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ISBN : 2365691870
Éditeur : Editions Les Escales (02/03/2017)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Tout commence par le froid glacial d'un hiver à New York et tout se termine sur le sable brûlant des plages de Jaffa.
Le hasard a fait se rencontrer et s'aimer une femme et un homme qui ne se seraient jamais adressé la parole dans d'autres circonstances. La femme, c'est Liat, une Israélienne dévorée par une nostalgie profonde de Tel Aviv. L'homme, c'est 'Hilmi, un peintre palestinien originaire de Ramallah.
À New York, espace neutre hors du temps et ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  18 avril 2017
La rencontre d'une étudiante israélienne juive et d'un artiste palestinien à NewYork,
Liat et Hilmi. Ils vont s'aimer loin de leur pays, loin des obstacles politiques et religieuses, le temps d'un hiver glacial. Mais Liat, la narratrice, a mauvaise conscience, aimer un arabe, même à New York, même avec une deadline, l'inquiète et déteint sur son comportement. Arrivera-t-elle à franchir la " haie vivante"( titre originale du livre en hébreu ) qu'elle porte en elle, immiscée dans son identité, cette frontière conçue par la communauté juive à laquelle elle appartient ? C'est compliqué..........
Les écrivains israéliens ( Zeruya Shalev, Abraham Yehoshua, Amos Oz, Assaf Gavron, Eshkol Nevo....) ont en général en commun une profonde sensibilité à percevoir l'être humain dans toute sa complexité; une complexité renforcée par la précarité de la vie dans leur pays. Une sensibilité probablement aussi aiguisée face aux failles et différences créées par les hommes dans cette société "pot-pourri". Bien que le récit se déroule à l'étranger, Israël en est le troisième personnage. L'ombre de son histoire est l'autre face de cette lumineuse histoire d'amour.
Je raffole de la littérature israélienne et avec ce livre je suis servie pour la nième fois.
C'est le deuxième livre de Dorit Rabinyan, que je viens de lire, une écrivaine israélienne d'origine juive iranienne. Elle décrit avec beaucoup de finesse et de tendresse le quotidien de l'intimité d'un homme et d'une femme, où s'invite avec subtilité le conflit israélo-palestinien. Une histoire fortement inspirée de "son amitié " avec un artiste palestinien Hassan Hourani entre 2002 et 2003 à New York, Hourani n'étant plus de ce monde depuis. Pour résumer le coeur de cette trés belle histoire que j'espère vous serez nombreux à la lire je voudrais rapporter les propres propos de l'écrivaine, ". le temps que j'ai passé avec Hassan et ses amis a été à ce titre un temps libérateur : je me suis rendu compte à quel point nous sommes semblables, Israéliens et Palestiniens, bien que nous ayons été élevés dos à dos. Nous partageons les mêmes paysages, la même nourriture, le même langage du corps, le même tempérament. Nos langues sont soeurs, mais notre éducation et nos médias mettent les Palestiniens dans le même sac.Nous les voyons tous comme des terroristes, et eux nous voient tous comme des soldats en armes. Or nous avons beaucoup en commun."
"La haine ne nous sauvera pas. La haine n'engendre que la haine, alors que l'amour est sans limites. Je suis avec Dorit Rabinyan." (Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature )
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Melpomene125
  01 juillet 2017
L'amour entre une jeune femme israélienne et un jeune homme palestinien est-il possible, malgré les désaccords politiques qui séparent ces deux peuples depuis bientôt soixante-dix ans ?
Après Une histoire d'amour et de ténèbres d'Amos Oz, je poursuis ma découverte de la littérature israélienne avec Sous la même étoile de Dorit Rabinyan. Je remercie Bookycooky qui, par sa critique, m'a fait découvrir ce roman.
Liat et Hilmi se rencontrent par hasard dans un café new-yorkais où Liat attend Andrew, un ami américain qui n'a pas pu venir. Il lui envoie à la place son professeur d'arabe, Hilmi. Liat est étudiante en master de littérature anglaise et philologie. Son visa s'achève en mai. Hilmi est aussi un artiste, un peintre originaire de Ramallah. Ils vont tomber amoureux, ils sympathisent et se comprennent d'emblée, unis par ce physique moyen-oriental qui, un an après les attentats du 11 septembre 2001, leur attire parfois des ennuis. Liat lui raconte comment des agents du FBI viennent de frapper à sa porte et de l'interroger car un homme l'avait trouvée suspecte et l'avait suivie jusque chez elle. Il avait signalé une Moyen-Orientale qui envoyait des messages en arabe avec son ordinateur. Les enquêteurs, rassurés par la nationalité de Liat, comprennent vite qu'il y a méprise. Ce n'était pas de l'arabe mais l'hébreu de ses traductions. Cette anecdote les rapproche. Hilmi veut montrer à Liat son atelier mais il égare les clés de son appartement et ne peut rentrer chez lui. Liat le suit dans les rues de New York à la recherche de ses clés. Elle ne peut se séparer de lui, l'abandonner.
J'ai trouvé que ce récit du début de leur amour était à la fois émouvant et poétique, une triste métaphore de la condition du peuple palestinien qui ne peut rentrer chez lui. Les multiples guerres du conflit israélo-palestinien lui ont fait perdre une partie de sa terre d'origine. Liat est consciente du problème. Mais que peut-elle y faire ? Elle n'a que son amour à donner. Hilmi se met à l'appeler avec tendresse Baazi, contraction arabe de doux petit poix. Pour lui, elle ne sera désormais plus que Baazi.
Mais quel peut être l'avenir de leur amour ? Tout, en apparence, est voué à les séparer. Surtout la politique, car le conflit qui oppose Israéliens et Palestiniens depuis la création de l'État d'Israël ne peut que les rattraper, malgré la profondeur de leur amour.
Un livre d'« une finesse rare », commente Amos Oz. Ce mot est tout à fait approprié. C'est avec finesse et humanité que la difficulté de cet amour fort et sincère est évoquée, sans jamais attiser les haines et les rancoeurs, qui se sont forcément accumulées après tant d'années de conflit. Les disputes qui surgissent, de manière insidieuse, entre Liat et Hilmi n'éludent aucun des sujets qui divisent ces deux peuples, comme sur l'armée israélienne que Hilmi, qui est athée comme son défunt père, compare au Hamas : des armes et des textes sacrés dans les deux cas. Liat est souvent excédée. Elle ne comprend pas comment, à New York, ses positions peuvent devenir si droitières alors qu'en Israël, avec ses parents, elle est à l'opposé des idées conservatrices. Elle se sent prise dans un conflit de loyauté. Pendant ses deux ans de service militaire obligatoire, elle a juré sur la Bible de rester fidèle à l'État d'Israël. N'est-elle pas en train de trahir ? Cette angoisse la rend froide et lâche. Elle tient absolument à garder sa relation avec Hilmi secrète pour la préserver du regard, du jugement de ses proches : ses parents, ses amis israéliens, elle a peur de paraître déloyale, la fille qui trahit son pays et rejoint l'ennemi.
« Pour vivre heureux, vivons cachés », dit le proverbe. C'est ce que Liat essaie de faire avec Hilmi. Leur union n'en est que plus intense et passionnée. Ils sont si amoureux, si semblables, ils vont fêter ensemble le Nouvel An iranien, Norouz, chez des juifs américains d'origine iranienne et Hilmi connaît tous les mets succulents qui sont servis au cours de ce repas car les Arabes et les Orientaux s'en délectent aussi.
À la lecture de ce livre, on comprend les difficultés auxquelles doivent se heurter les diplomates lorsqu'ils essaient de réconcilier ces deux peuples antagonistes et pourtant cousins, selon la Bible (Ismaël, ancêtre du peuple arabe, et Isaac, ancêtre du peuple juif, ont le même père Abraham). Tant de tragédies sont difficiles à dépasser. Hilmi se souvient du village d'où sa famille a été chassée et où il ne souhaite même plus revenir, ce serait trop douloureux, il a fait sa vie ailleurs. Avec son frère Wasim, il pense qu'un État binational est, à terme, inévitable, alors que Liat ne peut s'empêcher de songer à la catastrophe initiale, la Shoah, l'extermination des juifs d'Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, et craint qu'un nationalisme arabe vengeur ne remplace le sionisme, le nationalisme hébreu. À chaque dispute, elle se demande comment ils ont pu en arriver là, à ressasser encore ces vieilles histoires. « Qui cela peut-il bien intéresser ? Qui a encore de la force pour ça ? » « Laisse tomber », lui répond Hilmi.
Mais Hilmi et Liat s'aiment et se parlent. Ainsi, ils contribuent à faire reculer la haine et les préjugés. La dédicace « Pour Hassan Hourani (1973-2003) » laisse entendre que ce jeune homme prématurément décédé, qui, lui aussi, était peintre, a fortement inspiré le personnage de Hilmi.
« Tant qu'il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles » écrivait Victor Hugo à propos des Misérables. J'aurais envie de le dire aussi pour ce livre Sous la même étoile qui n'oublie pas de mettre en valeur les points communs de ces deux peuples unis par l'amour pour une même terre dont la beauté aride est, dans les dernières pages, si bien décrite, à l'opposé du froid new-yorkais que Liat et Hilmi ne supportent pas, habitués qu'ils sont à la douceur du climat de leur pays, leur terre d'origine qu'elle se nomme Israël ou Palestine.
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prune42
  11 juin 2017
A New York, Liat Benyamini, une jeune fille d'origine israélienne, rencontre 'Hilmi Nasser, un ami palestinien d'un ami et tous deux tombent amoureux. Pourtant rien n'est simple car ils sont très attachés à leur pays respectif en guerre l'un contre l'autre, à leurs traditions, à leurs familles. Si Hilmi présente sans problème Liat à ses proches, pour la jeune fille c'est beaucoup plus compliqué car ses parents n'accepteraient pas cette histoire d'amour et elle ne veut pas les blesser. Les deux jeunes gens passent beaucoup de temps ensemble le temps de leur séjour aux États-Unis mais arrive le moment où il faut se séparer et regagner son pays d'origine...
J'avais lu des critiques élogieuses de ce roman de 380 pages sur divers forums et poussée par les avis d'autres lecteurs, quand la bibliothèque de ma ville se l'est procuré, je l'ai emprunté pour le découvrir à mon tour. Or, je suis très sceptique personnellement car je n'ai pas eu le coup de coeur que j'attendais, j'ai trouvé ce roman long, je m'y suis ennuyée parfois. Pour moi, il ne se passe pas grand-chose, il y a beaucoup de scènes descriptives qui ne font pas évoluer beaucoup l'intrigue. L'histoire d'amour en elle-même m'a dérangé aussi parfois, on n'arrive pas bien à cerner les sentiments de Liat envers Hilmi.
Les chapitres qui m'ont le plus plu peut-être sont ceux où Hilmi retourne au pays, il y a de jolies descriptions de paysages notamment, cela donne un air exotique, crée un certain dépaysement.
Quant à la fin du livre, je ne m'y attendais pas, elle est vraiment triste, j'espérais autre chose.
Pour finir, j'ai trouvé l'écriture de Dorit Rabinyan par exemple au début de son roman, compliquée à cause de la présence de l'hébreu et de l'arabe.
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DucalmeLucette
  01 avril 2017
Sous la même étoile est un titre tellement bien choisi, parce que nous sommes tous issus du même monde, du même univers, mais que parfois, la politique et la religion, les guerres, les conflits d'intérêt (et j'en passe) nous séparent. Comme Liat et ‘Hilmi qui, s'ils ne s'étaient pas rencontrés par hasard à New-York, ne se seraient même pas parlés en temps normal. Elle, habitante d'Israël, lui, de Palestine, tous deux au coeur d'un conflit qui ne cesse de gronder, vivant sous la même étoile mais implacablement séparés par les frontières. Alors, le temps d'une existence en espace neutre, ils ont décidé de s'aimer. Sous le ciel de New-York.
C'est un roman terriblement intéressant parce que l'on vit le conflit de l'intérieur. Ainsi, chacun campe souvent sur ses positions, même si parfois l'un ou l'autre cède, s'ouvre. Les corps s'embrasent mais l'esprit impose régulièrement sa raison. C'est un amour rude, passionné et compliqué qui s'inscrit ici et nous sommes spectateurs de la difficulté de gérer une culpabilité, une crainte, une honte même, d'avoir choisi la mauvaise personne, celle qui ne correspond pas à l'idéal de la famille, celle qui bouscule les codes mais aussi les mentalités.
« Et à nouveau, je me souviens de ce que j'ai pensé avant de basculer dans le sommeil. Combien il allait être dur de ne pas tomber amoureuse de lui. Comment cela pourrait même s'avérer impossible, voire risqué, de m'obstiner à lui résister, de fermer mon coeur à cet homme étrangement délicat, à la nuit que nous avions passée, au lieu de m'y abandonner. Oui, juste avant de m'endormir, enveloppée par son souffle, je m'étais dit combien ce serait dangereux, compliqué ; d'ailleurs, si je n'y veillais pas, je pouvais tomber amoureuse de lui sur-le-champ, avais-je aussi songé, ou même tomber tout court, à cet instant précis, vraiment. »
L'écriture de Dorit Rabinyan, auteure israélienne, est emprunte de poésie, de sincérité, de neutralité et de finesse effectivement. Malheureusement, j'ai parfois trouvé que l'histoire partait dans tous les sens, que les pensées se mélangeaient ou se succédaient abruptement, ce qui m'a fait ressentir des longueurs, et même un manque d'intérêt pour certains passages. Les chapitres souvent longs n'ont pas aidé non plus à dynamiser l'ensemble, ils m'ont essoufflée. En revanche, les derniers 10 % du roman sont sublimes, truffés de poésie et d'onirisme malgré un sujet ténébreux. Les derniers chapitres sont courts et nous offrent un final éblouissant. Si tout le livre avait été construit et écrit de cette façon, cela aurait été une pure merveille !
« Mais le mois prochain, en été, ‘Hilmi sera à Ramallah, et moi, demain, je serai en Israël, à Tel Aviv. Seuls soixante-dix kilomètres et quelque nous sépareront, un voyage d'une heure et demie en tout. Pourtant, c'est à peine si nous en parlions, car nous savions qu'en dépit de cette proximité, nous ne pourrions pas nous retrouver là-bas. Nous savions qu'entre les deux points où nous nous tiendrions, ce n'était pas une simple ligne de démarcation qui passerait, mais une voie semée d'obstacles, dangereuse pour moi, infranchissable pour lui. Or c'était comme si ce savoir muet, l'acceptation d'un tel état de fait et la légèreté avec laquelle nous évitions le sujet prouvaient que ces futurs barrages se dressaient d'ores et déjà, ici, entre nous. »
Elle a su également retranscrire les ambiances, les saisons, nous plonger dans les paysages enneigés de New-York mais aussi nous embarquer sur les terres brûlantes d'Israël et de Palestine. C'est un roman que l'on lit avec émotion, doucement mais profondément.
En bref, je suis assez mitigée concernant ce roman même si j'ai adoré certains chapitres et passages ainsi que le thème même qui est traité avec réalisme et neutralité. C'est un roman très intéressant dont l'existence me comble car il permet d'appréhender le conflit israélo-palestinien d'une façon bien plus humaine que ce dont nous avons l'habitude à travers les médias. Je comprends facilement qu'il ait pu faire l'objet de polémiques en Moyen-Orient… Mais bousculer une guerre avec de l'amour est tout à l'honneur de l'auteure et je l'en félicite sincèrement. Ce roman mérite d'être lu et compris par le plus grand nombre.
Lien : https://ducalmelucette.wordp..
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morin
  16 août 2017
J'ai choisi de découvrir ce roman après avoir lu une critique dans la revue Lire d'avril dernier (n°454).
Cet ouvrage nous relate l'histoire d'un coup de foudre et d'un amour compliqué entre une Israélienne et un Palestinien.
Liat, Israélienne, est étudiante en master à Tel- Aviv, effectue un séjour de quelques mois à New York.
Hilmi , palestinien, vit à New York depuis quatre ans. Il bénéficie d'un visa délivré aux artistes, il est peintre.
Liat est juive pratiquante, Hilmi est athée.
Leur histoire commence un soir d'automne. Liat a rendez-vous avec son ami Andrew à l'Aquarium. Se présente à ce rendez-vous un garçon "aux cheveux bouclés. je suis un ami d'Andrew.Il m'a demandé de l'excuser..il ne pourra pas venir à ce rendez-vous". Après une longue déambulation dans les rues de New York d'abord pour acheter une certaine couleur bleue pour la peinture puis à la recherche des clés perdues, ils se retrouvent dans l'atelier d'Hilmi. Ils deviendront inséparables jusqu'en mai, date à laquelle Liat doit rentrer en Israël.
Même s'ils sont très amoureux les conflits entre leurs pays respectifs jettent de temps à autre une ombre sur leur amour. Liat apparait comme la plus sensible devant le fossé qui les sépare.
Elle garde secrète son histoire surtout vis à vis de ses parents alors qu'Hilmi n'hésite pas à la présenter à ses frères. Au cours d'un dîner où était présent Wasim, l'un des frères , les échanges agréables laissèrent la place à une querelle violente entre Liat et Wasim. Elle aura le sentiment d'avoir été "étriller" sans qu'Hilmi prenne sa défense.
Malgré quelques longueurs j'ai apprécié la lecture ce roman et notamment pages concernant les différends entre Palestiniens et Israéliens, enrichissant ainsi mes connaissances sur le sujet.
Enfin, ce n'est qu'après avoir terminé ce livre que j'ai appris la polémique en Israël lors de sa parution ainsi que son côté autobiographique. Dorit Rabinyan a vécu une histoire comparable avec Hassan Hourani, artiste palestinien, décédé accidentellement en 2003. Cette information rend cette histoire encore plus émouvante.
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critiques presse (1)
LaPresse   16 mai 2017
Un roman inspiré de la vie de l'auteure israélienne Dorit Rabinyan, banni des écoles en Israël de surcroît - interdiction qui a suscité un tollé et fait exploser les ventes du livre après sa parution originale en hébreu.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   17 avril 2017
Comme dans notre tradition, il y avait un ordre de bénédictions à réciter en l’honneur de la nouvelle année. La lumière des bougies symbolisait le bonheur ; les jacinthes, la croissance ; les pièces en chocolat étaient une promesse d’abondance, de réussite. Deux gros poissons rouges nageaient dans le réceptacle rond, en verre, posé au centre de la table ; à celui qui les regardait, une année de droiture et de fertilité était garantie. Il y avait encore sept types de nourriture, dont les noms persans commençaient par la lettre s – et qui passèrent de main en main avec vœux, prières : pour le renouvellement, des germes de blé ; pour la santé et la beauté, des quartiers de pomme ; pour la guérison, de l’ail confit en gousses ; pour la longévité et la patience, du vinaigre de vin ; la soucoupe de miel représentait le retour du soleil, et la poudre de sumac, d’un rouge-violet, renvoyait à la lumière de l’aube, les olives vertes...l'amour.
( Repas de fête du Norouz, Nouvel an zoroastrien )
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BookycookyBookycooky   17 avril 2017
Autour de nous, les flocons continuaient à planer en silence, des étincelles de neige qui atterrissaient dans le noir, mais ‘Hilmi et moi avions déjà basculé de l’autre côté du monde. Du côté illuminé. Je me trouvais à Hod Hasharon, dans les champs verdoyants, si vastes, de mon enfance ; ‘Hilmi, encore très jeune, était du côté de Hébron, traversant des vallées, flânant entre les pins, les oliveraies. Je lui racontai les vergers – ces forêts de citrons, d’oranges et de clémentines –qui s’étendaient juste à côté de notre maison ; je relatai les longues virées chez nos amis de Ramat Hashavim, puis à la piscine de Neve Yarak, où nous nous rendions en coupant par les prés de Magdiël. Pour sa part, ‘Hilmi me décrivit les monts de craie qui entourent la demeure maternelle, à Ramallah – « ça ressemble à des vagues », fit-il, « comme une mer de collines muette », et il ouvrit grand les bras. Il revint également sur les longues journées passées à croquer le paysage, là-bas, au pied d’un haut mûrier. Cernés par le fer, l’asphalte et le béton, nous n’en persistions pas moins à poétiser sur les oliviers.
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Melpomene125Melpomene125   14 juillet 2017
Hilmi était l'universaliste, celui qui poursuivait la paix, affranchi de toutes les définitions renvoyant à des valeurs telles que l'État, la religion et autres sornettes comme l'hymne et le drapeau. Alors que moi, j'étais la femme à l'esprit pratique, lucide, qui se préoccupe d'accords de paix, et de broutilles du genre frontières séparant les États, souveraineté. Et je détestais me voir enfermée dans ce rôle. Je détestais ce pathos patriotique, absurde, qui reprenait le contrôle de ma personne chaque fois que face à son extrémisme, à son radicalisme arabe, j'étais forcée de pencher vers des opinions plus droitières, me trouvant ainsi repoussée du côté conservateur de mes parents.
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Melpomene125Melpomene125   07 juillet 2017
Il plissa le front et me regarda avec cette expression de sympathie miséricordieuse, typiquement américaine.
- Oui, hein? Je t'ai épuisée, "Baazi", tu as l'air fatigué, dit-il dans un vague sourire.
Moins de trois heures s'étaient écoulées et, déjà, il m'inventait un petit nom. À un moment de notre parcours, il s'était mis à m'appeler "sweet pea", visiblement amusé. Ensuite, il avait traduit littéralement en arabe "doux petit poix", et repris ces mots avec un plaisir évident: "baazilah 'hilva", avant de passer à une mélopée lascive, sur laquelle il répéta plusieurs fois "sweet baazilah", pour finalement s'en tenir à "Baazi". Moins de trois heures s'étaient donc écoulées, et moi, m'adoucissant, je réagissais déjà à ce nom.
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Melpomene125Melpomene125   28 juillet 2017
Comment le décrire, à présent? Par où commencer? Comment restituer l'impression initiale que j'éprouvai au cours de ces lointaines secondes? Comment en dresser fidèlement le portrait, constitué d'une superposition de nuances, tel que je le vis la toute première fois? Comment rendre en quelques traits l'image complète, à travers toutes ses dimensions? Et ce regard, et cette clarté - peut-on seulement les restituer, alors que l'altérant de leurs empreintes, les doigts de la nostalgie touchent et remodèlent sans cesse le souvenir?
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