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Claude Seban (Traducteur)
ISBN : 9782848761695
Éditeur : Philippe Rey (07/10/2010)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 309 notes)
Résumé :
Bliss, princesse des glaces qui a remporté tous les prix de patinage, a été assassinée. Pourtant, tout le monde l'aimait. Son frère Skyler, psychotique, un peu jaloux de son succès. Sa mère, prête à tout pour faire de Bliss une star : maquillage outrancier, tenues sexy et produits dopants. Ses fans qui l'adulent jusqu'à l'obsession. Oui, tout le monde aime Bliss, mais trop d'amour peut tuer...
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Critiques, Analyses et Avis (69) Voir plus Ajouter une critique
latina
  18 juin 2016
Je l'adore, cette auteure !
Elle a le don de m'emporter dans la plus infernale des spirales, dans le plus abominable des abîmes psychologiques.
Car son « héros » et narrateur, Skyler Rampike, n'en peut plus depuis que sa soeur est née, depuis que sa mère a décidé qu'elle en ferait un petit prodige de patinage artistique.
Jaloux, Skyler ? Peut-être. Sa maman, de qui il était le « petit homme » avant la naissance de sa soeur, n'en a plus que pour Edna Louise. Et son papa, n'en parlons pas... le mâle américain dans toute sa splendeur, dragueur, macho, ne supportant pas la faiblesse... Qui se détourne de son fils lorsque celui-ci tombe méchamment en voulant prouver à son père qu'il est capable d'effectuer une figure de gymnastique. Skyler en restera handicapé.
Jaloux, Skyler ? Peut-être pas. Il aime sa petite soeur, sa petite Edna Louise que sa mère va surnommer « Bliss » depuis son lancement dans la sphère du patinage et du début de la célébrité. Il voudrait tellement la protéger de cette maman si gentille et si exigeante pour l'avenir de Bliss.
Et puis arrive le malheur total, innommable. Bliss est assassinée.
Par qui ? On n'en sait rien. La descente aux enfers peut commencer.
Pour tout le monde, mais surtout pour Skyler, qui nous raconte tout cela, à 19 ans, dans une espèce de catharsis avec laquelle je fais corps. Totalement. Inexorablement.
Tout est décortiqué, tout le monde y passe. Oates, par l'intermédiaire de son narrateur, fait éclater dans toute sa splendeur sa connaissance innée de l'âme et des coeurs.
Oates ? La prêtresse des démons intérieurs. Mais aussi l'observatrice fidèle et impitoyable d'une certaine Amérique, celle des apparences, de la richesse et de la célébrité.
Une auteure complète, un roman magistral. Excellentissime.
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scarlett12
  23 août 2018

Inspiré d'un fait-divers jamais résolu, l'assassinat de la petite JonBenet Ramsey, six ans et demi, célèbre mini-Miss vedette de concours de beauté, Joyce Carol Oates s'empare de l'affaire en la transformant légèrement.
Nous sommes en Amérique, à Fair Hills, New Jersey où vit la famille Rampike : le père,Bix,caricature de l'américain à qui tout réussit : beau, riche, plaisant aux femmes, trompant allègrement la sienne, ancien sportif très doué, gravissant les échelons sociaux à toute allure ; son épouse Betsey ne travaillant plus pour se consacrer à ses enfants, en quête de mondanité et de reconnaissance sociale, baignée de religiosité ; leur fils Skyler, enfant maigrichon,taciturne qui adore ses parents et enfin leur fille Edna Louise, créature sans intérêt aux yeux de sa mère ... jusqu'au jour où à l'âge de 4 ans, elle devient mini-Miss championne de patinage sur glace. Dès lors, la vie de cette "famille" va changer : plus personne ne s'occupe de Skyler qui s'est vilainement fracturé une jambe en essayant de plaire à son père en effectuant des figures de gymnastique (qui lui font horreur) et restera boîteux toute sa vie au grand reproche de ses parents.
Lorsque Edna Louise remporte des succès en tant que patineuse, sa mère la rebaptise "Bliss" parce qu'elle trouve ce nom plus porteur au point de vue marketing.
C'est Skyler, lorsqu'il est âgé de 19 ans qui nous relate "l'affaire" et leur vie de famille.
C'est une famille américaine type où il faut plaire et être célèbre (et riche) à tout prix. Skyler est délaissé au profit de sa géniale petite patineuse de soeur à laquelle sa maman consacre désormais tout son temps : maquillage, teinture de cheveux, vêtements affriolants et évidemment entraînement intensif sont désormais le lot de cette gamine de 4 ans, Skyler, 7 ans, est forcé de se rendre à son plus grand ennui à des goûters chez des garçons dont les parents sont représentatifs socialement. Il a mal à sa jambe fracturée et boîte ? Ses parents lui font des remontrances "ne boîte pas". Les deux enfants sont également soumis à avaler une batterie de médicaments et Bliss reçoit même des piqûres hebdomadaires pour la "renforcer".
Les enfants sont tristes, craintifs et pas du tout épanouis, ils s'évertuent à plaire à leurs parents qu'ils adorent.
Et ça fonctionne selon le plan de Betsey : tout le monde veut connaître le petit prodige "Bliss" et donc la famille est invitée chez les membres les plus influents (et les plus riches) de la communauté de Fair Hills à la plus grande joie de la mère qui en profite pour se faire opérer esthétiquement, changer de coiffure, s'acheter des vêtements hors de prix ... Mais le bonheur n'est cependant pas au rendez-vous du couple qui se sépare, Bix s'ennuyant auprès de son épouse s'en va vivre des aventures puis revient auprès de sa famille puis repart ...
Et un jour, le drame absolu, Bliss est retrouvée morte, assassinée, la veille de ses 7 ans. Toute la famille y compris le pt'it gars de 9 ans est soupçonnée jusqu'à ce qu'un pédophile fasse des aveux peu crédibles et se retrouve pendu dans sa cellule ... Mais qui donc a tué Bliss ?
La mère soupçonne son fils qui ne se rappelle de rien car sous l'emprise d'une forte dose de médicaments, il dormait et sa mère lui dit "il ne faudra jamais rien dire à personne, même pas à Jésus" ! Mais Skyler aimait sa petite soeur et ne comprend pas pourquoi il l'aurait tuée. Skyler, à coups de sommes astronomiques est placé dans diverses institutions psychiatriques où on lui trouve toutes les maladies mentales possibles et imaginables.
En grandissant, il refuse de voir ou même de parler à ses parents qui le soupçonnent du meurtre de sa soeur. Ne sachant plus qui il est ou n'est pas, il tombe dans la drogue et vit misérablement loin "des siens".
Les tabloïds se déchaînent après le décès de Bliss et la mère en profite pour écrire des livres, créer des collections de jouets évoquant sa fille. Elle s'enrichit très fortement grâce à ces procédés ... ! Reconnue socialement grâce au succès de patineuse de sa petite fille, la voilà donc qui s'enrichit considérablement grâce à son décès, Skyler, lui, n'intéresse plus personne, c'est au contraire la honte de la famille ce qui va le détruire durant dix longues années.
J'ai adoré ce livre tout en le détestant mais cela est une des caractéristique des livres de Joyce Carol Oates qui nous envoûte tout en nous décrivant le pire. Si "ça" est le "rêve américain", je préfère quant à moi parler de "cauchemar américain" et JCO ne se prive pas non seulement de l'égratigner mais de le démolir tout entier.
Un livre excellent, à lire !
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Sharon
  21 novembre 2011
Joyce Carol Oates ne montre pas l'envers du rêve américain, elle le fait littéralement voler en éclats. Pour atteindre son but, elle détourne une forme convenue : le livre-confession autobiographique. Ce genre littéraire commercial fleurit aux Etats-Unis mais aussi en France (je n'ai pas de titres en tête, je ne lis pas ce genre de prose, je sais simplement qu'elle existe. Joyce Carol Oates donne l'illusion du réel en concentrant tous les codes du genre sur sept cents pages, en écrivant avec une maestria, une ironie douloureuse, une lucidité sans faille ce récit sordide.
Elle s'est inspirée d'un fait divers tristement célèbre : l'assassinat non résolu d'une mini-miss JonBennet Ramsey. Des reportages, et même un téléfilm ont été consacrés à ce meurtre, montrant la manière dont les parents exploitaient leur fille, mais aussi insufflant l'idée que le frère aîné n'était pas étranger à sa mort. Un pédophile est passé aux aveux en 2006, mais les enquêteurs ont montré les incohérences de son témoignage. le dossier a été rouvert fin 2010. Voilà pour les faits "réels". Retournons maintenant au roman.
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes dans la famille Rampike. le père a un excellent travail, qui lui a permis d'acheter une maison dans un quartier chic. Sa femme ne travaille pas, comme il se doit, elle se consacre à l'éducation de son fils, Skyler, le "petit homme" de maman, puis d'Edna Louise, sa fille, un bébé qui passe son temps à pleurer. Leur but ultime, déjà ? Paraître, à tout prix. Personne ne fait attention à madame Rampike, qui essaie d'initier son fils au patinage artistique. Elle peine à entrer en relation avec les familles en vue, celles qui habitent dans des quartiers encore plus chic que le sien. le drame survient. Non, je ne parle pas du meurtre - pas déjà - je parle de la chute qui laissera Skyler handicapé, à la suite d'un accident à l'entraînement de gymnastique. Skyler perd dès lors presque tout intérêt aux yeux de son père, qui n'en fera jamais le grand champion dont il rêvait. Par contre, il pourra intenter un procès à son entraîneur et d'obtenir une somme d'argent substantielle - première dénonciation du système judiciaire américain - et reporter la responsabilité sur lui, et non sur sa volonté de paraître - déjà.
L'image est ce qui compte plus que tout. Paraître, toujours. le jugement moral n'est pas écrit noir sur blanc, non, il est là, dans le ton employé par Skyler, dans ses remarques persiflantes. Bientôt, Edna Louise ne sera plus, elle sera Bliss, et tant pis si ce choix déplaît à madame Rampike mère dont elle porte le prénom, ce choix ne l'avait pas amadoué, pourquoi le conserver ? Bliss entre sur cette scène qu'est la patinoire, et tous les regards convergent vers cette enfant de quatre ans qui patine si bien. Cette enfant aura très vite les mêmes costumes qu'une patineuse adulte (les descriptions, précises, sont autant d'invites pour un certain public masculin), elle sera maquillée, non pour aguicher, non parce qu'elle n'est pas très jolie mais parce que c'est nécessaire, ses cheveux seront teints, bref, Edna Louise est complètement dépossédée de son identité première, afin de plaire, pas seulement au jury, mais surtout à ses propres parents, passés maître, surtout la mère, dans le chantage affectif et religieux.
Bigote, madame Rampike ? Sans doute, elle qui prie si souvent, et se reproche de ne pas avoir prié assez en cas de défaite. Elle s'est forgée une foi à son image, je l'imagine fort bien en championne de la casuistique, elle qui déforme chaque précepte pour l'utiliser à son avantage. le pire, bien sûr, est qu'elle n'en a aucunement conscience, tout comme son mari n'a aucunement conscience que sa culture n'est que de la cuistrerie, qui en serait presque risible n'étaient son attachement viscérale à ses principes, aussi déformés qu'un reflet dans un palais des glaces.
Risibles, oui, ils le seraient si la tragédie n'était au milieu du chemin. Ils le seraient par le décalage flagrant entre leurs paroles et leurs actes. Ils sont surtout abjects, et tout une industrie avec eux. Pas besoin de dénoncer, il suffit juste pour Skyler d'annoncer le nombre de maladies mentales qui lui ont été diagnostiquées, le nombre de médicaments que lui et sa soeur ont été contraints de prendre, pour soigner les sus-dites maladies ou pour augmenter les performances sportives, pour rendre plus dociles aussi. La moindre rébellion est aussitôt étiquetée et soignée, à la plus grande joie des industries pharmaceutiques. Il lui suffit aussi de révéler ce qui a été fait des images de sa soeur, et des batailles autour de ce "droit à l'image", chèrement remportée par la famille éplorée. Il suffit de montrer sa mère, devenue écrivain (!) afin de raconter la véritable histoire de sa fille puis de montrer comment elle avait surmonté sa douleur.
Pour jouer le jeu de la vérité, Joyce Carol Oates montre Skyler en train de s'interroger. Sur la justesse de ses souvenirs ou de sa reconstitution. Sur son droit à raconter tel ou tel fait. Etre multiple, le Skyler lecteur sourit presque du Skyler écrivain, encore sous le coup de ses névroses, tout comme celui-ci se détache du Skyler souffrant qui est pourtant le personnage de base de ce récit - lui et Bliss, indéfectiblement liés. Paradoxe ultime ou pirouette finale, Skyler choisit de ne pas révéler la vérité sur le meurtre de sa soeur, tout en le montrant à lire dans le récit. Skyler ne peut pas dire quelque chose qu'il n'a pas fait.
Tous les sujets peuvent être traités en littérature. Il faut juste avoir la puissante écriture de Joyce Carol Oates pour en tirer un ouvrage destabilisant, dérangeant, et parfaitement réussi.
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Ode
  08 février 2015
Dans la lignée traumatisante et sordide des assassinats d'enfants non-élucidés, l'Amérique s'est passionnée pour la ‘mini-Miss' JonBenet Ramsey, 6 ans, originaire du Colorado, dont le corps violenté a été découvert dans le sous-sol du domicile parental le jour de Noël 1996. Les photos « d'avant » disponibles sur internet montrent un ange blond aux cheveux bouclés, au regard pétillant et au sourire perlé, sous son diadème étincelant de petite reine de beauté. Presque 20 ans plus tard, malgré les aveux d'un pédophile, des tests ADN et les réouvertures d'enquête, aucun coupable n'a été identifié…
C'est cette affaire, étalée jusqu'au dégoût dans « l'enfer tabloïd », qui a inspiré à Joyce Carol Oates son roman Petite Soeur, mon amour, publié en 2008. Ici, la famille Ramsey devient la famille Rampike et JoanBenet devient Bliss, une fillette championne de patinage artistique à Fair Hills, une banlieue huppée du New Jersey. Betsey, la mère/manager de Bliss est une femme illuminée qui, après des essais infructueux avec son fils Skyler, reporte sur sa fille, prodige de la glace, son ancienne ambition de devenir patineuse. Elle n'hésite pas à maquiller Bliss et à l'affubler de tenues sexy pour séduire le public, et l'oblige à s'entraîner jusqu'à la douleur. « Notre fille est notre destinée » dit-elle. Bix, le père à la carrure de footballeur, est un cadre supérieur charismatique et volage, toujours en voyage d'affaires, craint par sa famille et assez peu présent auprès de ses enfants.
Joyce Carol Oates reconstitue le drame de l'intérieur, commençant par le jour du décès, puis remontant le temps pour montrer l'envers du décor, explorer le contexte familial et proposer sa version de l'énigme. le procédé, très ancré sur le vécu traumatique et la psychologie, dans un style « postmoderniste » , pourrait rappeler celui de Blonde, son époustouflante biographie romancée de Marylin Monroe. Mais il s'en écarte en raison de la transposition complète de l'histoire à de véritables personnages de roman, et par l'angle de narration.
En effet, ce roman sous-titré « L'histoire intime de Skyler Rampike » se veut écrit par Skyler, le frère estropié/mal-aimé/névrosé de Bliss, âgé de 9 ans à l'époque du drame, et maintenant ex-junkie de 19 ans abandonné de tous à cause des rumeurs de culpabilité qui pesèrent sur lui pendant un temps. Cependant, au lieu d'un témoignage à la première personne, Joyce Carol Oates a fait un choix plus compliqué qui est d'imaginer Skyler s'attelant à un manuscrit sur sa propre histoire et celle de Bliss.
Ce récit qui « se traîne si névrotiquement » m'a déroutée par sa longueur et son côté artificiel - je n'ai pas réussi à croire que le jeune Skyler puisse écrire un tel pavé qui porte l'empreinte de JC Oates à chaque page. Il y a tellement de digressions, de répétitions et de remarques du soi-disant auteur sur son manuscrit via de longues, très longues, notes de bas de page, que j'ai mis plusieurs mois pour venir à bout des 734 pages du format poche, en le lisant par intermittence. Il me semble que la moitié aurait suffi à préserver l'intensité du récit tout en servant le même but : élucider (fictivement) le crime et dénoncer les dérives de certains médias.
Il n'empêche que je sors bouleversée de cette pénible lecture, écoeurée par tant d'injustice. Mes pensées s'envolent vers JonBenet et les autres petites Bliss de ce monde, victimes d'adultes détraqués, et vers la souffrance qu'elles ont endurée au terme de leur si courte existence. Paix à leur âme.
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LucileMM
  11 juin 2018
S'inspirant d'un fait divers réel, le meurtre jamais résolu de la petite Joanbenet Ramsay, JC Oates donne la parole au grand-frère (9 ans à l'époque), un temps suspecté d'avoir tué sa petite soeur.
Le roman prend la forme d'un manuscrit en cours de rédaction auquel s'est attelé Skyler, ce grand frère devenu adulte.
Longue logorrhée d'un esprit tantôt confus, tantôt extrêmement lucide, distillant le doute, rétablissant ses vérités (mais des vérités fluctuantes), « petite soeur mon amour » est un exercice brillant, car il explore les méandres de la pensée, nous promène en permanence au bord du précipice, nous bouscule à chaque instant. le tableau d'une classe moyenne américaine obsédée par la réussite sociale et la sauvegarde des apparences est saignant et cruel. La relation parents-enfants est disséquée, exposée dans toutes ses ambivalences.
Malgré tout, cette lecture me laisse un sentiment général désagréable.
Si je suis allée au bout, les deux cent dernières pages furent longues et douloureuses presque. Un voyage de ce type est compliqué à mener sur la durée…
Et puis surtout, il y a eu cette sensation étrange de ne pouvoir jamais me détacher tout à fait de l'idée que l'auteure se « servait » de personnes ayant réellement existé pour créer sa fiction, et souvent j'ai ressenti un profond malaise à l'idée d'un vrai « grand frère », ayant vécu ce drame, vivant toujours aujourd'hui, transformé en personnage et dans la bouche duquel on met des mots qu'il n'a pas dit.
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critiques presse (2)
Lexpress   28 novembre 2011
Un conte de fées qui se transforme en murder party, voilà la trame de ce roman magistral où l'on pénètre dans les coulisses d'une famille détruite par sa propre vanité
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   16 novembre 2011
Son écriture épouse la personnalité du narrateur, névrotique et désespéré, victime d'une société manipulatrice et de parents infantiles et vaniteux.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
scarlett12scarlett12   23 août 2018
Betsey est invitée à expliquer aux téléspectateurs comment elle a lancé les produits Touche Céleste en 1998 pour "tâcher de guérir les plaies purulentes" de sa tragédie personnelle. Un certain nombre de ces produits sont en exposition : trousse de beauté Touche Céleste, parfums Touche Céleste, bain moussant Touche Céleste, chocolats de Noël Touche Céleste, accessoires Touche Céleste (foulards,ceintures,bracelets, etc.),cake de Noël Touche Céleste selon une recette spéciale de Betsey : tous articles livrables immédiatement. Puis un brouhaha admiratif s'élève dans le studio quand Betsey montre avec fierté une poupée Bliss Rampike Touche Céleste : une reproduction en miniature de Bliss Rampike, saisissante de ressemblance, yeux de verre bleu vif qui s'ouvrent et se ferment, adorable bouche en cerise, peau ultraréaliste et fins cheveux blonds mi-longs, bras et jambes articulés, petits patins détachables. La poupée Bliss Rampike Touche Céleste est vendue avec un choix de perruques,diadèmes et costumes de patineuse ( tulle ballerine, soie plissée, mousseline, satin et paillettes Cendrillon, Blanche-Neige, cow-girl de Las Vegas, salle de bal,disco,flamenco,etc) - "Bliss" est proposée avant les fêtes au prix de base de 99,99 dollars ; sa garde-robe complète, patins compris, ne coûte que 49,99 dollars de plus".
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FRANGAFRANGA   28 mars 2013
"Car en Amérique, la saison de Noël est décrétée familiale. (Rongez-vous d'envie, vous les misérables solitaires qui n'avez pas de famille ? Si mélancolique que soit Thanksgiving, la période des fêtes de fin d'année est bien pire et dure bien plus longtemps, offrant une mine d'occasions d'automédication, de dépressions nerveuses, suicides et débordements publics avec armes à feu. En fait, on pourrait avancer que la période de Noël -jour de l'An, est aujourd'hui la période centrale de la vie américaine, son sens, son but existentiel brut. Vous qui n'avez pas de famille, comme vous devez nous envier, nous qui baignons dans l'amour parental, dans la chaleur des bûches qui brûlent dans l'âtre, attisées par le robuste tisonnier de nos pères, nous qui sommes gavés à éclater des repas de fête frénétiquement cuisinés par nos mères ; comme vous devez regretter de ne pas être nous, ces enfants chouchoutés/protégés qui au pied du sapin le matin de Noël déchirent les emballages coûteux de cadeaux trop nombreux pour qu'on les compte, tandis que maman les réprimande gentiment : "Skyler ! Bliss ! Montrez à papa et maman les paquets que vous venez d'ouvrir, s'il vous plaît ! Et gardez les petites cartes pour savoir qui vous a fait d'aussi jolis cadeaux.")
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FRANGAFRANGA   14 mars 2013
"QUI SE PLAINT ?" ÉTAIT L'UNE DES PHRASES FAVORITES DE papa à la maison. Et aussi "Qu'est-ce qui coince ?", "Où est le problème ?", "Où est la ligne de touche ?" Avec une véhémence enjouée, papa déclarait "Pas de problème !", "Homo Homin Lupus" Papa chassait peurs, pleurs et terreurs enfantines d'un claquement de doigts car papa avait un dicton ou une réplique percutante pour toutes les situations : "Tiens le cap !" (papa avait été élève officier au lycée militaire de Bleak Mountain de Gallowsville, Pennsylvanie, dans sa jeunesse) ; "On limite la casse !" (papa avait abandonné Bleak Mountain au bout de deux ans) ; "Ne jamais dire jamais!" (papa avait été un sportif très célébré au lycée et à l'université) ; "On ne jette pas son argent aux chiens !" (l'essence de la sagesse financière, transmise à papa par son père financier et industriel). Pour un type encore relativement jeune, Bix Rampike avait déjà accumulé assez de sagesse universelle pour farcir de devises tout un Grand Canyon de beignets chinois.
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WolandWoland   15 février 2011
[...] ... Papa veillait aussi à passer des moments de qualité avec Skyler. Oh ! oui !

Il regardait avec lui les émissions de sport du week-end bien que Skyler énervât son papa parce qu'il s'agitait, se tortillait et n'avait jamais l'air de comprendre ce qui se passait sur le terrain ; il l'emmenait à ses rendez-vous de kinésithérapie [à cette époque, Skyler a déjà été victime du malheureux accident qui le laissera affligé d'une boiterie] ou chez le chirurgien orthopédiste pédiatrique ; dans les bureaux cossus des avocats Kruk, Burr, Krampf et Rosenblatt où, bredouillant et bafouillant d'une façon exaspérante, son fils fit une déposition dont le rusé Morris Kruk tirerait artistement la pièce-maîtresse de l'action en dommages-intérêts de six millions de dollars intenté par Bix Rampike contre le "Gold Metal Gym et Fitness Club" et son (ex-)employé, Vassili Andréïevitch Volokhomski. ( 1 ) En revenant du cabinet de Kruk, un jour de grand vent, papa se confia à Skyler comme sur une impulsion : gros plan sur Big Dabe Bix se confiant avec chaleur à Fiston Skyler l'avorton, attaché à côté de lui sur le siège passager de la Jeep Crusher : "Vu de ma fenêtre, Sky, on n'apprend jamais trop jeune les règles de combat sur le terrain de jeu. Tu as quel âge ... neuf ans ? dix ? ... huit seulement ? - les yeux chaleureux de papa se troublèrent un instant, puis s'éclaircirent - quoi qu'il en soit, il n'est pas trop tôt pour que nous nous mettions autour d'une table , et peut-être maman aussi, avec le "coach en stratégie de carrière" de ton école huppée, pour voir un peu où tu en es, ce HPI ou je ne sais quoi, la "voie rapide." Maman me dit : "Skyler n'a pas l'air d'aimer l'école", "les professeurs de Skyler trouvent qu'il n'est pas à la hauteur de son potentiel", "la jambe de Skyler n'a pas l'air de guérir comme il faudrait", "Skyler n'a pas l'air d'avoir beaucoup d'amis" ... Je ne vais pas donner crédit à ces angoisses maternelles névrotiques en te demandant tout cru si elles sont fondées, fils, je vais supposer que maman exagère, qu'elle dramatise comme ça lui arrive parfois. La ligne de touche, la voilà : "Demain, ta nouvelle vie commence et pas question de merder." Mettons que tu veuilles suivre ton père dans le monde compétitif de l'entreprise, ou que tu préfères tracer ta propre route dans le droit ou la médecine ou la biotechnologie pharmaceutique ... il va te falloir la meilleure éducation dans ces domaines, et un solide réseau de contacts pour t'aplanir le chemin. Ta génération, mon vieux ! ... Vous allez devoir être plus malins que vos parents. Homo homin lupus, comme disait mon père. Tu sais ce que ça veut dire ? "Le loup est l'ami de l'homme", en grec. Traduction : il faut être assez homme pour exploiter le loup, le sang de loup qui court dans tes veines "civilisées", fils ..." A cet instant dramatique, au grand soulagement de Skyler, papa fut interrompu par la sonnerie du téléphone de voiture. ...

( 1 ) : cette action pour préjudice personnel, très contestée par les avocats du Gold Medal Gym & Fitness Club", serait finalement réglée à l'amiable contre versement d'une somme non divulguée - de 350 000 à 1 000 000 de dollars, selon certaines rumeurs - dont le mineur Skyler, le plus mineur des mineurs, "affligé d'un handicap permanent, ne verrait jamais un sou. (Vous pensez que papa Bix la mit de côté pour les futures études de Skyler dans une université de l'Ivy League ? C'est gentil de votre part.) Peu après, le Gold Medal Gym & Fitness Club disparut de notre centre [commercial] et de la mémoire locale. [...]
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OdeOde   08 février 2015
Engoncée dans son collier de caoutchouc mousse, Bliss patinait avec entrain et assurait qu’elle n’avait pas mal. Vraiment pas ! Elle avait la « tête lourde » à cause des sales cachets du Dr Muddick, c’est tout. Et l’estomac « barbouillé ». Elle détestait la Codéine-7 — des capsules visqueuses couleur clams — comme elle détestait tous ses autres « médicaments » et les sales piqûres hebdomadaires dans son « derrière » et la sale « gouttière » en plastique et fil de fer qui lui blessait la bouche et le salon de coiffure où elle devait aller avec maman pour qu’on lui éclaircisse les cheveux avec des produits chimiques qui sentaient mauvais, lui piquaient les yeux et faisaient couler son nez et vite alors maman intervenait pour interrompre cette litanie détestatoire, prononcée d’une voix de plus en plus aiguë, la voix dangereusement aiguë des crises de colère que maman ne pouvait courir le risque de laisser exploser ailleurs qu’au sein de la famille Rampike, et surtout pas dans un endroit public comme la patinoire d’Alcyon où d’autres pouvaient entendre, d’autres patineuses et leurs coachs et leurs mères, qui seraient si choquées, si scandalisées et ravies de voir l’angélique petite Bliss Rampike piquer une colère comme n’importe quelle autre petite patineuse gâtée : « Bliss, ma chérie ! Je t’ai. Et Jésus t’a. »
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