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EAN : 9782262028268
352 pages
Perrin (02/04/2008)
3.43/5   22 notes
Résumé :
Entre biographie et essai, le livre de Jean-Pierre Rioux, salué par la critique et succès d'édition, évoque l'orateur hors pair, le philosophe, l'intellectuel et l'historien, le défenseur des droits de l'homme, l'homme de la paix, l'adversaire du colonialisme.

Les questions d'aujourd'hui auxquelles le premier mort de l'été 1914 avait donné sa réponse continuent de nous hanter.

Comment ne pas trahir quand on est au pouvoir ? Comment li... > Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
Arakasi
  24 octobre 2013
Le 31 juillet 1914, juste avant que ne débute la 1ère guerre mondiale, Jean Jaurès est abattu de deux balles par un jeune étudiant déséquilibré. Au sein des courants nationalistes français et même dans certains groupuscules de gauche, nombreux sont ceux à s'en frotter les mains, voire même à déboucher le champagne pour fêter l'événement. Pourtant dans les quartiers ouvriers et parmi le petit peuple socialiste, ne retentissent que lamentations et un cri de souffrance quasi-unanime : « Ils l'ont tué ! Ils ont tué notre Jean ! » Rien de surprenant à cela car, dans toute l'Histoire de la politique française, peu d'hommes suscitèrent des sentiments aussi contradictoires que Jean Jaurès. Brillant orateur, militant acharné, politicien engagé, Jaurès a déclenché pendant sa trop courte carrière autant d'ovations que de huées, autant d'adoration fervente que de haine féroce. A l'orée du XXIe siècle, l'Histoire lui a finalement rendu justice et on trouve peu de gens pour cracher encore sur cette grande figure humaniste, mais il n'est pas inintéressant pour autant de redécouvrir l'homme dans le contexte de son époque, ses idéaux, les détails de ses luttes et les multiples facettes de sa personnalité.
C'est à cette tâche que s'est attelé plutôt efficacement Jean-Pierre Rioux dans son ouvrage « Jean Jaurès ». Plutôt que de réaliser une biographique chronologique, l'auteur a privilégié une approche thématique, faisant revivre le grand homme à travers une douzaine de portraits complémentaires : Jaurès philosophe, Jaurès orateur, Jaurès historien, Jaurès politicien, Jaurès journaliste… Cette approche ne manque pas d'intérêt puisqu'elle permet de mettre en avant le côté « homme-orchestre » du leader socialiste, mais peut s'avérer assez ardue à suivre pour les personnes n'ayant que des connaissances limitées sur la France du début du XXe siècle et sur la vie du bonhomme. Etant peu accoutumée aux jargons politique et philosophique, j'avoue avoir un peu peiné sur certains chapitres de son ouvrage, mais je ne regrette pas ma lecture pour autant. Si la partie purement factuelle de son ouvrage n'est guère détaillée, Jean-Pierre Rioux se livre en revanche à une synthèse et à une analyse très fines des thèses politiques, historiques et humanistes de Jaurès, thèses généralement méconnues et qui surprennent souvent par leur modernité.
Et parce que Jean-Pierre Rioux est également un admirateur (ce que je ne lui reproche pas, étant moi-même une groupie de Jean Jaurès depuis ma lecture passionnée des « Preuves » de l'affaire Dreyfus), son ouvrage, tout objectif qu'il soit dans ses analyses, est également un hommage émouvant à l'un des plus généreux et brillants hommes politiques que la France ait connus. L'historien se permet même quelques beaux passages au lyrisme vibrant où il laisse libre-court à son enthousiasme et à son affection – des sentiments qu'il est bien difficile de ne pas partager. Rêveur, Jaurès ? Idéaliste, Jaurès ? Indécrottable optimiste ? Peut-être bien… Il n'empêche que l'on ne peut finir cet ouvrage sans songer que, si Jaurès avait survécu au fatidique mois de juillet 1914, le visage de la France en aurait peut-être été changé et pas pour le pire !

Je laisserai le dernier mot à Jacques Brel, car il le vaut bien, le bougre :
« Demandez-vous belle jeunesse
Le temps de l'ombre d'un souvenir
Le temps du souffle d'un soupir
Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? »
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Marti94
  04 août 2014
J'ai lu ce livre il y a déjà pas mal d'années, en 2005, et j'en ai gardé un très mauvais souvenir même si ça me fait mal de dire cela au sujet de Jean Jaurès, en ces temps de commémoration à l'occasion du 150e anniversaire de sa naissance.
Je n'y ai pas trouvé ce que je cherchais et je n'ai pas aimé le parti pis de l'auteur de présenter l'homme en fonction de thèmes : sa famille, sa jeunesse, son engagement … Il est impossible de comprendre la vie et l'oeuvre du grand homme chronologiquement. Il s'agit donc plutôt d'un essai que je ne conseille pas d'autant plus qu'il y a pas mal d'ouvrages qui sont sortis cette année (ce référer à la liste créé par palamede sur Babelio).
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jsgandalf
  21 avril 2012
Une biographie de Jaurès, cet homme politique atypique assassiné comme on le sait ne peut qu'attirer celui qui aime l'histoire. Mais attention ce livre raconte plus ce qui a influencé l'homme que son action, C'est plus un essai sur les idées jaurésiennes que sur le personnage en lui-même. Mais comme un peu de politique philosophique ne fait pas de mal surtout en ces temps d'ultra démagogie, il vaut le coup de le lire. Cela permet de recentrer l'important : l'homme et non l'argent.
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Imaginariumlitteraire
  04 décembre 2020
A mi-chemin entre la biographie et l'essai, Jean-Pierre Rioux met en perspective toutes les spécificités d'un Jean Jaurès porté par une foi inébranlable en l'humanité. A la lecture des éléments constituants sa formation politique et intellectuelle, on se surprend à apprécier l'homme qui se révèle sous nos yeux et qui reste aujourd'hui encore, curieusement, grandement méconnu.
Lui qui rêvait d'idéal et de transcendance, de progrès et de justice, se voit à de multiples reprises confronté à une réalité politique et sociale particulièrement âpre et difficile. Au fil des pages, on entend le tribun s'opposer brillamment à ses adversaires politiques (Viviani, Guesde, Clemenceau, etc…), on s'émeut à la lecture de ses discours qui, même encore de nos jours, renferme une authenticité et une vérité bluffante.
Jean-Pierre Rioux nous dévoile donc les hésitations, les pensées, les angoisses et les espoirs, les certitudes mais aussi les doutes de cet homme fascinant. En définitive, ce sont toutes ses facettes qui l'on fait rentrer dans la postérité qui transparaissent de cette oeuvre.
Une biographie nécessaire pour qui veut découvrir un pan de la politique française de la fin du XIXème siècle et du début du XXème, mais surtout, pour qui souhaite mieux comprendre un personnage historique exceptionnel.
Lien : https://mon-imaginarium.wixs..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Arakasi Arakasi   23 octobre 2013
"Un jour viendra peut-être où nous serons abattus précisément par un de ceux que nous voulons affranchir. C'est du même peuple souffrant que sortent, selon le vent qui souffle, les violences des révolutions ou les violences des réactions, et la même mer, brisant les navires qui se combattent, en a plus d'une fois réconcilié les débris dans ses profondeurs. Qu'importe après tout ! L'essentiel n'est pas qu'à travers les innombrables accidents de la vie nous soyons épargnés par la faveur des hommes ou par la grâce des choses ; l'essentiel est que nous agissions selon notre idéal, que nous donnions notre force d'un jour à ce que nous croyons la justice, et que nous fassions oeuvre d'hommes en attendant d'être couchés à jamais dans le silence de la nuit."

Jean Jaurès - 1895
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Arakasi Arakasi   20 octobre 2013
Rien qu'un écho sonore, un redondant, un rhéteur, un verbeux diront ses ennemis. Une intelligence, une âme qui sait de souche que, dans la vie, il faut avoir envie de parler aux gens ; qui dit nos mots avec ses mots quand on l'écoute et qu'on l'entend, rétorqueront ses amis et même nombre de ses adversaires. Cette vocation oratoire, nous n'en avons hélas aucune preuve d'archives puisque sa voix, apparemment, n'a jamais été enregistrée. Mais les témoignages concordent, les souvenirs ont convergé : non seulement Jaurès ne fut vraiment Jaurès qu'en parole, mais il est resté de ceux, trop rares, qui ont osé dire que la politique c'est du vif et du noble criés haut et fort. Et qu'il faut proclamer partout, pour tous les publics, en visant le coeur et l'intelligence, la passion et la raison. Car "le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire". En bref : moins tenter de séduire que de convaincre, à enjôler qu'à enrôler.
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OlivierMaldent OlivierMaldent   06 août 2021
Les juifs, l’argent, la trahison : avec Dreyfus, s’étend un très vieil antisémitisme qui avait été ragaillardi, et jusque dans les milieux les plus « populaires » et « ouvriers », par les scandales et les crises qui assaillent depuis si longtemps le pays. À gauche aussi, même chez les socialistes déclarés comme chez les militants conscients d’un mouvement ouvrier qui se cherche, il a resurgi sous cette forme instinctivement populiste d’hostilité immédiate et viscérale aux « youtres » manieurs d’argent et usuriers exploiteurs du peuple ; il a relancé l’argumentaire antijuif de tous les anticapitalistes sommaires et, en 1895, il s’est même trouvé des blanquistes notoires pour saluer leurs camarades autrichiens qui chassaient le juif dans Vienne. Séjournant alors brièvement en Algérie, Jaurès lui-même a certes compris que le peuple arabe avait le droit de « surveiller notre gestion » et saurait s’émanciper un jour, mais il a admis étrangement vite que les juifs appliquent là-bas « leurs procédés d’extorsion et d’expropriation », et il n’a guère reproché au jeune « parti socialiste algérien » de prendre âme et élan militant, bel euphémisme, « sous la forme un peu étroite de l’antisémitisme ». On ne l’a certes jamais vu parader, comme certains de ses camarades, avec des antisémites déclarés, même quand il fallut à tout prix aider les verriers d’Albi et que La Libre Parole et Drumont auraient pu être sollicités ; il a toujours tenu pour l’idée, foncière chez lui, qu’il n’y a « qu’une race, qui est l’humanité ». Et il est tout aussi vrai, en revanche, que les premiers dreyfusards ont convaincu et mobilisé des républicains – un petit groupe que Jaurès a défini comme « judaïsant et panamisant » - qui avaient trempé dans le scandale de Panama et étaient restés très hostiles aux socialistes : par exemple, ce Ludovic Trarieux, auteur de l’appel, décisif, dont sortira en juin 1898 la Ligue des droits de l’homme, qui a rapporté sans broncher sur les « lois scélérates » en 1893 et qui, garde des Sceaux en 1895, a directement soutenu Rességuier à Carmaux. Si bien qu’il n’est que trop clair qu’à la différence de Zola, Jaurès n’est pas d’abord devenu dreyfusard par haine de l’antisémitisme. Et pour comprendre qu’il ait si tardivement soutenu Dreyfus, faudrait-il en outre admettre qu’en lui l’intellectuel a été tenu en lisière par le socialiste ?
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Imaginariumlitteraire Imaginariumlitteraire   05 décembre 2020
Tout leader qu'il ait été, Jaurès est resté jusqu'au bout un homme très aimé, mais seul.
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