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ISBN : 2752910118
Éditeur : Phébus (06/03/2014)

Note moyenne : 3.59/5 (sur 61 notes)
Résumé :
Le jour se lève sur Griffintown après le temps de survivance, les mois de neige et de dormance.

Hommes et chevaux reprennent le chemin de l’écurie. L’hiver a eu raison de quelques-uns. Certains, comme John, reprennent le collier comme on renoue avec une mauvaise habitude. Pour d’autres, qui traînent plusieurs vies derrière eux, il s’agit souvent du cabaret de la dernière chance. Marie, la Rose au cou cassé, cherche quant à elle un boulot qui la rappro... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Sando
  26 avril 2014
Avec le printemps, Griffintown s'anime. Ce quartier de Montréal, situé dans le Far Ouest et tout droit sorti d'une autre époque, se repeuple dès qu'arrivent les beaux jours. Gueules cassées, anciens vétérans, vagabonds reviennent, sous les traits de cochers fatigués, profiter de la saison touristique pour balader dans le Vieux-Montréal, au bord de leurs calèches, des voyageurs en quête de souvenirs atypiques.

Sous la direction de Paul Despatie et sous la bienveillance de Billy, le palefrenier, les anciens retrouvent leurs vieilles habitudes. John, Alice, Lloyd et l'Indien sont au rendez-vous cette année-là, de même que la Mouche et le Rôdeur, tandis que bien d'autres manquent à l'appel. Ils formeront les pieds-tendres, comme Marie, ces nouveaux venus attirés par un travail dont ils ignorent encore toute la difficulté et l'exigence. Nul ne se doute alors qu'il passe son dernier été à Griffintown et que le corps sans vie de Paul, retrouvé dans le ruisseau troué par deux balles, est annonciateur d'une terrible menace qui plane sur toute leur petite communauté…

Habituellement peu amatrice de westerns, je me demandais depuis un moment ce qui pouvait bien se cacher derrière ce titre ayant reçu le prix France-Québec en 2013... « Griffintown » est la preuve que la curiosité n'est pas toujours un vilain défaut et je suis ravie d'avoir pu faire cette étonnante découverte ! Marie-Hélène Poitras fait habilement cohabiter monde moderne et héritage du passé dans ce western spaghetti survolté dans lequel on retrouve tous les codes du genre. Violence, solitude, désirs de vengeance, absence de morale et soif de pouvoir sont au coeur des intrigues qui se nouent.

L'écriture est incisive, brute et sans fioritures pour décrire toute l'âpreté de ce monde essentiellement masculin. Les femmes, d'anciennes prostituées bien souvent plus rudes que les hommes, apportent néanmoins une touche de douceur et de tendresse grâce à la jolie Marie notamment, dont l'initiation se terminera tragiquement… Les personnages, pour le moins marginaux, sont bien campés et apportent une réelle identité au roman. Il y a beaucoup de poésie, d'émotions et de finesse dans le récit de ce monde qui court à sa perte de manière inéluctable. Une histoire à couper le souffle, parfaitement maîtrisée et dont personne ne ressortira indemne.... Alors préparez votre revolver et votre monture si vous voulez avoir une chance de réchapper au conflit qui oppose ces deux univers antagonistes qui ne parviennent plus à cohabiter !
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bilodoh
  26 février 2016
Western urbain, règlements de comptes dans le far-ouest des rues de Montréal.

Ce ne sont pas tout à fait des cowboys, mais le monde particulier des calèches qui offrent aux touristes une visite guidée du Vieux-Montréal. Pas tout à fait des cowboys, mais quand même des hommes et des femmes de chevaux, qui vivent dans un monde où parfois les choses se règlent parfois à coup de révolver.

Ce n'est pas un roman historique, c'est juste une histoire, mais qui rappelle un moment de l'Histoire, celle où les chevaux régnaient sur la ville et où les hommes faisaient boire leurs montures avant de franchir les portes battantes du saloon.

Une écriture légère, un livre qui nous amène ailleurs, même si on a l'impression de connaître la ville.
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Neneve
  26 mai 2018
Western urbain. Histoire d'amour. Histoire de meurtre. C'est pas complétement juste ça, mais ça l'est quand même... Une lecture atypique, du moins, pour moi... Je n'ai pas souvenir d'avoir lu un livre de ce genre. Poitras nous amène dans le monde des promeneurs de touristes assis confortablement dans une calèche ; univers qui devient fascinant par la plume de l'autrice. C'est également l'occasion pour elle de nous raconter un quartier, populiste, presque disparu, régit par ses codes, ses règles, ses bandes, sa pègre... Ce livre pourrait faire office de document historique... Mais c'est de la fiction, n'est ce pas ? J'ai passé un super moment de lecture, qui a passé trop vite, grâce à la plume saccadée, imagée, olfactive, vive, incisive, rythmée et sans complexe de Poitras... Je ne regrette absolument pas ma lecture...
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infosix
  25 juin 2012
Je viens tout juste de terminer la lecture d'un roman absolument fascinant de la jeune romancière québécoise, Marie-Hélène Poitras. Il s'agit du roman "Griffintown" qu'on peut presque qualifier d'historique puisqu'il nous fait découvrir le monde fascinant et quelque peu déroutant des caléchiers.
Il s'agit aussi d'une sorte de polar qui se déroule dans l'atmosphère glauque d'un quartier de l'ouest de Montréal en voie de disparition, un quartier où la pègre et la finance y est joyeusement entremêlée. (Griffintown est un ancien quartier ouvrier du Sud-Ouest de Montréal. le quartier est situé entre la rue Notre-Dame, la rue McGill et la rue Guy. Il est situé aux alentours du Canal de Lachine. )
J'ai aussi adoré l'écriture vivante, inventive, saccadée, et presque olfactive de Marie-Hélène Poitras. OUI, vous sentirez le "cheval" au fil des pages du bouquin mais, rassurez-vous, les autres ne peuvent le percevoir.
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VALENTYNE
  18 novembre 2017
Ouvrir un livre québécois est toujours une aventure parce que le livre est écrit en français mais un français qui peut nous surpendre à tout moment, comme ça, au détour d'un paragraphe.
Dès l'incipit de Griffintown on est ailleurs : "Le jour se lève sur Griffintown après le temps de survivance, les mois de neige et de dormance."
Quelques mots sur l'histoire : Billy le lad s'occupe toute l'année de l'écurie, Paul Le patron est plus un gestionnaire. Cette écurie se trouve à quelques centaines de mètres du métro à Québec mais c'est déjà un autre monde : le monde des calèches et des cochers, dont le métier est de « promener les touristes » dans Québec (à mi-chemin donc entre des cow-boys et des attrape-nigauds). C'est un monde dur que décrit Marie-Hélène Poitras, un monde de laissé-pour-compte qui ne vivent et ne travaillent que six mois dans l'année, au contact de ces fameux chevaux et qui le reste du temps essayent de survivre à l'hiver.
Dans les premières pages on sait que le patron de l'écurie va mourir, assassiné. Par qui ? pourquoi ? c'est un peu le sujet du livre mais pas tant que ça, le sujet est surtout de décrire ce monde au bord de la disparition, un monde où il n'y a pas réellement de lois.
On a liquidé le patron. L'ordre des choses, jusque-là immuable, vient d'être renversé. Il y aura des questions d'honneur à soupeser, peut-être une vengeance à orchestrer et probablement un message à décoder. Les hommes de chevaux vont devoir rétablir la justice ou s'en fabriquer une et l'imposer. En règle générale, les policiers ne viennent pas au Far Ouest ; les autorités laissent les hommes de chevaux régler leurs affaires entre eux, en autant que leurs histoires ne débordent pas les frontières du territoire. Ce qui se passe à Griffintown reste à Griffintown ; il en a toujours été ainsi.
Le meurtre du patron n'est pas à l'avant de la scène, plutôt même un prétexte : on suit surtout les débuts professionnels de Marie, jeune femme naïve, qui veut vivre au contact des chevaux et de la nature. Elle se lance, pleine d'enthousiasme, dans sa première saison en tant que cochère.
En conclusion : frais et rude à la fois, dépaysant et plein d'humour, une réussite.
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critiques presse (1)
Du9   01 juillet 2014
Marie-Hélène Poitras, qui a été cochère durant quelques saisons, nous plonge dans un thriller étonnant au milieu d’un monde équestre bien loin du luxe des champs de courses.
Lire la critique sur le site : Du9
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
bilodohbilodoh   26 février 2016
Fiction, fabulation et réalité se confondent comme dans toutes les histoires de cochers, terreau propice à l’éclosion de légendes de la trempe de celle de Laura Despatie, femme à la fois petite et immense, sa carabine à la hanche, sa gueule de tueuse…
(Alto p. 148)
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VALENTYNEVALENTYNE   18 novembre 2017
Sur le chemin du retour, John réitère ses conseils une dernière fois : « Parle des Indiens aux touristes européens, d’architecture et d’histoire aux Américains, pointe le magasin de costumes aux familles et rappelle aux rares Montréalais qui montent à bord la signification du « je me souviens ». Pique par les tronçons de ruelles lorsque c’est trop engorgé ailleurs, évite le plus possible les segments de la rue Saint-Paul en pavé uni – ravageur pour les sabots –, prends garde de rester prise dans la pente de la côte Bonsecours à un feu rouge, et si c’est sur le point d’arriver, pars au trot voire au galop, épargne ton cheval. Les stands devant la basilique et en bas de la place Jacques-Cartier sont le territoire des cochers expérimentés, tant que tu sauras pas reculer, évite-les et garde un profil bas. Si un touriste te tape sur les nerfs, tu le fais descendre, exactement comme Alice a fait avec toi, souviens-toi qu’il y a un seul maître à bord de la calèche : le cocher. Méfie-toi des camions qui transportent un baril de ciment pivotant ; certains chevaux, convaincus que le baril va leur rouler dessus, s’emballent lorsque les camions s’approchent d’eux. Évite de mettre ton fric dans le coffre arrière quand le Rôdeur surveille ta calèche, et quand tu sollicites les touristes, ça se fait entre le nez de ton cheval et le coffre de la calèche, ne dépasse pas les limites de ton territoire – comme chez les putes. Tiens-toi loin de la Mouche. De toute façon, tu dois pas être le genre de fille qui emprunte du fric à un shylock… Change la couche de ton cheval dès qu’il y a du crottin dedans, sinon les mouches arrivent et les cochers vont te tomber dessus. Et je ne parle même pas des résidents du quartier, qui nous haïssent presque autant que les chauffeurs de taxi. Ici, ta place, faut que tu la gagnes. T’auras pas à te rapporter à Billy. Si sa calèche et son cheval reviennent intacts, que tu loades un peu et que tu ramènes de l’argent à l’écurie, il te laissera tranquille. Ce sont les cochers entre eux qui régissent le milieu. En d’autres mots, si tu fais pas l’affaire, tu le sauras bien assez vite. Dernière chose : à la fin de la journée, garde ton fouet pas trop loin, comme je te l’ai enseigné. Un cocher rentre à l’écurie les poches pleines et ça se sait. »
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JrpJrp   29 mars 2018
Après avoir avisé Marie qu’il reviendrait sous peu avec son frère pour récupérer les électroménagers et le reste de ses affaires, il claque la porte. Marie ferme les yeux et se voit sortir d’elle-même avec une fluidité enivrante. Pendant qu’une partie de son être s’évanouit, se dissout dans l’air en fines particules, quelque chose comme un ancien moi rabroué, tenu rênes courtes depuis trop longtemps, renaît. Il y a en elle quelque chose de farouche, de redoutable, une fibre sauvage en inadéquation avec le monde civilisé qu’elle a dû se résoudre à museler pour pouvoir fonctionner en société. Cette partie d’elle pourrait revivre auprès des chevaux. Et, de toute manière, les cochers lui avaient semblé aussi peu engageants et mésadaptés qu’elle, encore davantage même. Marie pourrait enfin se départir de ses airs de fausse civilité.
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maylibelmaylibel   10 novembre 2014
Il veille sur la petite société des hommes de chevaux depuis un bail, ou deux.

Depuis si longtemps à vrai dire que plus personne ne remarque sa présence.

Mais tous auraient dénoncé à grands cris son absence si quiconque avait osé le décrocher de là. (p. 42-43)
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infosixinfosix   25 juin 2012
On raconte que Marguerite d’Youville, qui avait fait un mauvais mariage en s’unissant à un ivrogne volage s’adonnant au trafic d’eau-de-vie avec les Indiens, avait cédé cette partie du territoire à condition qu’on y applique la Loi sur la tempérance interdisant les tavernes, les cabarets et les bars. Mère Marguerite était à la tête de la congrégation des Sœurs Grises, grises parce que la mauvaise réputation de François d’Youville les avait éclaboussées. Elle avait décidé que plus personne ne serait gris à Verdun, sauf les sœurs.

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Vidéo de Marie Hélène Poitras

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Payot - Marque Page - Marie Hélène Poitras - Griffintown.
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