AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782864248828
240 pages
Éditeur : Editions Métailié (06/09/2012)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Domingo Zarate Vega a commencé par remarquer des formes apocalyptiques dans les nuages, puis par prédire de petites catastrophes. Après la mort de sa mère il s’est établi comme ermite dans la vallée d’Elqui, près du désert d’Atacama. Là il a découvert qu’il était rien moins que la réincarnation du Christ.
Lorsqu'en 1942 il apprend que dans la mine voisine de La Providencia vit une prostituée dévote de la Vierge du Carmen, nommée Magdalena, il part à sa recher... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  18 août 2018
Chili, désert d'Atacama, dans les années fin 30-40, les campements salpêtriers, et des dizaines d'ouviers victimes de la rapine insatiable de leurs patrons gringos.
Au milieu de cette désolation, un illuminé, le Christ d'Elqui, un zozo qui se prend pour la réincarnation du Christ, flanqué de deux apôtres, deux chômeurs tombés en dévotion dans le port de Taltal, deux va-nu-pieds peinant même à faire le signe de la croix.
Notre prophète plus sujet aux moqueries qu'à l'adulation, ennuyé et s'ennuyant, , apprend une nuit, dans une auberge, la surprenante histoire de la prostituée dévote de la compagnie de salpêtre de Providencia. Non seulement excellente pute dans l'exercice de son métier, mais aussi non loin d'être sainte, elle porte le nom troublant de Magalena Mercado. Notre homme croyant proprement à sa propre affabulation, en est saisi. Dans ce Nord qu'on appelle le territoire du diable, il va partir à la recherche de sa Marie-Madeleine, en espérant qu'il pourra la convaincre à l'accompagner sur son chemin de croix. " Une femme non seulement pratiquante et pleine de foi chrétienne, mais aussi capable de forniquer de tout son coeur et sans manières”, que demander de mieux....
Une faune extravagante, un prophète de pacotille en loques, profondément humain, une pute dévote et généreuse, qui voile sa statue de la Vierge aux heures ouvrables, un fêlé , Don Anonimo, qui balaie le désert le plus long du monde, du matin au soir, un “tueur savant”, égorgeur bolivien, propriétaire des abattoirs, un curé mouchard, agent de la CIA......peuplent un récit pleine de verve, imprégné de réalisme magique, oscillant entre humour et dérision, sexe et dévotion. Cette histoire loufoque, menée tambour battant par une équipe d'enfer , « Maître / Soeur Magalena », recèle pourtant un fond des plus tragiques, dénonçant l'hypocrisie de l'église et les terribles conditions de vie où vécurent les ouvriers des mines de salpêtre. L'auteur, Hernán Rivera Letelier, lui-même, né et ayant travaillé une grande partie de sa vie dans les gisements de salpêtre du désert d'Atacama, en est un témoin direct.
Ce livre reçut le prestigieux prix Alfaguara 2010.
Inspiré d'un vrai personnage, un grand moment de lecture.
Merci Bison.
“Si tu pleures parce que le soleil est parti, tes larmes vont t'empêcher de voir les étoiles.”
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          646
SophieChalandre
  22 janvier 2017
Un décor de solitude immuable : le Chili du Nord, où tout est à bout de souffle, la fièvre minière du salpêtre, un paysage quasi biblique, fait pour la révélation : Hernan Rivera Letelier plante une fresque proche du fantastique. Ne manque qu'un Christ. Domingo Zárate Vega sera celui-là : un clochard céleste avant l'heure, le Christ d'Elqui, aidé par des apôtres chômeurs et dont les miracles ne fonctionnent pas, cumulant les moqueries. En quête d'une Marie-Madeleine pieuse et pas farouche, c'est Magalena Mercado, prostituée mystique qui fait crédit, qui jouera ce rôle. le Messie réincarné et son équipage de prédicateurs, sincères, ridicules, à la morale volontiers élastique et follement courageux, débordent d'humanité, de poésie et de délire, aussi fous que ce livre picaresque, croustillant et drôle. Hernan Rivera Letelier utilise ici à merveille la ressource esthétique du rire et de la folie pour engendrer une vision critique des conditions sociales des mineurs du salpêtre et de la dictature des possédants comme celle des gouvernants. Il sort également la religion de son abri, l'église, et l'expose aux hommes, au désert de son origine, sans artifice possible. le résultat est bluffant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
SophieChalandre
  30 novembre 2016
Un décor de solitude immuable : le Chili du Nord, où tout est à bout de souffle, la fièvre minière du salpêtre, un paysage quasi biblique, fait pour la révélation : Hernan Rivera Letelier plante une fresque proche du fantastique. Ne manque qu'un Christ. Domingo Zárate Vega sera celui-là : un clochard céleste avant l'heure, le Christ d'Elqui, aidé par des apôtres chômeurs et dont les miracles ne fonctionnent pas, cumulant les moqueries. En quête d'une Marie-Madeleine pieuse et pas farouche, c'est Magalena Mercado, prostituée mystique qui fait crédit, qui jouera ce rôle. le Messie réincarné et son équipage de prédicateurs, sincères, ridicules, à la morale volontiers élastique et follement courageux, débordent d'humanité, de poésie et de délire, aussi fous que ce livre picaresque, croustillant et drôle. Hernan Rivera Letelier utilise ici à merveille la ressource esthétique du rire et de la folie pour engendrer une vision critique des conditions sociales des mineurs du salpêtre et de la dictature des possédants comme celle des gouvernants. Il sort également la religion de son abri, l'église, et l'expose aux hommes, au désert de son origine, sans artifice possible. le résultat est bluffant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
pasiondelalectura
  16 novembre 2014
Curieusement, celui-ci est le livre que moins m'a fasciné chez cet auteur chilien que je trouve excellent car monothématique, jamais égalé par un autre écrivain. Nul autre que lui peut nous décrire cette pampa chilienne pleine d'histoires, de légendes en tout genre, d'un passé riche en événements. Et le tout, disparu à jamais, volatilisé dans la poussière du désert d'Atacama.
C'est le seul livré primé de Rivera Letelier et c'est justice parce que il est en train de nous laisser une oeuvre colossale sur cette région. Il a reçu le Prix Alfaguara 2010 qui est un prix éditorial. Merci à Alfaguara pour cette reconnaissance que l'auteur mérite amplement: il a une faconde, une truculence, un vocabulaire recherché, une magie pour trouver le nom de ses livres et une imagination pour donner des sobriquets à ses personnages.
Ici il nous raconte la vie romancée d'un personnage réel qui se faisait passer par le Christ d'Elqui (Elqui est une vallée-oasis du nord). En fait un fou illuminé, qui prédiquait dans les mines de salpêtre et dans la pampa chilienne.
Ce livre réunit la quintessence de ce que l'écrivain chilien sait faire: des histoires incroyables, des personnages truculents et ineffables, un décor de western à la chilienne, un vocabulaire soigné alternant avec des dictons et un langage plus que colloquial, une drôlerie irrésistible par moments, une grande tristesse dans d'autres.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
traversay
  17 octobre 2012
Ecrivain patenté du désert de l'Atacama et de ses mines du salpêtre, au nord du Chili, Hernan Rivera Letelier, dans le style picaresque et sarcastique qui le caractérise, raconte dans L'art de la résurrection une bien singulière histoire. L'homme qui est son héros, réincarnation du Christ, à la recherche d'une compagne, est en effet un drôle de personnage, aussi pathétique qu'illuminé, touchant dans ses faiblesses et sa foi, souvent soumise à dure épreuve. Comme toujours chez le romancier, l'intrigue est un prétexte à brosser un portrait de sa région, autour des années 40, à forte connotation sociale. Ce n'est pas le meilleur livre de l'écrivain chilien dont le style est ici parfois déconcertant tant il semble prendre au sérieux les aventures de son "saint homme" avant de s'en moquer joyeusement. le récit foisonnant reste cependant agréable à lire si l'on entretient depuis longtemps une certaine familiarité et tendresse à l'égard de cet auteur.
Commenter  J’apprécie          40


critiques presse (1)
LesEchos   25 septembre 2012
Il y a du saint François d'Assise, du Don Quichotte et du Che Guevara chez le Christ d'Elqui et le roman d'Hernan Rivera Letelier a les allures d'une chanson de geste : roman à tiroirs, aux saillies sociales assassines et aux anecdotes hilarantes.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   22 janvier 2017
Le Christ d'Elqui s'excusa :
- Je regrette beaucoup ma soeur, mais je ne crois pas avoir le courage de me montrer les fesses à l'air devant la Statue de la Sainte Vierge même si, comme vous me l'avez dit, vous lui couvrez le visage d'un carré de velours bleu quand vous êtes occupée. Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, il vaut mieux rester ici, dans la cuisine. De plus, bien que je n'ai pas soulagé mes glandes ni pratiqué de pollutions nocturnes depuis plusieurs semaines, je ne veux pas d'accouplement dans les règles pour le moment. Je me contenterai de vous demander - ce disant, il relevait sa tunique, baissait son caleçon mortuaire et s'asseyait sur le banc, le dos contre la table - de vous agenouiller un moment là, entre mes jambes et de calmer ces ardeurs animales par une bonne "pipe", comme les mécréants appellent la fellation.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          260
le_Bisonle_Bison   05 mars 2017
Voyez-vous, mes frères, le démon lui-même ne boirait pas ce vin frelaté, dit-il quand les hommes lui firent remarquer qu'il ne buvait rien.
- Mieux vaut du vin maudit que de l'eau bénite, ami don Cristo, répondirent en riant grassement les poivrots.
Après avoir descendu plusieurs litres de vin en vrac - et un plat de sardines à l'oignon assaisonné d'aji vert, si piquant que les vieux l'appelaient "fils de pute" en écoutant avec résignation les conseils et les sages pensées pour le bien de l'humanité dispensés jusqu'à satiété par le prédicateur, les poivrots purent enfin lui couper la parole, "avec tout le respect que l'on vous doit, don Cristo", et se mirent à raconter leurs sempiternelles histoires de fantômes, de salpêtrières et leurs sublimes mensonges campagnards.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          271
le_Bisonle_Bison   26 février 2017
Cependant, mes biens chers frères, grondait-il parfois en marge de ses discours et de ses interminables sermons théologiques, il y a deux choses qui me tapent sur les nerfs et me mettent hors de moi. Primo, je ne supporte pas que certains communistes, ces messieurs qui prétendent savoir lire et écrire - la seule chose qu'ils écrivent c'est Vive Staline sur les murs des toilettes publiques et la seuls chose qu'ils lisent c'est le journal, à table, pendant les repas, une preuve de très mauvaise éducation et un très mauvais exemple pour les enfants -, disent de moi, en se fiant à l'apparence de ma barbe et de mes vêtements, que je suis un Arabe, un Chinois, un Hindou. Ces andouilles m'ont même traité de Mapuche. Et ce n'est pas tout, Vierge sainte, plusieurs de ces crétins ont été jusqu'à me comparer au Juif errant. A-t-on déjà entendu pareille énormité ! Il faut vraiment être un âne bâté.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
le_Bisonle_Bison   25 février 2017
Les bras en croix, ses yeux noirs lançant des flammes, il affirma aux gens que le désert était le meilleur endroit pour sentir la présence du Père éternel, le lieu le plus adéquat pour parler avec lui.
- Ce n'est pas pour rien, comme le dit la Sainte Bible, que Jésus lui-même s'est retiré quarante jours dans le désert avant de commencer à prêcher la bonne nouvelle. Par conséquent, mes frères, tout n'est pas mauvais ici. Ce que vous avez vaut mieux que tout l'argent et l'or du monde : le silence du désert. Le silence le plus pur de la planète, le plus indiqué pour permettre à chacun de vous de trouver son âme, le plus approprié pour entendre Dieu, pour écouter la voix du Père éternel.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          230
BookycookyBookycooky   18 août 2018
-Il existe donc un miroir magique où les moches deviennent jolies,passager Titichoca?
-L’argent, les amis, dit sentencieusement don Olvido, voilà le miroir qui arrange tout. Par exemple si don Anonimo était riche, on ne le considérerait plus comme un pauvre fou, mais comme un monsieur un peu excentrique. De la même façon, si la brave épouse du boucher recevait un héritage et devenait millionnaire, on ne dirait plus qu’elle est moche à faire peur mais qu’elle a une beauté bizarre et exotique.
p.140
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          311

autres livres classés : chiliVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les classiques de la littérature sud-américaine

Quel est l'écrivain colombien associé au "réalisme magique"

Gabriel Garcia Marquez
Luis Sepulveda
Alvaro Mutis
Santiago Gamboa

10 questions
281 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature sud-américaine , latino-américain , amérique du sudCréer un quiz sur ce livre