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Jacques Bellefroid (Traducteur)
EAN : 9782729118082
91 pages
Editions de La Différence (12/02/2009)
3.85/5   10 notes
Résumé :
"Ces batailles sont celles de jeunes garçons dans la cour de leur collège, à Jalisco, au Mexique. Elles reproduisent celles qu'Arabes et Juifs se livrent à l'autre bout de la planète".

Michel Host, le Quotidien de Paris

"Mexico, après la Seconde Guerre mondiale, un petit garçon est "amoureux" de la mère d'un de ses camarades. En guise de punition, il doit se confesser, subir des tests psycho... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
dbacquet
  15 mai 2014
Ce roman se condense en un seul regard, celui du narrateur qui se souvient de son enfance à Mexico à la fin des années quarante. Un regard simple mais vite troublant. Si José Emilio Pacheco a un style plutôt épuré, s'il semble vouloir éviter les artifices de la fiction, en choisissant le ton du monologue et donc de la confession, le moins qu'on puisse dire c'est qu'il ne manque pas sa cible ; le réel finit par tout envahir, par donner une sensation de vertige, surtout dans un pays où les mutations sont si rapides et si destructrices. Au point de créer un sentiment de déracinement et d'amnésie. A Mexico, à la fin des années quarante, l'américanisation est galopante, Rita Hayworth et Errol Flynn ont envahi les écrans, la politique semble surtout une affaire de gens voraces et violents, Israël est en guerre contre la ligue Arabe, l'arme atomique est devenue une menace et au Mexique la pauvreté est le sort du plus grand nombre. Mais sous cette toile de fond se cache un autre drame, plus intime cette fois ci. Carlitos, le narrateur, tombe amoureux de la mère de Jim, l'un de ses camarades, Mariana, laquelle semble vivre au crochet d'un homme politique influent. Il a séché les cours pour la voir et lui déclarer ses sentiments, alors qu'il n'est qu'un enfant. La chose se sait et prend une dimension démesurée. La mère de Carlitos pousse la dévotion jusqu'au fanatisme et croit au scandale, d'autant plus qu'elle prend cette femme, Marianna, pour une trainée. Pour Carlitos le traitement sera conséquent : confession avec un prêtre, tests des psychiatres et changement d'école, mais le souvenir de Marianna est bien là, obsédant, jusqu'au jour où il apprend sa mort, un suicide. Carlitos doute de la réalité et tente d'en savoir plus. Mais il semble qu'on ait, de la vie de Marianna, effacé toute trace…
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PhilippeSAINTMARTIN
  28 janvier 2017
Comme dans son oeuvre poétique, José Emilio Pacheco aborde les thèmes qui l'obsèdent sous les traits de souvenirs d'enfance, de batailles d'écolier, prémices aux conflits d'adultes, oppositions sociales et politiques et surtout la guerre israélo-arabe, où chacun se choisit un camp et s'y tient. Là encore, obsédé par la mémoire et l'histoire, Pacheco évoque avec un talent fou le temps destructeur, son usure et sa force, l'abandon définitif des utopies, la mouvance des identités et la fragilité des liens sociaux, l'échec d'une société moderne américanisée et les rigidités de ses aspects les plus conservateurs. Son texte court, extrêmement travaillé, est aussi une volonté de l'ancrer, de l'exempter du changement perpétuel qui angoisse Pacheco. Cet auteur puissant et original, en ouvrant son oeuvre à des thèmes étrangers, a permis à la littérature mexicaine de sortir de son décor national pour prendre un envol littéraire plus universel.
Lien : https://tandisquemoiquatrenu..
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PhilippeSAINTMARTIN
  12 décembre 2016
Comme dans son oeuvre poétique, José Emilio Pacheco aborde les thèmes qui l'obsèdent sous les traits de souvenirs d'enfance, de batailles d'écolier, prémices aux conflits d'adultes, oppositions sociales et politiques et surtout la guerre israélo-arabe, où chacun se choisit un camp et s'y tient. Là encore, obsédé par la mémoire et L Histoire, Pacheco évoque avec un talent fou le temps destructeur, son usure et sa force, l'abandon définitif des utopies, la mouvance des identités et la fragilité des liens sociaux, l'échec d'une société moderne américanisée et les rigidités de ses aspects les plus conservateurs. Son texte court, extrêmement travaillé, est aussi une volonté de l'ancrer, de l'exempter du changement perpétuel qui angoisse Pacheco. Cet auteur puissant et original, en ouvrant son oeuvre à des thèmes étrangers, a permis à la littérature mexicaine de sortir de son décor national pour prendre un envol littéraire plus universel.
Lien : https://tandisquemoiquatrenu..
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yo
  23 mars 2009
Cette année, la littérature mexicaine est à l'honneur au Salon du livre de Paris. Pour marquer ma première visite dans cet antre plein de tentations, j'ai donc lu un roman d'un auteur mexicain.

Au Mexique, peu après la fin de la seconde guerre mondiale. La culture américaine, sous toutes ses formes, a débarqué dans le pays, et dans les cours de récréation, les juifs et les arabes ont remplacé les voleurs et les gendarmes. Un jeune garçon mexicain, issu d'une famille nombreuse, se lie d'amitié avec Jim. Jim est américain, il est arrivé avec ses parents car son père occupe un poste politique important. Lors d'un goûter organisé chez Jim, le héros rencontre Mariana, la mère de Jim. Immédiatement, il en tombe amoureux, mais cet amour est considéré comme une folie pour son entourage.
Dans ce court roman, Jose Emilio Pacheco a visiblement deux intentions : décrire l'évolution de son pays suite à l'hégémonie américaine et cette histoire d'amour, non pas incestueuse mais disons contre nature entre un enfant et une adulte. Dans ces quelques pages (l'ouvrage fait moins de 100 petites pages), l'auteur parvient à rendre les inégalités qui existent entre américains et mexicains, mais aussi entre mexicains eux-mêmes (ce qui a une résonance particulière ces jours-ci, quand on voit comment la dépense qu'un pays comme le Mexique fait pour recevoir un chef d'Etat étranger, par exemple le Président de la République française, alors que tout le monde parle de crise. Ah, on me signale que Sarkozy aurait été hébergé aux frais d'un narco-trafiquant. Alors, si c'est de l'argent « privé », il n'y a plus de problèmes ! Mais je m'égare).
Lien : http://livres-et-cin.over-bl..
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pasiondelalectura
  20 février 2014
Ce livre est un petit bijou d'à peine 77 pages, aujourd'hui un livre qui fait partie du programme d'éducation secondaire au Mexique.
L'auteur vient de disparaître, un homme érudit, romancier, traducteur de l'anglais( TS Elliot), spécialiste de Borges, couronné avec le Prix Cervantes 2009. Il fait partie de la "génération des années 50" en littérature.
Ce court roman, dont le titre fait allusion à la Guerre contre la Ligue Arabe qui aboutit à la formation de l'État d'Israël en 1948, narre l'amour fou d'un petit garçon de 8 ans pour la mère d'un camarade de classe dans le Mexico DF de 1940, avec une société rigide et bigote. Au Mexique est en place le gouvernement de Ricardo Alemán, sous la forte influence d'une culture nord américaine et la morale ambivalente du Mexique d'alors (1940).
Lien : http://pasiondelalectura.wor..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
PhilippeSAINTMARTINPhilippeSAINTMARTIN   28 janvier 2017
Para el impensable año dos mil se auguraba —sin especificar cómo íbamos a lograrlo— un porvenir de plenitud y bienestar universales. Ciudades limpias, sin injusticia, sin pobres, sin violencia, sin congestiones, sin basura. Para cada familia una casa ultramoderna y aerodinámica (palabras de la época). A nadie le faltaría nada. Las máquinas harían todo el trabajo.
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Charybde2Charybde2   02 août 2016
Je suis de l’Irgoun. Je te tue : je suis de la Légion Arabe. Les batailles dans le désert commençaient. Nous les appelions ainsi parce qu’elles avaient lieu dans une cour de terre rouge, poussière de tuile ou de brique, sans arbres ni plantes, sans rien d’autre qu’un cube de béton au fond. Il dissimulait un passage construit au temps des persécutions religieuses pour aboutir jusqu’à la maison du coin et fuir par l’autre rue. Nous tenions ce souterrain pour un vestige des temps préhistoriques. Pourtant, à cette époque, la guerre au nom du Christ était moins éloignée de nous que ne l’est aujourd’hui notre propre enfance. Cette guerre à laquelle la famille de ma mère participa avec un peu plus que de la sympathie. Vingt ans après, elle vénérait encore les martyrs comme le père Pro et Anacleto González Flores. En revanche, personne ne se rappelait les milliers de paysans morts, les agraristes, les professeurs ruraux, les conscrits mobilisés.
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Charybde2Charybde2   02 août 2016
Avant la guerre du Moyen-Orient, le sport principal de notre classe consistait à persécuter Toru. Chinois chinois japonais : mange ton caca ne m’en donne pas. Vas-y, Toru, fonce : je vais te planter une paire de banderilles. Je ne me suis jamais joint à ces railleries. Je pensais à ce que j’éprouverais, moi, unique Mexicain dans une école de Tokyo ; et à ce que devait souffrir Toru en regardant ces films dans lesquels les Japonais étaient représentés comme des singes gesticulateurs et mouraient par milliers. Toru, le meilleur de la classe, supérieur dans toutes les matières. Toujours en train d’étudier avec son livre à la main. Il connaissait le jiu-jitsu. Un jour, il en eut assez et il s’en fallut de peu que Dominguez ne soit réduit en morceaux. Il l’obligea à lui demander pardon à genoux. Nul ne provoqua plus jamais Toru. Aujourd’hui, il dirige une industrie japonaise avec quatre mille esclaves mexicains.
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Charybde2Charybde2   02 août 2016
En attendant, nous nous modernisions, nous incorporions à notre langage des termes qui avaient d’abord résonné comme barbarismes dans les films de Tin-Tan et ensuite, insensiblement, s’étaient mexicanisés : tanquiou, okay, ouatamata, chutap, sorry, oune moment’ plize. Nous commencions à manger hamburgers, payze, donuts, rotdogs, maltades, aiscrimes, margarine, beurre de cacahuète. Le Coca-Cola enterrait les boissons fraîches de jamaïque, de chia, de citron. Seuls, les pauvres continuaient à boire du tepache. Nos parents s’habituaient au whisky-soda qui, au début, leur avait fait l’effet d’un médicament. À la maison, la tequila était interdite, je l’ai entendu dire par mon oncle Julián. Je ne donne rien d’autre que du whisky à mes invités : il faut blanchir le goût des Mexicains.
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Charybde2Charybde2   02 août 2016
Qu’elle est ancienne, qu’elle est lointaine, qu’elle est impossible cette histoire. Mais Mariana a existé, Jim a existé, tout ce que je me suis répété, après avoir refusé si longtemps de lui faire face, a existé. Jamais je ne saurai si le suicide a été vrai. Jamais je n’ai revu Rosales, ni personne de cette époque-là. Ils ont démoli l’école, ils ont démoli l’immeuble de Mariana, ils ont démoli ma maison, ils ont démoli le quartier Roma. Cette ville est achevée. Ce pays est terminé. Il n’y a pas de mémoire du Mexique de ces années-là. Et cela n’intéresse personne : qui pourrait avoir la nostalgie de cette horreur ? Tout est passé comme passent les disques dans l’appareil. Jamais je ne saurai si Mariana est encore vivante. Si elle vivait, elle aurait soixante ans.
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