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EAN : 9782221240298
1184 pages
Éditeur : Robert Laffont (10/10/2019)

Note moyenne : /5 (sur 0 notes)
Résumé :
Michelle Perrot est une des plus grandes historiennes contemporaines. Ses travaux, pionniers en matière d’histoire sociale, d’histoire des marges, des femmes et du genre, ont puissamment contribué à renouveler la discipline et ses objets. Les trois séquences qui rythment ce volume correspondent à ses thèmes de prédilection : ouvriers, marges et murs, femmes.
S’intéressant à travers eux à des figures de dominés, longtemps ignorés par les chercheurs, elle expl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Bigmammy
  17 janvier 2020
Le sous-titre de cette collection d'essais est réducteur. L'ouvrage commence par l'étude des mouvements ouvriers et en particulier le premier chapitre qui traite des ouvriers en grève.
Cette thèse - particulièrement bien écrite et très accessible - recouvre les années 1870 à 1890, au début de la Troisième République, moment-clé de la révolution industrielle et des grands chantiers d’aménagement urbain. L’auteure a fait elle-même sa sélection parmi son œuvre considérable qui traite essentiellement d’histoire sociale, des marges et des prisons, des femmes et du genre. L'ouvrage commence par cette étude magistrale.
La grève : le mouvement par excellence de la classe ouvrière. Le livre d’origine comprend 900 pages et ici seulement 123. Son intérêt évident est de comparer les éléments mis en lumière par Michelle Perrot et ce que nous vivons depuis plus de 40 jours. Et les constantes abondent …
Première constatation : la grève est une fête. On cesse le travail, on quitte en bloc l’usine, c’est l’échappée-belle, souvent en famille. Dans l’époque étudiée, la violence connaît cependant d’étroites limites et d’abord dans son champ exclusivement patronal. Cantonnée au périmètre des usines, elle dégénère rarement en émeute mais est ponctuée très souvent de bris de vitres, de jets de pierres, de saccages des demeures orgueilleuses des patrons : en vingt ans, on ne dénombre en effet qu’une demi-douzaine de barricades – à Paris une seule en 1888. L’attitude des syndicats de l’époque est sans ambiguïté : la violence naît en dehors d’eux et ils la condamnent.
Au cours de la grève, la parole assure plusieurs fonctions : exutoire, défoulement, communication des idées par répétition et contagion. Un processus assez semblable à l’évangélisation, c’est la prédication socialiste. Injures, menaces, huées, acclamations : la haine contre les patrons s’étale sur les murs, les cris et les chansons sont de mise. Dans la rue, les cris scandent les mouvements d’une masse dont ils épaulent la déambulation. La violence physique est le fait des anarchistes et le supplice promis (aux patrons jadis, aux gouvernants aujourd’hui) est toujours la pendaison, rustique arme du pauvre.
Il est question de l’exaltation de la lutte ouvrière (le refus de souffrir encore), plus que de lutte des classes. Deux revendications majeures : la satisfaction des besoins matériels et la soif de considération. Car les classes dirigeantes sont jugées aussi immorales qu’inefficaces. Cependant, on reste discret sur les moyens d’accomplir la Révolution. On refuse l’ingérence du Politique, facteur de divisions, de côteries.
Le discours politique suscite une sourde résistance : crainte d’être récupéré. Il n’y a donc pas forcément concordance entre la vigueur sociale et les choix politiques conservateurs (voir en 1968). Et, parmi les revendications : la lutte contre la main-d’oeuvre étrangère et la xénophobie. Les syndicats réclament que les étrangers ne viennent pas travailler en-dessous du salaire minimum des Français …Ce que la crise rend utopique. La « préférence nationale » est déjà là et on s’attaque aux travailleurs étrangers (Italiens, Belges...) en brandissant le drapeau tricolore.
Conclusion de l’auteure : la grève précède et engendre le syndicat et non l’inverse, et la syndicalisation de la grève c’est à la fois sa rationalisation efficace mais aussi sa possible domestication.
Lien : http://www.bigmammy.fr/archi..
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critiques presse (1)
LaPresse   13 décembre 2019
Ce livre — un recueil de textes publiés au fil des ans — est divisé en trois thèmes : les ouvrières, les marginales et les femmes. [...] À travers ses commentaires, on peut apprécier le chemin parcouru ainsi que la qualité d’une carrière académique de plus de 50 ans dédiée entièrement aux femmes. Remarquable.
Lire la critique sur le site : LaPresse

Videos de Michelle Perrot (29) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michelle Perrot
Figure du communisme en France, Martha Desrumaux était une ouvrière et… une femme, soit deux raisons d'être oubliée par l'Histoire. Avec le documentaire le Souffle de Martha, diffusé ce lundi 8 mars sur LCP, François Perlier répare un peu cette injustice en célébrant le destin de cette femme qui, selon l'historienne Michelle Perrot, « avait quelque chose d'exceptionnel ».
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