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EAN : 9782070416103
96 pages
Gallimard (07/03/2001)
3.39/5   27 notes
Résumé :
La disparition d'unêtre proche pose-t-elle avant tout la question de la solitude ? Celle du manque ? On eût pu croire cet événement cantonné au traditionnel cortège d'affres et d'afflictions liées au deuil, mais vint l'étrange récit, la singulière quête de Nathalie Rheims. De son frère Louis, mort à l'âge de 33 ans, elle ne dit rien– pourtant c'est bien sa mort qui déclenche chez elle le processus d'écriture. Pour dire l'absence, se relever et retracer le parcours d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
cicou45
  07 septembre 2014
Ce qu'il y a de fort dans cet ouvrage, c'est qu'il parle de l'absence alors que le lecteur a l'impression que la personne essaie de toutes ses forces de combler ce vide en faisant renaître une autre personne. Nathalie, la narratrice, dévastée par la mort de son frère Louis il y a dix ans de cela, tente de ramener à la vie un célèbre acteur, lui aussi décédé, Charles Denner. Elle se rapproche des personnes qui l'ont connu, les interroge et tente de retracer, à travers un journal, la vie de cet homme qu'elle idolâtre et qu'elle aurait pu aimer. Son but est de savoir si, d'une part, elle aurait pu se faire aimée de lui en retour, mais surtout qu'à travers ses écrits, cette grande figure, ne disparaisse jamais des esprits. Lui, contrairement à son frère, avait tout pour lui : il était connu et le restera probablement encore longtemps alors que ce pauvre Lui, lui, mort trop jeune à cause d'un cancer, qui se souviendra encore de lui à part elle ?
Un livre qui nous montre qu'il faut sans cesse se souvenir d'un être aimé afin qu'il puisse continuer à exister car lorsque celui-ci disparaît à jamais de nos mémoires, eh bien, c'est comme s'il était mort une deuxième fois.
Avec des chapitres courts et une écriture fluide, se rapprochant de temps en temps de la poésie, ce court ouvrage ne peut que nous toucher et je ne peux donc que vous le recommander !
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Petitebijou
  01 octobre 2012
Ce récit, paru en 1999, est le premier ouvrage que je lis de l'auteur. Il est très bref, mais on sent qu'il fut dur à écrire. Car, et c'est là que pour moi réside l'intérêt principal de cette lecture, Nathalie Rheims exprime au fil des lignes et se débat avec le besoin de dire et la pudeur de taire.
L'envie d'écrire a commencé avec la disparition de son frère adoré, mort d'un cancer de la lymphe à 33 ans. Evoquer l'absent lui devient impératif pour survivre, mais comment évoquer l'absence, le manque, quels mots pourraient traduire le vide, le rien ? Nathalie Rheims ne déploie pas de raisonnements métaphysiques, ne partage pas les moindres tourments qui l'assaillent. Elle fait dans la simplicité, et l'on sent que le strict minimum lui coûte encore trop. Chaque paragraphe est épuré. Les émotions sont évoquées, fugitives, mais, grâce à un beau talent d'écriture, prégnantes.
Pour évoquer une présence absente, celle de son frère, impossible à dire, puisque déjà perdue, et pour le retrouver autrement, dans un territoire plus acceptable pour échapper à la folie ou au suicide, l'idée s'impose à l'auteur d'évoquer un autre amour de sa vie, platonique, puisqu'elle n'a jamais rencontré l'objet de cet amour, qu'elle ressent tout aussi réel qu'un amour « en présence ». Cet amour a les traits de l'acteur Charles Denner, et le récit devient alors une tentative de biographie d'un homme farouchement secret, dont on ne sait pas grand-chose, qui refusait d'exhiber même en famille ses photos…, cet acteur à la voix inimitable, au charme si particulier, un peu étrange, un peu ailleurs…
Nathalie Rheims décide de rencontrer des êtres qui ont côtoyé l'acteur assez intimement (si cela était possible), un frère, un ami, une ancienne épouse, un fils… et de tenir une sorte de journal de sa quête. Encore une fois, elle a besoin de dire, mais ses questions sont auréolées de retenue, tandis que les témoins qui acceptent sa démarche sont aussi très peu diserts. Peu à peu, l'auteur tisse avec eux, dans cet espace de dialogue où le silence en dit plus que les mots, des liens qui la retiennent au monde. le peu que nous apprenons de Charles Denner (et qui est déjà beaucoup), de ses origines, sa famille, son rôle de résistant, sa vocation de comédien, sa vie sentimentale, sa maladie, est finalement le récit en filigrane d'un sauvetage. A travers ce jeu de miroirs entre le frère et l'acteur, peu à peu, c'est le reflet de l'auteur qui reprend corps. C'est ce qui rend ce livre, malgré la frustration de sa brièveté, si magnifique. J'ai été très touchée par la démarche encore plus exceptionnelle aujourd'hui d'une écriture qui explore les territoires de la plus profonde et secrète intimité sans tomber dans les travers et la facilité du déballage, du racolage. L'empathie nait pour le lecteur de cette écriture que je qualifierais de « malgré-soi ». La fin du livre, on le sait aujourd'hui, est un commencement, car, outre que son enquête aura permis à Nathalie Rheims de rencontrer un nouvel amour en la personne de Claude Berri, elle lui aura surtout donné la parole écrite. Nul doute que je vais continuer à écouter ce que cette femme si touchante a à dire en lisant d'autres ouvrages dont elle est l'auteur.
Pour finir, au cours de la lecture de « L'un pour l'autre », impossible pour moi de ne pas penser à Georges Perec, auteur de « La Disparition », dont j'avais choisi cette citation pour Babelio de « W, ou le souvenir d'enfance » :
« J'écris parce qu'ils ont laissé en moi leur marque indélébile et que la trace en est l'écriture : leur souvenir est mort à l'écriture ; l'écriture est le souvenir de leur mort et l'affirmation de ma vie. »
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Malice
  09 juin 2013
Une belle surprise, un récit très intime aussi avec beaucoup de pudeur. Son style est simple, remplis de finesse, c'est une écriture sensible. le thème du deuil est abordé dans ce livre sous la forme d'un journal. Ce livre parle de la mort et pourrait être morbide mais non, c'est pas triste car les morts vivent en nous, c'est le message que Nathalie Rheims veut donner à ses lecteurs. Rapport frère-soeur via le comédien que Nathalie a vénéré Charles Denner. Ce récit est aussi un joli livre sur cet acteur extrêmement discret, juif polonais, de condition modeste. Il a beaucoup travailler au théâtre et surtout pour le TNP.Elle dédie son premier roman à son frère Louis, et aussi au fils de Claude Berri "Julien". Car quand elle a rencontré Claude Berri celui venait de perdre son fils brutalement et très jeune. Nathalie Rheims, Charles Denner et Claude Berri, tous les trois sont juifs, c'est ce qui les réunit. Claude Berri a fait travaillé Charles Denner dans "Le vieil homme et l'enfant". C'est une très jolie découverte, livre touchant troublant en un mot un coup de coeur auquel je ne m'attendais pas.
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jack56
  14 janvier 2019

C'est un livre étrange et un texte hors du commun qui nous amène à la rencontre de l'acteur Charles Denner tout en lui rendant hommage. Il nous mène aussi à la recherche du mystère d'une histoire d'amour fictive avec un inconnu et un travail sur l'absence et le manque.
La magie des mots qui nous emporte ne m'a pas laissé insensible . Cette auteure qui m'était inconnue jusqu'à ce jour à éveillé ma curiosité et l'envie de découvrir ses autres ouvrages.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
cicou45cicou45   07 septembre 2014
"La passion est ce qui nous fait vivre [...]. C'est par la force de la pensée que les images ne meurent pas ;"
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zellerebzellereb   21 juillet 2016
Charles, chaque jour un peu plus. Chaque jour mon dialogue avec vous se fait plus intime. Plus j’avance dans cet entretien désespéré que je tente de nouer avec l’absence, plus je ressens dans ma chair la douleur qu’elle ne soit qu’absence.
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PeytonPeyton   25 mars 2016
Tu m'as quittée, Louis, mais regarde à présent, regarde : nos deux âmes jumelles en une seule et même chair; moi qui t'accueille. Nous attendrons là, ensemble , l'union final; nos dépouilles amoureuses, ces poussières d'éternité .
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MaliceMalice   09 juin 2013
'ai cherché parmi les personnes disparues celle qui pourrait, dans mon cœur faire avec moi cet étrange voyage. Charles Denner, j'ai pensé à vous
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MaliceMalice   09 juin 2013
Un deuil une déchirure profonde, une fêlure, juste une envie de mourir pour ne pas trahir le jeune homme que j'ai passionnément aimé, Louis, mon frère
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