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EAN : 9782264077790
144 pages
10-18 (07/01/2021)
3.73/5   42 notes
Résumé :
Dans la campagne finlandaise, trois générations vont se croiser et se bousculer le temps d'une chaude journée d'été.
Meri initie Kaius à l'amour, Aatu et Elina, derniers installés, traversent un passage à vide dans leur vie de couple, Vilho affronte la maladie de Sirkka, qui s'ignore malade, et Reino vient enterrer un frère qu'il connaît à peine. Alors que les heures s'égrènent, un prédateur rôde pendant que les corbeaux coassent à l'abri des hauteurs, surpl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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Pastorale de Aki Ollikainen, un titre qui m'a de suite interpellé, une première de couverture avec une fougère auréolée d'un halo phosphorescent, deux éléments enchanteurs présages d'un beau voyage.
Mon imagination n'a fait qu'un tour mais j'ai attendu quelques temps pour découvrir ce texte.

Pastorale, peu à peu d'autres mots ont dansé dans ma tête : pâtre et moutons, berger – bergère, scène champêtre, ambiance bucolique, poésie … et séduction amoureuse, réminiscence de tableaux que j'avais oubliés comme ceux de Jean-Baptiste Huet…

Aujourd'hui ma lecture terminée, je remercie Aki Ollikainen pour ce magique et émouvant voyage en Finlande orientale, dans une presqu'île du bout du monde où nous nous immisçons dans une petite communauté rurale isolée composée d'amis, de parents et de voisins. Un focus sur un microcosme permis par le retour temporaire d'un des leurs, Reino, aujourd'hui citadin, venu pour enterrer au pays son frère Peenti.
Des photographies d'un instant T qui révèlent la couleur de sentiments variés et mettent en lumière de beaux portraits d'hommes et de femmes dans un décor naturel envoûtant au cours d'une nuit d'été.
Les uns sont au soir de leur vie, les autres en sont à l'aube mais un événement va bousculer les retrouvailles de notre troupe d'amis : Aatu, le berger-poète, grand admirateur de Fernando Pessoa et de son recueil «Le Gardeur de troupeau» a aperçu un loup.

Remontées de souvenirs d'une vie rurale lointaine mais heureuse entrecoupées de constats sur l'époque actuelle (déclin de l'agriculture, difficulté économique des paysans, solde migratoire négatif, arrivée de néo-ruraux) s'inscrivent en filigrane pour évoquer le contexte économique contemporain souvent ombragé par l'évocation des temps anciens (travaux agricoles, coutumes et folklore finnois etc...)

J'ai apprécié ces retrouvailles avec Aki Ollikainen que j'avais découvert avec La faim blanche, son premier roman. Je suis toujours sous le charme de son écriture, une écriture imagée et poétique qui sublime la nature, saisit les incessantes métamorphoses du vivant, évoque avec délicatesse et subtilité les sentiments et les émotions profondes des protagonistes face aux tracas du quotidien : amour mis à mal, désir, vieillesse, maladie d'Alzheimer, mort.
J'ai retrouvé dans Pastorale une atmosphère semblable à celle de Nuit de printemps de Tarjei Vesaas, magique, envoûtante, poétique où réel et imaginaire se confondent parfois.

Imaginez la maisonnette d'un sauna, coeur palpitant du village, et à quelques pas une barque où un pêcheur s'apprête à remonter les filets gorgés de corégones, partir boire un sökö, succédané de café (héritage de la pénurie durant la guerre) pour se réchauffer puis profiter des rayons de soleil pour se laisser aller et vous serez prêts pour écouter le « silence tissé de voix » de Pastorale.

Une villégiature sensuelle et lyrique que je ne peux que vous conseiller.
Un court roman mélancolique.

Pastorale (Pastoraali) a été traduit du finnois par Claire Saint-Germain aux Editions Héloïse d'Ormesson.
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Je me faisais une joie de lire enfin ce livre, quoi de mieux que le début de la période estivale pour plonger dans un récit mettant en valeur une forme d'harmonie originelle entre l'homme et la nature comme le laisse à penser le titre de ce livre finlandais. D'autant plus que Aki Ollikainen est photographe, j'étais ainsi curieuse de voir sa façon de décrire la nature après avoir troqué son appareil photo pour la plume.

Aki Ollikainen a écrit un premier livre en 2016, La Faim blanche , Pastorale est son deuxième livre, court roman qui m'a tout à la fois déconcertée, déçue mais également qui a su, par certains aspects, me charmer. J'ai aimé la sérénité qui se dégage de ce livre, sa féérie par moment ainsi que sa poésie, tout en étant complètement, mais complètement hermétique aux personnages qui m'ont tous paru froids, sans épaisseur, trop rapidement présentés…J'étais bien, blottie dans cette nature où nous suivons même les pérégrinations d'un serpent, de corbeaux, d'un brochet géant qui ont pour quelques instants la parole, mais très gênée par les protagonistes humains, en l'occurrence plusieurs couples, amis, parents, voisins, représentant trois générations, au sein de la campagne finlandaise, sur une presqu'ile rythmée par les murmures de la nature souveraine, par les reflets irisés de l'eau sous les chatoiements de la lumière .
Alliance épurée et originale entre le Nature Writing, le mythe, le conte, et la triste réalité à laquelle sont confrontés les humains, j'ai aimé certains aspects tout en étant hermétique à d'autres, cela a donné une lecture étrange, parfois lumineuse entre deux passages dans lesquels je me suis un peu ennuyée.

La quatrième de couverture est pourtant très alléchante : Dans la campagne finlandaise, trois générations vont se croiser et se bousculer le temps d'une chaude journée d'été.
Meri initie Kaius à l'amour, Aatu et Elina, derniers installés, traversent un passage à vide dans leur vie de couple, Vilho affronte la maladie de Sirkka, qui s'ignore malade, et Reino vient enterrer un frère qu'il connaît à peine. Alors que les heures s'égrènent, un prédateur rôde pendant que les corbeaux coassent à l'abri des hauteurs, surplombant les habitants et leur troupeau. Autant de présages qui annoncent la ronde de la mort sur cette pastorale.
Voilà pour l'histoire, sauf que je n'arrêtais pas de mélanger les personnages (Vilho, Reino, Elina et Leena…je devais à chaque fois revenir au résumé pour bien les resituer), et que je n'ai pas éprouvé pour eux d'empathie, si ce n'est peut-être pour Vilho et Sirkka dont la tendresse amoureuse malgré leur grand âge et malgré la maladie a su me toucher.

Le côté conte, mélangeant la réalité au rêve, est bien amené…Et quelle merveille cette façon de décrire la nature, cet art de savoir suspendre le temps, Aki Ollikainen, indéniablement, sait capter avec grâce les scènes qui s'offrent à son regard, son habitude des cadrages l'aidant à saisir le bon moment, comme ici avec Kronos le brochet géant regardez la façon dont se termine la scène :

« Un imprudent banc de gardons blancs nageait le long de la jonchaie. Comme ces poissons à l'oeil rouge pouvaient être moutonniers. Ils glissaient sans rien comprendre à rien, l'argent de leurs flancs scintillants au soleil. Kronos les suivait du regard. Une barque qui accostait jeta un instant son ombre au-dessus du prédateur rôdant parmi les joncs. le canot parti, Kronos choisit sa victime. Il se détacha de la protection des herbes, progressa lentement en direction d'un gros gardon. le tueur contracta son corps en forme d'éclair et frappa. Ses dents effilées comme des aiguilles s'enfoncèrent dans le ventre brillant. Kronos retourna sa proie dans sa bouche, l'avala tête la première et regagna le monde des ombres. le banc de gardons effrayé s'était enfui. Une écaille solitaire, en transparence dans les reflets du soleil, planait dans l'univers aquatique en direction du fond ».

Je me suis demandée cependant parfois si le livre ne souffrait pas de quelques problèmes de traduction, comme par exemple le montre ce genre de phrases : « L'étang se voyait entre les arbres, son eau comme du minerai noir où brillait de l'or des chats »…

Au final, une lecture en demi-teinte, déroutante, bucolique et poétique, lancinante dans laquelle les personnages n'ont pas su me toucher du fait d'une certaine froideur qui s'explique à mon sens par le fait que le livre soit très court. Je suis clairement restée sur ma faim concernant leur psychologie, leur profondeur, au point de les mélanger. A noter que notre berger, Aatu, est un grand admirateur de Fernando Pessoa, ce fut son recueil « le Gardeur de troupeau » qui a déterminé sa vocation. Un clin d'oeil de l'auteur que j'ai accueilli avec tendresse. Ma déception me laisse songeuse…Dois-je méditer ces mots lancés par l'auteur : «Les êtres humains sont des créatures trop compliquées pour jouir de la simplicité » ?
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Une étonnante sérénité émane de Pastorale malgré les dernières pages tournées. On ressent comme un apaisement enveloppant, de ceux qui nimbent les êtres et les paysages de halos de lumière atemporelle. le temps paraît immuable et les choses intangibles alors que le roman se déroule sur vingt-quatre heures.
Même si on perçoit un changement de lumière au petit matin, le roman glisse sur les événements sans variation aucune. On progresse dans la lecture avec la sensation de lire un roman dépourvu d'intrigue. En décrivant la chaude journée d'été de trois générations réunies dans leurs fermes au bord d'un lac, Aki Ollikainen se tient à la surface des choses, là où scintillent les reflets. La brutalité s'invite dans le récit mais elle ne trouble guère les lieux, les êtres, les choses car c'est un coin où vie et mort s'entremêlent et se nourrissent de la banalité du quotidien.

La force de Pastorale réside certainement dans sa facilité à dévoiler très peu. Il ne délivre que des détails minuscules mais dont le déploiement frôle des vérités essentielles comme le sentiment du temps qui passe, des générations qui se succèdent et cette nature souveraine qui impose son rythme aux animaux et aux humains tout comme elle organise le dispositif du récit.
Sous la plume de Aki Ollikainen, elle revêt même des allures bibliques.
Court roman plein de tendresse et de cruauté mêlées.
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Aki Ollikainen est photographe professionnel et journaliste mais il s'est surtout fait un nom en tant qu'écrivain finlandais en publiant son premier roman « La Faim blanche » qui fût récompensé de nombreux prix. Il sera notamment sélectionné en 2016 pour le Man Booker International Prize. Son second roman « Pastorale » vient de sortir en mars aux éditions Héloïse d'Ormesson et il s'agit là d'un livre, pour le moins original, qui risque de diviser les lecteurs en deux camps irréconciliables. C'est en effet un roman délicat et sensible, un peu comme si l'auteur nous délivrait dans le creux de l'oreille un conte aux accents naturalistes évidents, une peinture de cette campagne finlandaise où l'on vit et l'on meurt sans que cela ne change les lois immuables qui régentent le monde animal, la flore, les forêts, les rivières et les lacs. Hymne panthéiste, célébration d'une nature et d'un mode de vie menacé plus que jamais aujourd'hui, on y découvre une Finlande où hommes et bêtes vivent et cohabitent, tout du moins dans cette campagne. On suit ainsi la pérégrination d'un brochet, puis celle d'une vipère tandis que les corbeaux cancanent et qu'un loup ni innocent, ni cruel, juste guidé par ses pulsions, ses instincts de prédateur s'en va dévorer des brebis. Au milieu de ces chapitres qui s'entrecroisent, trois générations d'une famille réunies dans la ferme pour une journée ou deux. On s'aime, on se bouscule, il y a les secrets, les moments d'intimité, le tout écrit dans un style sublime et très épuré. le roman est très court, 160 pages seulement mais l'expérience de lecture est originale, à condition bien sûr d'apprécier la nature et les petits riens qui constituent la vie et la mort régnant sur le monde depuis toujours. Un roman contemplatif dans lequel il faut s'immerger et accepter de se laisser bercer par ce rythme lancinant.
Lien : https://thedude524.com/2020/..
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On connaissait bien la littérature finlandaise du regretté Arto Paasilinna ou de la romancière Sofi Oksanen dont Purge résonne encore dans nos têtes

Il va falloir désormais compter avec celle d''Aki Ollikainen découvert en 2016 avec son précédent ouvrage, La Faim blanche (Héloïse d'Ormesson, 2016) et dont le nouveau et court roman Pastorale saura déconcerter et charmer en même temps tous ceux qui oseront s'y braver.

Pastorale est une chronique familiale dont les protagonistes représentent trois générations, au sein d'une communauté isolée, vouée à disparaître mais aussi et surtout une ode à la campagne finlandaise. dans laquelle Dame Nature dicte ses règles sait se montrer sans compassion pour les pauvres humains qui pensent pouvoir la contrôler.

Ce court récit, qui s'ouvre sur la rencontre marquante d'un homme et d'un loup qui se jaugent marque d'entrée l'univers de cette histoire entre chronique familiale qui raconte trois générations et cette dictinction entre deux mondes bien différentes, celui des hommes et celui de la nature .

Difficile de définir « Pastorale »,sorte d'OLNI dans laquelle la réalité rencontre l'imaginaire. et où les animaux comme les corbeaux et les brochets géants ont la parole.

" Pastorale" c'est du nature writing, mais force est de constater que l'école finlandaise ne ressemble pas vraiment aux américains.

« Pastorale » allie mythe, conte, et réalité, et nous fait naviguer entre pensées mélancoliques, paroles naturalistes et symphonie harmonieuse ...

Une expérience littéraire assez mystique qui nous fait découvrir une nature envoûtante et une lecture-expérience qu'il faut accepter de tenter , pour qui aime les paris ambitieux et bien singuliers .
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (2)
LeDevoir
14 avril 2020
À petites touches, Aki Ollikainen met en scène le mouvement circulaire de la vie. Un tableau qui pourrait être bucolique, mais où on voit quand on s’approche crevasses et zébrures qui nous rappellent « que les êtres humains sont des créatures trop compliquées pour jouir de la simplicité ».
Lire la critique sur le site : LeDevoir
LeMonde
20 janvier 2020
Aki Ollikainen décrit la fin d’un monde sans histoire, rythmé par la succession des naissances et des morts, dans un roman élégiaque.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
Le silence roula sur l'herbe, passa les bouleaux sur la berge, traversa la jonchaie et se déploya au-dessus du lac étale. Et combien de sons ce silence renfermait-il ? Toute la cacophonie du monde précédant l'aube - le coup de queue du grand brochet parmi les joncs, le friselis du vent dans les feuilles du tremble. C'était un silence tissé de voix. Les oiseaux chantaient durant les heures de la nuit, y compris le temps de ce bref intermède gris-bleu, essayant de trouver un compagnon avec qui se reproduire. Et ailleurs, sur la rive de ce lac étendu, des êtres humains cherchant leur lumière intérieure se réunissaient en une retraite silencieuse, pour écouter les nombreuses manières qu'a Dieu de se taire.
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Le silence roula sur l'herbe, passa les bouleaux sur la berge, traversa la jonchaie et se déploya au-dessus du lac étale. Et combien de sons ce silence renfermait-il ? Toute la cacophonie du monde précédant l'aube - le coup de queue du grand brochet parmi les joncs, le friselis du vent dans les feuilles du tremble, c'était un silence tissé de voix. Les oiseaux chantaient durant les heures de la nuit, y compris le temps de ce bref intermède gris-bleu, essayant de trouver un compagnon avec qui se reproduire. Et ailleurs, sur la rive de ce lac étendu, des êtres humains cherchant leur lumière intérieure se réunissaient en une retraite silencieuse pour écouter les nombreuses manières qu'a Dieu de se taire.
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Il n’avait pas d’ambition. C’est ce que sa femme lui avait dit. Mais il fallait bien qu’il fasse quelque chose. Sur ces mots, Aatu avait, un jour pluvieux de septembre, marché jusqu’à la bibliothèque. Il se répétait le mantra de son absence d’ambition. Et comme par un caprice du destin il s’était avancé, perdu dans ses pensées, jusqu’aux ouvrages de poésie et avait pris en main « Le gardeur de troupeaux » de Fernando Pessoa. Le livre s’était ouvert à l’endroit où Pessoa écrivait, sous la figure de son grand maître, le berger Alberto Caeiro: «  Je n’ai ni ambition ni désir. Être poète n’est pas mon ambition. C’est ma façon à moi d’être seul ». Et à cet instant Aatu avait trouvé sa vocation. Il ne voulait pas écrire des poèmes qui finiraient au fond d’un tiroir. Il voulait être berger.
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Le soleil s'élevait vers le ciel. Il chassait les nuages duveteux hors de la route de la lumière, il dispensait le bonheur aux humains avec parcimonie. Aux jeunes, il avait réservé des moments enivrants. À ceux qui avaient perdu leur jeunesse, il avait ça et là proposé une petite occasion inespérée, au cours de laquelle ces pauvres hères s'imaginaient pouvoir retrouver l'euphorie envolée il y a si longtemps.
Commenter  J’apprécie          40
Elle n'avait pas besoin de compagnie pour aller aux champignons à l'automne, ni pour passer d'agréables soirées, tranquille au coin du feu. Elle voulait rattraper une dernière fois la ravissante minijupe de sa jeunesse, avant que celle-ci ne s'échappe définitivement
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