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ISBN : 2365691870
Éditeur : Editions Les Escales (02/03/2017)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Tout commence par le froid glacial d'un hiver à New York et tout se termine sur le sable brûlant des plages de Jaffa.
Le hasard a fait se rencontrer et s'aimer une femme et un homme qui ne se seraient jamais adressé la parole dans d'autres circonstances. La femme, c'est Liat, une Israélienne dévorée par une nostalgie profonde de Tel Aviv. L'homme, c'est 'Hilmi, un peintre palestinien originaire de Ramallah.
À New York, espace neutre hors du temps et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
18 avril 2017
La rencontre d'une étudiante israélienne juive et d'un artiste palestinien à NewYork,
Liat et Hilmi. Ils vont s'aimer loin de leur pays, loin des obstacles politiques et religieuses, le temps d'un hiver glacial. Mais Liat, la narratrice, a mauvaise conscience, aimer un arabe, même à New York, même avec une deadline, l'inquiète et déteint sur son comportement. Arrivera-t-elle à franchir la " haie vivante"( titre originale du livre en hébreu ) qu'elle porte en elle, immiscée dans son identité, cette frontière conçue par la communauté juive à laquelle elle appartient ? C'est compliqué..........
Les écrivains israéliens ( Zeruya Shalev, Abraham Yehoshua, Amos Oz, Assaf Gavron, Eshkol Nevo....) ont en général en commun une profonde sensibilité à percevoir l'être humain dans toute sa complexité; une complexité renforcée par la précarité de la vie dans leur pays. Une sensibilité probablement aussi aiguisée face aux failles et différences créées par les hommes dans cette société "pot-pourri". Bien que le récit se déroule à l'étranger, Israël en est le troisième personnage. L'ombre de son histoire est l'autre face de cette lumineuse histoire d'amour.
Je raffole de la littérature israélienne et avec ce livre je suis servie pour la nième fois.
C'est le deuxième livre de Dorit Rabinyan, que je viens de lire, une écrivaine israélienne d'origine juive iranienne. Elle décrit avec beaucoup de finesse et de tendresse le quotidien de l'intimité d'un homme et d'une femme, où s'invite avec subtilité le conflit israélo-palestinien. Une histoire fortement inspirée de "son amitié " avec un artiste palestinien Hassan Hourani entre 2002 et 2003 à New York, Hourani n'étant plus de ce monde depuis. Pour résumer le coeur de cette trés belle histoire que j'espère vous serez nombreux à la lire je voudrais rapporter les propres propos de l'écrivaine, ". le temps que j'ai passé avec Hassan et ses amis a été à ce titre un temps libérateur : je me suis rendu compte à quel point nous sommes semblables, Israéliens et Palestiniens, bien que nous ayons été élevés dos à dos. Nous partageons les mêmes paysages, la même nourriture, le même langage du corps, le même tempérament. Nos langues sont soeurs, mais notre éducation et nos médias mettent les Palestiniens dans le même sac.Nous les voyons tous comme des terroristes, et eux nous voient tous comme des soldats en armes. Or nous avons beaucoup en commun."
"La haine ne nous sauvera pas. La haine n'engendre que la haine, alors que l'amour est sans limites. Je suis avec Dorit Rabinyan." (Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature )
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Autantenemportentleslivres
19 mai 2017
Mon avis:
Sous la même étoile m'intéressait par son sujet qui s'annonçait poignant. Je remercie donc les Editions Les Escales pour l'envoi de ce titre.
Liat et Hilmi se rencontrent un peu par hasard à New-York ville dans laquelle ils résident mais que la jeune femme doit bientôt quitter pour retourner sur sa terre natale Israël. Très vite entre eux une relation s'installe malgré tout qui n'a que faire des préjugés, des interdits et des conflits entre leurs peuples qui sévissent depuis de nombreuses années. Un amour condamné, impossible et pourtant si fort qu'il passe outre les origines ethniques. Je ne m'étais jamais vraiment rendu compte des différences culturelles et religieuses ainsi que des rancoeurs très anciennes et encore très présentes entre ces deux peuples. Je pense qu'il est même très difficile de les comprendre réellement si nous ne sommes pas nous même concernés. Et en ce sens ce roman m'a en quelque sorte ouvert les yeux sur les préjugés et le manque de tolérance qui persistent encore, et surtout de constater que cette haine reste ancrée dans les esprits même au-delà des frontières.
Cependant j'ai eu des difficultés à véritablement m'imprégner du récit. Je regrette tout d'abord qu'il n'y ait pas eu plus de moments de tendresse entre Liat et Hilmi et que leurs conflits d'intérêt prennent autant de place dans leur histoire, car ce manque de complicité m'a empêché de vraiment m'attacher à eux et finalement cet amour éphémère ne m'a pas ému autant que je le pensais. La narration ensuite à la première personne du singulier nous place du point de vue de Liat qui nous raconte leurs journées passées ensemble, leurs discussions, elle nous plonge dans ses pensées et nous fait connaître ses propres opinions notamment sur le conflit israélien/pakistanais, mais le récit est décousu, on passe de passages du passé qui sont composés de ses souvenirs ou de ceux de Hilmi, aux moments présents sans vraiment de liens. Ce manque de fluidité et ces longueurs dans la lecture m'ont par moment ennuyé, si bien que ce que Liat nous racontait me semblait parfois dénué d'intérêt.
En ce qui concerne les personnages si j'ai beaucoup aimé Liat j'ai en revanche eu plus de réserves concernant Hilmi. Liat est une jeune femme sensible très attachée à ses origines juives mais qui est aussi profondément amoureuse de Hilmi un musulman qui est considéré comme l'ennemi de son peuple. Tout au long du roman, on est comme elle partagé entre résignation et désir de se battre pour faire changer les choses et les mentalités et en cela ce personnage m'a touché. Hilmi lui m'a paru plus distant, moins concerné, peut-être parce que nous ne n'avons jamais ce qu'il pense réellement, ou parce qu'il est plus réaliste sur l'avenir de leur relation. J'ai beaucoup plus ressenti le manque qu'il avait vis à vis de sa famille que sa peur de perdre Liat alors que pourtant la date fatidique du départ de la jeune femme approche.
Cela semble si incompréhensible et surtout si injuste aujourd'hui de ne pas pouvoir vivre librement avec la personne que l'on aime sans devoir renier sa famille et son pays, que l'on a qu'une envie en refermant ce livre c'est de lutter encore plus fort pour l'égalité qui est encore loin d'être acquise.
Pour conclure:
Sous la même étoile est une jolie histoire d'amour entre deux êtres que tout oppose. Un récit fort qui nous démontre que la liberté et l'égalité sont encore loin d'être inscrites dans les moeurs, que partout l'injustice perdure et que les différences sont montrées du doigt. Cependant le récit très décousu, le manque de complicité entre les personnages et le caractère réservé d'Hilmi ne m'ont pas permis d'être touché comme je pensais l'être par ce roman.
Ma note: 13/20.
Lien : http://autantenemportelesliv..
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PopcornandGibberish
23 mai 2017
Si il y avait un seul roman que je souhaitais du calendrier Les Escales en ce début d'année, c'était celui-ci. J'adore les histoires d'amour et celle-ci ressemble fortement à un Roméo et Juliette moderne. Malheureusement, le voyage n'a pas pris…
J'en suis la première déçue, mais j'ai eu énormément de mal à rentrer dans le récit. Dorit Rabynian nous livre un roman très contemplatif avec mille descriptions de New-York. D'ailleurs New-York est un protagoniste à part entière dans ce roman et influe sur le comportement des personnages principaux.
Le personnage que nous suivons est Liat, une israélienne venue à New-York le temps d'une année. Très vite, elle rencontre Hilmi, un peintre palestinien et ils tombent amoureux. Tout le long du roman, nous aurons seulement le point de vue de Liat, ce que je trouve dommage. J'aurais aimé une alternance point de vue pour avoir l'avis d'Hilmi sur leur histoire d'amour et pour le mettre plus en avant. Je n'ai pas beaucoup aimé le personnage de Liat que j'ai trouvé lâche et égoïste.
Leur histoire d'amour est loin d'être parfaite. New-York a beau être un terrain neutre, les différends politiques reviennent par à-coups et aucun n'est prêt à écouter l'autre. L'autre point de discorde est la volonté de Liat de cacher Hilmi aux membres de sa famille. C'est pour cela que je l'ai trouvé lâche et égoïste dans cette histoire car Hilmi est prêt à se battre pour cette histoire. En tout cas, c'est que j'en ai compris.
Ça a donc été très difficile de terminer ce roman et j'étais franchement énervée de ne pas avoir apprécié ce roman. Je suis certaine qu'il trouvera son public et j'espère que ma chronique ne vous refroidira pas trop. Peut-être n'étais-je pas dans le bon état d'esprit ? Souvent c'est juste une histoire d'humeur…
Lien : https://popcornandgibberish...
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DucalmeLucette
01 avril 2017
Sous la même étoile est un titre tellement bien choisi, parce que nous sommes tous issus du même monde, du même univers, mais que parfois, la politique et la religion, les guerres, les conflits d'intérêt (et j'en passe) nous séparent. Comme Liat et ‘Hilmi qui, s'ils ne s'étaient pas rencontrés par hasard à New-York, ne se seraient même pas parlés en temps normal. Elle, habitante d'Israël, lui, de Palestine, tous deux au coeur d'un conflit qui ne cesse de gronder, vivant sous la même étoile mais implacablement séparés par les frontières. Alors, le temps d'une existence en espace neutre, ils ont décidé de s'aimer. Sous le ciel de New-York.
C'est un roman terriblement intéressant parce que l'on vit le conflit de l'intérieur. Ainsi, chacun campe souvent sur ses positions, même si parfois l'un ou l'autre cède, s'ouvre. Les corps s'embrasent mais l'esprit impose régulièrement sa raison. C'est un amour rude, passionné et compliqué qui s'inscrit ici et nous sommes spectateurs de la difficulté de gérer une culpabilité, une crainte, une honte même, d'avoir choisi la mauvaise personne, celle qui ne correspond pas à l'idéal de la famille, celle qui bouscule les codes mais aussi les mentalités.
« Et à nouveau, je me souviens de ce que j'ai pensé avant de basculer dans le sommeil. Combien il allait être dur de ne pas tomber amoureuse de lui. Comment cela pourrait même s'avérer impossible, voire risqué, de m'obstiner à lui résister, de fermer mon coeur à cet homme étrangement délicat, à la nuit que nous avions passée, au lieu de m'y abandonner. Oui, juste avant de m'endormir, enveloppée par son souffle, je m'étais dit combien ce serait dangereux, compliqué ; d'ailleurs, si je n'y veillais pas, je pouvais tomber amoureuse de lui sur-le-champ, avais-je aussi songé, ou même tomber tout court, à cet instant précis, vraiment. »
L'écriture de Dorit Rabinyan, auteure israélienne, est emprunte de poésie, de sincérité, de neutralité et de finesse effectivement. Malheureusement, j'ai parfois trouvé que l'histoire partait dans tous les sens, que les pensées se mélangeaient ou se succédaient abruptement, ce qui m'a fait ressentir des longueurs, et même un manque d'intérêt pour certains passages. Les chapitres souvent longs n'ont pas aidé non plus à dynamiser l'ensemble, ils m'ont essoufflée. En revanche, les derniers 10 % du roman sont sublimes, truffés de poésie et d'onirisme malgré un sujet ténébreux. Les derniers chapitres sont courts et nous offrent un final éblouissant. Si tout le livre avait été construit et écrit de cette façon, cela aurait été une pure merveille !
« Mais le mois prochain, en été, ‘Hilmi sera à Ramallah, et moi, demain, je serai en Israël, à Tel Aviv. Seuls soixante-dix kilomètres et quelque nous sépareront, un voyage d'une heure et demie en tout. Pourtant, c'est à peine si nous en parlions, car nous savions qu'en dépit de cette proximité, nous ne pourrions pas nous retrouver là-bas. Nous savions qu'entre les deux points où nous nous tiendrions, ce n'était pas une simple ligne de démarcation qui passerait, mais une voie semée d'obstacles, dangereuse pour moi, infranchissable pour lui. Or c'était comme si ce savoir muet, l'acceptation d'un tel état de fait et la légèreté avec laquelle nous évitions le sujet prouvaient que ces futurs barrages se dressaient d'ores et déjà, ici, entre nous. »
Elle a su également retranscrire les ambiances, les saisons, nous plonger dans les paysages enneigés de New-York mais aussi nous embarquer sur les terres brûlantes d'Israël et de Palestine. C'est un roman que l'on lit avec émotion, doucement mais profondément.
En bref, je suis assez mitigée concernant ce roman même si j'ai adoré certains chapitres et passages ainsi que le thème même qui est traité avec réalisme et neutralité. C'est un roman très intéressant dont l'existence me comble car il permet d'appréhender le conflit israélo-palestinien d'une façon bien plus humaine que ce dont nous avons l'habitude à travers les médias. Je comprends facilement qu'il ait pu faire l'objet de polémiques en Moyen-Orient… Mais bousculer une guerre avec de l'amour est tout à l'honneur de l'auteure et je l'en félicite sincèrement. Ce roman mérite d'être lu et compris par le plus grand nombre.
Lien : https://ducalmelucette.wordp..
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Marionladory
19 avril 2017
Liat est Israélienne, 'Hilmi est Palestinien, ils vont se rencontrer par une froide journée d'hiver en plein coeur de New-York. Loin de chez eux, loin des différences et des conflits qui opposent leur peuple, le temps d'un hiver, ils vont s'aimer. Ils vont se créer une bulle qui les protège, un quotidien qui les unit, un amour qui ne fait que se renforcer alors que la date d'expiration de leur amour approche parce qu'en mai Liat retourne à Tel Aviv et se sera comme s'il n'y avait jamais rien eu entre eux...
C'est le résumé de Sous la même étoile qui m'a attiré, son résumé qui promettait une histoire qui ne laisserait pas indifférent, une histoire qui s'annonçait difficile et qui l'est d'ailleurs, mais qui offre aussi un magnifiquement moment de lecture.
C'est un sujet délicat abordé à travers ce roman, une histoire d'amour délicate qui se joue entre Liat et 'Hilmi. Loin de chez eux, loin des conflits qui divisent leur peuple, après une rencontre et un coup de foudre, ils s'accordent donc le droit de s'aimer en silence, en secret, loin des leurs. En plein coeur de New-York, ils ont donc cette possibilité, le temps de quelques mois de tout partager à deux malgré les craintes, malgré les peurs.
À travers Sous la même étoile, c'est plus qu'une histoire d'amour, c'est un pan d'humanité entre les pages de ce livre. C'est cet espoir qu'un Palestinien aime une Syrienne, c'est une douce utopie presque, une bulle de bonheur dans ce conflit israélo-palestinien que malheureusement, tout le monde connaît. C'est un monde libre à travers New-York qui offre à Liat et 'Hilmi cette magnifique histoire. Ils ne veulent pas se l'avouer, mais savent tous les deux que plus la date d'expiration de leur histoire arrive, plus c'est difficile l'un pour l'autre.
Liat et 'Hilmi sont attachants, bouleversants même. Chacun a ses positions, ses convictions, ils se déchirent même parfois à ce propos, mais ils savent mettre cela de côté pour profiter de cette chance de s'aimer, de se sentir libre d'aimer qui il veut et d'en profiter. Leur rencontre est si belle, on ressent presque ce coup de foudre qu'ils ont eu, le vrai celui qui semble bouleverser toute notre existence. En les accompagnants durant ces quelques mois, on rêve doucement qu'ils ne se quittent jamais, on souhaite presque qu'ils restent à jamais dans le petit appartement d'Hilmi entre ses esquisses pour se préserver du monde réel, de leur monde surtout.
Dorit Rabinyan offre une magnifique histoire à travers son roman. Grâce à une écriture douce, presque poétique même, l'auteure aborde des sujets délicats et sensibles à travers l'histoire de Liat et 'Hilmi. Jamais l'auteure ne prend parti, jamais elle ne met en avant une quelconque politique, elle réussi à garder un ton neutre en offrant pourtant quelques passages sur la Palestine et Israël. Dorit Rabinyan offre également des descriptions si justes qu'elles nous permettent d'imaginer au mieux les rues de New-York en plein froid polaire, mais aussi ensuite dans les derniers chapitres les paysages de Tel Aviv et de Ramallah.
J'admire le courage qu'a eu Dorit Rabinyan, qui est Israélienne, pour écrire ce roman. Sous la même étoile est comme un cri dans la nuit, un cri sous ses mêmes étoiles que chacun admire peu importe l'endroit où il vit. On partage ce même ciel, ces mêmes astres, on devrait tout autant pouvoir partager nos sentiments avec les personnes que l'on souhaite peu importe d'où l'on vient... Sous la même étoile, c'est aussi ça !
J'ai adoré ce livre ! Les thèmes abordés, les deux personnages principaux, cette souffrance sous-jacente à mesure que l'échéance de leur séparation approche. Sous la même étoile est un roman très touchant et je dois souligner que la fin m'a bouleversé, je ne m'y attendais vraiment pas et ce fut presque un choc. C'est un roman qui se doit d'être lu !
N'hésitez pas à découvrir Sous la même étoile de Dorit Rabinyan disponible aux Éditions Les Escales.
Lien : http://www.ladoryquilit.blog..
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Les critiques presse (1)
LaPresse16 mai 2017
Un roman inspiré de la vie de l'auteure israélienne Dorit Rabinyan, banni des écoles en Israël de surcroît - interdiction qui a suscité un tollé et fait exploser les ventes du livre après sa parution originale en hébreu.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky17 avril 2017
Comme dans notre tradition, il y avait un ordre de bénédictions à réciter en l’honneur de la nouvelle année. La lumière des bougies symbolisait le bonheur ; les jacinthes, la croissance ; les pièces en chocolat étaient une promesse d’abondance, de réussite. Deux gros poissons rouges nageaient dans le réceptacle rond, en verre, posé au centre de la table ; à celui qui les regardait, une année de droiture et de fertilité était garantie. Il y avait encore sept types de nourriture, dont les noms persans commençaient par la lettre s – et qui passèrent de main en main avec vœux, prières : pour le renouvellement, des germes de blé ; pour la santé et la beauté, des quartiers de pomme ; pour la guérison, de l’ail confit en gousses ; pour la longévité et la patience, du vinaigre de vin ; la soucoupe de miel représentait le retour du soleil, et la poudre de sumac, d’un rouge-violet, renvoyait à la lumière de l’aube, les olives vertes...l'amour.
( Repas de fête du Norouz, Nouvel an zoroastrien )
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BookycookyBookycooky17 avril 2017
Autour de nous, les flocons continuaient à planer en silence, des étincelles de neige qui atterrissaient dans le noir, mais ‘Hilmi et moi avions déjà basculé de l’autre côté du monde. Du côté illuminé. Je me trouvais à Hod Hasharon, dans les champs verdoyants, si vastes, de mon enfance ; ‘Hilmi, encore très jeune, était du côté de Hébron, traversant des vallées, flânant entre les pins, les oliveraies. Je lui racontai les vergers – ces forêts de citrons, d’oranges et de clémentines –qui s’étendaient juste à côté de notre maison ; je relatai les longues virées chez nos amis de Ramat Hashavim, puis à la piscine de Neve Yarak, où nous nous rendions en coupant par les prés de Magdiël. Pour sa part, ‘Hilmi me décrivit les monts de craie qui entourent la demeure maternelle, à Ramallah – « ça ressemble à des vagues », fit-il, « comme une mer de collines muette », et il ouvrit grand les bras. Il revint également sur les longues journées passées à croquer le paysage, là-bas, au pied d’un haut mûrier. Cernés par le fer, l’asphalte et le béton, nous n’en persistions pas moins à poétiser sur les oliviers.
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DucalmeLucetteDucalmeLucette01 avril 2017
Mais le mois prochain, en été, ‘Hilmi sera à Ramallah, et moi, demain, je serai en Israël, à Tel Aviv. Seuls soixante-dix kilomètres et quelque nous sépareront, un voyage d’une heure et demie en tout. Pourtant, c’est à peine si nous en parlions, car nous savions qu’en dépit de cette proximité, nous ne pourrions pas nous retrouver là-bas. Nous savions qu’entre les deux points où nous nous tiendrions, ce n’était pas une simple ligne de démarcation qui passerait, mais une voie semée d’obstacles, dangereuse pour moi, infranchissable pour lui. Or c’était comme si ce savoir muet, l’acceptation d’un tel état de fait et la légèreté avec laquelle nous évitions le sujet prouvaient que ces futurs barrages se dressaient d’ores et déjà, ici, entre nous.
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LePetitCrayonLePetitCrayon23 mars 2017
C’est le joint que vous avez fumé dans l’après-midi, me rétorqueras-tu; ce sont les bières achetées sur la route qui t’ont valu cette impression d’harmonie généralisée; ou peut-être, comme tu me l’as dit une fois, est-ce là le goût de l’eau que l’on dérobe; le goût d’une eau vive et l’ivresse de la liberté qu’elle procure; ce sentiment de victoire secrète qui nous envelope lorsque nous arpentons les rues, deux individus anonymes, enlacés, parmi la foule, dans la profusion des lumières qui clignotent et l’immense désordre urbain. De temps à autre, on distingue un ballon perdu, argenté, gonflé à l’hélium, qui monte vers le ciel en tourbillonnant au-dessus des passants; nous portons alors nos regards vers les hauteurs, et mon coeur aussi souhaite monter, comme le point argenté du ballon qui disparait au-dessus des buildings, il chavire et manque d’éclater de bonheur.
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DucalmeLucetteDucalmeLucette01 avril 2017
Et à nouveau, je me souviens de ce que j’ai pensé avant de basculer dans le sommeil. Combien il allait être dur de ne pas tomber amoureuse de lui. Comment cela pourrait même s’avérer impossible, voire risqué, de m’obstiner à lui résister, de fermer mon cœur à cet homme étrangement délicat, à la nuit que nous avions passée, au lieu de m’y abandonner. Oui, juste avant de m’endormir, enveloppée par son souffle, je m’étais dit combien ce serait dangereux, compliqué ; d’ailleurs, si je n’y veillais pas, je pouvais tomber amoureuse de lui sur-le-champ, avais-je aussi songé, ou même tomber tout court, à cet instant précis, vraiment.
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Dorit Rabinyan (2014ׂ) ENGLISH SUBTITLES
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