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ISBN : 2290331244
Éditeur : J'ai Lu (24/08/2005)

Note moyenne : 3.51/5 (sur 43 notes)
Résumé :
La neige. La glace. La banquise. Qui imaginerait que dans un univers aussi blanc, les hommes puissent installer une usine ? Qui aurait imaginé que l'usine allait être polluante, radioactive ? Qu'un jour, des enfants allaient sortir des ventres de leur mère comme des larves sortiraient d'un bocal d'expérimentation ?

C'est le destin de l'île de Nikko. Nikko qui raconte son histoire, du jour de sa naissance au jour de son départ. Une lutte constant... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
le-mange-livres
  04 février 2012
"En fait, mon père n'est pas mon père". Comme en témoigne l'incipit, comme toujours, ça démarre fort chez Véronique Ovaldé. Nous voici pour cette fois transportés à Koukdjuak, une île polaire périphérique délaissée des hommes et du monde.
Complètement délaissée ? Non, puisque des hommes du continent sont venus y installer une mystérieuse déchetterie, qui paraît être à l'origine de phénomènes étranges et dangereux. "Tout cela avait bien sûr à voir avec l'usine".
D'abord, les poissons, qui se sont retrouvés en masse le ventre en l'air. Puis, les oiseaux - qui avaient mangé trop de poisson empoisonné. Ensuite, les chiens. Tout ça à cause de la vieillie usine désaffectée et de sa Nodamycine toxique.
Nikko, une petite fille de Koukdjuak, la dernière survivante d'une bien curieuse année, grandit tant bien que mal entre sa soeur géante, ses pilules jaune-bleu-rose, et ses parents pas très jojo - un père violent, et une mère effacée. Elle n'a qu'un rêve : s'échapper de l'île. Un défi pas si simple. "Quand tout s'est brisé à l'intérieur, ça a fait un bruit très délicat de carillon.
Avec ce roman qui tire plutôt du côté de Les hommes en général me plaisent beaucoup que de celui de Et mon coeur transparent, Véronique Ovaldé séduit toujours. Cette petite Erin Brockovitch polaire, on retrouve un personnage féminin très abîmé et qui a, comme toujours, quelques comptes à régler avec son père (voir Ce que je sais de Vera Candida) forcément déglingué.
Virtuose de la narration et conteuse hors pair, Ovaldé parsème ce récit horrible de paillettes de merveilleux et de poésie, et entraîne son lecteur dans sa langue à la verve inimitable. Pour autant, j'ai été un tantinet moins sous le charme que pour mes premières lectures : le côté obstinément déglingué, quelques ficelles un peu récurrentes, peut-être ? Reste qu'on a là affaire à l'une des voix les plus originales de la littérature française contemporaine, et que je fais un peu la difficile.
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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Alittlepieceof
  14 janvier 2011
Ce livre a provoqué en moi tout un tas d'émotion et c'est là pour moi le gage d'une lecture réussie.
L'histoire est une histoire comme on pourrait en entendre parler au journal télévisé. C'est l'histoire d'une petite fille qui vit au Pôle Nord, où tout n'est que froid et dureté. Sur ce continent glacé du bout du monde, isolé et perdu, une usine a pendant des années deversé des produits polluants dans la mer tuans les uns après les autres poissons, mouettes, chiens et enfants. Nikko est la seule qui a réussie à grandir malgré la maladie, à survivre malgré le froid, la pauvreté, la violence de son père, l'impuissance de sa mère.
C'est cette petite bonne femme que l'on va suivre tout au long de l'ouvrage, cette petite femme courage qui coûte que coûte garde espoir. Un jour c'est sûr elle rejoindra le continent.
Au départ je me suis demandé si les paysages que décrit Véronique Ovaldé étaient réels ou imaginaires mais en effet Koukdjuak existe vraiment. C'est une grande plaine située dans l'Arctique canadien.
La description des lieux est incroyable, on sentirait presque le froid s'immiscer en soi tout en se laissant porté par la beauté et la magie des neiges.
La grande force de ce récit c'est d'abord l'écriture, très poétique et terriblement captivante mais aussi et surtout son personnage centrale. Nikko est une femme forte qui ne s'apitoie jamais sur son sort et qui s'accroche à la vie.
La petite Nikko m'a attendrie, elle qui est rejeté par les siens, elle dont tout le monde a peur, elle qui pour survivre compte un à un tous ses organes chaque matin pour savoir s'il sont tous bien à leur place. Et puis Nikko grandie, elle ne se fait pas d'illusion sur le monde qui l'entoure, bien au contraire, elle en joue et prend de la force là où il y en a, dans le sexe, dans la violence, dans la survit. Sa vie est tragique, et plus d'une fois j'ai sentie mon coeur se serrer à la lecture de son histoire, de douleur, de dégout, de pitié ou de fascination.
Un roman fort, violent, dérangeant même parfois qui secoue mais qui au fond est véritable une ôde à l'espoir.
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ChezLo
  19 septembre 2011
Au pôle, sur les terres du Nunavuk, il est une île, Koukdjuak. Nikko y est née, et parmi les enfants de sa génération, elle est la seule survivante d'un mal propagé par l'usine de traitement de déchets, fermée depuis. La Nodamycine a pris possession de son corps, la rend malade, mais elle tient bon malgré tout. Malgré les dysfonctionnements, malgré l'alcoolisme de son père (comme de quasiment tous les hommes du coin, désoeuvrés, ne chassant plus, violents) qu'elle pense intimement ne pas être son père. Un jour un homme débarque, un journaliste qui souhaite enquêter sur cette pollution et attaquer semble-t-il les propriétaires de l'usine. Mais les témoignages se font rares. Un autre jour, l'usine rouvre et se remet à fonctionner grâce à cette armée d'hommes blancs qui débarque du continent et d'au-delà. Nikko n'a bientôt plus qu'un rêve, quitte Koukdjuak, quitter ce lac, ce tombeau scintillant, quitter cette pollution ravageuse et ces hommes qui se meurent.
C'est beau je trouve d'écrire en prenant place sur des terres si éloignées, si différentes qu'elles constituent un ailleurs d'emblée romanesque. Avec des descriptions lunaires, des sensations mystérieuses, une ambiance inquiétante et parfois apaisée, les premières pages de Toutes choses scintillant peuvent dérouter. Et puis le monologue de Nikko nous raccroche à la vie, sur cette terre devenue presque stérile. Enfant, jeune fille puis femme, on la suit à travers ses questions, sa croissance, l'évolution de son environnement (famille, amant, mari, fils). Elle nous donne tantôt de l'espoir et tantôt de l'effroi.
L'écriture de Véronique Ovaldé que je découvre ici, ce sont des mots qui résonnent, qui scintillent, des mots comme autant de perles qui font des chapitres de véritables bijoux. En 170 pages seulement, j'ai la sensation d'avoir voyagé très loin, assez longtemps, d'avoir savouré de nombreuses phrases, d'avoir ressenti le froid du lac gelé qui éblouit. J'en suis revenue ravie.
Lien : http://chezlorraine.blogspot..
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Norlane
  28 juillet 2016
Je remonte petit à petit l'oeuvre de Véronique Ovaldé, qui semble une infinie variation autour de la violence, l'enfermement, les pensées et les actes de liberté, la différence, le féminin et la noirceur du masculin, le corps... Ici, son écriture nous emmène dans la touffeur glaciale d'un Pôle Nord isolé, pollué, hostile. J'ai un peu décroché sur la fin, mais peut-être est-ce parce qu'ayant lu d'autres Ovaldé, écrits après celui-ci, je n'avais pas l'effet de surprise.
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lauraleen29
  07 janvier 2018
Voici un roman qui ne me donnait pas forcément envie de le lire à la lecture du résumé. On se dit que l'ambiance est assez glauque mais le livre m'a chaudement été recommandé. Et cette histoire d'usine polluante et cette petite fille unique en son genre ont quelque peu attisé ma curiosité (là c'est la fille écolo et un peu rêveuse qui parle lol).
L'Antarctique est un environnement assez original pour y dresser le décor de l'histoire. C'est vrai, que sait-on vraiment de la vie des gens là bas ? La vie y est dure, tout comme la glace. L'histoire est belle, car la petite Nikko est pleine d'espoir et toujours positive malgré cet environnement agonisant. Mais ce qui m'a le plus plu dans ce livre c'est le style d'écriture de Véronique Ovaldé. A la fois cru et poétique. Je n'hésiterai plus la prochaine fois lorsque je tomberai à nouveau sur un de ses livres.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
ChezLoChezLo   19 septembre 2011
En fait mon père n'est pas mon père. J'ai été échangée à la naissance contre une autre petite fille - plus rouge, plus solide, avec de vrais cheveux et un corps en bien meilleur état de marche, une petite fille moins silencieuse et moins inquiétante, c'est toujours ce que dit mon père. Il dit "elle est inquiétante", il me regarde un moment, et il dit : "elle est inquiétante". Il s'éloigne un peu comme s'il avait peur de se laisser contaminer par ma bizarrerie, il a un léger recul, et je prends un air vraiment inquiétant, je souris en le regardant de côté et je m'amuse et je me répète tout bas "de toute façon tu n'es pas mon père".
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ChezLoChezLo   19 septembre 2011
Je suis née une nuit de lune froide, l'une de ces nuits qui, au pôle, à Koukdjuak, s'étendent sur des jours et des jours, accompagnées de blizzards et de beaucoup de tumulte. Durant la longue nuit d'hiver de cette année-là, trop de bébés sont nés. Toutes les femmes, les plus jeunes, encore toutes petites, impubères j'en suis sûre, et les plus âgées, déjà au crépuscule, abasourdies d'avoir vu s'arrondir leur ventre sec, toutes les femmes mettaient bas.
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le-mange-livresle-mange-livres   04 février 2012
Il y avait peu de visiteurs dans nos contrées. Nous avions l'impression que sur le continent notre existence avait été soigneusement biffée. Nous ne savions pas très bien si c'était une chose bonne que cette amnésie - au moins ils ne pensaient pas revenir avec leurs fûts de toxine.
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ChezLoChezLo   19 septembre 2011
Elle disait - et le bruit de sa bouche était un petit bruit mouillé -, elle disait "la cabane de Kumiku nous a toutes abritées". Je regardais au dehors, la neige et son scintillement tranquille sous le soleil ; je la laissais continuer, je laissais ma mère ressasser ; elle me jetait un oeil, observant mon sourire, s'interrogeant sans doute, mais n'ignorant rien de moi, connaissant ma gentille bizarrerie, s'en accomodant finalement puisque j'étais bien la seule à écouter son histoire.
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ChezLoChezLo   19 septembre 2011
(...) les hommes. (…) ont fabriqué des filets de pêche et affûté leurs ciseaux, ils sont sortis parfois encore pour aller chasser quelque chose, mais ils sont revenus bredouilles parce que mal équipés, mal en forme, et puis finalement ils n’ont plus bougé, non, restant là bien tranquillement à la maison (…) à boire plus que de sérieux.
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Videos de Véronique Ovaldé (56) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Véronique Ovaldé
Bande annonce du film Et mon coeur transparent (2018), adapté du roman éponyme de Véronique Ovaldé
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