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EAN : 9782370732897
306 pages
Éditeur : Allary Editions (29/08/2019)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 20 notes)
Résumé :
Le père est un des plus grands cinéastes d'Hollywood. Le fils est un jeune premier du cinéma nazi. Le roman vrai de leur déchirure.Le père est Douglas Sirk, réalisateur en vogue dans les années 20 et 30 en Allemagne, contraint de fuir avec sa femme juive aux États-Unis, où il deviendra célèbre grâce à ses mélodrames. L'enfant est Klaus, le fils que Douglas a eu avec sa première femme. Convertie à l'idéologie du Troisième Reich, elle fera du garçon un enfant star d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
diablotin0
  27 septembre 2019
Que je suis contente d'avoir lu « un père sans enfant » de Denis Bossano. C'est un ouvrage riche d'informations sur la vie de Douglas Sirk, metteur en scène de théâtre et réalisateur allemand. Bien sûr, je le connaissais de nom et peut-être aussi ai-je vu un ou deux de ses films, mais je ne m'étais jamais interrogée jusqu'à ce jour sur sa vie d'une part et d'autre part, de façon plus générale sur les réalisateurs allemands durant la période 1920 -1945.
C'est pourquoi, ce livre m'a apporté beaucoup, m'a ouvert les yeux sur la difficulté d'exercer un métier d'art dans cette période où tout était contrôlé et censuré. Ambiguïtés, culpabilité, honte, colère, font partie de la palette de sentiments par lesquels Douglas Sirk mais sans doute bien d'autres, sont passés.
Toutefois, Douglas Sirk se distingue des autres de par son histoire particulièrement cruelle puisqu'il a un enfant avec Lydia et très rapidement, lorsque l'enfant, Klaus a 4 ans, le couple se déchire et Lydia l'empêchera de voir leur fils. Non seulement il sera donc privé de voir grandir son fils mais aussi il le saura sous l'emprise de sa mère qui va lui inculquer les valeurs du nazisme en vigueur.
Cette douleur, ce manque marqueront toute la vie de Douglas Sirk ainsi que son oeuvre cinématographique.
C'est un livre poignant et comme je l'ai déjà dit riche d'enseignements. Les multiples références à d'autres réalisateurs et acteurs connus ne sont pas fastidieuses, bien au contraire.
Un grand merci à Babelio et aux éditions allary de m'avoir permis de lire ce livre d'une grande qualité.
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mariech
  04 octobre 2019
Un père sans enfant , c'est l'histoire du réalisateur Douglas Sirk , de son vrai nom Hans Detlef Sierck , réalisateur qui lancera la carrière de Rock Hudson dans les années 50 , l'âge d'or du cinéma hollywoodien .
La vie même de Douglas Sirk est digne d'un film , il est d'origine danoise , ses parents s'installent en Allemagne lorsqu'il est enfant .
Des années plus tard , il se marie à une actrice , a un fils , jusque là l'histoire est banale .
Des années de bonheur tout simple , celles qui ne se racontent pas .
Mais nous sommes dans les années 30 en Allemagne et que celui qui est toujours Hans Detlef Sierck tombe amoureux d'une actrice mais détail très important celle - ci est juive .
Pour se venger l'épouse bafouée qui adhère aux nouvelles idées du régime , empêchera le réalisateur de voir leur fils , elle l'élèvera seule , elle obtiendra sans problème la garde exclusive car être marié à une juive commence à être très mal vu par le régime en place .
Quelques années plus tard , Hans Detlef Sierck , choisira de partir pour les États Unis avec sa seconde épouse juive .
Il deviendra Douglas Sirk , deviendra célèbre mais gardera toute sa vie une culpabilité terrible pour ce choix auquel personne ne devrait être confronté .
Ce roman c'est aussi une quête , celle de l'auteur qui rencontrera le célèbre réalisateur à la fin de sa vie , qui osera évoquer le fils perdu , disparu sur le front russe , le fils qui fera partie comme des milliers d'adolescents allemands des jeunesses hitlériénnes , qui jouera dans des films de propagande , représentant parfait du jeune aryen blond aux yeux bleus comme son père .
C'est un livre délicat , sensible , très bien écrit , qui nous fait réfléchir sur cette époque troublée sans jamais porter de jugement .
Après cette lecture , j'ai eu envie d'en savoir plus sur Douglas Sirk , de voir ses films , une très très belle découverte cette lecture .
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Bazart
  10 avril 2020

Petit préambule. Douglas Sirk a eu une carrière fulgurante dans Hollywood de l'après-guerre. Jusqu'en 1959 il réalisa une quinzaine de films, tous remarquables. Il fit de Rock Hudson une star et donna au mélodrame ses lettres de noblesse. Des mélo aux scénarios délirants qu'il magnifiait par une mise en scène élégante, un cadrage parfait et un travail chromatique flamboyant.
Jamais ironique, toujours empathique avec ses personnages, son cinéma était populaire et sincèrement humaniste. Pas étonnant que Fassbinder, Almodovar, Haynes ou Ozon se réclament de son travail. Un cinéphile digne de ce nom se doit d'avoir vu « le temps d'aimer et le temps de mourir » et « le mirage de la vie ».
Mais Douglas Sirk, né Detlef Sierck en 1897 à Hambourg, a eu deux vies. Dans les années trente il est un intellectuel en vue de la République de Weimar. Metteur en scène de théâtre très célèbre, il se lance dans le cinéma au moment où Hitler prend le pouvoir.
Réalisateur à succès mais marié en deuxième noce à une actrice juive, il devra s'enfuir aux Etats-Unis en 1937 laissant derrière lui le fils d'un premier mariage. Klaus né en 1925, élevé par une mère furieusement nazie, deviendra un enfant star, parfait jeune aryen blond, dans les films de la UFA, la société de production la plus importante d'Allemagne dirigée par Goebbels. Klaus Detlef Sierck, fils de Douglas Sirk, mort à dix-neuf ans sur le front de l'Est, symbole sacrifié du cinéma du troisième Reich.
Quel roman historique formidable ! Un mélodrame déchirant comme toute l'oeuvre de Douglas Sirk. Denis Rossano, après un énorme travail de recherche, nous plonge dans l'Europe en feu des années trente. Un récit historique romancé, mais une enquète historique où tout est vrai, dont la construction et la mise en scène rendent la lecture passionnante.
Une image forte s'imprime alors, un père regardant son fils sur un écran de cinéma, seule « image mémoire » d'un fils qu'il n'a pas vu depuis des années et qu'il ne reverra jamais.
Si vous êtes cinéphile cette lecture est indispensable, et si vous n'entendez rien au cinéma mais qu'un jour vous avez été un enfant elle le sera tout autant.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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pilyen
  03 octobre 2019

3 mauvaises raisons pour ne pas lire l'excellent ouvrage de Denis Rossano, petit bijou de délicatesse, de romanesque et d'émotion.
Ce n'est ni un roman, ni une biographie, ni un livre de souvenirs.
Exact, ce sont les trois à la fois. de sa passion étudiante pour le cinéma allemand, de sa rencontre avec Douglas Sirk, metteur en scène devenu mythique depuis que Jean Luc Godard a déclaré à l'aube des années 60 aimer son cinéma et de son questionnement quant à la vie du fils du réalisateur, Klaus, l'enfant qu'il lui fut interdit de revoir après son divorce d'avec sa première femme, Denis Rossano construit un récit d'une incroyable richesse aussi bien documentaire que romanesque. Sa connaissance du cinéma allemand, surtout celui des années 30/40 ( comprenant donc la période nazie, rarement évoquée) se mêle sans problème aux récits de ses rencontres réelles dans les années 80 avec un Douglas Sirk, vieillissant, à demi-aveugle et finissant sa vie en Suisse avec comme fil conducteur le destin de ce fils élevé sans son père qui deviendra, l'enfant star du cinéma sous le Troisième Reich. Tout devient passionnant sous la plume de cet auteur qui cultive avec bonheur une certaine nostalgie comme une connaissance parfaite d'une époque que beaucoup ont voulu oublier.
Douglas Sirk ? C'est qui ?
Certes "Mirage de la vie " ou "Le temps d'aimer et le temps de mourir " mélodrames somptueux n'évoquent plus grand chose à grand monde aujourd'hui, hormis quelques cinéphiles pointus. Pourtant, les oeuvres de Douglas Sirk continuent à inspirer quelques cinéastes actuels ( Ozon en France et encore plus Todd Haynes aux USA). Ce roman permet donc de faire la connaissance avec ce créateur et de comprendre ( sans avoir vu ses films) combien un drame personnel peut irriguer toute une carrière et donne évidemment envie de découvrir sa production, qui a su porter le grand mélodrame dans des zones jamais atteintes. Sans jamais être ennuyeux ( bien au contraire), avec un sens du partage bluffant, Denis Rossano nous fait sillonner au travers d'un destin singulier comme dans l'enfer d'une terrible époque allemande, celle qui avait comme ministre de la propagande un certain Joseph Goebbels...( et qui donc dirigeait les énormes studios de cinéma allemand ). Douglas Sirk, dont la vie possède quelques zones un peu grises, en fut une de ses vedettes, et doublement victime. Parti un peu tard au Etats-Unis, il traîna longtemps sur son compte un certain doute quant à ses accointances avec le régime nazi.
Encore un roman qui ne s'adresse qu'aux passionnés de cinéma !
Pas du tout, parce que le thème principal, reste quand même cette histoire de ce fils qu'il ne put jamais revoir, thème franchement romanesque qui tient le lecteur en haleine jusqu'au bout. Au premier degré, cela se lit avec délice et curiosité. Mais le mélange des trois genres permet d'autres lectures, comme d'autres miroirs posés çà et là ( à l'instar de ceux qui ornent tous les films de Douglas Sirk), d'autres fenêtres ( très importantes aussi dans l'univers cinématographique du maître du mélo) qui ouvrent sur d'autres émotions ou réflexions, historiques ou psychologiques. le livre va crescendo dans l'émotion, même lorsque l'auteur évoque ses promenades avec le réalisateur qui gardait une lucidité exceptionnelle et qui lui dit lors de sa dernière rencontre : " ... je le sais : c'est un livre que vous allez écrire. Je ne suis pas certain que cela m'enchante, mais peu importe, c'est à un livre que toutes nos conversations vont vous mener . A un roman.[ ... ] Et je vous le dis aussi, votre livre sera un songe. Un songe de ce qu'a pu être ma vie, et de ce qu'a pu être la vie de mon fils, mais pas une fidèle représentation de nos destinées." C'était au début des années 80 et presque 40 ans plus tard, le livre est là, roman de deux vies, deux drôles de vies, qui a le mérite de faire revivre le temps d'un récit, deux hommes autant broyés par le régime nazi que magnifiés par des songes de pellicule et par les mots justes et émouvants d'un auteur vraiment inspiré.
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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hanyrhauz
  14 août 2020
Convoquons les fantômes du passé...
Douglas Sirk d'abord. Ou plutôt Detlef Sierck. Si le premier nom évoque l'âge d'or d'Hollywood, le deuxième est inconnu. C'est pourtant le même homme. Metteur en scène allemand de grand talent, il voit une vague brune engloutir son pays. Les premières humiliations, les premières craintes, vont le pousser vers le cinéma, où subsiste dans les années 30 un peu de liberté. Juste un peu. Hilde, son épouse juive, elle, ne peut plus espérer apparaître sur scène. Elle devra vivre dans l'ombre pour espérer survivre.
Klaus, est le fils de Detlef et de Lydia, sa première épouse. Klaus irradie, un enfant blond, lumineux, qui ne peut que crever l'écran dans cette société qui mise beaucoup sur les apparences. Klaus est l'archétype de l'enfant aryen, il devient la star du cinéma nazi.
Le narrateur, Denis, étudiant en cinéma, va passer de longues heures avec Detlef devenu Douglas. Pour parler de cinéma, de cette vie si romanesque. de Klaus, oublié, disparu.
Cette biographie romancée est d'une grande force et d'une grande délicatesse. Elle traite de sujets passionnants avec érudition mais sans être pesante. J'ai aimé lire ces pages sur les années 30, le cinéma allemand, les influences de Douglas Sirk. J'ai aimé que l'auteur me suggère avec finesse de voir les films de Sirk, de me plonger dans son oeuvres. J'ai aimé ces heures passées à Lugano, auprès de ce duo qui est en fait un trio.
Le fantôme de Klaus est présent à chaque page. Evanescent, il impose pourtant sa présence. Son père ne pourra jamais se consoler de cet abandon forcé. Et l'auteur lui-même lui donne une place particulière dans son histoire personnelle.
Un roman émouvant et élégant, à l'image de son auteur. Et l'envie de partir à la recherche de Klaus dans les films de Detlef.
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critiques presse (1)
Bibliobs   01 octobre 2019
Avec infiniment de délicatesse, Denis Rossano rembobine le fil de cette vie fantomatique, et comble les trous avec quelques touches de fiction. On tourne les pages avec fièvre, tant cette histoire est incroyable, vrai mélo, ce genre magnifié par Sirk – et par le destin.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
diablotin0diablotin0   23 septembre 2019
Et puis partir, c'est laisser Klaus derrière, entre les mains de sa mère qui essaye d'en faire un parfait petit enfant nazi. Detlef n'a pas vu son fils depuis trop longtemps : le manque se transforme en douleur, il sait qu'il est en train de le perdre. La culpabilité de ne pas s'être battu davantage pour lui le saisit. Un élancement de désespoir écrase sa cage thoracique.
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diablotin0diablotin0   26 septembre 2019
Le père se demande si son fils se passionne pour cette Égypte qu'il découvre, ou si, avec ses pensées d'enfant viciées par la propagande raciste, il regarde ce monde avec l'arrogance de celui qui a la certitude d'appartenir à une race supérieure.
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diablotin0diablotin0   24 septembre 2019
Il est ma débâcle, ma dévotion, ma tendresse, ma honte, mon regret. Klaus est l'enfant des souvenirs qui ne cesseront jamais de faire mal.
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mariechmariech   28 septembre 2019
Mais avouez que l’ironie et le paradoxe sont sacrément uniques , ne puis je m’empêcher d’insister : vous êtes marié à une comédienne juive , vous envisagez de fuir l’Allemagne , et en même temps , vous êtes à l’origine de la star la plus emblématique du III° Reich . C’est assez fou quand on y pense .
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mariechmariech   28 septembre 2019
Vous voudriez que tout soit noir et blanc ? Ce serait évidemment plus facile de pouvoir mettre Sirk dans une case . Mais rien n’est jamais tout noir ou tout blanc , Venez , je vous offre un café .
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Video de Denis Rossano (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Denis Rossano
"Cet enfant m'a bouleversé. En écrivant "Un père sans enfant", j'ai essayé de le sauver." Denis Rossano nous raconte la genèse de son roman vrai, digne des plus grands mélodrames hollywoodiens.
Prix Révélation 2019 de la Société des Gens de Lettres.
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