 2013
Par ce roman formidablement prenant et émouvant, Oates démontre qu’on ne peut pas échapper à son passé, surtout s’il est aussi traumatisant.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (227) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   28 février 2018
... et dans un endroit sentant le créosote et la boue elle fut jetée à terre et les restes du ridicule maillot de bain lui furent arrachés et une figure masculine - un inconnu - têtu, lourd - se coucha sur elle sans un mot, grognant sous l'effort, la forçant à rester immobile et les jambes écartées - avec une force brutale elle fut pénétrée - sa tête cognée contre le sol - han ! han ! han ! Essayant de crier mais aucun son ne sortit de sa gorge - essayant de se débattre, de lutter contre son agresseur, son violeur, pieds, jambes, ongles, jusqu'à ce qu'il s'agenouille au dessus d'elle et la gifle, la frappe, les poings comme des pierres, les vieilles coupures rouvertes et à vif sur son visage, son visage lacéré et en sang et pourtant elle luttait, avec la frénésie de la terreur elle luttait, terrifiée pour sa vie elle luttait, et on ne sait comment - plus tard - quand il en eut fini avec elle, ou se fut écarté d'elle avec un grognement de dégoût - elle rampait dans un champ - elle s'était échappée, c'était cela ? - ou bien il en avait fini avec elle et donc seule maintenant elle rampait comme un animal blessé le corps rompu de douleur et le visage en sang mais voilà que lui parvenaient les cris excités de corbeaux - un ébrouement d'ailes noires dans la jungle des arbres au bord du champ - et là, au-dessus d'elle, battant des ailes avec fureur, le Roi des corbeaux - venu la protéger, ou la punir, dégoûté d'elle comme les autres, elle ne savait.
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le_Bisonle_Bison   25 février 2018
Elle lui permettrait de faire l'amour - non ? - si elle pouvait le supporter. Elle le permettrait, cela devait être fait. Car il n'y avait pas de relations normales entre deux adultes, homme et femme, sans rapports sexuels - ou quelque chose qui s'en rapproche.
L'adoration de M.R. pour son amant (secret) était absolue, elle adorait son âme. Comme cette âme habitait un corps, M.R. pouvait également adorer ce corps.
Il en allait différemment avec Kroll, très différemment. Elle n'avait aucune idée de l'âme de Kroll - elle avait peut-être la taille d'une cuiller à thé, ou la taille d'un abaisse-langue.
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le_Bisonle_Bison   07 mai 2018
Le ravin débordait les jours de grosses pluies. Dans son eau frissonnante des nuages couraient comme des bribes de pensées.
Et de l'autre coté du ravin s'étendaient des terres marécageuses où se rassemblaient de nombreux oiseaux et les plus tapageurs de tous étaient les corbeaux.
De bon matin on était réveillé par des cris perçants et éraillés qui pénétraient votre sommeil comme des griffes déchirants du papier ou un tissu gaufré.
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FRANGAFRANGA   14 décembre 2013
PAS UNE CITATION MAIS UNE EXPLICATION SUR LE TERME "QUAKER" UTILISÉ À MAINTES FOIS PAR JCO
La Société religieuse des Amis est un mouvement religieux fondé en Angleterre au xviie siècle par des dissidents de l'Église anglicane. Les membres de ce mouvement sont communément connus sous le nom de quakers (voir l'origine de ce nom plus loin) mais ils se nomment entre eux « Amis » et « Amies ». Le mouvement est souvent nommé simplement Société des Amis et le surnom de « quaker » apparaît le plus souvent dans la dénomination officielle, sous la forme Société religieuse des Amis (quakers). Les historiens s'accordent à désigner George Fox comme le principal fondateur ou le plus important meneur des débuts du mouvement1.
Depuis sa création en Angleterre, le mouvement s'est d'abord répandu dans les pays de colonisation anglo-saxonne. Au xxe siècle, des missionnaires quakers ont propagé leur religion en Amérique latine et en Afrique. Aujourd'hui, les quakers déclarent être au nombre d'environ 350 000 dans le mondeQ 1.
La Société des Amis se différencie de la plupart des autres groupes issus du christianisme par l'absence de credo et de toute structure hiérarchique. Pour les quakers, la croyance religieuse appartient à la sphère personnelle et chacun est libre de ses convictions. Le concept de « lumière intérieure » (inner light) est cependant partagé par la plupart d'entre eux, quelle que soit la signification donnée à ces mots. De nombreux quakers reconnaissent le christianisme mais ne ressentent pas leur foi comme entrant dans les catégories chrétiennes traditionnelles.
On trouve aujourd'hui dans la Société des Amis des pratiques très diverses, y compris un large courant évangélique.
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Nastie92Nastie92   20 décembre 2019
M. Schneider était son professeur de maths, et de loin le moins aimé des professeurs du lycée de Carthage, en raison de la difficulté de la matière, des ses interrogations « éclairs », de ses notes sévères et du mépris à peine dissimulé qu'il semblait avoir pour ses élèves, ses collègues et la ville de Carthage en général. Sombre et maussade, d'un âge indéterminable − on lui donnait aussi bien trente-cinq ans que cinquante −, il avait le front barré de rides verticales, un nez crochu, une narine plus large que l'autre, béant comme une orbite vide. Hans Schneider était grand et maigre ; ses épaules tombaient comme des ailes brisées ; ses vêtements flottaient sur lui, toujours identiques − chemise de coton blanc à manches longues, cravate rayée, pantalon de gabardine lustré aux fesses. Il avait des lunettes à grosse monture de plastique noir, souvent de travers sur son nez. Il sentait la poussière de craie, le lait ou le beurre un peu rance − ou l'ail ; ses dents étaient irrégulières, grisâtres, et petites comme des dents d'enfant. Il avait souvent des rhumes, ou pire − se détournait en plein cours pour éternuer, tousser, renifler, se moucher dans une succession de mouchoirs répugnants qui s'accumulaient sur son bureau.
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Baptiste Liger, directeur de la rédaction du magazine Lire, a épluché toutes les sorties de cette année pour n'en retenir que le meilleur pour ce nouvel épisode de L'Instant Lire à la Fnac. D'une part, Un livre de martyrs américains, dernier roman de la prolifique Joyce Carol Oates, tiré d'un fait divers sur un sujet qui fait fortement débat aux États-Unis : l'avortement. D'autre part, un roman graphique absolument magnifique tournant autour surf et du deuil, In Waves du jeune Aj Dungo.
La chronique complète : https://www.fnac.com/L-Instant-Lire-a-la-Fnac-les-livres-de-l-annee-2019/cp46586/w-4
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