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ISBN : 2365693725
Éditeur : Editions Les Escales (01/02/2018)

Note moyenne : 4.18/5 (sur 22 notes)
Résumé :
Depuis quelque temps, plus rien ne va dans la vie de Benjamin Teillac. Quitté par sa femme, rejeté par son fils, il risque maintenant de perdre son travail d'ambulancier. En cause : ses crises d'épilepsie, qui ont recommencé brutalement et que les traitements conventionnels ne suffisent plus à contrôler. Lorsque sa neurologue lui propose de tester un nouveau médicament révolutionnaire, il décide d'accepter, malgré la réticence de David, son meilleur ami. C'est alors... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
hcdahlem
  09 février 2018
Ben mène une double vie
Victime de crises d'épilepsie qui vont s'accompagner de visions, Benjamin se voit combattre l'armée allemande aux côtés de son frère Cyrille sur le plateau des Glières. Commence alors une double vie, en 1944 et en 2016.
Benjamin Teillac n'est pas vraiment gâté par la vie. Tout avait pourtant bien commencé pour lui. Un travail d'ambulancier qu'il avait toujours rêvé de faire, Sylvie, une belle épouse qui va mettre au monde un fils, des amis… Les choses ont commencé à déraper quand il s'est découvert cocu, sa femme couchant avec Haetsler, son patron. du coup les relations professionnelles deviennent très tendues. le divorce est difficile, tout comme ses relations avec son fils: « Lorsqu'il arrivait le vendredi soir, il s'y rendait directement, claquait la porte derrière lui et ne réémergeait brièvement qu'au moment des repas que nous partagions dans un silence presque complet. On dit que lors de la séparation de leurs parents, les gamins se sentent presque toujours obligés de prendre parti. Pierrick avait choisi son camp, et j'aurais probablement dû m'estimer heureux qu'il accepte encore de venir chez moi une semaine sur deux. » Et pour couronner le tout, ses crises d'épilepsie qui ont repris. Des ennuis de santé qui peuvent conduire à un licenciement. Heureusement, son copain David, qui est avec Sylvie le seul dans la confidence, reste à ses côtés.
Et ne va pas tarder à être le témoin de nouvelles crises. Déstabilisé, Benjamin décide d'accepter le nouveau traitement préconisé par sa neurologue, mais ne va pas être soulagé pour autant. Bien au contraire, des hallucinations, des visions commencent par le hanter. Il se voit soudain comme projeté dans un film, se retrouvant aux côtés de résistants retranchés sur le plateau des Glières. Il se voit artificier, chargé de faire sauter un pont au passage de l'armée allemande. L'épisode est d'un réalisme tel qu'il en est tout secoué: « Je n'avais jamais porté d'intérêt à l'histoire, pas plus à la Seconde Guerre mondiale qu'à aucune autre période du passé. Je faisais partie de ces hommes cartésiens pour qui seul le présent comptait (…) mais j'avais pourtant su citer sans hésitation, comme d'un fait connu de toujours, le nom de Tom Morel, héros d'une bataille dont il me semblait n'avoir jamais entendu parler. »
C'est à ce point du roman que Catherine Rolland réussit un premier grand tour de force. On «voit» Benjamin aux côtés de son frère Cyrille, un abbé avec lequel il a rejoint les maquisards. On ressent avec lui l'intensité de ce moment, la peur et l'exaltation. Et si on partage son trouble, on a – tout comme lui – envie d'en savoir davantage, de retrouver ses compagnons et cette femme qui allait s'engager sur le pont à quelques secondes de l'explosion, la belle Mélaine qu'il va sauver et dont il va presque instantanément tomber amoureux. Si, comme le disait le poète Calderon de la Barca, la vie est un songe, alors on a envie de continuer à rêver avec Benjamin: « L'immersion dans le passé, pour le moment, était ma seule façon de supporter assez mon présent pour m'empêcher d'ouvrir le gaz en plein avant de me coller la tête dans le four. Je n'avais plus de travail ni de ressources, ma femme m'avait quitté, mon fils me tournait le dos. (…) Contre toute attente, je me sentais bizarrement serein. Mon seul problème, dont je savais qu'il finirait par se résoudre, était d'éliminer Hitler et de rendre la patrie aux Français. »
Au fur et à mesure des crises, on va passer avec Benjamin d'une époque à l'autre, comprendre que toutes deux sont aussi réalistes l'une que l'autre et, comme les témoins aux côtés de Benjamin, nous dire que tout cela n'est pas possible, que l'on ne saurait se réincarner en héros de guerre – mais comment dans ce cas peut-on se souvenir des noms, des lieux, des personnes – pas plus qu'on ne saurait dans les années quarante connaître l'issue du conflit ou encore parler de produits qui n'ont pas encore été inventés, comme le DVD.
Et c'est là le second tour de force réussi avec brio par Catherine Rolland. Non seulement elle nous emporte par son écriture addictive, mais elle nous entraîne dans les pas de Benjamin à nous poser quelques questions existentielles essentielles: peut-on passer sans encombre d'une vie à l'autre?; Peut-on se perdre en route ou à l'inverse choisir une vie plutôt qu'une autre?; Peut-on ne pas revenir du passé? Et peut-on changer le passé? Car il faut bien que tout cela à quelque chose, à sauver son frère qui vient d'être arrêté et auquel on destine un peloton d'exécution ou à tenir la promesse faite à Mélaine de l'épouser et d'emménager avec elle dans la jolie maison à l'orée du village… Tout le reste est littérature. Un bel hommage à la littérature qui, par la grâce d'une romancière omnisciente, rend vraisemblable l'invraisemblable, rend le temps poreux, brise nos certitudes et nous rend totalement addicts à cette double-histoire, aussi étonnante que vertigineuse.
En refermant le livre, on se dit que notre bonheur de lecture pourrait se doubler du plaisir à découvrir une adaptation cinématographique de cette histoire époustouflante qui offre au cinéaste un formidable registre, de l'histoire d'amour impossible à la tranche de vie sociale, de la fresque historique dans les paysages enneigés du plateau des Glières aux avancées (?) de notre médecine. Sans oublier le tourbillon des émotions qui accompagnent toutes ces séquences.
Catherine Rolland a à la fois profité de son expérience de médecin et de son parcours – originaire de Lyon et vivant aujourd'hui en Suisse – pour construire ce formidable roman qui est, après Éparse de Lisa Balavoine, la seconde belle découverte de cette rentrée 2018. Après plusieurs romans publiés dans des maisons d'édition confidentielles, il me semble qu'elle a trouvé aux Escales l'éditeur qui va lui permettre de percer. C'est tout le mal qu'on lui souhaite!
Lien : https://collectiondelivres.w..
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lucia-lilas
  22 avril 2018
Et si ce que nous rêvions était notre vraie vie, à moins que celle-ci ne soit qu'un songe ? Et si nous avions la possibilité, chaque jour, de vivre plus longuement dans nos rêves ?
Le dernier roman de Catherine Rolland gomme les frontières de ces deux états et nous plonge dans un récit fascinant qui m'a complètement embarquée…
Le sujet ?
Benjamin Teillac va mal : sa femme est partie après quinze ans de vie commune, son fils ne veut plus le voir et son boulot d'ambulancier est remis en cause par des crises d'épilepsie de plus en plus rapprochées. Une vraie galère.
Heureusement, son ami de toujours, David est là. Un père pour Ben que ce David : il le surveille, prend soin de lui, l'accueille dans sa maison, lui prépare à manger et le ramasse en miettes dans la rue alors qu'il vient d'être victime d'une nouvelle crise.
Pendant combien de temps Ben va-t-il pouvoir garder le secret ? Si son chef apprend son mal, il est viré. Ce boulot, il l'adore, il aime les contacts qu'il noue avec les malades qu'il transporte. Mais les crises ne préviennent pas : elles sont de plus en plus nombreuses et durent maintenant assez longtemps, suffisamment longtemps pour que Benjamin se mette à vivre... une nouvelle vie.
C'est ainsi qu'il quitte plusieurs fois par semaine les années 2014 pour être propulsé en 1944 en plein maquis ! Là, en Haute-Savoie sur le plateau des Glières, massif des Bornes, il devient alors Benjamin Sachetaz, né en 1909, ayant grandi dans une ferme à Saint-Calixte, et avec son frère Cyrille, un homme d'Église, il s'est engagé dans la Résistance. Étonnant pour un homme qui déclare en 2014 : « Je n'avais jamais porté d'intérêt à L Histoire, pas plus à la Seconde Guerre mondiale qu'à aucune autre période du passé. Je faisais partie de ces hommes cartésiens pour qui seul le présent comptait. » Et pourtant...
Bien sûr, les réveils sont un peu douloureux et lorsqu'il tente d'expliquer à David ce qui lui arrive, ce dernier perd patience. Benjamin devient-il fou ? D'où viennent ces hallucinations récurrentes ? Peut-on parler de « rêves » ? Sont-ce les effets secondaires des différents traitements ? Jusqu'où tout cela va-t-il mener Ben ? Dans la pire des névroses ?
Dans tous les cas, il faut trouver une solution et rapidement. le docteur Aubervilliers, neurologue au CHU, va proposer à Ben de tester une nouvelle thérapie. Avec un peu de chance, ce nouveau traitement marchera et le sortira de cette double vie impossible. A moins que…
Je l'avoue, j'ai été complètement happée par ce roman : non seulement, les personnages sont très attachants, notamment ce pauvre Ben dont la double vie devient très vite un enfer mais surtout, les questions existentielles qui sont posées sont, je trouve, assez troublantes : « Si tu devais choisir, est-ce que tu laisserais ta vie, ta femme et ton fils, le confort d'une existence sans guerre et sans le risque de te faire tuer chaque jour que Dieu fait ? Si tu devais choisir entre là-bas et ici, Ben, pour quelle vie opterais-tu ? » lui demande un personnage du roman. Se pose donc la question du sens de la vie et de l'engagement. Qu'est-ce qui vaut la peine d'être vécu, qu'est-ce qui donne de la valeur à notre existence ?
J'ai aussi beaucoup aimé toutes les réflexions qui ont trait à L Histoire : repartir en arrière avec la connaissance de ce qui va se passer dans l'avenir, c'est évidemment être tenté de vouloir changer le cours des événements. L'on se met soudain à rêver… Et si l'on pouvait modifier le passé, faire en sorte que certains monstres n'arrivent jamais au pouvoir, que certaines guerres n'aient jamais lieu... Moi qui ne suis pas une fana de science-fiction (je n'y comprends généralement pas grand-chose), là, j'ai été captivée par la richesse des problématiques abordées par ce sujet.
Une lecture très plaisante donc et que je recommande vivement !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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motspourmots
  08 février 2018
Franchement, le sujet était casse-gueule... En découvrant la quatrième de couverture, j'ai eu un peu peur. Cette histoire totalement improbable d'un homme qui, suite à des crises d'épilepsie se retrouve à vivre la vie d'un autre, 70 ans plus tôt en pleine seconde guerre mondiale... Eh bien je n'en suis que plus soufflée du résultat car ce livre m'a bien captée et l'auteure mène parfaitement sa barque en parvenant à garder le cap à chaque fois qu'on a l'impression qu'on va se crasher... Hop ! Un petit twist remet tout ça d'équerre.
Les allers-retours entre les identités de Benjamin offrent au lecteur une immersion dans un épisode marquant de la Résistance en Haute-Savoie ainsi qu'un questionnement intéressant autour des deux personnalités de cet homme, ambulancier dans les années 2000 mais dont la vie est en train de s'effondrer de tous les côtés et héros de la Résistance dans les années 40, chef d'un réseau et décideur.
Je n'en dirai pas plus pour ne pas effleurer la mécanique qui a toute son importance dans le déroulé de l'intrigue ; néanmoins, j'ai beaucoup pensé au film de Woody Allen, La rose pourpre du Caire et ce principe de passer outre les réalités admises, de traverser l'écran...
Bref, pour résumer, un bon roman, divertissant et prenant avec un parti-pris d'originalité qui emballe joliment le tout !
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jg69
  29 juillet 2018
Benjamin Teillac vit à Lyon, sa femme Sylvie qui le considère comme un raté l'a quittée après quinze ans de vie commune, son fils adolescent s'éloigne de lui. Ambulancier, il risque de perdre son travail car, atteint d'épilepsie, il a caché sa maladie à son patron qui se trouve être le nouveau compagnon de son ex femme... le moins qu'on puisse dire c'est qu'il traverse une mauvaise passe. Heureusement David, son collègue et meilleur ami, est là pour le soutenir. Il est le seul avec Sylvie a être au courant de la maladie de Benjamin, incompatible avec le métier d'ambulancier qu'il aime par dessus tout.
Mais des crises d'épilepsie surviennent de plus en plus souvent. Devenues quasi quotidiennes, Benjamin accepte la proposition de sa neurologue de rentrer dans un essai thérapeutique. Les crises perdurent et s'accompagnent alors d'hallucinations, de visions au cours desquelles il se retrouve dans la peau d'un soldat, 70 ans plus tôt en 1944, en pleine seconde guerre mondiale en Haute-Savoie sur le plateau des Glières. Ce soldat s'appelle Benjamin comme lui et lutte dans la résistance avec son frère Cyrille, un abbé. Benjamin passe alors d'une vie à l'autre, celle de 2016 et celle de 1944. Les scènes dans lesquels il est projeté sont terriblement réalistes... aussi réalistes que celles qu'il vit en 2016. Les frontières entre ces deux mondes finissent par devenir poreuses, entre un monde en guerre dans lequel il est un héros et où il entrevoit un amour possible et un monde en paix où il souffre et est si seul.
Benjamin, comme le lecteur, se pose de multiples questions. Est-il devenu fou? Vit-il une réincarnation? Pourquoi passe-t-il ainsi d'une vie à l'autre? Peut-il choisir de rester dans sa vie de 1944? Benjamin connait l'issue de la guerre, peut-il modifier le passé et ainsi sauver son frère qui vient d'être arrêté?
Catherine Rolland est médecin, ce qui donne une réelle crédibilité à cette plongée au coeur de la maladie épileptique qu'elle nous propose ici, j'ai aimé aussi la façon dont elle parle avec beaucoup de tendresse du métier d'ambulancier.
Les allers-retours permanents entre les deux vies de Benjamin sont très bien maîtrisés, ambulancier à la vie ratée à notre époque et héros de la résistance, chef de réseau, pendant la guerre. Catherine Rolland a accompli l'exploit de mêler ces deux histoires sans jamais nous faire perdre le fil dans une construction parfaitement réussie et un rythme bien tenu. Elle a une capacité incroyable à faire accepter au lecteur le plus cartésien cette double vie et cette oscillation entre deux espaces-temps et a engendrer une multitude de questionnements.
L'écriture précise, juste et dynamique rend très agréable la lecture de ce roman très original au sujet bien risqué. Voilà un roman que j'imaginerai parfaitement adapté au cinéma.
Lien : https://leslivresdejoelle.bl..
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Squirelito
  18 février 2018
Il y a eu la machine à remonter le temps. Avec « le cas singulier de Benjamin T. » c'est une oscillation de 70 ans, entre le temps d'aujourd'hui et le temps d'hier, entre le temps de la paix et le temps de la guerre. A chaque fois dans l'esprit de Benjamin, le héros de l'histoire, c'est une bataille qu'il affronte : en 2014, celle de son corps, de son mental, en 1944, celle d'une nation.
Benjamin vit sur Lyon, divorcé de Sylvie et père d'un enfant. Sa situation ne tient qu'à un fil. Epileptique il ne peut officiellement plus conduire ; ambulancier, il risque d'être licencié par son patron Haetser, le nouveau compagnon de son ex… Comme équipier il a David, son meilleur et unique ami qui est en couple avec Thibault.
Les soucis augmentent, les crises d'épilepsie suivent, se font de plus en plus fréquentes avec des visions que Benjamin ne peut expliquer. Il finit par accepter d'être cobaye pour un nouveau médicament jugé révolutionnaire par sa neurologue. Mais tout va basculer dans sa tête et va être progressivement plongé en immersion, transporté en 1944 en plein maquis sur le plateau des Glières, dans le massif des Bornes, projeté dans le personnage d'un lieutenant de la résistance aux côtés d'un frère prêtre et de l'un des héros abattu le 10 mars 1944 : Théodose Morel, plus connu sous le nom de Tom Morel.
Mais qui est Benjamin ? Quelle est sa véritable histoire ? Est-il fou comme le prétendent son ex-épouse et les soignants ? Ou bien sont-ce des fantômes du passé qui reviennent dans son subconscient pour donner des explications sur sa vie, sur les choses de la vie ? Les deux vies finissent par s'entrechoquer, se mélanger dans un tourbillon d'événements plus étranges les uns que les autres.
D'où venons-nous, qui sommes-nous, où allons-nous…
Ce récit est un exercice de prestidigitation. Magie de l'écriture, magie de la fiction, magie d'entrecroiser deux époques avec un double personnage que tout oppose : le pleutre Benjamin du XXI° siècle face au vaillant Benjamin du XX°. Avec les aléas pour le lecteur d'être engouffré dans ces fluctuations intemporelles et psychologiques.
Une façon audacieuse, mais aussi délicate, de mettre noir sur blanc les colorimétries grises de l'être humain, de relativiser autant les échecs que les succès et de réfléchir sur les choix de vie et ses conséquences, sur l'acharnement thérapeutique, sur le hasard, les coïncidences ou encore les mystères des songes…
Mais du songe d'une lecture, éveillés vous resterez. La plume est si vivante, si dynamique, si surprenante que vous glisserez sur les pages comme Benjamin a su se mouvoir entre deux époques, entre deux destins, pour atteindre des sommets parfois inconnus…
Quant à la fin, je ne vous dis rien. Vous aurez juste faim d'en connaître plus sur cette auteure qui n'oublie pas le passé pour convertir une réalité en une fantastique excursion cérébrale sur les faiblesses et les richesses de l'espèce humaine. Avec la confusion des sentiments en prime.

Lien : http://squirelito.blogspot.f..
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Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
SeriallectriceSVSeriallectriceSV   21 juin 2019
... elle avait raison, que durant toutes ces années qu'avait duré notre mariage, je n'avais jamais tellement prêté attention à ses aspirations et à ses désirs, imaginant toujours qu'elle partageait les miens, naïvement émerveillé d'une communauté d'esprit qui de sa part n'était pas autre chose que de l'abnégation.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   21 juin 2019
Le petit village de montagne était écrasé de soleil.
Les rues tortueuses, étroites, rappelaient le temps pas si lointain que où aucune voie n'était goudronnée, et où seules les charrettes à bras montaient jusque-là.
[...]
A cette heure du milieu de l'après-midi, il n'y avait pas un bruit, tous les habitants terrés chez eux pour passer le gros de la chaleur.
En fin de journée, ils ouvriraient leurs portes, ils sortiraient à pas lents, de ce pas qu'ont les vieux dont la vie est derrière, et qui semblent ne se déplacer qu'à contrecœur, avec la conscience aiguë que rien ne les attend plus. Certains installeraient un fauteuil sur leur seuil, les femmes sortiraient leur ouvrage, les hommes le journal, le tabac et un verre. Ils deviseraient, d'un bout de la rue à l'autre, du temps qu'il fait et de celui qui passe, inéluctablement.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   21 juin 2019
J'aimais le futur qu'elle me vendait, une existence simple et paisible où nous vivions de l'élevage, des légumes et des fruits que nous produirions, où grandirait tout un tas d'enfants au milieu de la nature et des chèvres, où il n'y aurait plus ni la guerre, ni le malheur, ni la peur. Le dimanche nous irions à l'église, et en août à la fête des moissons. L'hiver nous resterions en ermites, bienheureux dans notre cocon de neige et seuls au monde, et au printemps nous redescendrions dans la plaine, il y aurait des fêtes et des rires, nous nous amuserions et chéririons l'existence, parce que disait Mélaine, il n'y a pas de plus grand bonheur que celui qu'on croyait à jamais perdu et que le Seigneur nous rend.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   21 juin 2019
- Celui-là seul connaît l'amour qui aime sans espoir, déclamai-je à mi-voix.
Silverman parut interdit, et je me sentis obligé d'ajouter :
- Ce n'est pas de moi. Schiller, un poète allemand du XVIIIéme.
Le vieil homme continuait de me dévisager, manifestement troublé. Il mit longtemps à répondre, dans un murmure :
- Je sais qui est Schiller. Le meilleur ami de Goethe. Mais je m'étonne que vous, vous le connaissiez
- Même les ambulanciers lisent, de temps à autre monsieur Silverman...
- J'ai connu un homme, jadis, qui le citait souvent
... C'était un homme bon.
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BabaLoeBabaLoe   25 août 2018
Qu’est-ce qui était en train de m’arriver, bon sang ? Je ne connaissais pas cet endroit, je n’avais aucune idée de la manière dont j’y étais arrivé. Pourtant, le visage de cet homme et sa voix m’étaient familiers, sa présence à mes côtés une évidence.
Il faisait la moue, l’air à moitié satisfait. Il se releva souplement, et je remarquai à ce moment-là qu’il portait une soutane. Je me figeai, interrompant le mouvement que j’avais amorcé pour saisir la main qu’il me tendait. L’espace d’une seconde, je le vis, les yeux bandés, face à un peloton d’exécution prêt à tirer.
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