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ISBN : 220333228X
Éditeur : Casterman (30/11/-1)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 284 notes)
Résumé :
" Je suis l'Océan Pacifique et je suis le plus grand " : ainsi s'ouvre cette fantastique ballade, qui conduira Corto Maltese jusqu'à Escondida, l'île mystérieuse. C'est de là que Le Moine, enfoui dans sa soutane comme un lépreux, règne sur " ses " pirates. Sur ces mers mythiques, au-delà de la mort, de la guerre et des intrigues, Corto nouera des amitiés hors du commun.
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Critiques, Analyses et Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Pavlik
  27 avril 2014
Hugo Pratt avait initialement conçu Corto Maltese comme un personnage secondaire, avant de le faire évoluer au premier plan. Ainsi, l'invention géniale ne se remarque pas forcement au premier coup d'oeil. La Ballade de la mer salée est le premier album de l'insaisissable pirate et reste, à ce jour, un des meilleurs de la série.
Avec Corto c'est l'Aventure (avec un grand A donc) qui est convoquée à chaque case : dans celle-ci c'est l'exotisme des mers du sud, les histoires de pirates, les batailles maritimes et même les sociétés secrètes, avec le Moine, éphémère patron de Raspoutine et de notre héros. le scénario n'est pas des plus complexe, mettant simplement en scène, sur une période allant de 1913 à 1915, l'errance, dans le pacifique sud, de Corto et de Raspoutine, sur fond de première guerre mondiale. Mais l'oeuvre se démarque pour plusieurs raisons. D'abord l'ambiance, épique mais également très mélancolique (voir la scène d'adieu entre Corto et Pandora). Les personnages ensuite, en premier lieu Corto : intrépide, mais pas vraiment un héros au sens propre du terme, il ne verse jamais dans le manichéisme. Il semble toujours à distance des événements, mais n'affiche jamais aucune volonté de contrôle. Corto est à l'image de la complexité de l'âme humaine et s'il est une chose qu'il incarne à jamais, c'est la soif de liberté.
Enfin le dessin, magnifique noir et blanc, Pratt est un des maître en la matière, influencé par l'école argentine, qu'il découvre vers 20 ans et qui publie sans couleur pour des raisons d'économie. C'est souvent par la contrainte que le talent se révèle et que la nécessité se sublime en art.
Pratt sera couronné dans le cadre d'un festival qui débute : Angoulême. Dans la foulée de se succès inattendu, son éditeur français, Casterman, inventera la notion de roman en bande dessinée et lancera le mensuel A suivre. La Ballade de la mer salée est un chef-d'oeuvre de la bande dessinée et Corto, personnage emblématique, ne mourra jamais, tant que l'homme regardera l'horizon en se demandant ce qu'il y a au-delà.
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jamiK
  14 janvier 2017
Ce que j'aime par dessus tout chez Hugo Pratt, c'est l'aspect "carnet de voyage", comme si chaque dessin était une prise de note sur le vif. le coup de pinceau est léger, cinglant, efficace et furtif, chaque tache d'encre, chaque trait est à sa place exacte alors qu'on a l'impression que le dessinateur l'a jeté le plus rapidement possible pour rendre compte de ce qu'il voit, de l'instant. Les contrastes apportent une luminosité, même dans sa version noir et blanc on sent les couleurs, cette lumière "Pacifique". Et dans cet opus, on voyage, on navigue. Les personnages sont ce qu'on s'imagine des aventuriers du début du XXe siècle, sortes de Henri de Monfreid, sans foi ni loi.
Et c'est ce côté "carnet de voyage" qui justement nous donne l'impression de faire partie de l'aventure. On est plus proche de Titouan Lamazou que de Hergé. Hugo Pratt est un peintre, un artiste romantique. Connaissez vous les dessins d'études de Delacroix sur les chevaux, la parenté est évidente.
C'est beau et on part à l'aventure... Que demander de plus.
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tchouk-tchouk-nougat
  17 janvier 2017
"La ballade de la mer salée" est le premier Corto Maltèse. Un grand récit d'aventure maritime qui nous emporte sur l'Océan Pacifique au milieu de ses iles inconnues et de ses peuples autochtones parfois encore cannibales!
Nous sommes au début de la première guerre mondiale, Raspoutine et Corto sont deux capitaines travaillant pour "le moine". Ils ravitaillement illégalement les allemands en charbon.
Une grande et belle aventure avec des liens d'amitié complexes, des batailles, des naufrages... Corto Maltèse y apparait avec son charme désormais légendaire. Il n'a pas vraiment une place de héros. C'est ici un pirate qui est surtout épris de sa liberté, qui n'a aucune envie de prendre des responsabilités. Mais il garde une âme d'ange gardien et un honneur que ne peut comprendre Raspoutine à la folie si particulière.
Ai-je vraiment besoin de dire que le trait de Hugo Pratt est à découvrir? Je ne pense pas...
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ericbo
  26 août 2018
Mon premier Corto Maltese. Lu sur les lieux de l'action, dans le Pacifique sud. Donc avec un regard d'autant plus intéressé. Superbe édition qui regroupe, outre le récit de « la ballade » avec les vignettes colorisées, une introduction de Umberto Eco et plusieurs planches de croquis au pastel qui ont servi d'ébauches pour les planches de la BD. On y trouve aussi plusieurs cartes allemandes de la région Pacifique du début du XXe siècle siècle. Tout cela rend compte du travail de préparation de Pratt pour la conception de son récit. L'action, les lieux et les protagonistes sont situés. Quelque part entre la Nouvelle-guinée allemande et les îles Fidji anglaises, en plein milieu de la Mélanésie. Je ne vais pas raconter l'histoire, que d'autres font beaucoup mieux que moi. Je me borne à transcrire mon ressenti, mon émerveillement devant la poésie de cette intrigue, histoire d'amour, de pouvoir, de malédiction… Avec ce qu'il faut de décalage pour s'extraire du réel, de l'Histoire pour se laisser porter par cette intrigue improbable. Il faut savoir prendre son temps comme les peuples du Pacifique, être sensible à la magie de ses dessins, être en adéquation avec le récit. Comment Pratt parvient-il à se servir de la mythologie, de l'Histoire, pour constituer son intrigue et ses dessins ? Cela reste un mystère pour moi. On ne parvient plus à démêler la fiction du réel. Même Raspoutine paraît sortir du fond des âges. Toute la poésie de la mythologie des îles du Pacifique Sud se retrouve là, dans cet album.
Hugo Pratt est un génie.
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Vexiana
  09 septembre 2015
J'ai rencontré Corto Maltèse quand j'avais 13 ou 14 ans au détour d'un rayonnage poussiéreux dans une petite bibliothèque de campagne. La balade de la mer salée était posée à côté de BD que je lisais alors (Thorgal). Je l'ai feuilleté sans vraiment être convaincue (à l'époque je n'étais pas franchement convaincue par le noir et blanc...comme j'ai changé depuis) et la bibliothécaire m'a encouragée en me disant que c'était une très belle aventure à lire...Elle avait raison mais elle ne pouvait pas savoir, et moi non plus, que cette aventure allait devenir passionnelle et qu'elle dure toujours.
Dès les premières pages j'ai été happée, je n'ai pas pu m'arrêter de lire avant d'avoir tourné la dernière page. Je pense que ce tome n'est pas le meilleur qu'Hugo Pratt ait écrit et dessiné mais c'est celui vers lequel je reviens le plus régulièrement. Il incarne pour moi l'Aventure avec un grand A, le dépaysement.
Les personnages sont touchants, attachants. L'histoire semble se terminer, redémarre, on parcourt le Pacifique, on explore les îles, on découvre les Indigènes et leur mode de vie. On éprouve mille sentiments : on déteste le Moine, on aime déteste aimer Raspoutine (ou on déteste l'aimer) et inévitablement, quand on est une jeune fille de 13 ans, on tombe amoureuse de Corto (et j'avoue l'être encore plus de 20 ans plus tard).
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
pbazilepbazile   16 février 2009
- Eh! comme tu es belle! Tu me fais penser à une valse que j'ai écoutée dans un cabaret de Buenos-Aires.
- Il y avait peut-être quelqu'un qui me ressemblait?
- Non, c'est justement parce que tu ne ressembles à personne que j'aurais voulu te rencontrer toujours... n'importe où...
[échange de regards]
- Je ne viendrai pas avec vous Corto Maltese
- Je sais.... Adieu Pandora!
- Au revoir, Corto Maltese!
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SachenkaSachenka   06 novembre 2015
- Je pensais aux années passées et je m'en allais ainsi... distraitement vers ma jeunesse! Bien qu'inconsciemment, on essaie toujours de la retrouver.
- S'arrêter ainsi dans le passé... c'est comme garder un cimetière.
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lunchlunch   05 décembre 2010
_ Ce que vous avez de mieux à faire, toi et Caïn, c'est de rester près de moi. Je porte bonheur.
_ Et vous pensez que vous allez toujours continuer à avoir de la chance aussi effrontément ?
_ Bien sûr ma chère... Quand j'étais petit, je me suis aperçu que je n'avais pas de ligne de chance, alors avec le rasoir de mon père... Zac, je m'en suis fait une comme je voulais.
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tchouk-tchouk-nougattchouk-tchouk-nougat   17 janvier 2017
Je suis l'océan Pacifique et je suis le plus grand. On m'appelle ainsi depuis très longtemps, mais ce n'ai pas vrai que je suis toujours pacifique. Je me fâche parfois, et je fiche une raclée à tous et à tout. Aujourd'hui, par exemple, je viens de me calmer. Mais hier, je dois avoir tout raflé sur trois ou quatre iles et autant de coquilles de noix que les hommes appellent bateaux.
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ericboericbo   10 septembre 2017
C'est ainsi qu'un texte se met à vagabonder. Dans la brume qui transforme l'espace et le temps, des mythes naissent, des personnages cultes se retrouvent d'un texte à l'autre, s'installent dans notre mémoire comme s'ils avaient existé depuis toujours dans celle de nos ancêtres, jeunes comme Mathusalem, centenaires comme Peter Pan, au point qu'on les retrouvent là où leur histoire n'est pas racontée, et même - les enfants ont ce don - dans la vie.
(Extrait de l'introduction de Umberto Eco)
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Videos de Hugo Pratt (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hugo Pratt
Du 20 juin au 31 juillet 2018, la Galerie Gallimard célèbre aussi "40 ans de roman en bande dessinée" et présente une exposition d'originaux des plus grands récits et artistes qui font la fierté de notre catalogue. ? bit.ly/40ansRomanBD
Nous aurons l'honneur de vous présenter une sélection d'?uvres de Zeina Abirached et Mathias Enard, Baru, Enki Bilal, Max Cabanes, Catel BD et Bocquet José-Louis, Jean-Christophe Chauzy, Didier Comès, Nicolas de Crecy et Sylvain Chomet, Ludovic Debeurme, Frantz Duchazeau, Jacques Ferrandez, Vittorio Giardino, André Juillard, Jacques de Loustal et Philippe Paringaux, Lorenzo Mattotti, M?bius, José Muñoz & Carlos Sampayo, Anthony Pastor, Vincent Perriot, Hugo Pratt, Jean-marc Rochette et Jacques Lob, Grzegorz Rosi?ski et Jean van Hamme, Christian Rossi et Géraldine Bindi, David Sala, Francois Schuiten et Benoit Peeters, Jacques TARDI et Jean Claude Forest, Bastien Vives.
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