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EAN : 9782221252048
240 pages
Éditeur : Robert Laffont (25/02/2021)
3.7/5   28 notes
Résumé :
Un journal du Bas-Empire de notre civilisation qui s'effondre.

Sous la forme d'une éphéméride, et ce sur presque tous les jours de cette année 2020, je consigne chaque délire dont notre temps est capable.
Dans ce journal se croisent une petite fille de huit ans qui veut changer de sexe depuis l'âge de quatre ans ; des égorgeurs présentés comme de pauvres victimes d'elles-mêmes ; une jeune fille qui ne va plus à l'école et prophétise la catastro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
karmax211
  05 avril 2021
La décadence, ce déclin, cette déchéance, ce chemin vers la ruine est le fil conducteur de cette éphéméride 2020 que nous propose Michel Onfray dans cette - Nef des fous -, dont le titre à lui seul explicite la démarche du philosophe chroniqueur.
Disons-le d'entrée de jeu, Onfray ne prend pas n'importe quel sujet du jour dans son calendrier de l'année écoulée.
Non, il choisit son thème, qui n'aurait pas forcément été le mien ou le vôtre... quoique... son thème qui illustre cette décadence affirmée et qu'il lui faut étayer en sélectionnant ses sujets. Et comme pour Onfray la décadence est d'abord et avant tout maastrichienne, ne vous étonnez pas de voir ce mot qualifier un grand nombre de ses choix... parfois jusqu'à l'indigeste.
Et comme Maastricht, son Europe et ses valeurs sont incarnées par ses bêtes noires que sont, par exemple Macron, BHL, Merkel, les médias... qu'il générise sous l'appellation de "Radio Paris"... ces gens-là en prennent en veux-tu-en voilà pour leur grade... jusqu'à l'obsessionnel.
L'islamo-gauchisme, le racialisme, les théories du genre, l'écologie... tous ces sujets sont visités ou revisités à l'aune de la détestation qu'éprouve Onfray pour leurs dérives... et donc, il va, pour nous en parler, choisir parmi les dérives pour pouvoir mieux nous dire à la fin : c'est qui qu'avait raison ?
Un Zemmour ( il fait une vraie fixette sur le bonhomme ) se trouve vingt fois "racheté" par des : que n'eût-on pas dit ou fait s'il s'était agi de Zemmour !.
Idem pour Mélenchon ( une autre de ses fixettes ) mais à l'inverse... pour l'accabler.
En dehors de cette panoplie bien connue du philosophe, on retrouve ses ruminations contre les végans, contre les défenseurs du climat, contre les faux-culs moralisateurs de gauche qui, tout en s'auréolant de leur grand coeur, de leur fraternelle solidarité, de leur amour de la liberté, s'avèrent être pour quelques-uns d'entre eux des pédocriminels ou leurs complices.
En revanche pour M.O... en 2020... le coronavirus n'apparaît que le 29 février, alors que lecteur lambda, j'en parlais tous les jours sur les réseaux sociaux et autour de moi depuis la mi-janvier... Quand on ne regarde que ce que l'on a envie de voir... on passe très souvent à côté de l'essentiel.
Donc, il y a eu un peu de confinement... un seul... pas de chloroquine, pas ou quasiment pas de Raoult, pas de second confinement, et le strict minimum minimorum sur les vaccins... dans l'année 2020 vécue par l'auteur.
Si vous cherchez Trump... vous ne l'y trouverez pas... alors que Biden non encore investi se prend une baffe "philosophique"...
Je savais en acquérant ce bouquin que j'allais trouver du Onfray pur jus.
L'homme est éminemment intelligent et son érudition est époustouflante.
Cette éphéméride se lit sans difficulté... par moments, ça ( c'est mon cas ) vous tape sur les nerfs... à certains moments ça élargit votre réflexion... voire ça remet en question vos "certitudes", mais d'une manière générale, tout être un peu pensant et un peu cultivé aurait pu faire cet exercice de manière plus convaincante dans les années 30 ou 60 ou...ou en s'appelant Denys Arcand, tourner - le déclin de l'Empire américain - il y a presque 30 ans et vous proposer le prix du billet deux fois moins cher que l'achat du livre d'Onfray qui, en voulant montrer notre décadence ( je ne la nie pas ), expose aussi la sienne.
Qui dit éphéméride dit ( toujours selon moi ) veiller au style... et là M.O nous overdose de "saillie" ( et lorsqu'un anus traîne ses guêtres aux abords du philosophe... il se régale... ), de "ontologiquement", de "genré", de "sabir" ( là, c'est le déluge ! ), " maastrichien"... j'en suis nauséeux", et "Orwell et Orwellien" sont presque le pseudo qu'aurait pu prendre Onfray s'il n'avait pas craint de perdre ses droits.
Ce n'est pas un indispensable, mais le cerveau de l'homme mérite qu'on ne passe pas à côté... à condition de supporter ses TOC.
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Fortuna
  02 mai 2021
Jour après jour, Michel Onfray a noté, non sans une pointe d'humour, les aberrations et contradictions de notre société qu'il définit comme décadente à travers les nouvelles dont nous sommes abreuvés quotidiennement jusqu'à la nausée. Et en relisant toutes ces brèves de 2020, on ne peut que constater que l'actualité de 2021 y ressemble étrangement...On pourrait continuer l'inventaire de ces dérives sans relâche.
Tout y est, des absurdités de la gestion de la crise sanitaire, des terroristes dépressifs, des jeunes désoeuvrés qui commettent des "incivilités" (pour s'occuper ?), de la définition de l'individu et de sa légitimité à s'exprimer sur tel ou tel sujet selon la couleur de sa peau, et cela au nom de l'antiracisme, de l'enfant devenu objet de consommation qui devient un droit pour tous et à n'importe quel prix, de la parole de l'enfant devenue sacrée qu'il veuille changer de sexe ou nous faire des leçons de morale sur la dégradation de la "planète", bref de la dictature au nom de la liberté…
On ne peut que constater la justesse de ces observations, la perte de tout bon sens, la mauvaise foi devenue reine, les minorités se multipliant à l'infini et imposant des diktats de manière de plus en plus virulente ou faisant l'objet de régimes de faveur au nom d'une improbable paix sociale...et au risque de faire exploser les valeurs républicaines. La violence impunie ou hypocritement minorée sauf quand elle émane de représentants de l'Etat, les discours politiques qui se contredisent en permanence, les velléités d'un pouvoir qui a renoncé à toute autorité, tout est fait pour nous embarquer dans une galère qui nous mène à la catastrophe...Si nous n'y sommes pas déjà. Bref en prendre conscience est déjà un premier pas, n'hésitons pas à sourire à contre-courant de cette époque devenue folle.
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JeanAugustinAmarDuRivier
  04 avril 2021
L'inscription dans l'éphémère, un présent sans cesse répété, qui fait table rase du passé, qui ne visualise aucunement l'avenir et le réduit à néant, un No future, qui conduit à une totale absurdité parfaitement illustrée par les chroniques de Michel Onfray. le titre de son éphemeride , la nef des fous, semble renvoyer aux Poèmes Barbares, de Leconte de Lisle : "Va donc! Et souviens-toi de l'heure où, dans sa force, Ta haute nef heurta l'inébranlable écueil". L'immédiateté nous condamne aux actions réflexes. La pensée, la réflexion, la capacité à faire des projets, à tisser des alliances n'ont plus leur place entre les stimuli reçus et les réponses données . Que signifie le respect de la loi, lorsque les notions de mariage, famille par alliance, les in-laws, se trouvent sapées pour laisser place à la jungle, à la loi du plus fort, jamais équilibrée par un contre pouvoir afin de laisser place à la justice sociale. Donc, un monde de barbares sans histoire, recroquevillé dans un individualisme qui exclus l'autre, tout en souhaitant le remplacer par des métamorphoses à faire pâlir d'envie le transformiste Arturo Brachetti. Donc, chacun semble pouvoir faire comme bon lui semble, construire sa propre futilité en la confondant avec l'éternité. 80 années d'espérance de vie à la naissance pour construire des édifices qui montent jusqu'au ciel et ne dure que 50 ans. Avec seulement 25 ans, au XVIème siècle, nos ancêtres construisaient pour plusieurs siècles. Conscient d'appartenir à l'humanité, voire à une civilisation, à une transcendance, ils savaient transmettre pour construire plus grand qu'eux. Notre illusion de puissance individuelle, nous conduit à effectuer des sauts de puce ou des ravages dignes d'une nuée de sauterelles. Donc, la responsabilité, notre libre arbitre, notre conscience, notre capacité à choisir une réponse adaptée sont réduits à rien pour laisser place à la folie. Inhumanité, cruauté, férocité, atrocité, brutalité jonchent notre ordinaire quotidien. Un sorte d'endoctrinement par un Darwinisme biaisé, incomplet, mal compris qui oublie l'équilibre entre compétition et symbiose dans la lutte pour la vie. Surtout en cas de crise. Lorsque le "Struggle for life" se confond avec le cannibalisme, la foire d'empoigne et la course à l'échalotte, il est grand temps de trouver une echappatoire à la decadence létale de notre civilisation. Donc, cultivons le partie d'en rire, retrouvons une qualité essentielle de notre humanité. En effet, cette série de faits divers commentés détermine les limites d'une approche Rousseauiste hors sol, candide, idéologue cultivant l'art d'avoir toujours raison, qui s'abstrait des faits et s'interdit l'intelligence qui consiste à penser la réalité, au mépris de la recherche de la vérité. Par là même prenons du recul, élevons nous, asseyons nous de nouveau sur les épaules de géants, comme nous le recommande Bernard de Chartres, au lieu de jouer à saute mouton, par servitude volontaire, un phénomène très bien décrit par Etienne de la Boetie. Donc, acceptons, malgré notre candeur et la bonne pitance consomme , que notre monde n'est pas le meilleur des mondes possibles, a life of goods is not a good life, visons juste entre Martin et Pangloss. Méfions nous de Pavlov, de l'air du temps ! Cultivons notre jardin ! Nous dit Voltaire.
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uaeroffat
  20 mars 2021
Michel Onfray publie ses notes quotidiennes de l'année 2020, brutes de décoffrage, précisant qu'il “consigne chaque délire dont notre temps est capable”. Et des délires, il y en a pléthore.
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Si, dans un premier temps, on savoure l'indignation, très vite s'installent le dégoût, la nausée. Car notre temps est rempli d'absurdités, et les collectionner pour ce qu'elles ont de plus abject ne fait que renforcer le désespoir, sans apporter le moindre soulagement, la moindre grille d'analyse pour déconstruire ces clivages systématiques et agressifs dont les derniers mois ont regorgé.
°
Comment prendre de la hauteur ? Tenter de trouver des explications à ces "délires”. Difficile ! le confinement nous aurait-il enfermé dans la contemplation de nos propres opinions (nombrilisme) ? La distanciation nous aurait-elle ôté les discussions salvatrices, les confrontations à d'autres opinions ? Les gestes barrière nous auraient-ils barricadés dans nos micro-communautés victimaires et atomisées ? Les masques nous auraient-ils enlevé la franchise, au profit du mensonge ? Je ne sais… Il y aurait un livre à écrire (ha ! ha !). Toujours est-il que la litanie de "délires" laborieusement établie par Michel Onfray porte, effectivement, sur l'égocentrisme vindicatif érigé en système… et c'est bien triste. Plus que ça : désespérant. Inutile de dresser ici cette liste, on la connaît.
°
Alors… je ne saurais vous conseiller cette lecture si vous souhaitez conserver un minimum de sérénité. Quand le philosophe "se lâche", il devient (presque) aussi bête que la meute qui hurle, car il renonce à ce qui devrait être sa fonction : expliquer, démonter… et, peut-être, réparer, reconstruire. L'indignation et la colère, nous en sommes tous capables. Faut-il un livre pour les partager ? Pas sûr. Bref : “c'est dommage” est l'expression qui vient à l'esprit en refermant ce livre (qui se termine par un "da capo" laconique !).
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SamueldHalescourt
  20 juin 2021
Tableau de l'écoulement du délire

Ça ressemble au condensé annuel d'une revue de presse quotidienne sur Fdesouche où l'on oscille entre le ridicule et l'horrible.
Le nef des fous vogue sur l'océan des délires contemporains sans peur de se fracasser sur le mur des vagues de la raison.
Onfray est remonté comme un coucou et tranche sans discernement de son cimeterre philosophique toutes les pitreries terrifiantes qui viennent à lui. A chaque journée son lot d'inepties angoissantes, d'anecdotes demeurées dans un éphéméride de combat.
Il tient sa position au front de la résistance pour que le monde ne se défasse point, s'évertue à considérer que la pensée est un loisir d'adulte, pourfendant ceux restés adolescents qui tatonnent révolte et déconstruction.
Ce compte-rendu de l'exubérance aboli de toute honte est un rappel salutaire à la décence commune, le seul rempart efficace à l'anomie généralisée, voulue et orchestrée par tous les contre-Onfray de nos dirigeants. Dirigeants qu'Onfray aime à nommer du lucide sobriquet de Maastrichiens.
L'époque est folle a dit Luchini et son magistère nous dépasse déjà. L'ère cyberpunk nous engloutit et impose ses distorsions. La technologie vient tordre nos moeurs et nos réflexes, subvertir la norme par le marginal, exposer l'inattendue démence à des esprits argileux, sculptés à l'envie.
Trois camps se dégagent et s'affrontent. Les dynamiteurs du réel, les ironiques qui pensent avoir un frein alors qu'ils n'ont qu'un ralentisseur détraqué et Onfray et sa cohorte de rétifs intransigeants.
Pour conclure, un livre qui se lit à la vitesse de la lumière, réactivant parfois le souvenir d'informations que l'on avait vues passer et que l'on avait classées dans les mêmes ombres qu'Onfray.
Ce n'est évidemment pas son livre le plus stimulant, mineur au regard de l'oeuvre mais essentiel panneau de signalisation intellectuel qui indique de sa flèche le chemin du vrai.

Samuel d'Halescourt
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
FortunaFortuna   29 avril 2021
Pendant quelques minutes, il m'est apparu que la rue piétonne était le lieu des autismes contemporains et des narcissismes d'aujourd'hui, des solitudes postmodernes et des égotismes contents d'eux-mêmes : chacun est seul au monde et n'a nullement le souci d'autrui.
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zagameszagames   06 mai 2021
Une IRM qui mesure les effets des écrans sur le cerveau des enfants montre un amincissement prématuré di cortex.
Cette zone cérébrale traite les informations que les cinq sens envoient à l'encéphale.
Cet amoindrissement correspond anatomiquement à l'équivalent d'un vieillissement.

Quelle performance progressiste notable il y a à transformer les enfants en vieillards dès leur plus jeunes années !
Quand, très vieux, ils retourneront en enfance, ils seront encore plus vieux.

Ce sera beau à voir !
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zagameszagames   12 avril 2021
Un portrait d'Emmanuel Macron est paru dans Le Figaro sous le titre "Dans le secret de l'Élysée : la vraie vie d'Emmanuel Macron dans son palais ".

Il est signé Guyonne de Montjou.

On peut y lire ceci : "Ce qui fascine (sic) chez Emmanuel Macron, analyse un proche, c'est que le réel compte moins pour lui que le récit qu'il s'en fait.
Grâce à ce subterfuge mental (sic), il a une distance et entend tenir ferme le cap."

Comment nomme-t-on cette pathologie en psychiatrie ?
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karmax211karmax211   05 avril 2021
L'enfer est sur terre : il se manifeste chaque fois que le cerveau reptilien recouvre le cortex.
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zagameszagames   01 mai 2021
Dénégation de l'humanité des blancs, défense des violeurs noirs, négation de la blancheur des Blancs, invitation à " éliminer " les hommes et à les " détester " - l'intelligence et la tolérance se portent bien en France...
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Videos de Michel Onfray (137) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Onfray
L'Art d'être français, lettres à de jeunes philosophes Michel Onfray Éditions Bouquins
Quinze longues lettres adressées aux jeunes philosophes et aux étudiants dans lesquelles l'auteur résume sa conception du sentiment d'être français. Il défend un art de vivre et de penser qui s'inspire tour à tour de Rabelais, Voltaire, Marivaux ou encore Camus. Il dénonce les faux-semblants moralisateurs de l'époque et le transhumanisme, l'infantilisation des peuples ou la régression écologique. ©Electre 2021
https://www.laprocure.com/art-etre-francais-lettres-jeunes-philosophes-essai-michel-onfray/9782382920091.html
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