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EAN : 9782221252048
240 pages
Bouquins (25/02/2021)
3.62/5   102 notes
Résumé :
Un journal du Bas-Empire de notre civilisation qui s'effondre.

Sous la forme d'une éphéméride, et ce sur presque tous les jours de cette année 2020, je consigne chaque délire dont notre temps est capable.
Dans ce journal se croisent une petite fille de huit ans qui veut changer de sexe depuis l'âge de quatre ans ; des égorgeurs présentés comme de pauvres victimes d'elles-mêmes ; une jeune fille qui ne va plus à l'école et prophétise la catastro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
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La décadence, ce déclin, cette déchéance, ce chemin vers la ruine est le fil conducteur de cette éphéméride 2020 que nous propose Michel Onfray dans cette - Nef des fous -, dont le titre à lui seul explicite la démarche du philosophe chroniqueur.
Disons-le d'entrée de jeu, Onfray ne prend pas n'importe quel sujet du jour dans son calendrier de l'année écoulée.
Non, il choisit son thème, qui n'aurait pas forcément été le mien ou le vôtre... quoique... son thème qui illustre cette décadence affirmée et qu'il lui faut étayer en sélectionnant ses sujets. Et comme pour Onfray la décadence est d'abord et avant tout maastrichienne, ne vous étonnez pas de voir ce mot qualifier un grand nombre de ses choix... parfois jusqu'à l'indigeste.
Et comme Maastricht, son Europe et ses valeurs sont incarnées par ses bêtes noires que sont, par exemple Macron, BHL, Merkel, les médias... qu'il générise sous l'appellation de "Radio Paris"... ces gens-là en prennent en veux-tu-en voilà pour leur grade... jusqu'à l'obsessionnel.
L'islamo-gauchisme, le racialisme, les théories du genre, l'écologie... tous ces sujets sont visités ou revisités à l'aune de la détestation qu'éprouve Onfray pour leurs dérives... et donc, il va, pour nous en parler, choisir parmi les dérives pour pouvoir mieux nous dire à la fin : c'est qui qu'avait raison ?
Un Zemmour ( il fait une vraie fixette sur le bonhomme ) se trouve vingt fois "racheté" par des : que n'eût-on pas dit ou fait s'il s'était agi de Zemmour !.
Idem pour Mélenchon ( une autre de ses fixettes ) mais à l'inverse... pour l'accabler.
En dehors de cette panoplie bien connue du philosophe, on retrouve ses ruminations contre les végans, contre les défenseurs du climat, contre les faux-culs moralisateurs de gauche qui, tout en s'auréolant de leur grand coeur, de leur fraternelle solidarité, de leur amour de la liberté, s'avèrent être pour quelques-uns d'entre eux des pédocriminels ou leurs complices.
En revanche pour M.O... en 2020... le coronavirus n'apparaît que le 29 février, alors que lecteur lambda, j'en parlais tous les jours sur les réseaux sociaux et autour de moi depuis la mi-janvier... Quand on ne regarde que ce que l'on a envie de voir... on passe très souvent à côté de l'essentiel.
Donc, il y a eu un peu de confinement... un seul... pas de chloroquine, pas ou quasiment pas de Raoult, pas de second confinement, et le strict minimum minimorum sur les vaccins... dans l'année 2020 vécue par l'auteur.
Si vous cherchez Trump... vous ne l'y trouverez pas... alors que Biden non encore investi se prend une baffe "philosophique"...
Je savais en acquérant ce bouquin que j'allais trouver du Onfray pur jus.
L'homme est éminemment intelligent et son érudition est époustouflante.
Cette éphéméride se lit sans difficulté... par moments, ça ( c'est mon cas ) vous tape sur les nerfs... à certains moments ça élargit votre réflexion... voire ça remet en question vos "certitudes", mais d'une manière générale, tout être un peu pensant et un peu cultivé aurait pu faire cet exercice de manière plus convaincante dans les années 30 ou 60 ou...ou en s'appelant Denys Arcand, tourner - le déclin de l'Empire américain - il y a presque 30 ans et vous proposer le prix du billet deux fois moins cher que l'achat du livre d'Onfray qui, en voulant montrer notre décadence ( je ne la nie pas ), expose aussi la sienne.
Qui dit éphéméride dit ( toujours selon moi ) veiller au style... et là M.O nous overdose de "saillie" ( et lorsqu'un anus traîne ses guêtres aux abords du philosophe... il se régale... ), de "ontologiquement", de "genré", de "sabir" ( là, c'est le déluge ! ), " maastrichien"... j'en suis nauséeux", et "Orwell et Orwellien" sont presque le pseudo qu'aurait pu prendre Onfray s'il n'avait pas craint de perdre ses droits.
Ce n'est pas un indispensable, mais le cerveau de l'homme mérite qu'on ne passe pas à côté... à condition de supporter ses TOC.
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Jour après jour, Michel Onfray a noté, non sans une pointe d'humour, les aberrations et contradictions de notre société qu'il définit comme décadente à travers les nouvelles dont nous sommes abreuvés quotidiennement jusqu'à la nausée. Et en relisant toutes ces brèves de 2020, on ne peut que constater que l'actualité de 2021 y ressemble étrangement...On pourrait continuer l'inventaire de ces dérives sans relâche.

Tout y est, des absurdités de la gestion de la crise sanitaire, des terroristes dépressifs, des jeunes désoeuvrés qui commettent des "incivilités" (pour s'occuper ?), de la définition de l'individu et de sa légitimité à s'exprimer sur tel ou tel sujet selon la couleur de sa peau, et cela au nom de l'antiracisme, de l'enfant devenu objet de consommation qui devient un droit pour tous et à n'importe quel prix, de la parole de l'enfant devenue sacrée qu'il veuille changer de sexe ou nous faire des leçons de morale sur la dégradation de la "planète", bref de la dictature au nom de la liberté…

On ne peut que constater la justesse de ces observations, la perte de tout bon sens, la mauvaise foi devenue reine, les minorités se multipliant à l'infini et imposant des diktats de manière de plus en plus virulente ou faisant l'objet de régimes de faveur au nom d'une improbable paix sociale...et au risque de faire exploser les valeurs républicaines. La violence impunie ou hypocritement minorée sauf quand elle émane de représentants de l'Etat, les discours politiques qui se contredisent en permanence, les velléités d'un pouvoir qui a renoncé à toute autorité, tout est fait pour nous embarquer dans une galère qui nous mène à la catastrophe...Si nous n'y sommes pas déjà. Bref en prendre conscience est déjà un premier pas, n'hésitons pas à sourire à contre-courant de cette époque devenue folle.
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On sort de cette lecture désespéré. Et pourtant on a ri presque à chaque page.
Ce catalogue des folies de notre époque est navrant. Onfray acte le triomphe inéluctable de la bêtise et de la veulerie, la mort de l'intelligence et le culte de la mort qui sont en train de détruire notre civilisation et nous avec.'
Je ne vais pas le paraphraser, c'est inutile, et je serais bien incapable d'y mettre son esprit et son talent.
Alors de quoi parle-t-il ? de beaucoup de choses et dans de nombreux domaines, hélas.
Pour vous mettre en appétit, quelques perles pêchées au hasard, en me limitant cependant à ce qui est drôle. Il y a beaucoup de choses qui ne le sont même pas, et même ce qui l'est ne l'est pas tellement tant la bêtise qu'il traduit est énorme et navrante.
Dans le prochain James Bond le rôle-titre sera joué par une femme noire. L'auteur se demande si dans sa prochaine biographie Angela Davis sera incarné par un homme blanc.
L'UNEF a rebaptisé du nom de Beyoncé un amphi de la fac de Nanterre.
Une militante féministe a souhaité que, pour éviter les viols,tous les mâles subissent une vasectomie à dix huit ans (ce qui d'ailleurs ne permettrait nullement d'atteindre le but recherché. Une autre, constatant que les relations hétérosexuelles comportent nécessairement une part de violence, se pose la question de leur interdiction. L'église suédoise a proclamé Greta Tunberg "successeur du Christ"
Je m'arrête là. Parce qu'en feuilletant le livre, je retrouve l'information suivante : dans les années soixante dix, les autorités de Berlin-Ouest ont confié des enfants sans abri à des pédophiles estimant qu'il pourrait en résulter des conséquences positives. Et là ce n'est plus drôle du tout.
Et je n'aurais pas dû écrire cette chronique :'ordonner mes idées sur le livre s'est révélé profondément deprimant.
En me relisant je ressens le besoin d'ajouter un post scriptum. le plus effrayant dans ce livre est peut-être l'abominable histoire de ces livres retirés de bibliothèques scolaires de l'Ontario pour cause de cancel culture et brûlés en public. Les organisateurs ont eu la bonté de préciser que les cendres seraient utilisées " pour quelque chose d'utile ", par exemple comme engrais. Mais quand on commence à brûler des livres on finit souvent en brûlant des gens. On peut penser aux auto da fe médiévaux... où à la dernière fois où on a brûlé des livres en Europe. Curieux que les grandes consciences toujours prêtes à déceler le nazisme dans ce qu'elles appellent "propos nauséabonds" n'est rien senti cette fois -ci. Un rhume, peut-être ?
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Non, non et non !
Feuilleté relativement sommairement dans une grande enseigne de distribution culturelle par curiosité, le livre me tombe des mains. Des notations plus réacs les unes que les autres, amalgame sur amalgame. Dans un passage idiot, il met en parallèle un sondage estimant à 9% le nombre de platistes en France et le nombre de musulmans en France. Outre que le sondage lui-même a été critiqué sur le plan méthodologique, c'est un amalgame inepte qui fait injure à, par exemple dans nos classes , les jeunes issus de l'immigration dont pas un, j'en témoigne, ne pense une telle idiotie. Il n'est pas fan de psychanalyse on le sait, mais il gagnerait à avoir un surmoi qui lui dirait, lorsqu'il s'apprête à dire ou publier une ânerie "Ne fais pas cela !". Par ailleurs le livre est peu épais, en 1h 30 j'en aurai fait le tour...On est plus dans le domaine du business que dans une philosophie ample. Pourquoi publier un tel livre, pourquoi, ne pas le publier de manière posthume ? Pourquoi ? Ainsi, comme pour d'autres, tels Paul Morand, on pourrait se dire, "mais quelle horreur ce type !", au moins il ne serait plus là pour l'entendre....
Pourtant je l'aimais bien autrefois Onfray, si sympa parlant de son père ou du vin..Les temps ont changé, lui aussi j'imagine. Lisant, ou plutôt survolant son livre je me demande jusqu'où il va aller... Trop loin pour moi en tout cas, qui arrête là ma fréquentation avec lui.
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L'inscription dans l'éphémère, un présent sans cesse répété, qui fait table rase du passé, qui ne visualise aucunement l'avenir et le réduit à néant, un No future, qui conduit à une totale absurdité parfaitement illustrée par les chroniques de Michel Onfray. le titre de son éphemeride , la nef des fous, semble renvoyer aux Poèmes Barbares, de Leconte de Lisle : "Va donc! Et souviens-toi de l'heure où, dans sa force, Ta haute nef heurta l'inébranlable écueil". L'immédiateté nous condamne aux actions réflexes. La pensée, la réflexion, la capacité à faire des projets, à tisser des alliances n'ont plus leur place entre les stimuli reçus et les réponses données . Que signifie le respect de la loi, lorsque les notions de mariage, famille par alliance, les in-laws, se trouvent sapées pour laisser place à la jungle, à la loi du plus fort, jamais équilibrée par un contre pouvoir afin de laisser place à la justice sociale. Donc, un monde de barbares sans histoire, recroquevillé dans un individualisme qui exclus l'autre, tout en souhaitant le remplacer par des métamorphoses à faire pâlir d'envie le transformiste Arturo Brachetti. Donc, chacun semble pouvoir faire comme bon lui semble, construire sa propre futilité en la confondant avec l'éternité. 80 années d'espérance de vie à la naissance pour construire des édifices qui montent jusqu'au ciel et ne dure que 50 ans. Avec seulement 25 ans, au XVIème siècle, nos ancêtres construisaient pour plusieurs siècles. Conscient d'appartenir à l'humanité, voire à une civilisation, à une transcendance, ils savaient transmettre pour construire plus grand qu'eux. Notre illusion de puissance individuelle, nous conduit à effectuer des sauts de puce ou des ravages dignes d'une nuée de sauterelles. Donc, la responsabilité, notre libre arbitre, notre conscience, notre capacité à choisir une réponse adaptée sont réduits à rien pour laisser place à la folie. Inhumanité, cruauté, férocité, atrocité, brutalité jonchent notre ordinaire quotidien. Un sorte d'endoctrinement par un Darwinisme biaisé, incomplet, mal compris qui oublie l'équilibre entre compétition et symbiose dans la lutte pour la vie. Surtout en cas de crise. Lorsque le "Struggle for life" se confond avec le cannibalisme, la foire d'empoigne et la course à l'échalotte, il est grand temps de trouver une echappatoire à la decadence létale de notre civilisation. Donc, cultivons le partie d'en rire, retrouvons une qualité essentielle de notre humanité. En effet, cette série de faits divers commentés détermine les limites d'une approche Rousseauiste hors sol, candide, idéologue cultivant l'art d'avoir toujours raison, qui s'abstrait des faits et s'interdit l'intelligence qui consiste à penser la réalité, au mépris de la recherche de la vérité. Par là même prenons du recul, élevons nous, asseyons nous de nouveau sur les épaules de géants, comme nous le recommande Bernard de Chartres, au lieu de jouer à saute mouton, par servitude volontaire, un phénomène très bien décrit par Etienne de la Boetie. Donc, acceptons, malgré notre candeur et la bonne pitance consomme , que notre monde n'est pas le meilleur des mondes possibles, a life of goods is not a good life, visons juste entre Martin et Pangloss. Méfions nous de Pavlov, de l'air du temps ! Cultivons notre jardin ! Nous dit Voltaire.
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
Un portrait d'Emmanuel Macron est paru dans Le Figaro sous le titre "Dans le secret de l'Élysée : la vraie vie d'Emmanuel Macron dans son palais ".

Il est signé Guyonne de Montjou.

On peut y lire ceci : "Ce qui fascine (sic) chez Emmanuel Macron, analyse un proche, c'est que le réel compte moins pour lui que le récit qu'il s'en fait.
Grâce à ce subterfuge mental (sic), il a une distance et entend tenir ferme le cap."

Comment nomme-t-on cette pathologie en psychiatrie ?
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Pendant quelques minutes, il m'est apparu que la rue piétonne était le lieu des autismes contemporains et des narcissismes d'aujourd'hui, des solitudes postmodernes et des égotismes contents d'eux-mêmes : chacun est seul au monde et n'a nullement le souci d'autrui.
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Une IRM qui mesure les effets des écrans sur le cerveau des enfants montre un amincissement prématuré du cortex.
Cette zone cérébrale traite les informations que les cinq sens envoient à l'encéphale.
Cet amoindrissement correspond anatomiquement à l'équivalent d'un vieillissement.

Quelle performance progressiste notable il y a à transformer les enfants en vieillards dès leur plus jeunes années !
Quand, très vieux, ils retourneront en enfance, ils seront encore plus vieux.

Ce sera beau à voir !
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Sous prétexte d'initier les enfants à l'opéra, le théâtre des Champs-Elysées propose des versions allégées des chefs-d'œuvre du répertoire. Ce fut le cas avec Le Barbier de Séville de Rossini, puis la Carmen de Bizet, c'est désormais au tour des Noces de Figaro de Mozart. On raccourcit, car il faut faire avec la disparition de la capacité à se concentrer plus d'une minute, fruit pourri de la civilisation de l'écran. On simplifie l'intrigue, autre fruit avarié d'une civilisation ayant produit à la chaîne des consommateurs fonctionnant avec seulement deux neurones - je like ou je nique.
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Dimanche 12 janvier 2020

Rome n'est plus dans Rome

Il est singulier d'avoir à écrire le mot "pape" au pluriel du vivant des deux personnes concernées.
Ceux qui croient à l'existence de l'antéchrist devraient se poser la question mais surtout la résoudre.

Il semble qu'on ne saura jamais pour quelle raison ce pape, qu'on disait aux portes de la mort il y a 7 ans, se trouve toujours en vie et, alors qu'il caracole mollement vers les 93 ans, se révèle suffisamment en forme intellectuellement pour écrire un livre d'entretiens avec un cardinal dans lequel il critique le pape en exercice.

Le jésuite François a en effet estimé lors du synode sur l'Amazonie qu'il était licite d'ordonner des prêtres mariés ; Benoît XVI, lui, s'y oppose formellement.

Le pape en exercice est le pape à la retraite disent donc deux choses différentes, contradictoires même.
Que faut-il alors faire du dogme de l'infaillibilité papale qui, en 1870, lors du 1er concile oecuménique décida que le pape ne saurait se tromper quand ils s'expriment sur des questions de foi et de morale parce qu'il est inspiré par le Saint-Esprit ?

Faut-il en conclure que le l'Esprit-Saint souffre de schizophrénie ?

C'est Satan qui doit bien rigoler car, rappelons-le, étymologiquement, le diable c'est "celui qui divise"...
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Videos de Michel Onfray (159) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Onfray
*INTRODUCTION* : _« […] Je veux seulement, Monsieur, vous faire part d'une chose que j'ai lue dans Montaigne, et qui marque son bon goût. Il souhaitait devenir assez savant pour faire un recueil des morts les plus éclatantes dont l'Histoire nous parle. Vous qui êtes son partisan, vous approuverez ce dessein que j'exécute en partie. En effet, le véritable point de vue où je placerais une personne qui veut bien juger du ridicule qui règne dans le monde, est le lit de mort. C'est là qu'on se détrompe nécessairement des chimères et des sottises qui font l'occupation des hommes. Nous sommes tous fous ; la folie des uns est plus bouillante, et celle des autres plus tranquille. »_ *André-François Boureau-Deslandes* [1690-1757], _À Monsieur de la Ch…_
_« Rien ne doit plus nous frapper dans l'histoire des grands hommes, que la manière dont ils soutiennent les approches du trépas. Je crois que ces derniers moments sont les seuls, où l'on ne puisse emprunter un visage étranger. Nous nous déguisons pendant la vie, mais le masque tombe à la vue de la mort, et l'Homme se voit, pour ainsi dire, dans son déshabillé. Quelle doit être alors la surprise ! Tout l'occupe sans le toucher : tout sert à faire évanouir ce dehors pompeux qui le cachait à lui-même. Il se trouve seul et sans idées flatteuses, par ce qu'il ne peut plus se prêter aux objets extérieurs. Cette vue a cela d'utile en flattant notre curiosité, qu'elle nous instruit. Il n'est rien de quoi, disait Montaigne, je m'informe si volontiers que de la mort des hommes, quelle parole, quel visage, quelle contenance ils y ont eus ; mille endroits des histoires que je remarque si attentivement. Il y paraît, à la farcissure de mes exemples, et que j'ai en particulière affection cette matière*._ _Je suis persuadé que la dernière heure de notre vie est celle qui décide de toutes les autres. »_ *(Chapitre III : Idée générale d'une mort plaisante.)*
* _« Et il n'est rien dont je m'informe si volontiers que de la mort des hommes, de quelle parole, quel visage, quelle contenante ils y ont eus, non plus qu'il n'est d'endroit dans les histoires que je remarque avec autant d'attention. Il apparaît à la farcissure de mes exemples que j'ai cette matière en particulière affection. Si j'étais faiseur de livres, je ferais un registre commenté des morts diverses. Qui apprendrait aux hommes à mourir leur apprendrait à vivre. »_ (« Chapitre XIX : Que philosopher c'est apprendre à mourir » _in Montaigne, Les essais,_ nouvelle édition établie par Bernard Combeaud, préface de Michel Onfray, Paris, Robert Laffont|Mollat, 2019, p. 160, « Bouquins ».)
*CHAPITRES* : _Traduction d'un morceau considérable de Suétone_ : 0:02 — *Extrait*
0:24 — _Introduction_
_De quelques femmes qui sont mortes en plaisantant_ : 0:49 — *1er extrait* ; 2:08 — *2e*
_Additions à ce qui a été dit dans le IX et dans le XI chapitre_ : 3:15
_Remarque sur les dernières paroles d'Henri VIII, roi d'Angleterre, du Comte de Gramont, etc._ : 6:09 — *1er extrait* ; 6:36 — *2e*
_De la mort de Gassendi et du célèbre Hobbes_ : 7:45
_Remarques sur ceux qui ont composé des vers au lit de la mort_ : 10:47
_Examen de quelques inscriptions assez curieuses_ : 13:52
_Des grands hommes qui n'ont rien perdu de leur gaieté, lorsqu'on les menait au supplice_ : 14:33
_Extrait de quelques pensées de Montaigne_ : 15:31
_S'il y a de la bravoure à se donner la mort_ : 17:37 — *1er extrait* ; 18:57 — *2e*
_De quelques particularités qui concernent ce sujet_ : 19:14
19:28 — _Générique_
*RÉFÉ. BIBLIOGRAPHIQUE* : André-François Boureau-Deslandes, _Réflexions sur les grands hommes qui sont morts en plaisantant,_ nouvelle édition, Amsterdam, Westeing, 1732, 300 p.
*IMAGE D'ILLUSTRATION* : https://www.pinterest.com/pin/518547344600153627/
*BANDE SONORE* : Steven O'Brien — Piano Sonata No. 1 in F minor Piano Sonata N0. 1 in F minor is licensed under a Creative Commons CC-BY-ND 4.0 license. https://www.chosic.com/download-audio/46423/ https://www.steven-obrien.net/
*LIVRES DU VEILLEUR DES LIVRES* :
_CE MONDE SIMIEN_ : https://youtu.be/REZ802zpqow
*VERSION PAPIER* _(Broché)_ : https://www.amazon.fr/dp/B0C6NCL9YH *VERSION NUMÉRIQUE* _(.pdf)_ : https://payhip.com/b/VNA9W
_VOYAGE À PLOUTOPIE_ : https://youtu.be/uUy7rRMyrHg
*VERSION PAPIER* _(Broché)_ : https://www.amazon.fr/dp/
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