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Charles Baudelaire (Traducteur)Lionel Menasché (Éditeur scientifique)
ISBN : 2844853781
Éditeur : Allia (10/02/2011)

Note moyenne : 2.92/5 (sur 13 notes)
Résumé :

Un mystérieux automate habillé à la turque parvient à tromper ses adversaires lors de tournois d'échecs organisés par son propriétaire. Jouant sur une table éclairée à la bougie, cette "pure machine" ne perd quasi jamais. Le joueur d'échecs a plus que tout autre automate emporté l'admiration du public du XIXe siècle. Prompt au scepticisme, loin de se laisser berner par quelque pouvoi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Erik35
  25 mars 2017
ÉLÉMENTAIRE MON CHER EDGAR !
De tout temps, l'être humain a voulu comprendre ce qui le dépassait, ce qui remettait en cause sa capacité de réflexion, de raisonnement, de compréhension des problèmes de tous ordres se posant à lui. Avec l'apparition des machines, de l'horlogerie, des prémices encore très modestes et balbutiants de nos actuels ordinateurs vers la fin du XVIIIème, des mécanismes de plus en plus sophistiqués, l'être humain qui est aussi un indécrottable enfant s'est servi à des fins ludiques des machineries de plus en plus complexes qu'il créait, qu'il inventait.
Nous avons tous en mémoire des carillons pourtant très anciens mais qui parviennent encore à nous émerveiller, en une époque ou de méga-computer parviennent à battre l'esprit humain jusqu'en l'un de ses derniers retranchements, celui du jeu. Ainsi avons nous vu ces "intelligences artificielles" battre tout d'abord les plus grands joueurs d'échec, puis du jeu de go aux possibilités tactiques encore plus folles et même, récemment, être meilleures tricheuses que l'homme au cours de partie de poker étranges.
Mais si nous en sommes parvenus à de tels sommets de technicité, c'est parce qu'il y eu pléthore de précurseurs. Ainsi a-t-on vu fleurir un nombre considérable d'automates, capable de singer l'homme ou l'animal, imitant des postures, capables, pour les plus évolués d'entre eux, de faire jeu égal avec l'esprit humain.
Tel était supposé être le joueur d'échec de Maezel, du nom de l'un de ses propriétaires, mais pas de son créateur, Wolfgang von Kempelen, un autrichien. L'étrange machine, un grand coffre rempli de mécanismes complexes (du moins, en apparence), était complétée d'un homme assis figurant un turc, tel qu'on se les imaginait en ce temps-là, le tout étant de métal et de bois. Tout au cours de sa longue carrière, de 1770 jusqu'à sa fin tragique dans l'incendie du Chinese Museum de Philadelphie en 1854, l'automate déchaîna les passions et les interrogations au fil des déplacements de son propriétaire, M. Maezel, dans une tournée presque ininterrompue d'exhibition, en Europe, mais surtout aux Etats-Unis d'Amérique. Entre autres parties célèbres, il battit le philosophe, inventeur et homme politique américain Benjamin Franklin ainsi que, à l'occasion d'un moment resté dans les anales, notre propre Napoléon Ier dans les moments de sa bataille de Wagram !
C'est ainsi qu'Edgar Allan Poe put à son tour admirer mais surtout examiner, sous toutes les coutures, le célèbre turc joueur d'échec. Mais, à la suite d'un certain nombre de ses prédécesseurs, il ne se laisse pas convaincre par la possibilité qu'une simple machine puisse battre, presque à tous coups, des joueurs de force variables, d'aucuns ayant été de redoutables adversaires. Dès lors, à la manière d'un Sherlock Holmes en quête de vérité, il démonte pas à pas les invraisemblances, les impossibilités, la mystification de l'objet, par son propriétaire, qu'il a sous les yeux. Car mystification il y a en effet !
Hélas, à vouloir être trop précis, à nous faire suivre le cours exact de ses pensées, de ses investigations et de ses conclusions (lesquelles, au passage, s'avéreront partiellement inexactes une fois la vérité éventée, bien des années plus tard), la traduction souvent ampoulée de Charles Baudelaire n'arrangeant sans doute rien, ce court texte se révèle être un véritable pensum, ennuyeux, laborieusement rédigé et qui ne manquera certainement pas d'occasionner maints bâillements au lecteur y compris très curieux ou admirateur éperdu de l'oeuvre de l'auteur de "Le corbeau", de "La lettre volée" ou de ses fameuses "Histoires extraordinaires" (nouvelles d'ailleurs bientôt proposées dans une traduction entièrement nouvelle et dépoussiérée de la pesanteur baudelairienne aux éditions Phébus. Pardon pour cette réclame : C'est un ami qui est à la tâche...).
Bien que dans son excellente postface Lionel Menasché explique avec brillance en quoi la démarche intellectuelle dont use Poe dans ce besogneux opuscule préfigure celle de bon nombre des textes futurs de l'auteur, rien, en dehors d'une passion effrénée ou d'un travail de spécialiste, ne sauve littérairement ce livret pourtant méconnu autant que fort agréablement présenté et ouvragé, comme il est d'usage chez les excellentes éditions Allia.
Aussi, conseillerons-nous plutôt aux curieux souhaitant en savoir plus sur cette mystérieuse machine d'un autre âge, de compulser le premier volume des Axolot de Patrick Baud, paru aux éditions Delcourt : vous y retrouverez Poe, le joueur d'échec et son attachant mystère, dans une explication sans doute moins précise ni intellectuellement aussi fine mais tellement plus agréable et compréhensible !
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Malivriotheque
  05 août 2013
Intrigué par l'automate de Maelzel, censé être une machine capable de jouer aux échecs, Poe s'évertue dans ce long article à déjouer tous les tours de ce Turc mécanique...
My Oh My, ça m'apprendra à mal me renseigner avant d'acheter un livre : j'étais persuadée d'avoir affaire à un roman, à une intrigue captivante ! Bon, ce ne fut pas le cas. Mais je suis allée au bout, Poe démontrant parfaitement au gré d'indices plus précis et futés les uns que les autres que la bête était effectivement manipulée de l'intérieur par une personne. On préfère quand même quand notre cher Poe reste dans le registre du fictif...
La partie la plus intéressante est finalement la notice historique en fin d'ouvrage argumentée par Lionel Menasché.
Cette petite maison, Allia, propose de vrais jolis petits bouquins, au papier doux et épais, dans un travail d'édition soigné (alelluia, ça existe encore).
Lien : http://livriotheque.free.fr/..
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LeCombatOculaire
  10 mai 2016
Edgar Allan Poe s'évertue à démontrer qu'il y a bien un homme caché derrière cette construction. Rien que l'ingéniosité mise en oeuvre pour réaliser une telle machine à l'époque en vaut le détour, et les mécaniques sont très bien détaillées ici. Il faut beaucoup de réflexion et d'acharnement pour réussir à mettre à jour le truc, ce que beaucoup auront tenté de faire (mais aucun n'aura réussi à dévoiler le secret en entier avant la révélation du dernier acquéreur). Et en lisant ce texte, on y est tout entier, à fureter entre les rouages à la lumière de la bougie, à observer attentivement les gestes du joueur d'échec robotisé pour y trouver la marque de l'homme derrière la machine.
Ce qui était à l'époque un des plus habiles tours de prestidigitation, source d'une grande admiration et de nombreux questionnements, n'est plus aujourd'hui qu'un fait banal. Un jour, nous essayerons peut-être de déceler la trace de la machine qui se cache derrière l'homme. En attendant, on continuera de prendre plaisir à déterrer des petites pépites littéraires grâce aux éditions Allia, en ruminant que c'était quand même mieux avant.
(voir la critique intégrale sur le blog)
Lien : http://lecombatoculaire.blog..
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quiliravivra
  29 juin 2011
C'est pour moi rasoir et je n'arrive pas à poursuivre la lecture alors que je suis amatrice des contes de E A Poe.
L'écriture me semble trop compliquée, tortueuse et je n'ai pas eu envie de connaitre les arcanes de cette machine monstrueusement alambiquée
Voir la citation que je donne et vous comprendrez !
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DidierLarepe
  12 mars 2016
La longue et détaillée (et inutile) démonstration de la supercherie d'un automate joueur d'échec.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
quiliravivraquiliravivra   29 juin 2011
L'Automate ne gagne pas invariablement. Si la machine était une pure machine, il n'en serait pas ainsi ; elle devrait toujours gagner. Étant découvert le principe par lequel une machine peut jouer une partie d'échecs, l'extension du même principe la doit rendre capable de la gagner, et une extension plus grande, de gagner toutes les parties, c'est-à-dire de battre n'importe quel adversaire. Il suffira d'un peu de réflexion pour convaincre chacun qu'il n'est pas plus difficile, en ce qui regarde le principe des opérations nécessaires, de faire une machine gagnant toutes les parties que d'en faire une qui n'en gagne qu'une seule. Si donc nous regardons le Joueur d'échecs comme une machine, nous devons supposer (ce qui est singulièrement improbable) que l'inventeur a mieux aimé la laisser incomplète que la faire parfaite, – supposition qui apparaît encore plus absurde si nous réfléchissons qu'en la laissant incomplète, il fournissait un argument contre la possibilité supposée d'une pure machine ; – c'est justement l'argument dont nous profitons ici.

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LeCombatOculaireLeCombatOculaire   10 mai 2016
Si ces machines révélaient du génie, que devrons-nous donc penser de la machine à calculer de M. Babbage ? Que penserons-nous d’une mécanique de bois et de métal qui non-seulement peut computer les tables astronomiques et nautiques jusqu’à n’importe quel point donné, mais encore confirmer la certitude mathématique de ses opérations par la faculté de corriger les erreurs possibles ? Que penserons-nous d’une mécanique qui non-seulement peut accomplir tout cela, mais encore imprime matériellement les résultats de ses calculs compliqués, aussitôt qu’ils sont obtenus, et sans la plus légère intervention de l’intelligence humaine ? (...) Les calculs arithmétiques ou algébriques sont, par leur nature même, fixes et déterminés. Certaines données étant acceptées, certains résultats s’ensuivent nécessairement et inévitablement. Ces résultats ne dépendent de rien et ne subissent d’influence de rien que des données primitivement acceptées. (...) Mais dans le cas du Joueur d’échecs il y a une immense différence. Ici, il n’y a pas de marche déterminée. Aucun coup, dans le jeu des échecs, ne résulte nécessairement d’un autre coup quelconque. D’aucune disposition particulière des pièces, à un point quelconque de la partie, nous ne pouvons déduire leur disposition future à un autre point quelconque.
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Erik35Erik35   25 mars 2017
III

L'automate ne gagne pas invariablement. Si la machine était une pure machine, il n'en serait pas ainsi. Elle devrait toujours gagner.
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Erik35Erik35   25 mars 2017
Ces bizarres essais d'explications furent suivis d'autres non moins bizarres. Dans ces dernières années, toutefois, un écrivain anonyme, tout en suivant une voie de raisonnement fort peu philosophique, est parvenu à tomber sur une solution plausible, - quoique nous ne puissions la considérer comme la seul absolument vraie.
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Videos de Edgar Allan Poe (53) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edgar Allan Poe
Hysteria (Stonehearst Asylum, 2014), film américain réalisé par Brad Anderson, d'après Le Système du docteur Goudron et du professeur Plume d'Edgar Allan Poe. Avec Kate Beckinsale, Michael Caine, Ben Kingsley, Jim Sturgess. Bande Annonce VF.
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