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Corinne Billon (Illustrateur)
ISBN : 2953595198
Éditeur : Dystopia (24/06/2012)

Note moyenne : 4/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Tout esclave qu'il fût, on le laissait parler, à cause de la main et du ton qu'il empruntait pour s'adresser au visiteur, comme s'il était en état de transe, comme si, et c'était bien le cas, il était inspiré par Celui qui embrasse toute chose en Sa science.

"Un jour, ce que vous croyez être une souillure sera plus convoitée que les perles, l'encens et les épices et j'ai vu quel avenir peuvent espérer vos descendants si mon message leur parvient et s'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Foxfire
  27 janvier 2016
Ada et Yves Rémy forment un duo d'auteurs rare (une poignée d'oeuvres depuis la fin des années 60) et très discret. A vrai dire, je n'avais jamais entendu parler d'eux avant de voir quelques uns de leurs ouvrages dans ma petite librairie. Sur les conseils avisés de mon libraire, je me suis laissée tenter par ce petit ouvrage.
"Le prophète et le vizir" est composé de deux récits, "l'ensemenceur" et "les huit enfants du vizir Fares Ibn Meïmoun", le second texte étant un prolongement du premier.
"L'ensemenceur" est une merveille, un délicieux conte oriental. Partant d'une idée de départ géniale, aussi originale qu'astucieuse, le récit emmène le lecteur dans un voyage méditerranéen passionnant. L'écriture est simplement sublime. D'une grande musicalité, la plume enchanteresse, fine et élégante des Ada, fait chanter les mots.
J'ai été un peu moins convaincue par "les huit enfants du vizir Fares Ibn Meïmoun". D'une part le beau personnage de Kemal, très attachant, n'est plus là et d'autre part, certains partis-pris stylistiques ne m'ont pas plu. Cependant, cela reste du très haut niveau et ce second récit est tout de même très plaisant à lire.
"Le prophète et le vizir" offre un moment de lecture délicieux qui enchante l'âme, touche le coeur tout en jouant intelligemment avec la notion de destinée.
Je suis ravie d'avoir découvert Ada et Yves Rémy, duo d'auteurs qui mériterait une plus grande reconnaissance. Il ne fait aucun doute que cette rencontre n'était pas la dernière.
Challenge Multi-Défis 2016 - 6 (catégorie "un livre écrit à quatre mains)
Challenge Petits plaisirs 2016 - 5
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TwiTwi
  11 novembre 2012
Le prophète et le vizir sont deux contes orientaux : L'ensemenceur et Les huit enfants du vizir Fares Ibn Meïmoun.
Dans le premier conte, on fait la connaissance d'un pêcheur d'huîtres devenu visionnaire. Il voit le futur lointain, tellement lointain qu'il voit en fait notre époque à nous. Bien évidemment cela induit un décalage assez amusant quand il tente de décrire ce qu'il voit.
Le second est dans la directe continuité du premier et raconte comment un vizir essaie à tout prix d'éviter que la prophétie émise par notre pêcheur d'huîtres se réalise, à savoir la mort -violente -de ses 8 enfants.
Mais chacun des mots lancés par Kemal étaient comme des graines qui ne demandaient qu'à germer et à pousser dans le terreau gras, fécond et généreux des légendes en gestation ou de l'histoire, la petite, puisque la grande jugea bon de faire l'ignorante.
Fares résolut donc d'arracher ses enfants au sort qui leur était prétendument promis. Les huit enfants du vizir Fares Ibn Meïmoun
Ce petit livre est un bijou d'astuce et d'humour. le voyage de Kemal et l'histoire des 8 enfants du vizir sont un prétexte pour nous faire réfléchir sur le concept même de prophétie. Nous suivons les tourments de Kemal qui ne parvient pas toujours à savoir s'il doit ou non annoncer quelque malheur futur, garder tout ça pour lui ou donner des conseils pour éviter que le dit malheur n'arrive.
Il sera aussi question de ce qu'il faut faire de la prophétie une fois qu'elle a été émise : est-elle vraie ? est-elle évitable ? le fait de la considérer comme vraie ne peut-il pas mener les hommes à tout faire pour qu'elle se réalise ? Ou qu'elle ne se réalise pas ? Voilà un sujet passionnant que je vais oser rapprocher du concept psychologique de "la prophétie autoréalisatrice" que j'avais étudié en long en large et en travers au lycée et à l'université (et en particulier l'effet désastreux que cela peut avoir sur les gamins à l'école).
Les chutes de chacune des deux nouvelles sont vraiment très futées et ne pourront que générer encore plus de questionnement de la part du lecteur. Je les ai en tout cas trouvé très fûtées et cela tient pour bonne part dans mon plaisir de lecture.
Rajoutons à cela que le style est très sympathique. Je n'y connais rien en contes arabes, mais le ton m'a semblé juste par rapport à l'histoire et son origine supposée. Il y a aussi beaucoup d'humour et même un brin de poésie. le texte est brillamment supporté par une illustration de couverture dont on comprendra le lien avec l'histoire en lisant le premier conte.
A lire pour le plus grand plaisir de l'intellect, mais sans prise de tête aucune.
Lien : http://ledragongalactique.bl..
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Charybde2
  17 mars 2013
34 ans après "La maison du cygne", un coup de maître du fantastique couple Yves et Ada Rémy
Publié en 2012 par l'éditeur associatif et passionné Dystopia Workshop, ce petit livre fait figure d'événement. Yves et Ada Rémy, les auteurs du formidable "Les soldats de la mer" (1968), accaparés par leur métier commun de réalisateurs de films d'entreprise, n'avaient pas confié de manuscrit à l'édition depuis... 1978 et le couronnement de leur "La maison du cygne" par le Grand Prix de l'Imaginaire.
C'est donc avec joie, mâtinée d'une petite dose d'angoisse, que l'on se plonge dans le texte, et que l'on est rapidement récompensé de cette (longue !) attente. le roman se compose d'une partie principale, "Le prophète", et d'une sorte de longue nouvelle annexe (mais nullement secondaire), qui vient compléter et clore, "Le vizir".
D'une manière que ne renieraient ni le Borges de "L'approche d'Almotasim" (par exemple) ni les contes arabes et perses médiévaux, au premier rang desquels le cèlèbre "La mort à Samarcande", "Le prophète" narre, après une brillante introduction en forme de "mise en situation" (expliquant les dons surnaturels occasionnels de certains infirmes), les pérégrinations méditerranéennes d'un pêcheur de perles bahreini, au Moyen Âge, "affligé" du don de prescience... Alors qu'initialement, il "voit" l'incompréhensible à plusieurs centaines d'années dans le futur, l'horizon se rapproche au fur et à mesure qu'il avance dans son périple... jusqu'à rencontrer son propre destin.
À la fois récit de voyage médiéval, haut en couleurs, dans cette Méditerranée largement arabisée à l'époque, et fable métaphysique sur la destinée, "Le prophète" est complété par l'étonnant "Le vizir", dans lequel l'instrument du destin du "Prophète" cherche à contourner une prédiction en bâtissant un refuge pour ses enfants, apparemment promis à la mort, au coeur du désertique Chott El-Djerid, dans le Sud tunisien. Ode saharienne autant que construction intellectuelle borgésienne, dans laquelle un fantastique proche de celui des "Soldats de la mer" effectue un surprenant retour, ce "récit après le récit", avec son clin d'oeil dubitatif final, clôt en beauté ce grand retour des Rémy.
" - Je t'ai obéi, dit Kazim.
La manche retroussée et le poignet découvert, le Purulent examinait sa plaie. Il releva les yeux.
- Que pouvais-tu faire d'autre ? dit-il en haussant les épaules. Il n'est pas de pire engeance que celle des morts. Si tu ne réponds pas à celui qui t'appelle à l'aide, imagine seulement comment il t'accueillera quand ce sera ton tour de quitter les vivants ! Sais-tu pourquoi cette blessure ne guérit pas ?
Kazim s'enfonçait dans le cauchemar. Après l'horreur de la nuit, cet homme-là lui mettait sous les yeux un chancre qui le mordait jusqu'à l'os.
- Je ne l'ai pas reçue ici... Ils ont un drôle de chien là-bas, qui rôde sur la rive d'un fleuve...
Il ajouta avec dégoût : "À plusieurs têtes..."."
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MarianneL
  26 avril 2013
« En ces temps-là, Allah, le Bienfaiteur miséricordieux, accordait à ceux que la nature avait accablé d'infirmités et dont les facultés semblaient avoir été plus ou moins ébréchées, le plus subtil des dons, celui de la voyance.»
Il était une fois un pêcheur de perles du nom de Kemal bin Taïmour qui vivait au 8ème siècle de l'Hégire (au 14ème siècle) dans l'île de Bahreïn. Homme très pieux, il était affublé d'un sixième doigt et pouvait reconnaître sous l'eau les huîtres recelant les précieuses perles. Un émir organisa son rapt, afin de tirer profit de ses prédispositions pour la voyance. Au contact des autres infirmes capturés par cet émir, son don se développa, lui apportant des visions du monde du XXIème siècle, images de puits de pétrole, d'avions et de gratte-ciels qu'il énonce, provoquant la stupeur et l'incompréhension de ses contemporains.
Ses visions trop lointaines étant inutiles pour l'émir, il finit par se débarrasser du pêcheur, dont nous allons suivre les tribulations autour de la Méditerranée, ponctuées de représentations du futur dans chaque lieu visité, très rarement prises au sérieux (Ibn Battuta fait exception, croisé par notre héros à Fes), mais dont la portée temporelle se réduit progressivement, jusqu'au point final annoncé de rencontre entre sa vie et ses prophéties.
Ce conte – L'ensemenceur - nourri de Borges, de Perutz et bien sûr des Mille et une nuits, est suivi d'une courte nouvelle qui lui est liée – le vizir – où le vizir Fares Ibn Meïmoun, un homme arrogant et cruel (comme il se doit pour un vizir), qui a la ruse du renard des contes de notre enfance, met en place un stratagème complexe pour faire échapper ses huit enfants à une mort certaine, prophétisée par le pêcheur.
Cette fable, qui nous laisse au final décider si l'on peut - ou pas - influencer sa destinée, donne envie de remonter le temps et de découvrir les autres écrits d'Yves et Ada Rémy.
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Amaruel
  14 juin 2015
L'Ensemenceur s'intéresse à l'histoire d'un petit pêcheur de perles, Kemal bin Taïmour, né avec six doigts, se retrouve bien malgré lui, prophète. Mais ce don l'amènera sur des contrées auxquelles il n'aura pas pensé, près de six siècles plus loin. Prévisions si éloignées qu'elles ne font que le desservir auprès de ses interlocuteurs jusqu'à ce que, peu à peu, ce don envoyé par Allah, dans Son infinie sagesse, périclite, et rapproche ses visions de plus en plus près.
Le petit pêcheur est un personnage surprenant, par sa capacité à survivre dans un univers qui ne lui fait pas de cadeau, érigé au rang de porte-voix du tout puissant, et il a beau voir ce qui se passera dans des siècles, il ne peut pas prévoir quand surviendra sa propre mort. de voyage en voyage, il sème derrière lui des petites parties de ce qu'il a pu découvrir du futur, espérant que ses paroles seront portées par les siècles et entendues par les descendants des prévenus. Et si dans un premier temps, j'ai eu du mal à suivre avec le nom des personnages et des lieux, à chaque fois que le héros avançait dans ses aventures, il m'était plus simple de me repérer.
J'ai particulièrement apprécié de savoir si les paroles du Prophète étaient entendues et si elles avaient un impact même des siècles plus tard. On a l'occasion de voir toutes sortes de réactions face à un tel prodige, le petit homme est tantôt vénéré, tantôt invectivé par une population sourde à ses prédictions. Ce qui l'amène à douter lui-même et de la véracité de ses dires et de la nécessité à révéler l'intégralité de ses visions.
L'intrigue et la trame amène le lecteur à réfléchir sur ce que peut être le destin, si cela est fatalement écrit. Et ce que feraient les hommes s'ils connaissaient l'avenir, ou si du moins, quelqu'un le leur contait. Si dans la première nouvelle, on se met à penser que le destin n'est pas entièrement tracé, la seconde nouvelle vient entacher quelque peu cette idée.
La deuxième nouvelle, Les huit enfants du vizir Fares ibn Meïmoun, reprend la fin de la nouvelle précédente, avec un point de vue différent. le Vizir tente de contrer le destin tragique de ses huit enfants qu'à prophétisé Kemal, on les envoyant se réfugier dans une terre des plus hostiles. On avance dans cette nouvelle un peu comme sur un grand échiquier, d'une partie en train de se jouer entre Dieu et seulement un homme.
Le tout est servi par une composition à quatre mains d'excellente facture, qui réussit à nous faire voyager malgré la faible épaisseur de l'ouvrage. Je ne connaissais pas ce couple d'écrivain mais j'ai hâte de découvrir Les Soldats de la Mer.
Lien : http://amarueltribulation.we..
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critiques presse (1)
Elbakin.net   11 septembre 2012
Le ton est souvent cynique, le héros parfois amusant de naïveté. Ses réflexions sont bien rendues et on se surprend à se dire “moi je leur aurais annoncé cet évènement de telle façon”. Et quand le lecteur veut se faire acteur, réagit à ce point, c’est que le pari est gagné, que la fable est réussie.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
BlackWolfBlackWolf   03 novembre 2012
- [...] Je ne serai pas ces chroniqueurs d'aujourd'hui qui se contentent de rapporter une suite de faits pittoresques plus ou moins avérés ou des récits légendaires sans mise en perspective, et qui n'essaient pas de comprendre le pourquoi et le comment. Je m'appliquerai à considérer chaque fait historique comme un témoignage révélateur de son époque. Il me semble que l'Histoire doit être une science et une discipline fondamentale. Alors seulement elle deviendra riche de sagesse et utile à la compréhension de l'Homme.
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TwiTwiTwiTwi   19 octobre 2012
Une multitude de puits de naphte étaient en feu levant dans le ciel obscurci d'épaisses colonnes de fumées noires. Sur une large piste, des centaines de chariot d'assaut gros comme des éléphants étaient éventrés et finissaient de brûler, d'autres qui transportaient des troupes étaient foudroyés, avec leurs grappes de cadavres encore assis sur les bancs, rôtis comme moutons en broche, et partout comme des petites caisses métalliques à quatre roues avec leur coffre béant étaient immobilisées, déchiquetées, carbonisées. Des guerriers gisaient tout autour, morts ou gémissants. Les trois mille anges de la garde rapprochée d'Allah le Tout-Puissant avaient dû fondre du haut du ciel sur une armée qui semblait battre en retraite avec le gros de ses forces et ses habituels pillards en fuite.
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domibdomib   28 juin 2012
C'est alors que se répandit, des faubourgs de Bab Souïqa à ceux de Bab Jazira, des fondouks chrétiens aux souks de la médina, une rumeur têtue et rampante, comme un oued qui serpente, se pert dans les sables et renaît, à propos des huit enfants du vizir. Tantôt sourdement, noyée dans les palabres, tantôt ouvertement, bouillonnante dans les chicaïa, elle cherchait sa voie dans la casbah. On l'entendait se heurter aux arcades et aux murs blanchis à la chaux, refluer devant les portes lancéolées et lécher les moucharabiehs.
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TwiTwiTwiTwi   27 octobre 2012
Mais chacun des mots lancés par Kemal étaient comme des graines qui ne demandaient qu'à germer et à pousser dans le terreau gras, fécond et généreux des légendes en gestation ou de l'histoire, la petite, puisque la grande jugea bon de faire l'ignorante.
Fares résolut donc d'arracher ses enfants au sort qui leur était prétendument promis.
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TwiTwiTwiTwi   19 octobre 2012
Ainsi parla Kemal avec autorité et sans plus argumenter il se retira dignement tandis que l'auditoire se demandait si les fous pouvaient prophétiser ou si, d'habitude, les prophètes étaient sujet à la folie.
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