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EAN : 9782010141614
Éditeur : Hachette Jeunesse (14/06/1993)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.69/5 (sur 301 notes)
Résumé :
"Le Feu !... Naoh apporte le Feu !
Ce fut un vaste saisissement.
Plusieurs s'arrêtèrent, comme frappés d'un coup de hache. D'autres bondirent avec un rauquement frénétique - et le Feu était là."
C'est sur la conquête du feu que s'achève ce roman préhistorique, prodigieux voyage imaginaire à l'aube de l'humanité qui met en scène les hommes, les bêtes, la pierre, les cavernes et l'attente d'un âge meilleur.
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Critiques, Analyses et Avis (58) Voir plus Ajouter une critique
tiptop92
  18 décembre 2019
J.-H. Rosny aîné - La Guerre du feu - 1911 : La théorie de l'auteur et de beaucoup de spécialistes de la préhistoire impliquant que les premiers hommes auraient su entretenir le feu tombé du ciel sans savoir le faire eux même était plutôt tangible. La seule manière de le renouveler quand il s'éteignait était d'attendre a nouveau que la foudre tombe du ciel où d'aller le prendre de force à des tribus plus chanceuses. C'était un motif tout désigné pour engendrer les premiers conflits entre êtres humains, longue série de guerres qui ensanglantent l'humanité depuis des millénaires. Privée de son feu par des ennemies féroces, une tribu était obligée de s'exiler dans les marécages pour survivre. Sans feu, impossible de se chauffer, d'éloigner les bêtes sauvages ou tout simplement de manger de la viande cuite. Privée de ce confort, le groupe était à l'agonie, les faibles commençant à mourir de froid et de maladie. Les anciens décidaient alors d'envoyer Noah (pas Yannick, un autre…) le meilleur guerrier du clan rechercher avec deux compagnons le feu salvateur. C'est cette quête que décrivait le roman dans un récit qui ne manquait pas de souffle et de rebondissements. C'était en effet un voyage aux confins des civilisations, émaillé de multiples rencontres avec des animaux sauvages (Mammouths, Aurochs, Tigres, Lions géants) ou avec d'autres tribus le plus souvent malveillantes. Confrontés à des mangeurs de chairs humaines puis à des néandertaliens forcément patibulaires, les membres du petit groupe faisaient fonctionner leurs intelligences naissantes pour se sortir de chaque épreuve sans trop de dommages prouvant ainsi la suprématie des Homo Sapiens sur les autres ethnies primitives de l'époque. Les trois hommes apprenaient finalement d'un peuple plus en avance qu'eux (il y en avait quand même…) à faire du feu en produisant des étincelles avec des silex ce qui leurs permettait de rentrer auprès des leurs comme des héros des temps anciens. Ce texte écrit en 1911 était tributaire des connaissances scientifiques de l'époque. L'écrivain maîtrisait parfaitement la description des paysages dévastés des premiers âges tout comme le langage grogné et imagé des hommes des cavernes. «La guerre du feu» est sans doute rempli d'anachronismes mais malgré cela il reste en l'état un des meilleurs livres écrits sur cette période reculée de l'histoire…
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finitysend
  06 février 2014
D'une façon générale ( mais au cas par cas ) , j'apprécie énormément le style de J.H Rosny Aisné , il y a une sorte de grandiloquence épique au ton très juste qui est assez fascinante et rythmé , scandée en fait , qui est assez envoutante .
Les nuits deviennent plus que les nuits avec l'auteur , le ciel lui est immense et inaccessible , à part pour les oiseaux et les lances , la musique c'est les bruit des forets , de la pluie , du bois mort qui craque .
Il y a des êtres vivants , des animaux et des hommes qui sont à la lisière du merveilleux malgré l'élan rationnel et scientifique qui a présidé à leur élaboration .
C'est bien de merveilleux dont 'il s'agit, mais c'est un exquis merveilleux scientifique , délicieusement suranné en plus .
En effet J.H Rosny Aisné est l'auteur de langue française qui fusionnera véritablement la science et la littérature dans une dynamique prospectiviste ou encore , plus « simplement « dans une dynamique élucidatoire .
Mais il ne faut pas s'y tromper, c'est un genre littéraire qui est fondé ici par la mise en fiction du discours et des données scientifiques .
Avec cet auteur beaucoup , beaucoup , trop méconnu , la science-fiction de langue française est posée dans les clous , et du point de vue de la structure , il sera remarquablement intéressant de noter que les formes de ce genre n'ont finalement pas beaucoup bougées depuis .
Je repasse à J.H. Rosny Aisné pour dire qu'il est le chantre de l'altérité et que ses textes ne sont pas susceptibles , dans leur exhaustivité , de faire honte à un comité d'éthique improvisé ou non.
En animant le discours scientifique , l'auteur a créé deux genres . En effet , en plus de la SF , c'est le genre des fictions ( romans ) préhistoriques qui est moins florissant et qui est moins diversifié que la SF . Mais qui existe , et qui mérite véritablement d'être exploré . Il possède lui aussi une riche et dense histoire en fait .
En fait les fictions de l'auteur peuvent être l'objet d'un commentaire scientifique qui mobilise l'histoire des sciences qui est assez facile à faire dans les grandes lignes , mais qui est incroyablement fastidieux dans les détails . Pour chaque roman , telle ou telle donnée préhistorique est plus ou moins référencée et documentée par l'auteur , qui a exploré sérieusement la préhistoire jusque l'aube du néolithique , curieusement donc , pas plus loin que les prémices des civilisations ....
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L'idée de la guerre du feu , c'est que l'homme a apprivoisé le feu . Il ne sait produire lui-même la flamme salvatrice , mais il sait la conserver et la transporter sur de longues distances et pour de longues durées . Il y a déjà dans la simple conservation du feu beaucoup de technologie , comme de savoir théorique . L'auteur postule ici que les hommes se sont battus pour posséder cette source de vie .
Dans le roman et au cour de cette courte guerre , une tribu perd le feu et de ce fait , c'est une fracture psychologique violente pour cette population qui découle de cette perte . le peuple qui est aussi petit que déjà très structurée en fonctions sociales , perdra avec le feu , la sécurité et avec elle , toutes formes de puissance et de statut , face aux dangers de la nature .
Un guerrier partira à la recherche du feu . Il le trouvera et il découvrira aussi une façon de le faire ( de le fabriquer ) . Il fera cette découverte en même temps que le sentiment amoureux envers une personne qui appartient à un groupe humain physiquement très diffèrent de lui . L'auteur lui , parlera de race . Un concept ( dépassé ) qui introduit des différences radicales entre les êtres , mais qui sera comme souvent , transcendé par les personnages crée par l'auteur .
J.H. RA pose aussi le socle d'une pensée totémique . Une pensée qui selon lui émerge principalement apparemment , d'une véritable parenté intensément ressentie par l'homme de ces époques reculées , avec les règnes animal et végétal . Pensez par exemple , au retentissement affectif de l'alliance fortuite et merveilleuse avec les mammouths dans ce roman .
L'auteur ne fait pas non plus le postulat du cannibalisme systématique . il le pose comme alimentaire ( ce qui est une erreur partielle ) , mais la progression vers le statut d'homme exclue toujours chez lui le cannibalisme , ce qui est une autre erreur . Cependant saluons ici le refus de l'auteur de souscrire aux thèses qui cautionnaient de son temps , désagréablement , l'équation : Sauvages et primitifs = Premiers et Cannibales .
Un préhistorien contemporain viendrai à ce propos certainement vous décevoir car au contraire , le cannibalisme est bien entre autre un trait de civilisation établis . Il fut quant-il fut , très encadré rituellement et vraisemblablement , il fut aussi un trait de civilisation très structurant et très complexe mais soulignons qu'il ne fut pas systématiquement une réalité , et loin de là .
Je conclue ce texte déjà trop long en insistant sur le caractère épique très réussi de ce roman ( éponyme d'un film ) et en disant que ces fictions préhistoriques sont souvent de beaux textes imagés rédigés dans une langue et un style très dix-neuvième siècle , donc assez littérature classique finalement .
Le génie de l'auteur fut aussi de mettre de la complexité culturelle et psychologique dans de tous petits groupes humains , car songez que l'espèce humaine à passer l'écrasante majorité de son temps dans des groupes presque familiaux à toute petite échelle ( la trentaine de personnes au maximum ) .
C'est aussi un fait et un facteur à prendre en compte pour s'approprier et pour ressentir cette longue et interminable période préhistorique . Ce roman pourrait bien vous y aider en plus de vous distraire ...
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Gwen21
  03 mai 2019
Bienvenue au Paléolithique parmi la tribu nomade des Oulhamr, communauté grégaire qu'une peuplade ennemie prive soudain de son bien le plus précieux : le feu.
Les propriétés du feu, pour qui vit dans les cavernes, surpassent largement son seul inconvénient qui est de blesser celui qui le touche à mains nues. Cuisson, durcissement des armes, lumière, chauffage, rempart contre les bêtes sauvages, ses avantages sont multiples et offrent un relatif confort aux cavernes dans lesquelles les Oulhamr se réfugient au gré de leur itinérance. Afin de récupérer cette précieuse ressource, trois valeureux guerriers, Naoh, Nam et Gaw, quittent le groupe, les armes à la main, et se lancent dans une expédition aussi aventureuse que belliqueuse...
La découverte de ce roman que je catégorisais à tort au rayon jeunesse est un quasi coup de coeur. Moi qui ne m'intéresse pas du tout à la préhistoire, je partais avec un handicap qui fut très vite levé par la plume superbe de l'auteur. Il faut pouvoir écrire tout un roman en sachant que les actions des personnages sont fatalement limitées par le peu d'équipement dont ils disposent, sans même parler du langage. Et pourtant, J.-H. Rosny aîné excelle à nous transporter, par des phrases simples et imagées, savoureuses, dans cet environnement aussi hostile que fascinant.
Les descriptions qui sont faites de la nature et de ses habitants, notamment des grands carnassiers, véritables menaces de tous les instants, sont d'une précision et d'une élégance littéraire qui font passer Jules Verne pour un lourdaud en sabots ! Là où ce dernier plombe ses romans par l'énumération encyclopédique de ses connaissances, J.-H. Rosny met de la beauté et du sens, au service d'une narration quasi cinématographique. Les scènes avec les mammouths sont particulièrement magnifiques de noblesse et de poésie - alors qu'on parle quand même de montagnes poilues pleines de puces aux défenses de quatre mètres de long, respect.
De même, nos trois héros, notamment Naoh, le meneur, nous deviennent très vite sympathiques bien qu'il s'agisse de brutes épaisses - nos chers ancêtres - certes pleins de courage mais à l'haleine chargée et aux pieds tapissés de cors. On en vient même à souhaiter de tout coeur que Naoh sorte vainqueur de cette odyssée et conquière Gammla, la belle Oulhamr à la crinière de lionne, qu'il rêve de traîner par les cheveux dans une grotte pour examiner de plus près ses autres trésors pileux.
Plus sérieusement, j'ai été scotchée par la description des luttes opposant hommes et fauves, belles de réalisme et de justesse. J.-H. Rosny n'en fait jamais trop et il met dans le mille à chaque page.

Challenge XIXème siècle 2019
Challenge MULTI-DÉFIS 2019
Challenge ABC 2018 - 2019
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dedanso
  18 novembre 2019
En ce moment, je m'intéresse à la Préhistoire. Après avoir lu divers essais sur la question, je me suis demandée ce que ça pouvait donner en roman. Et me voici lancée dans ce classique du genre qu'est La Guerre du feu.
Le gros point fort de ce roman, qui atténue quelque peu ses défauts, est la description de la vie en pleine nature. C'est grandiose, voir même lyrique. L'écriture de Rosny Aîné, qui fait appel à tous nos sens, sublime la faune et la flore. Il n'y a pas à dire, c'est un vrai magicien des mots !
J'ai également beaucoup aimé voir la vie quotidienne des trois combattants que sont Naoh, Nam et Gaw, ayant quitté la horde des Oulhamr pour conquérir le Feu sacré, perdu au combat : la recherche de nourriture et d'eau, d'un lieu sûr où passer la nuit, leur manière encore un peu animale de chasser et de se défendre eux-mêmes contre les prédateurs. Que ça peut nous sembler loin !
Un autre point fort de ce roman réside dans la caractérisation de son principal personnage masculin, Naoh. Rosny Aîné semble vouloir amorcer la Révolution Néolithique à venir à travers ce personnage : on le sent plus sensible à ses prochains, plus réfléchi quant à l'organisation de la horde, plus réceptif aux nouvelles techniques (apprendre à faire du feu et plus seulement à maintenir le feu en vie, domestication des animaux...).
Par contre, je déplore profondément l'image de la femme préhistorique que nous donne à voir l'auteur et qui repose, non pas sur des données scientifiques, mais uniquement sur des préjugés du début du XXème siècle : une femme objet de convoitise sexuelle, une femme-trophée remise au vainqueur en la traînant par terre par les cheveux, une femme soumise sur laquelle l'homme a le droit de vie et de mort.
Certes, nous sommes encore au Paléolithique, mais strictement rien ne permet de tirer ce type de conclusion sur la place des femmes dans la société, pas même dans le domaine de l'anthropologie. Fort heureusement, ces considérations ne concernent que les 1er et dernier chapitres.
Je finirais en écrivant quelques mots sur la superbe collection Rouge et Or dans laquelle j'ai lu La Guerre du Feu. Un vieux livre de brocanteur ("ah oui, il sent vraiment le vieux, ton truc" dixit mon mari) avec des illustrations splendides signées Jean Chièze : qu'elles soient en noir et blanc ou en couleur, elles ne manquent pas de dynamisme. De très belles lettrines agrémentent les débuts de chapitres.
Une très bonne lecture donc, mais qui m'a laissé un petit goût amer à cause de son personnage féminin. Je vais continuer sur ma lancée voir si les femmes sont traitées de manière plus réaliste dans d'autres romans !
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Ellane92
  27 novembre 2015
La tribu des Oulhmours a été attaquée. Les combattants ont perdu la bataille, mais surtout leur feu, celui qui permet de se protéger, de cuire, de se réchauffer... Dans l'incapacité d'en produire un par leurs propres moyens, le chef des Oulhmours fait un appel à candidature pour trouver des héros, ceux qui, par la ruse ou par la force, ramèneront le feu, et un espoir de survie de la tribu. Celui qui ramènera la flamme si convoitée aura la gloire, épousera la fille du chef, et sera chef à son tour quand le temps sera venu.
Naoh est le chef de l'une de ses expéditions. Avec des acolytes, choisis pour leur rapidité, leur endurance, ou leur adresse, il nous emmène à la découverte de la faune et la flore préhistoriques. Mais un autre groupe, composé de frères brutaux et musculeux, et bien décidé à ramener le feu (et à épouser la belle) avant Naoh et les siens !
J'aurais dû lire La guerre du feu en sixième, et en faire une fiche de lecture. J'ai dû abandonner au bout du 3ème ou 4ème chapitre... Si j'en suis venue à bout aujourd'hui, j'ai retrouvé dans ce livre les mêmes écueils que ceux qui m'avaient poussé à en arrêter la lecture.
D'abord, c'est un livre qui parle très peu des hommes de ce temps-là, de leurs qualités ou de leurs manques, de leur organisation, etc... En revanche, le descriptif de la faune et de la flore est extrêmement détaillé, un peu trop peut-être, au détriment donc de la description du mode de vie de ces Cro-Magnons et de l'action et des aventures auxquelles on aurait pu s'attendre au vu du synopsis. D'autre part, je n'adhère pas, mais alors absolument pas, au postulat de JH Rosny Ainé sur les relations humaines de ce temps-là : les hommes ne pensent qu'à se voler et à se tuer. Personnellement, j'aurais tendance à penser que des "proies" auraient tendance à se regrouper et à s'entraider a priori, et que la curiosité, un défaut typiquement humain, aurait eu plus d'incidence sur le cours des voyageurs isolés rencontrant des groupes humains (plutôt que de se cacher d'eux en ne pensant qu'à les déposséder !). Enfin, le ton nostalgique et magnifiant pour ces temps du monde, qui transparait dans chaque phrase de l'ouvrage, pour glorifier la nouveauté du monde, la force et l'astuce des humains et des animaux d'alors comparativement à ceux d'aujourd'hui, m'a franchement lassé.
Bref, aujourd'hui comme hier, ne comptez pas sur moi pour cette guerre-là !
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
MepsMeps   21 octobre 2020
Cette vie n'était point gratuite, mais dure et pleine de menace.
Tout ce qui la construisait pouvait la détruire; elle ne persisterait que par la vigilance, la force, la ruse, un infatigable combat contre les choses.
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cvd64cvd64   14 octobre 2020
La vie du Feu avait toujours fasciné Naoh. Comme aux bêtes, il lui faut une proie : il se nourrit de branches, d'herbes sèches, de graisse ; il s'accroît ; chaque Feu naît d'autres Feux ; chaque Feu peut mourir.(...) C'est une bête et ce n'est pas une bête. Il n'a pas de pattes ni de corps rampant, et il devance les antilopes ; pas d'ailes, et il vole dans les nuages ; pas de gueule, et il souffle, il gronde, il rugit ; pas de mains ni de griffes, et il s'empare de toute l'étendue; Naoh l'aimait, le détestait et le redoutait.
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mfrancemfrance   27 août 2016
De toutes parts, les mammouths accoururent. On voyait leurs grosses têtes s'avancer et leurs yeux luire d'inquiétude. Les nerveux barrissaient. Car ils connaissaient le Feu ! Ils l'avaient rencontré sur la savane et dans la forêt, quand la foudre s'était abattue ; il les avait poursuivis, avec des craquements épouvantables ; son haleine leur cuisait la chair, ses dents perçaient leur peau invulnérable ; les vieux se souvenaient des compagnons saisis par cette chose terrible et qui n'étaient plus revenus. Aussi considéraient-ils avec crainte et menace cette flamme autour de laquelle se tenaient les petites bêtes verticales.
Naoh, sentant leur déplaisir, se rendit auprès du grand mammouth et lui dit :
- le feu des Oulhamr ne peut pas fuir ; il ne peut pas croître à travers les plantes; il ne peut pas se jeter sur les mammouths. Naoh l'a emprisonné dans un sol où il ne trouverait aucune nourriture.
Le colosse, emmené à dix pas de la flamme, la contemplait, et, plus curieux que ses semblables, pénétré aussi d'une confiance obscure en voyant ses faibles amis si tranquilles, il se rassura. Comme son agitation ou son calme réglaient, depuis de longues années, l'agitation et le calme du troupeau, tous, peu à peu, ne redoutèrent plus le feu immobile des Oulhamr, comme ils redoutaient le Feu formidable qui galope sur la steppe.
Ainsi Naoh put nourrir la flamme et refouler les ténèbres. Ce soir-là, il goûta la viande, les racines, les champignons rôtis , et il s'en délecta.
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dedansodedanso   08 novembre 2019
Naoh prit la première veille. Tout son être aspirait la nuit. Il était une forme merveilleuse, où pénétraient les choses subtiles de l'Univers : par sa vue, il captait les phosphorescences, les formes pâles, les déplacements de l'ombre et il montait parmi les astres ; par son ouïe, il démêlait les voix de la brise, le craquement des végétaux, le vol des insectes et des rapaces, les pas et le rampement des bêtes ; il distinguait au loin la glapissement du chacal, le rire de l'hyène, la hurlée des loups, le cri de l'orfraie, le grincement des locustes ; par sa narine pénétrait le souffle de la fleur amoureuse, la senteur gaie des herbes, la puanteur des fauves, l'odeur fade ou musquée des reptiles. Sa peau tressaillait à mille variations ténues du froid et du chaud, de l'humidité et de la sécheresse, à toutes les nuances de la brise. Ainsi vivait-il de ce qui remplissait l'Espace et la Durée.
Cette vie n'était point gratuite, mais dure et pleine de menace. Tout ce qui la construisait pouvait la détruire ; elle ne persisterait que par la vigilance, la force, la ruse, un infatigable combat contre les choses.
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KorriganKorrigan   21 janvier 2016
La vie du Feu avait toujours fasciné Naoh.Comme aux bêtes, il lui fallait une proie : il se nourrit de branches, d'herbes sèches, de graisse; il s'accroît; chaque feu naît d'autres feux; chaque feu peut mourir. Il décroit lorsqu'on le prive de nourriture : il se fait petit comme une abeille, comme une mouche, et, cependant, il pourra renaître le long d'un brin d'herbe, redevenir vaste comme un marécage. C'est une bête et ce n'est pas une bête. Il n'a pas de pattes ni de corps rampant, et il devance les antilopes; pas d'ailes, et il vole dans les nuages; pas de gueule, et il souffle,il gronde, il rugit; pas de mains ni de griffes, et il s'empare de toute l'étendue...
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Videos de J.-H. Rosny aîné (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de J.-H. Rosny aîné
Emmanuel Roudier en interview pour planetebd.com .Dans la lignée d?André Cheret et de son cultissime Rahan, Emmanuel Roudier s?est spécialisé dans les aventures préhistoriques en BD. 3 tomes de Vo?houna chez Soleil, puis 3 autres de Néandertal chez Delcourt? et aujourd?hui, il s?attaque à l?adaptation de La guerre du feu, le roman de J-H Rosny, dont Jean-Jacques Annaud a déjà tiré un célèbre film. A travers son ?uvre de passionné, l?auteur offre une sorte de trait d?union habile entre l?aventure grand-public et l?étude universitaire de société, pointue et didactique. Une looongue et passionnante interview?
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