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ISBN : 2742756418
Éditeur : Actes Sud (19/08/2005)

Note moyenne : 3.13/5 (sur 104 notes)
Résumé :
Cette nuit Lili n'entend plus le bruit des animaux. Dans un demi-sommeil elle se lève. Accroupie dans l'herbe, protégée par les feuillages du jardin, elle voit soudain passer les girafes, les éléphants, les tatous. Immobile sous la lune, Lili observe puis retourne se coucher auprès de son mari. Dans un silence de songe plus rien ne bouge.

Au matin, la vie reprend, Lili est heureuse. Tout est en place, en équilibre et, dans la lumière de cet été de cha... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
PetiteBalabolka
  02 janvier 2015
Les romans de Véronique Ovaldé en général me plaisent beaucoup. Pourquoi ? Je pourrai répondre que cet auteur a un style singulier. D'accord, mais pas suffisant. D'autres auteurs ont un style bien à eux, une patte, une touche, qu'on retrouve avec impatience à chaque nouveau livre, sur lequel on s'est en général rué et qui nous procure, une fois achevé, la satisfaction de l' attente comblée. Qu'est-ce qui, dans sa singularité, m'émeut, me touche ? Je pense que c'est parce qu'elle a une sorte de grâce, une élégance qui tient dans la contradiction entre la noirceur des thèmes abordés (ce livre-ci n'y échappe pas) et l'apparente spontanéité, fraîcheur du ton. J'ai failli employer le mot "candeur", cela tient peut être au fait que dans les trois romans que j'ai lus d'elle, l'héroïne est à chaque fois très jeune. Pourtant, les mots sont parfois très crus. le titre de cet ouvrage en est d'ailleurs comme une promesse. Puisque j'en viens en parler du titre, réglons-lui son sort une bonne fois. Bien évidemment, il interpelle, c'est sa mission, mais je pense que Véronique Ovaldé a été mieux inspirée avec des titres comme "Déloger l'animal" ou "La grâce des brigands". Cette phrase, "les hommes en général me plaisent beaucoup", prononcée une seule fois par Lili, l'héroïne, ne sert pas, à mon sens, la cause du livre. Ce n'est pas tant parce qu'elle pourrait choquer (quoi que...) mais parce qu'elle ne correspond pas à l'état de soumission dans laquelle se trouve Lili vis-à-vis du seul Yoïm. La relation d'amour et de dépendance qu'elle a avec lui est unique. Avec Samuel, si beau et si doux (mais peut-être ennuyeux), elle n'éprouve en fait que de la reconnaissance, une forme de gratitude pour l'avoir sortie de prison, prison où elle a séjourné entre 15 et 18 ans, conséquence directe de sa relation avec Yoïm qui pouvait (à grands renforts de petites pilules blanches tout de même) lui faire faire n'importe quoi.
Il faut dire que la loupiote (elle n'a alors que 14 ans) ne vivait pas inondée d'amour et de réconfort non plus, seule avec son petit frère devenu quasi muet suite au décès de leur mère, obligée d'obéir à un père nazi-fanatique, paranoïaque et hypocondriaque par substitution, transformant la maison en cache d'armes, les honorant de sa présence toute militaire, environ une fois par mois pour les ravitailler en gâteaux secs. On peut trouver plus équilibrant tout de même.
Alors, inéluctablement, lorsque ce voisin en apparence providentiel s'intéresse un peu à elle, c'est une totale carte blanche sur elle-même qu'elle offre. Bien évidemment, Prince charmant, il n'est pas et, sans scrupule, pour ses 14 ans, en fait sa maîtresse et pire sa complice.
Neuf ans plus tard, la petite Lili fait beaucoup d'efforts pour paraître réparée de cette enfance toute cassée mais très vite le verrou que Samuel et elle ont posé sur le passé, se grippe. Présage ? Les animaux du zoo tout proche se sont-ils réellement enfuis ? Est-ce le fascinant Yoïm qu'elle a aperçu ? Comment, alors qu'elle est consciente de sa dépendance, réussir à s'en affranchir ? Choisira-t-elle une résilience douce ou brutale ?

Une géographie fictive toujours aussi charmante (je l'avais évoquée pour "Ce que je sais de Vera Candida") , un onirisme animalier particulièrement original, des thèmes forts (on l'aura compris), un mélange improbable de brutalité et de fraîcheur, présenté comme un bouquet dense, des espérances certes ténues mais bien réelles, bref, un assemblage subtil que Véronique Ovaldé maîtrise à merveille et qui plait (en général...).

Lien : http://leschroniquesdepetite..
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Zazette97
  28 août 2011
Publié en 2003, "Les hommes en général me plaisent beaucoup" est le troisième roman de la romancière française Véronique Ovaldé, notamment auteure de "Déloger l'animal", "Et mon coeur transparent" ou encore de "Ce que je sais de Vera Candida".
Lili vit avec Samuel depuis 5 ans. Alors qu'il manifeste son envie de fonder une famille, Lili retrouve Yoïm, l'homme qu'elle a aimé à l'adolescence et qui l'a sauvée d'un père tyrannique et initiée au sexe, au vol, à la drogue pour l'abandonner en prison.
Lili se souvient de ces années folles, dures, incertaines. Est-elle prête à renoncer définitivement à Yoïm ou va-t-elle rompre cet équilibre construit avec l'homme qui l'a sortie de prison ?
Saisissant ! Rédigé à la première personne, ce court roman nous plonge dans l'univers sombre de Lili, une jeune femme ébranlée par la mort de sa mère, une femme subversive, opposée au fanatisme antisémite de son mari.
Après le décès de celle-ci, son frère devient muet et son père décide de les enfermer tous deux à double-tour afin de les préserver de toute menace extérieure.
Mais le danger rôde juste au dessus de leur tête, à l'étage où vit une gentille petite famille indienne ainsi qu'un homme, Yoïm, dont Lili tombe instantanément amoureuse.
Alors qu'elle se croyait libre et sortie du cauchemar familial, Lili se sent dépendante de Yoïm et se laisse entraîner dans une spirale infernale qui l'expédiera en prison.
J'ai eu, au départ, beaucoup de mal à comprendre cette femme et ses fantômes. Mais petit à petit, alors que son histoire est dévoilée au travers de flashbacks, j'ai mieux saisi son fantasme de libérer les animaux du zoo près de chez elle.
Véronique Ovaldé brosse le portrait d'une femme sans cesse confrontée à l'enfermement, d'abord durant l'enfance, passée auprès d'un père fan de "Dodolphe".
Ensuite à l'adolescence, période durant laquelle elle s'enlise dans une relation malsaine avec Yoïm, puis durant son séjour en prison et enfin, dans sa vie présente, alors qu'elle vit avec un homme qui prend les décisions pour le couple sans la consulter.
Les personnages masculins, Yoïm et Samuel, passent tour à tour de sauveur à bourreau. Si Lili éprouve envers eux un sentiment de reconnaissance, elle est en proie à des émotions négatives qui lui dictent la fuite.
L'ambiance dépeinte ici m'a énormément fait penser à l'univers chimérique, torturé de Joyce Carol Oates : pour ses personnages masculins qui font figure d'autorité supérieure, pour cette héroïne féminine dépendante et incapable de savoir où est son bien et pour cette écriture vive, singulière, parfois crue mais toujours juste.
A lire !
Lien : http://contesdefaits.blogspo..
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kathy
  25 novembre 2011
« Je suis sortie de prison un lundi. Samuel est venu me chercher ; il a tant oeuvré pour me libérer.
Maintenant je vis avec lui. Mais sa présence, réconfortante, saura-t-elle me libérer de la prison (sans barreaux) que je me suis construite durant mon enfance ?
J'ai longtemps cru que Yoïm, mon ancien amant, pourrait, quant à lui, me libérer de la prison paternelle dans laquelle je m ‘étais emmurée ? Un père militant au « Parti », qui vénérait Dodolphe et l'uniforme gris. Un père qui a opéré pendant des années, sur mon petit frère et moi-même, un travail de sape en insistant sur l'hostilité du monde et sur la méchanceté des gens…
Je n'avais alors que quatorze ans. Je suivais les consignes de mon père et restais enfermée dans l'appartement. Je ne savais pas désobéir… Sortir, c'eût été pénétrer en des domaines inconnus, c'eût été violer des territoires ennemis, je n'étais pas sûre de ce que je trouverais au-delà de la terrasse et des cactus, j'imaginais des échangeurs d'autoroute, des humains carnassiers de toutes les couleurs, des enfants armés, et bien sûr personne pour comprendre ma langue, personne pour me donner à manger, des loups partout des loups…
Tant d'hostilité m'inquiétait…
Yoïm me rassurait ; je me suis donc tournée tout naturellement vers lui ; avec ses trois cents livres et les petits cachets blancs qu'il me confiait, il a su m'apprivoiser. Et aujourd'hui, après ma sortie de prison et malgré le fait qu'il m'ait emprisonnée et empoisonnée, je crois encore en lui : sa douceur et l'attraction que je sens quand il rôde autour de chez moi et quand il m'épie, continuent à m'aimanter…
Serais-je à nouveau prisonnière ? »
Un livre qui nous plonge dans le destin tragique de Lili. Une jeune fille, - « abandonnée » trop tôt par sa mère (son unique planche de salut) et malmenée par son père-, qui aura toutes les peines du monde à s'affranchir de ses blessures d'enfance pour se construire en tant qu'adulte libre et autonome.
Une fin qui m'a laissée un peu dubitative…, mais un livre bien écrit qui a le mérite de nous faire réfléchir sur la maltraitance, la dépendance, la liberté et les processus possibles de résilience.
Un livre douloureux qui interroge…
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Norlane
  13 mars 2012
Si le titre pourrait faire croire à une histoire de filles entre sexe et copines, il n'en est rien ! Ici l'atmosphère est particulièrement noire et folle : nous croisons un père taré abreuvé de nazisme, un sauveur pervers, une jeune fille bien abîmée...
Comme pour Ce que je sais de Vera Candida, je termine le livre un peu frustrée : il me manque un pan de l'histoire (celle du petit frère de Lili). Mais comme Des vies d'oiseaux, ce livre me confirme ce que j'aime chez Véronique Ovaldé : son univers et son écriture, à la fois semblables (l'enfermement - plus ou moins violent - des jeunes filles et des femmes et leur envol possible ; une manière incroyable d'équilibrer le cru, le violent, et une certaine douceur, quelque chose de léger et positif) et renouvelés (je n'ai eu à aucun moment le sentiment de déjà-lu).
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le-mange-livres
  29 décembre 2011
Encore un OVNI signé Ovaldé.
"J'ai repassé des milliers de fois la façon dont les évènements se sont combinés, j'ai cherché à quel moment tout était parti en vrille, pourquoi j'avais fini par baigner dans mon sang dans une absolue solitude, j'arrivais juste à me dire, c'est parce que j'ai été mauvaise mauvaise que les choses se sont mal goupillées et j'ajoutais pour me meurtrir un peu plus, c'est une histoire avortée, c'est une histoire qui pisse le sang et je grimaçais de me revoir sur la paillasse de Yoïm gouttant sur le plancher avec une régularité de métronome".
Dans ce récit à la première personne, Lili décrit sa vie tranquille avec le beau Samuel dans une jolie banlieue pavillonnaire arborée. Mais déjà, quelque chose ne va pas, et l'anormalité pointe sous la banalité du réel lorsque Lili, en pleine nuit, se lève pour observer l'étrange et poétique défilé-ballet des animaux quittant le zoo en catimini (scène d'ouverture).
C'est que Lili n'est pas une femme au foyer comme les autres. La structure du roman interdit d'en révéler beaucoup plus. On peut seulement dire que, lorsque le lendemain elle se rend au zoo pour démêler le mystère de la fuite nocturne des animaux, Lili croit apercevoir une ombre massive et terrifiante qui fait ressurgir son passé sordide, entre un père sévère et rigide, une mère - "prairie", un petit frère semi-muet, une vieille demoiselle inquiétante et un premier amant douteux.
Et comme toujours avec Véronique Ovaldé, il s'agit de comprendre comment - pourquoi en est-on arrivé là, au sein d'une galerie de personnages assez sérieusement azimutés. Moins triste que Ce que je sais de Vera Candida et moins mystérieux que Et mon coeur transparent, Les hommes en général me plaisent beaucoup est marqué par le même genre de nostalgie. L'écriture reste incisive, avec des phrases longues mais rythmées comme le flux et le reflux des vagues en suivant les méandres embrouillés de la conscience de Lili. Une certaine violence et une certaine brutalité, aussi, pour ce roman qui dérange, étonne ... et plaît encore une fois !
Lien : http://le-mange-livres.blogs..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
kathykathy   24 novembre 2011
Quand ma mère est morte, il y avait juste mon petit frère à la maison. Elle a fait une attaque, quelque chose dans le cerveau qui a explosé en laissant se répandre de précieux liquides, quelque chose qui aurait ressemblé à une bombe sous-marine, beaucoup de bruit et de tremblements dans la fosse, des bulles par milliards qui remontaient à la surface, ne désirant qu'une chose, s'échapper absolument et monter monter en bousculant tout ce qu'il y avait de vivant alentour pour enfin accéder à l'air et disparaître.
Je me suis dit, quel foutoir ça doit être là-dedans, toute cette mémoire en vrac et les neurones sans dessus dessous.
C'est ce que j'ai pensé quand je l'ai vue dans sa robe à fleurs jaune, sa robe d'intérieur.
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le-mange-livresle-mange-livres   29 décembre 2011
J'ai repassé des milliers de fois la façon dont les évènements se sont combinés, j'ai cherché à quel moment tout était parti en vrille, pourquoi j'avais fini par baigner dans mon sang dans une absolue solitude, j'arrivais juste à me dire, c'est parce que j'ai été mauvaise mauvaise que les choses se sont mal goupillées et j'ajoutais pour me meurtrir un peu plus, c'est une histoire avortée, c'est une histoire qui pisse le sang et je grimaçais de me revoir sur la paillasse de Yoïm gouttant sur le plancher avec une régularité de métronome.
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kathykathy   24 novembre 2011
Je suis sortie de prison un lundi. Samuel est venu me chercher, il avait tant oeuvré pour me libérer... Et moi qui n'avais pas pensé sortir un jour de cet enfer, qui m'étais simplement laissé porter par sa volonté, moi qui croyais encore que le monde était pour l'essentiel carnassier, que je n'avais rien à y faire, et que les hommes étaient tout particulièrement dangereux.
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kathykathy   24 novembre 2011
Maman était affalée dans le couloir.... Mon petit frère a alors senti que quelque chose ne tournait pas rond, alors il s'est allongé sur elle - elle dans sa belle robe d'intérieur à fleurs jaunes que nous aimions tant mon petit frère et moi parce que, cette robe - qui ressemblait à une vraie prairie - elle nous disait simplement, ici c'est votre maison.
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kathykathy   25 novembre 2011
Quand il a disparu dans le salon obscur, nous avons recommencé à respirer, mon petit frère et moi, c'était plus fort que nous parfois, quand le vieux était là, on retenait notre souffle - comme pour parer dégâts pollution, contamination, mauvaises odeurs - et on se regardait droit dans les yeux. On finissait par avoir terriblement envie de rire. Nos visages grimaçaient, se contractaient, le petit frère levait les yeux au ciel, avec la jolie peau de ses joues lisses qui gonflaient.
Puis le vieux disparaissait, nous vidions nos poumons.
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Vidéo de Véronique Ovaldé
Suivez Gloria, une mère louve au passé tumultueux que rien n?arrête... et découvrez jusqu?où l'on peut aller pour protéger ses enfants. Le nouveau roman de Véronique Ovaldé : "Personne n'a peur des gens qui sourient", actuellement en librairie ? https://bit.ly/2HAMlyG
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