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Sylvie Cohen (Traducteur)
ISBN : 2070355624
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.29/5 (sur 97 notes)
Résumé :
Un village au bout du monde, triste et gris, encerclé par des forêts épaisses et sombres.
Un village maudit : toutes les bêtes, tous les oiseaux et même les poissons de la rivière l'ont déserté. Depuis, ses habitants se barricadent chez eux dès la nuit tombée, terrorisés par la créature mystérieuse nommée Nehi, et interdisent aux enfants de pénétrer dans la forêt. Mais surtout, ils gardent le silence. Personne ne veut se souvenir des animaux ni évoquer la vie... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
mollymon
  09 septembre 2016
Une nuit, il y a bien longtemps, un village est victime d'un étrange événement : tous les animaux, jusqu'aux plus minuscules, ont disparu ! Un être maléfique qui vit dans la forêt toute proche, tel le joueur de flûte de Hameln, les a entraînés on ne sait où.
Depuis les villageois vivent avec une peur dont ils cherchent à se protéger en choisissant d'oublier. Sous le poids d'une obscure culpabilité, ils font comme si les animaux n'avaient jamais existé. Mieux vaut ne pas chercher à savoir ni même en parler, ceux qui le font s'exposent à la risée générale.
Il est hors de question de pénétrer dans la forêt, le seul à s'y être aventuré est revenu atteint d'un mal étrange qui le fait hennir et non plus parler. Par peur de la contagion, le pauvre est frappé d'ostracisme mais deux gamins un peu plus futés que les autres refusent de ne pas connaître la vérité...
Ce court texte parle, sous la forme d'un conte, de la différence ou plutôt de la tolérance envers celle-ci. Il nous montre que la véritable maladie n'est pas la "hennite" mais celle de la méchanceté, de la raillerie.
Je me suis demandée si Amos Oz n'utilise pas la métaphore des animaux pour symboliser le peuple juif qui s'est enfuit vers la terre promise pour échapper aux persécutions et trouver le jardin d'Eden en Israël.
L'autre thème très fort que l'auteur aborde ici est celui de l'oubli, feint ou sincère, qui est en lui même une malédiction contre laquelle il faut lutter.
C'est donc un roman qui, à mon avis, ne s'adresse pas qu'aux enfants même s'il paraît parfois naïf comme tout conte qui se respecte.
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aurelie_leroy
  02 août 2013
Dans un petit village, les animaux ont disparu. Pas le moindre moineau ne traverse le ciel, aucun chien ne vient briser le silence avec ses jappements, même le ruisseau ne contient pas de poissons. Les adultes restent muets en ce qui a trait à cette malédiction et craignent le démon Nehi, vivant dans la forêt interdite. Il faudra le courage (ou la naïveté ?) de deux enfants pour percer le mystère…
C'est la belle simplicité de ce conte qui charme le lecteur. le message de tolérance est plutôt évident dès le départ de l'aventure. Néanmoins, Oz parvient à captiver le lecteur avec ses personnages colorés. Pour une raison qui m'échappe, le livre semble avoir été publié originalement dans l'optique de rejoindre un public adulte, alors qu'il s'agit d'une petite histoire idéale à raconter aux enfants avant d'aller dormir.

Un texte court mais très fort dans son imagerie.
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ATOS
  03 juin 2013
Profonde est la forêt du monde. C'est un refuge. le jardin des âmes déçues . Un sanctuaire, une arche.
Regard de deux enfants sur un village qui a délibérément perdu la mémoire , qui choisit l'oubli plutôt que de reconnaître le poids de ses actes.
Les animaux ont disparu du village. Tous. Ils ont quitté le village une nuit. Nul ne les a jamais revu. Alors les hommes préfèrent inventer « leur monstre », leur « sorcier de la nuit ».
Ils inventent une histoire à dormir debout et la raconte à leurs enfants.
Ce n'est pas de leur faute si les animaux ont disparu. C'est celle du monstre ! Alors qu'on en parlons plus !..
Mais les enfants gardent la mémoire que les adultes ont perdu. Ils partiront au delà des frontières du village pour savoir, voir ce qu'il y a derrière le mur.
Le conte d'Amos Oz nous parle de tolérance, de mémoire, du respect que l'on doit à toute vie, de l'exil, du silence, de la mansuétude, du rejet de la vengeance, de l'accueil et du partage, du futur.
La forêt profonde est un territoire de paix, ce n'est pas un monde perdu, il n'est pas très loin juste à la lisière du village. Là bas repose l'espoir, dans le choeur du monde, dans cette forêt si profonde.
Astrid Shriqui Garain
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Momiji
  08 juin 2015
Dans un village isolé, encerclé de forêts denses et hostiles, tous les animaux ont disparu il y a fort longtemps et le village est considéré comme maudit. Les habitants craignent la venue la nuit d'un démon Nehi. Mais surtout, personne ne veut en parler, surtout pas aux enfants. La plupart des adultes feignent même que les animaux n'ont jamais existé et malheur à celui qui prétend le contraire : il sera rejeté de la communauté. Matti et Maya, deux jeunes enfants curieux croient pourtant leur institutrice qui leur parle des animaux qui étaient là avant et décident de percer le mystère en s'aventurant dans la forêt interdite.
Avec un art consommé de la narration et un usage délicieux du suspens, Amos Oz réussit dans ce petit livre à retenir le lecteur en haleine et lui donne envie de vite arriver à la fin de l'ouvrage pour découvrir la vérité, le secret qui explique pourquoi et comment les animaux ont disparu du village (et non, je ne vous le dirai pas, évidemment). C'est aussi probablement parce qu'il prend le parti de mêler dans une écriture entraînante les codes de différentes cultures, du conte et de la parabole, avec lesquels nous avons tous grandi d'une manière ou d'une autre. On reconnaît bien sûr l'influence biblique, celle du folklore européen mais au-delà, Amos Oz offre ici un conte philosophique à portée universelle, pour toutes les générations pour éveiller nos consciences.
Il est aisément facile de tomber dans le piège de trop en dire ici et je préfère laisser le mystère planer pour vous laisser à votre tour vous plonger dans ce récit dont on ne ressort pas indifférent, bercé par l'atmosphère tour à tour merveilleuse, inquiétante, déroutante qui se déploie.
Parabole sur la tolérance autant que plaidoyer sur la beauté et le merveilleux du Vivant dans son ensemble, Amos Oz nous invite à nous interroger également sur notre rapport aux êtres humains et animaux, dont nous abusons parfois, que nous rejetons, méprisons car ils ne rentrent pas dans le cadre de nos visions normées. Dans un style s'émancipant d'une moralisation inutile cependant, il s'inscrit comme un veilleur, un donneur d'alerte pour nous inciter à chérir la beauté de la diversité et à nous ouvrir aux autres.
Une belle lecture qui initie un discours aisément prolongeable sur les liens essentiels de l'Humanité avec les animaux, sur l'acceptation de la différence, de l'autre, qui s'il n'est pas et ne pense pas comme nous ne mérite pas moins notre intérêt ou du moins notre respect.
Lien : http://wp.me/p12Kl4-zk
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ChristianLV
  15 août 2016
Bonjour,
Je viens de lire l'ouvrage, je l'ai bien aimé.
C'est bien écrit, bien traduit.
Ce conte n'est que la moitié d'une histoire, mais comme elle implique des enfants, il leur revient d'imaginer la suite.
Il pose la question de la condition animale, la servitude à l'égard de l'homme, soit par domestication soit que les animaux soient réduits à des aliments, des choses. Cette longue nouvelle nous raconte l'histoire d'une révolte d'un monde animal qui décide de fuir les habitants d'un village. Ceux-ci, prisonniers de leurs dénis et de leurs peurs, deviennent si étrangers à leur environnement qu'ils se confinent, s'isolent dans leur quotidien, une sorte de prison, un village isolé dans une montagne "hostile", habitée par un démon : NEHI.
Les villageois sont montrés comme un groupe d'individus indissolublement liés les uns aux autres par leurs relations familières incluant les mécanismes pervers d'exclusion au sein des groupes humains qui se choisissent des souffre-douleurs. Et la manière dont ceux-ci se protègent en se solidarisant de la condition animale et en utilisant judicieusement les faiblesses des hommes : leurs superstitions.
Ce sont des enfants, potentiellement libres de préjugés, qui peuvent se libérer de ces liens, et partir à la découverte de la vérité et d'un monde non pas hostile, mais réagissant de la manière dont on l'aborde : soit en ami, soit en ennemi.
Le plus intéressant est pour la fin : les enfants, loin de choisir de rester avec NEHI et les animaux qu'il héberge en son paradis, choisissent de retourner au village. le conte se termine ainsi, sans parler de la suite, en particulier de l'accueil qui leur sera réservé, ni des efforts qu'ils devront faire pour réconcilier les villageois avec la nature qui les environne, pour autant que cela soit possible.
Ce conte entre en résonnance avec la tradition biblique, philosophique (Platon citant Socrate) et chrétienne : comment est reçu celui qui a découvert la liberté et qui doit l'annoncer à ceux qui sont encore prisonniers de leurs peurs, de leurs mauvaises habitudes. Tel est la vocation ingrate des prophètes dans l'ancien testament. Quant au Christ, il finit sur la croix : cette suite de l'histoire n'est pas contée, il ne faut pas décourager les enfants ... C'est ce qui se passe pour Jeanne d'Arc. Lorsqu'elle part à Chinon pour libérer Orléans, elle ne voit de son destin que la victoire sur les anglais et la couronne posée à Reims sur la tête de Charles VII et n'imagine pas terminer son itinéraire sur le bûcher de Rouen "par grande victoire !" comme le lui annonce l'Archange Saint Michel.
Je n'ai pu m'empêcher en lisant cet ouvrage de penser à la chanson de Félix Leclerc "A minuit dans le bois, quat' petits frères et soeurs, qui se meurent de peur dans une cabane en bois ..."
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Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
CarlaGoncalvesCarlaGoncalves   06 mars 2014
Soudain dans la forêt profonde est un livre très court, qui raconte que dans un petit village tous les animaux avaient disparus. Les enfants n'ont donc pas vu d'animaux de leur vie, les adultes étaient les seuls qu'avaient vu et eu des animaux. Dans ce village les animaux avaient disparus d'un jour à l'autre pendant la nuit sans que personne ne sache. Les adultes n'en parlaient pas des animaux car ils pensaient que c'était à cause d'eux qu'ils étaient partis. À chaque fois qu'un enfant posai une question sur les animaux, les adultes ne disaient rien ils changeaient de sujet ou ils disaient même que c'est des légendes, que les animaux n'existaient pas. Les adultes ont même inventé la mystérieuse créature "Nehi", et ils interdisaient les enfants d'aller dans la forêt. Mais un jour deux enfants très curieux et courageux nommé Maya et Mati ont voulu savoir toute la vérité et s'on aller dans cette forêt retrouver les animaux.
Quand j'ai vu ce livre il ne m’a pas vraiment intéressé car sa couverture ne m'interpelais pas, mais quand je lais lu j'étais très surprise car ce livre est bien, avec beaucoup de mystère. J’ai beaucoup aimé ce livre mais j'ai étais déçus puisqu'il était très court et l'auteur ne nous dit pas tout, ils nous laissent imaginer la suite.
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MarcBibliothecaMarcBibliotheca   12 août 2010
Durant des années, pour s'endormir, Almon avait coutume de se laisser bercer par le grignotement destructeur des insectes xylophages, au sein de l'obscurité. De sorte que, depuis cette terrible nuit, il peinait à trouver le sommeil : comme si le silence pesant le narguait dans les ténèbres. Assis à la table de la cuisine, le pêcheur veillait jusqu'à minuit, se rappelant que jadis, à cette heure, s'infiltraient à travers les persiennes closes les jappements tristes des chacals de la forêt auxquels répondaient les aboiements furieux des chiens du village qui se muaient à leur tour en glapissements. A ces moments-là, son chien, ce cher animal, posait sa tête tiède sur ses genoux et levait vers lui un regard rayonnant d'intelligence, de compassion muette, d'amour et de tristesse. "Merci, Zito, lui disait Almon. Ça va passer. Ça ira.
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mollymonmollymon   09 septembre 2016
Durant des jours et des jours, les gens n’avaient plus osé se regarder en face, tant ils étaient méfiants, abasourdis ou honteux. Depuis, la plupart répugnaient à en parler. En bien ou en mal. Ils n’en disaient mot. Il leur arrivait même d’oublier pourquoi ils préféraient oublier. Cependant, tout le monde se souvenait parfaitement que l’oubli était souhaitable. Et qu’il valait mieux nier en bloc, même le silence, et se moquer de ceux qui s’obstinaient à se souvenir : il fallait qu’ils se taisent. Qu’ils ne parlent pas.
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aurelie_leroyaurelie_leroy   17 juillet 2013
Dans chaque classe, dans n’importe quel groupe, expliqua-t-il, il y a toujours un souffre-douleur, un mal-aimé, un exclu qui s’obstine à suivre les autres partout. Toujours à la traîne, à l’écart, gêné et gauche, mais imperméable aux insultes et aux rebuffades, il ferait n’importe quoi pour leur être agréable, pour qu’on le tolère, il serait prêt à leur servir de larbin, à faire le fou, le pitre pour amuser la galerie, il se fiche qu’on se moque de lui ou qu’on le maltraite et il serait même capable d’offrir son cœur meurtri. Mais personne ne s’intéresse à lui.
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AttrapeRevesAttrapeReves   10 avril 2010
En effet, quiconque refuse de se fondre dans le moule, d'être comme tout le monde souffre de la maladie du hennissement, ou du hurlement, ou de Dieu sait quoi, et alors, il a intérêt à se tenir à l'écart pour ne pas contaminer les autres.
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Videos de Amos Oz (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Amos Oz
Amos Oz 1/10 : Ailleurs peut-être (France Culture - Adaptation radiophonique)
Amos Oz 1/10 : Ailleurs peut-être (France Culture - Adaptation radiophonique). Diffusion sur France Culture du 20 juin au 1er juillet 2016. Photographie : Arad. Amos Oz. 2004 © MICHA BAR AM / MAGNUM PHOTOS. La vie de tous les jours dans un kibboutz imaginaire des années 60, décrite par un des plus grands écrivains israéliens contemporains. Roman traduit de l’hébreu par Judith Kauffmann. Adaptation : Victoria Kaario. Réalisation : Jean-Matthieu Zahnd. Conseillère littéraire : Emmanuelle Chevrière. Ce feuilleton en dix épisodes est l’adaptation du premier roman d’Amos Oz, « Ailleurs peut-être », publié aux Éditions Gallimard. Amos Oz y dépeint la vie des membres d’un kibboutz imaginaire, celui de Metsoudat-Ram, dans les années soixante. Sur le fil d’une année, Ezra, Reouven, Bronka, Noga et les autres, s’aiment, se trompent, se quittent, font des enfants, légitimes ou pas. Et ces drames intimes qui jalonnent le récit n’entravent en rien la marche de la vie collective, rythmée tant par les célébrations communistes que par les rumeurs qui empoisonnent la vie des villageois.
1er épisode : Un village idyllique, Messieurs-dames 2ème épisode : Le charme de la banalité quotidienne 3ème épisode : Le Premier Mai 4ème épisode : Puissance du mal 5ème épisode : Deux femmes 6ème épisode : Soirées poétiques 7ème épisode : Un personnage diabolique 8ème épisode : Tu es à nous 9ème épisode : Idylle familiale 10ème épisode : Tableau final
Avec : Violaine Schwartz, Quentin Baillot, Jean-Gabriel Nordmann, Evelyne Guimmara, Mohamed Rouabhi, Christine Culerier, Rebecca Stella, Nicolas Lê Quang et bien d’autres
Bruitage : Sophie Bissantz Equipe de réalisation : Bernard Lagnel et Anil Bhosle Assistante de réalisation : Julie Gainet
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