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Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)Maya Morioka-Todeschini (Traducteur)
ISBN : 2253933759
Éditeur : Le Livre de Poche (15/03/2003)

Note moyenne : 4.53/5 (sur 15 notes)
Résumé :
C'est un portrait terrible de la guerre et de ses ravages que nous livre Shohei Ôoka dans ce roman considéré comme un des chefs-d'œuvre de la littérature japonaise de l'après-guerre. Car le drame de Tamura, simple soldat et intellectuel dans le civil, envoyé dans la jungle des Philippines, où il rencontre la solitude, la faim, la peur et finalement sa propre folie, ne concerne pas seulement les Japonais ; ce drame symbolise de manière universelle la tragédie de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
nounours36
  14 octobre 2014
Ce roman traite du sort des soldats japonais pendant la seconde guerre mondiale, abandonnés sur une île des Philippines après la bataille de Leyte fin 1944. Ces soldats se retrouvent sans perspectives de renforts et sans aide du commandement impérial. Certains de ces hommes seront contraints au cannibalisme (anthropophagie plutôt) pour survivre.

On trouve un aspect historique à ce roman ( dont une part est autobiographique) concernant les horreurs de la guerre, mais aussi une dimension morale, humaniste d'un homme qui affronte la folie et la barbarie
Aspect historique : le déroulement se situe pendant la guerre du Pacifique, après la défaite de Leyte, dans les Philippines, (dura du 17 octobre 1944 au 31 décembre 1944 ) la chute des forces impériales japonaises. Nous sommes en plein dans la déroute des forces japonaises. Sans aucun secours médical, support logistique, et sous un commandement qui cherche surtout à garder en vie les hommes encore valides ("On n'a pas de quoi nourrir les bouches inutiles. Retourne à l'hôpital. S'ils ne te laissent pas entrer (...) Et s'ils s'entêtent à ne pas vouloir de toi... Alors, crève ! C'est le dernier service que tu peux rendre à la nation" ). Ils cherchent alors à regagner Palompon pour se regrouper et se faire rapatrier. Mais la route est coupée par les forces Américaines. Devant faire face également aux Philippins (qui ont soif de vengeance face aux exactions commises contre les populations), ils se cachent pour survivre. Ils vont alors en venir aux pires extrémités, des actes horribles afin de survivre.
Aspect humain et psychologique :
Le narrateur se nomme Tamura, c'est un soldat de première classe, intellectuel dans le civil. Son récit sera celui de la tragédie des soldats en déroute, isolé dans la jungle.
On suit alors Tamara qui effectue une plongée vertigineuse dans la folie et dans les tréfonds de l'âme humaine. le déclencheur est la rumeur des soldats de Guadalcanal qui ont mangé de la chair humaine, cela déclenche la curiosité de Tamara : est-ce la réalité ? Son subconscient combat cette idée. Après le meurtre de la jeune philippine, qui peut être considéré comme un crime de guerre, il s'enfonce dans la culpabilité cachant son acte, se sentant observé par l'âme errante de la victime. Est-il effectivement un élu ayant le pouvoir de vie ou de mort ?
Isolé, pas complètement car il y a dieu et/ou sa conscience qui sont présents d'abord sous la forme d'un croix surplombant la plaine, d'une église dont les marches sont remplis de cadavres. Puis un fou sur le point de mourir lui offre la faveur de manger son bras amaigri - "faveur qui agissait comme un interdit sur son estomac affamé", puis l'image de ce bras "Il me rappela le bras tendu de Jésus crucifié que j'avais vu dans le village au bord de la mer". Dans cannibalisme on distingue un geste de désir naturel ou pas ? Un acte de communion "Ce­lui qui mange Ma chair et boit mon sang demeure en Moi et Moi en lui.". Il ne pourra manger le bras du fou, mais par contre sans trouver de culpabilité boira le sang des sangsues et arrivera à manger du singe et de sa chair blessé. Il restera une part d'inconnue ayant perdu partiellement sa mémoire...Dans l'exergue du roman une citation "Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort" le psaume 23:4 de david .... dont la fin n'est pas écrite "mais je ne crains aucun mal, car tu es avec moi" .

Une adaptation cinématographique a été effectuée "Fires on the Plain"/ "Feux dans la plaine" de Ichikawa Kon (1959). Une autre version est présente à la biennale de Venise 2014 sous le même titre Nobi (Fires on the Plain), version couleur et surement plus sanglante que celle de Kon Ichikawa. Cette dernière version est réalisée par Shinya TSUKAMOTO (qui a réalisé Tetsuo, Tokyo fist)
J'avais déjà rencontré des récits sur les horreurs de la guerre sur l'île de Leyte pendant la guerre des Philippines dans le roman Les pierres de Hiraku Okuizumi, qui traitait également de la folie d'un homme.
Pour finir "Les feux" sont pour moi une oeuvre admirable, un récit sur le mal à l'état brut, l'homme face à des extrémités inhumaines pour survivre le menant à la folie. Une lecture éprouvante ....
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le_Bison
  12 avril 2012
Tamura n'est qu'un simple soldat, engagé dans un conflit perdu d'avance, dans une guerre qu'il ne comprend même pas. Il se demande pourquoi il se retrouve au milieu de cette jungle philippine. La fin de la seconde guerre mondiale est proche, les forces japonaises sont en déroute sur ces îles philippines. Atteint du béribéri, Tamura est rejeté de sa compagnie. Ses chefs le somment de rejoindre l'hôpital militaire basé sur cette île et l'interdisent formellement de revenir au sein de sa compagnie. Sans nourriture à proposer, Tamura est tout simplement rejeté de l'hôpital. Il se retrouve donc abandonner, seul sur cette île. Il devra errer à la recherche de compagnons de (in)fortune, à la recherche de quelques misérables victuailles pour survivre. Une quête va débuter pour ce simple soldat : celle de l'humain fermement décidé à survivre dans un environnement hostile, celle d'un jeune homme inéluctablement marqué à tout jamais par toutes les horreurs d'une guerre qui posent un cruel dilemme ; vaut-il mieux survire ou mourir en ces lieux si sombres, si miséreux ?
Ce roman de Shôhei Ôoka a longuement « traîné » au milieu de ma bibliothèque. Une impulsion indéfinissable m'avait poussé à acquérir ce livre, mais une fois en ma possession, j'ai pris mon temps avant d'oser l'ouvrir. Une peur m'avait envahi, celle de trouver une histoire trop réfléchie, trop cruelle, trop « crue ». Il m'aura fallu plus d'un an pour trouver le courage de m'investir dans les mémoires de ce jeune Tamura. A la fin de ce roman, je comprends mieux la bivalence de mes sentiments : attrait et répulsion, tel est la dualité de mon esprit à ce moment-là.
Le drame de Tamura est celui d'être né Homme. L'humanité, dans toute son horreur, est présentée ici de manière extrêmement cruelle. Rien ne sera épargné au lecteur, mais après tout, qu'est-ce que la guerre ? le massacre d'êtres humains, les charniers au détour d'une colline, la faim, la soif, la solitude, la peur : les images sont fortes et extrêmes, les odeurs sont puissantes et tenaces. Bien que présentes dans l'esprit de ce jeune soldat, les hallucinations ont ce côté « imaginaire », mais est-ce réellement des hallucinations ? Il a peur de mourir, mais encore plus peur de vivre et de découvrir toutes ces horreurs.
Jamais un roman m'avait autant bouleversé. Je ne suis pas loin de la nausée, le coeur bien accroché à mon estomac, prêt à rendre toute la bile qui me reste. La guerre est certes une tragédie, mais ce roman l'est bien plus. Il s'enfonce encore plus loin dans les réflexions sombres sur l'âme humaine, à savoir le cannibalisme. Voilà, le mot est lâché... Dois-je me sentir soulager d'en parler ? L'Homme est barbare et la survie de chaque individualité l'est encore plus. Au nom de quoi ? au nom d'une guerre orchestrée par quelques puissants et au détriment d'un peuple...
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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ericbo
  11 août 2018
La guerre du Pacifique vue du côté japonais. Et même le commencement de la débâcle de l'armée nippone dans la jungle des Philippines. Un groupe de soldats complètement perdus, ne retrouvent plus leur bataillon. Ils meurent les uns après les autres, de faim, de soif, d'infection… L'horreur de la guerre dans toute son ampleur.
Pour survivre, ils ont recours au cannibalisme.
Roman sur l'homme qui débouche sur une réflexion ontologique.
Les écrivains japonais n'hésitent pas à parler de ce qui dérange. Ça ne change pas forcément les choses mais c'est salutaire.
Un grand roman sur un grand sujet.
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SeriallectriceSV
  25 avril 2016
Poignant et effroyable témoignage sur les horreurs de la guerre, sur la survie des hommes et leur capacité à faire face à la faim qui les tiraille, à l'abandon, à la solitude, à la maladie.
Comment lutter justement, comment ne pas sombrer soi-même dans l'horreur face à la détresse ... quel choix aurions-nous fait nous-mêmes ?
Les soldats en déperdition souffrent physiquement et psychologiquement, sont livrés à eux-mêmes et quand ils deviennent inaptes car blessés ou malades, voici ce que leurs supérieurs leur suggèrent :
« Alors, crève ! Ce n'est pas pour rien qu'on vous a donné des grenades. C'est le dernier service que tu peux rendre à la nation ».
Le personnage de Tamura, le narrateur de ce témoignage, est grand, touchant.
Sa réflexion sur la guerre, la vie, la mort, le fait de donner la mort est profonde et, de mon point de vue, si juste.



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shao69
  14 octobre 2014
Voici donc un livre de Shôhei Ôoka (1909-1988), auteur réputé pour ses écrits et qui a remporté le prix Yomiuri en 1951 pour ce roman. Il a écrit ce livre, fortement inspiré de son propre vécu, sur la survie de l'homme et ses capacités à faire face à la solitude et la faim. J'ai trouvé ce livre très marquant, d'une part car il traite de la défaite de l'armée japonaise et de la difficulté de ses soldats à respecter le code d'honneur ou simplement de survivre et d'autre part de la dégradation psychologique de l'homme dans cette situation.
Le style est très agréable, on plonge doucement dans l'univers de Tamura à travers ses pensées, ses critiques envers l'armée, la vie et lui-même. On est saisit par sa volonté dans sa lutte pour garder son humanité. On éprouve une compassion pour ces soldats, abandonnés, dépouillés et affamés qui ne pensent plus qu'à une chose…survivre. L'auteur nous fait partager les doutes avec beaucoup de sensibilité et on arrive à se poser la question ‘Et s'y c'était moi ? »
La situation de détresse est telle que l'on découvre l'effroyable passage à des actes de cannibalisme, ce que l'auteur décrit avec prudence. Ce qui est étonnant c'est que l'on éprouve pas véritablement de malaise à la lecture du livre, mais plutôt une forte compassion et beaucoup de tristesse.
Le livre est découpé en chapitre et on sent toute l'inspiration de la littérature européenne dans sa construction, mais la plume japonaise est bien présente ;-) .
J'ai bien aimé ce livre et j'ai envie de découvrir un peu plus l'oeuvre de Shôhei Ôoka, notamment Reite senki, relatant la bataille de Leyte.
Mon petit point positif :
L ‘auteur à travers ce livre met en avant son témoignage sur l'horreur de la guerre et rappelle que pour beaucoup de soldats n'ont pas choisit de la faire mais que tous en ont souffert.
Lien : http://www.tamisier.eu/les-f..
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   12 avril 2012
Ce qui me réveilla encore une fois, ce fut le son du canon. La nuit était presque terminée. Le bruit et la fumée saturaient le ciel de l’autre côté du cours d’eau. Les explosions qui se rapprochaient de nous se succédaient sur un rythme de plus en plus dense. Le son du canon était violent, très proche, et bientôt mêlé de grondements semblables à des roulements de tonnerre. De l’autre côté des collines, dans le ciel au-dessus de la compagnie que j’avais quittée, un avion de reconnaissance décrivait des petits cercles comme un rapace visant sa proie. Apparemment, c’était là que le bombardement avait lieu.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   27 avril 2016
Les aspects variés de la nature où il est envoyé pour se battre n'ont aucune signification à ses yeux si ce n'est celle qui découle d'un point de vue strictement stratégique. C'est cette absence de signification qui le soutient et qui est la source de son courage.
Au moment où la cohérence de cette absence de signification est ébranlée par la lâcheté, à moins que ce ne soit par la réflexion, le pressentiment de la mort, qui a encore moins de signification pour l'homme vivant, en profite pour s'installer.
p 20
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   27 avril 2016
Je reçus une gifle. Le lieutenant me dit, très vite, à peu près ceci :
- Imbécile ! On te dit de revenir, et toi tu reviens, comme ça, sans rien dire. Il fallait insister, dire que tu ne savais pas où aller. Alors ils t'auraient accepté à l'hôpital. Ici, nous n'avons pas les moyens de nourrir un tuberculeux comme toi.
p 7
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le_Bisonle_Bison   15 avril 2012
Quelque chose d’inexprimable me poursuivait. Il était évident que là où j’allais il n’y avait rien d’autre que le désastre et la mort, mais une sombre curiosité me poussait peut-être à explorer ma solitude et mon désespoir jusqu’à l’instant de mon dernier souffle, jusqu’à ce que la mort vienne y mettre fin dans un coin inconnu de la campagne tropicale.
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le_Bisonle_Bison   13 avril 2012
La mort n’était déjà plus une idée, mais une image palpable. Je m’imaginais sur la rive, le ventre déchiqueté par ma grenade. Je pourrirais sans doute, mon corps se décomposerait en divers éléments, et la majeure partie de ma chair, dont on disait qu’elle était composée aux deux tiers d’eau, se liquéfierait pour aller se mélanger au torrent.
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