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EAN : 9782896940028
Alto (01/04/2012)
3.52/5   76 notes
Résumé :
Le jour se lève sur Griffintown après le temps de survivance, les mois de neige et de dormance.

Hommes et chevaux reprennent le chemin de l’écurie. L’hiver a eu raison de quelques-uns. Certains, comme John, reprennent le collier comme on renoue avec une mauvaise habitude. Pour d’autres, qui traînent plusieurs vies derrière eux, il s’agit souvent du cabaret de la dernière chance. Marie, la Rose au cou cassé, cherche quant à elle un boulot qui la rappro... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Avec le printemps, Griffintown s'anime. Ce quartier de Montréal, situé dans le Far Ouest et tout droit sorti d'une autre époque, se repeuple dès qu'arrivent les beaux jours. Gueules cassées, anciens vétérans, vagabonds reviennent, sous les traits de cochers fatigués, profiter de la saison touristique pour balader dans le Vieux-Montréal, au bord de leurs calèches, des voyageurs en quête de souvenirs atypiques.

Sous la direction de Paul Despatie et sous la bienveillance de Billy, le palefrenier, les anciens retrouvent leurs vieilles habitudes. John, Alice, Lloyd et l'Indien sont au rendez-vous cette année-là, de même que la Mouche et le Rôdeur, tandis que bien d'autres manquent à l'appel. Ils formeront les pieds-tendres, comme Marie, ces nouveaux venus attirés par un travail dont ils ignorent encore toute la difficulté et l'exigence. Nul ne se doute alors qu'il passe son dernier été à Griffintown et que le corps sans vie de Paul, retrouvé dans le ruisseau troué par deux balles, est annonciateur d'une terrible menace qui plane sur toute leur petite communauté…

Habituellement peu amatrice de westerns, je me demandais depuis un moment ce qui pouvait bien se cacher derrière ce titre ayant reçu le prix France-Québec en 2013... « Griffintown » est la preuve que la curiosité n'est pas toujours un vilain défaut et je suis ravie d'avoir pu faire cette étonnante découverte ! Marie-Hélène Poitras fait habilement cohabiter monde moderne et héritage du passé dans ce western spaghetti survolté dans lequel on retrouve tous les codes du genre. Violence, solitude, désirs de vengeance, absence de morale et soif de pouvoir sont au coeur des intrigues qui se nouent.

L'écriture est incisive, brute et sans fioritures pour décrire toute l'âpreté de ce monde essentiellement masculin. Les femmes, d'anciennes prostituées bien souvent plus rudes que les hommes, apportent néanmoins une touche de douceur et de tendresse grâce à la jolie Marie notamment, dont l'initiation se terminera tragiquement… Les personnages, pour le moins marginaux, sont bien campés et apportent une réelle identité au roman. Il y a beaucoup de poésie, d'émotions et de finesse dans le récit de ce monde qui court à sa perte de manière inéluctable. Une histoire à couper le souffle, parfaitement maîtrisée et dont personne ne ressortira indemne.... Alors préparez votre revolver et votre monture si vous voulez avoir une chance de réchapper au conflit qui oppose ces deux univers antagonistes qui ne parviennent plus à cohabiter !

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Western urbain, règlements de comptes dans le far-ouest des rues de Montréal.

Ce ne sont pas tout à fait des cowboys, mais le monde particulier des calèches qui offrent aux touristes une visite guidée du Vieux-Montréal. Pas tout à fait des cowboys, mais quand même des hommes et des femmes de chevaux, qui vivent dans un monde où parfois les choses se règlent parfois à coup de révolver.

Ce n'est pas un roman historique, c'est juste une histoire, mais qui rappelle un moment de l'Histoire, celle où les chevaux régnaient sur la ville et où les hommes faisaient boire leurs montures avant de franchir les portes battantes du saloon.

Une écriture légère, un livre qui nous amène ailleurs, même si on a l'impression de connaître la ville.

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La récente parution du dernier roman de Marie-Hélène Poitras (Desiderata) m'a rappelé la sortie de son précédent, Griffintown, il y a déjà une bonne dizaine d'années. La critique avait été favorable, tout comme pour son premier (Soudain le minotaure). J'avais retenu les titres mais les avait délibérément ignorés à l'époque, préférant plutôt me concentrer sur la littérature étrangère. Mais je n'avais pas oublié et ayant plus de temps libre maintenant à consacrer à la lecture, je me suis donc empressée de rattraper Griffintown avant de commencer Desiderata.

L'action de Griffintown se déroule à l'ouest de la rue Berri à Montréal, au bord du canal Lachine, où se situe la dernière écurie de chevaux de calèches. Pressé de toutes parts par les promoteurs immobiliers, le propriétaire Paul Despatie résiste aux assauts jusqu'à ce que Billy, son vieux palefrenier, retrouve son corps criblé de balles dans le ruisseau d'à côté.

Marie-Hélène Poitras fait revivre avec chaleur et vivacité l'industrie des calèches touristiques, disparues depuis peu du Vieux-Montréal. On sent, dans les mots et qualificatifs choisis par l'auteure, un réel attachement pour ces bêtes en fin de carrière qui ont longtemps servi les humains aux siècles précédents, tout comme envers ses personnages de cochers bourrus à l'allure de cow-boy, pressentant la disparition imminente de leur petit monde enclavé dans la ville tentaculaire. Quelques apartés historiques s'insèrent avec justesse dans le récit, lui donnant du même coup un relief plus intéressant, car l'intrigue elle-même se révèle un peu mince.

Bref, une lecture franche et plaisante.

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Western urbain. Histoire d'amour. Histoire de meurtre. C'est pas complétement juste ça, mais ça l'est quand même... Une lecture atypique, du moins, pour moi... Je n'ai pas souvenir d'avoir lu un livre de ce genre. Poitras nous amène dans le monde des promeneurs de touristes assis confortablement dans une calèche ; univers qui devient fascinant par la plume de l'autrice. C'est également l'occasion pour elle de nous raconter un quartier, populiste, presque disparu, régit par ses codes, ses règles, ses bandes, sa pègre... Ce livre pourrait faire office de document historique... Mais c'est de la fiction, n'est ce pas ? J'ai passé un super moment de lecture, qui a passé trop vite, grâce à la plume saccadée, imagée, olfactive, vive, incisive, rythmée et sans complexe de Poitras... Je ne regrette absolument pas ma lecture...

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Je viens tout juste de terminer la lecture d'un roman absolument fascinant de la jeune romancière québécoise, Marie-Hélène Poitras. Il s'agit du roman "Griffintown" qu'on peut presque qualifier d'historique puisqu'il nous fait découvrir le monde fascinant et quelque peu déroutant des caléchiers.

Il s'agit aussi d'une sorte de polar qui se déroule dans l'atmosphère glauque d'un quartier de l'ouest de Montréal en voie de disparition, un quartier où la pègre et la finance y est joyeusement entremêlée. (Griffintown est un ancien quartier ouvrier du Sud-Ouest de Montréal. le quartier est situé entre la rue Notre-Dame, la rue McGill et la rue Guy. Il est situé aux alentours du Canal de Lachine. )

J'ai aussi adoré l'écriture vivante, inventive, saccadée, et presque olfactive de Marie-Hélène Poitras. OUI, vous sentirez le "cheval" au fil des pages du bouquin mais, rassurez-vous, les autres ne peuvent le percevoir.

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critiques presse (1)
Du9
01 juillet 2014
Marie-Hélène Poitras, qui a été cochère durant quelques saisons, nous plonge dans un thriller étonnant au milieu d’un monde équestre bien loin du luxe des champs de courses.
Lire la critique sur le site : Du9
Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation

Fiction, fabulation et réalité se confondent comme dans toutes les histoires de cochers, terreau propice à l’éclosion de légendes de la trempe de celle de Laura Despatie, femme à la fois petite et immense, sa carabine à la hanche, sa gueule de tueuse…

(Alto p. 148)

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Sur le chemin du retour, John réitère ses conseils une dernière fois : « Parle des Indiens aux touristes européens, d’architecture et d’histoire aux Américains, pointe le magasin de costumes aux familles et rappelle aux rares Montréalais qui montent à bord la signification du « je me souviens ». Pique par les tronçons de ruelles lorsque c’est trop engorgé ailleurs, évite le plus possible les segments de la rue Saint-Paul en pavé uni – ravageur pour les sabots –, prends garde de rester prise dans la pente de la côte Bonsecours à un feu rouge, et si c’est sur le point d’arriver, pars au trot voire au galop, épargne ton cheval. Les stands devant la basilique et en bas de la place Jacques-Cartier sont le territoire des cochers expérimentés, tant que tu sauras pas reculer, évite-les et garde un profil bas. Si un touriste te tape sur les nerfs, tu le fais descendre, exactement comme Alice a fait avec toi, souviens-toi qu’il y a un seul maître à bord de la calèche : le cocher. Méfie-toi des camions qui transportent un baril de ciment pivotant ; certains chevaux, convaincus que le baril va leur rouler dessus, s’emballent lorsque les camions s’approchent d’eux. Évite de mettre ton fric dans le coffre arrière quand le Rôdeur surveille ta calèche, et quand tu sollicites les touristes, ça se fait entre le nez de ton cheval et le coffre de la calèche, ne dépasse pas les limites de ton territoire – comme chez les putes. Tiens-toi loin de la Mouche. De toute façon, tu dois pas être le genre de fille qui emprunte du fric à un shylock… Change la couche de ton cheval dès qu’il y a du crottin dedans, sinon les mouches arrivent et les cochers vont te tomber dessus. Et je ne parle même pas des résidents du quartier, qui nous haïssent presque autant que les chauffeurs de taxi. Ici, ta place, faut que tu la gagnes. T’auras pas à te rapporter à Billy. Si sa calèche et son cheval reviennent intacts, que tu loades un peu et que tu ramènes de l’argent à l’écurie, il te laissera tranquille. Ce sont les cochers entre eux qui régissent le milieu. En d’autres mots, si tu fais pas l’affaire, tu le sauras bien assez vite. Dernière chose : à la fin de la journée, garde ton fouet pas trop loin, comme je te l’ai enseigné. Un cocher rentre à l’écurie les poches pleines et ça se sait. »

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« Angle Murray et Ottawa, dans l’ancien Horse Palace de Leo Leonard, là où paissaient d’autres chevaux de trait jusqu’à tout récemment, une petite boule de feuillage a pris forme autour d’une racine de trèfle exhumée. En roulant ainsi ballottée, elle a fini par accrocher ce qui traînait autour de léger et de friable : brins d’une vieille herbe jaunie, boutons de fleurs séchées, cheveux blancs et crins fourchus, de la corne réduite en poudre et même un peu de moelle, emmêlés au sable gris, aux racinettes de pissenlits, nervures de feuilles datant d’automnes révolus, germes de sainfoin, bouts de ficelle et de corde rêche, pollen et rouille effritée, duvet de moineau. La boule prend de l’expansion, de plus en plus bouffante et ventrue, virevolte sur l’asphalte en direction de la rue des Seigneurs, comme une petite âme en proie à l’affolement. » (p. 92)

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Il veille sur la petite société des hommes de chevaux depuis un bail, ou deux.

Depuis si longtemps à vrai dire que plus personne ne remarque sa présence.

Mais tous auraient dénoncé à grands cris son absence si quiconque avait osé le décrocher de là. (p. 42-43)

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On raconte que Marguerite d’Youville, qui avait fait un mauvais mariage en s’unissant à un ivrogne volage s’adonnant au trafic d’eau-de-vie avec les Indiens, avait cédé cette partie du territoire à condition qu’on y applique la Loi sur la tempérance interdisant les tavernes, les cabarets et les bars. Mère Marguerite était à la tête de la congrégation des Sœurs Grises, grises parce que la mauvaise réputation de François d’Youville les avait éclaboussées. Elle avait décidé que plus personne ne serait gris à Verdun, sauf les sœurs.

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Videos de Marie Hélène Poitras (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marie Hélène Poitras
Trois entre­vues en solo et en rafale avec des auteurs autour d'un même sujet: la musique dans la lit­téra­ture. Quand des auteur·rice·s men­tion­nent des titres musi­caux ou ajoutent des paroles dans leurs pages, cela ampli­fie notre com­préhen­sion de l'univers du livre et nous amène sou­vent vers la nos­tal­gie. Pour dis­cuter de musique dans la lit­téra­ture québé­coise, le Salon a invité Hervé Gagnon (Cross­roads: la dernière chan­son de Robert John­son), Richard Ste-Marie (Stig­mates) et Marie Hélène Poitras (La désidéra­ta) à des entre­tiens express. Ani­ma­tion: Valérie Roberts.
Avec: Hervé Gagnon, Auteur·rice Marie Hélène Poitras, Auteur·rice Richard Ste-Marie, Auteur·rice Valérie Roberts, Animateurrice
Livres: Désidérata (La). Stigmates Crossroads
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