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ISBN : 2253092436
Éditeur : Le Livre de Poche (01/03/2017)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 74 notes)
Résumé :
Il y a un monde entre le township d'Ocean View et la plage de Noordhoek, écrin de beauté préservée dans la banlieue du Cap, sur laquelle le cadavre d'un homme est retrouvé un matin. De la même façon, tout sépare Marge Labuschagne, l'ancienne psychologue criminelle qui a découvert le corps, de l'inspectrice farouchement indépendante Persy Jonas : couleur de la peau, âge, milieu social.
Et pourtant leurs destins sont liés. Comme celui de Persy et du dangereux c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  23 janvier 2020
Noordhoek, banlieue chic de la ville du Cap. C'est avec la bouche sèche et la tête dans le cirage que Marge Labuschagne se réveille. Aussi décide-t-elle d'aller prendre l'air et de marcher sur la plage avec son chien. Parti loin devant, celui-ci se met à aboyer au milieu des rochers. Et c'est en le rejoignant que la psychologue criminelle, aujourd'hui reconvertie dans le privé, découvre le cadavre d'un homme qu'elle reconnaît aussitôt, malgré son visage gonflé et tuméfié et une grosse blessure sur le côté. Il s'agit d'Andrew Sherwood. Après les premières constations de la police et de la scientifique, il semblerait qu'il ne s'agisse pas d'un banal accident. Après avoir sollicité son patron, le capitaine Paul Titus, l'inspectrice Persy Jonas est chargée de l'enquête. Elle va enfin pouvoir faire ses preuves. Mais pour cela, elle va devoir collaborer avec Marge Labuschagne. Chacune devra faire fi de ses préjugés et du sentiment d'animosité qui s'installe aussitôt entre elles...
Un meurtre (?) suspect, une jeune enquêtrice et une psychologue criminelle qui offre ses services... Jusque-là, rien de bien original, en somme. Sauf que l'on est dans la métropole du Cap. Et que Michèle Rowe, en plus de nous plonger dans une enquête passionnante, nous dresse un tableau bien peu glorieux de la capitale parlementaire. Entre les trafics de drogue, la misère, le racisme (encore bien trop présent malgré la fin de l'apartheid), la corruption (politique, policière...), le chantage, la violence, la discrimination, les vols, les enjeux immobiliers... l'auteur donne à voir une réalité sociale et politique bien peu réjouissante. Outre ce contexte dépaysant et instructif, l'auteure donne la voix à deux femmes que tout oppose. D'un côté, l'inspectrice métisse issue des townships, victime de préjugés. de l'autre, une psychologue blanche, un brin désagréable et raciste. En froid dès leur première rencontre, aucune des deux ne soupçonne qu'un lien issu du passé les unit. Des personnages bien campés au coeur d'une intrigue habile et impeccable. Un première enquête pour Persy Jonas rondement menée !
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iris29
  12 juin 2016
Il est des livres que l'on prend comme on prendrait un billet d'avion ...
Ce roman est le premier roman Sud-Africain que je lis , et ce voyage m'a beaucoup plu ,( même si j'ai traversé quelques zones de turbulences...) .
Car on ne peut pas dire que l'écrivain , Michéle Rowe ,fasse beaucoup pour le tourisme de son pays ! Elle y décrit une Afrique du Sud qui n'a fait la paix avec le passé , que sur le papier . Un passé qui risque à tout moment d'exploser dans le présent, tant les injustices et le racisme ordinaire perdurent . Un lent pourrissement des relations Blancs/Noirs, auquel il faut rajouter les métis, les Indiens et les noirs émigrés que même les Noirs locaux détestent car ils leur volent leurs boulots ....
Un "pastis" raciste , si ancré ,que les locaux ne voient plus , tellement ,il fait partie de leur ADN. Personne n'aime personne , tout le monde se méfie de tout le monde . La richesse appartient toujours aux Blancs , les autres sont relégués dans les parties moches de la ville , là où domine les marécages, le vent ,et l'hostilité de la nature .
Michéle Rowe décrit un pays où l'océan est glacial, où les gens peuvent mourir des suites d'attaques de grands requins blancs. Un endroit du monde où les marécages sont infestés de serpents, où les paysages sont hypnotiques, où la spéculation immobilière menace d'empiéter sur la nature .
Michéle Rowe décrit une police grignotée par la corruption et les petits arrangements avec soi même , où une policière black est forcément passée inspectrice pour favoriser les quotas .
C'est exactement ce que pense Marge , psychologue criminelle (venant de découvrir un cadavre sur la plage ) lorsqu'elle rencontre Persy Jonas , jeune inspectrice noire issue des Townships . Mais Marge revigorée , à l'idée de travailler à nouveau pour la Criminelle , va passer outre et s'imposer face à notre jeune fliquette , elle aussi , victime de préjugés . Mais ces deux là , ont bien plus en commun que ce qu'elles ne croient . Car le monde est petit au Cap , et tous (blacks , métis et blancs ) sont reliés entre eux , par des gens ou par les lieux , qu'ils le veuillent ou non !
Cette enquête annonce une série . Elle est bien plus qu'un énième roman policier . Elle nous parle d'un pays qui peine à faire sa mue . Un pays que je connais très mal , et qui ne me donne pas du tout envie d'y mettre les pieds...( pour des raisons personnelles et parce que j'ai beaucoup de mal avec le racisme...)
Une auteur qui fait un scanner au vitriol de son pays .
Une auteur à suivre au bout du monde ...
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sandrine57
  15 mars 2016
Sur la plage de Noordhoek, un quartier chic du Cap, Marge Labuschagne, psychologue criminelle retournée aux consultations privées, découvre le corps d'Andrew Sherwood, un de ses anciens patients. C'est l'inspectrice Perséphone ''Persy'' Jonas qui, de haute lutte, décroche sa première affaire de meurtre. Cette métisse, jeune et indépendante, a soif de faire ses preuves dans une police, au mieux incompétente, au pire corrompue. Les deux femmes se doivent de collaborer mais leurs caractères s'accordent mal. Persy ne voit en la criminologue qu'une vieille blanche, privilégiée et raciste, pendant que Marge croit la jeune policière issue des quotas obligatoires. Aussi l'inspectrice s'attache surtout à incriminer Sean Dollery, un ami d'enfance avec lequel elle a partagé bien des secrets mais dont elle s'est irrémédiablement éloignée en intégrant la police tandis que lui devenait un caïd du township. Marge, de son coté, creuse d'autres pistes, revigorée à l'idée de retravailler avec les forces de l'ordre, elle qui s'ennuie dans sa villa abandonnée des siens, après son divorce et le départ de ses fils. Antagonistes, Persy et Marge ont pourtant, sans le savoir, un passé commun...
Sur fond de spéculation immobilière, Michéle Rowe dresse un sombre portrait de la société sud-africaine où règnent violence et corruption. L'apartheid n'est plus mais les clivages raciaux restent en place, comme si les populations noires et blanches vivaient dans des mondes parallèles, situation à laquelle s'ajoute aussi d'énormes différences sociales. Les riches blancs vivent dans de luxueuses propriétés protégées par des clôtures électrifiées, les noirs dans le township, les plus pauvres, issus de l'immigration sont parqués dans des camps de fortune, les blancs désargentés s'entassent dans des campings plus ou moins surveillés. Racisme, préjugés et craintes empêchent tous ces mondes de se rencontrer. C'est dans ce contexte qu'évoluent Persy et Marge, deux femmes fortes et obstinées qui cachent pourtant bien des fêlures que l'histoire va dévoiler peu à peu...
Une enquête prenante qui évoque des aspects méconnus de l'Afrique du Sud, des personnages que l'on quitte avec regret pour un polar très réussi d'une auteure qui réussit le tour de force de nous faire aimer son pays malgré le climat de violence. On attend avec impatience la suite des enquêtes de Perséphone Jonas.
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Bazart
  30 mars 2016
Nouvelle voix du polar sud-africain, Michèle Rowe s'inscrit d'emblée au sommet d'un genre dont Deon Meyer dont je viens juste de vous parler est aujourd'hui la figure la plus emblématique.
Et dès son premier roman, la romancière connue en Afrique du Sud comme documentariste, eu les honneurs du festival Quai du Polar, qui selon les organisateurs du salon, "ajoute une touche féminine à ses livres et une sensibilité différente".
Son roman « Les Enfants du Cap » est en effet une belle découverte a reçu le prestigieux prix anglais Debut Dagger Award. Situé dans dans le village de Noordhoek, au sud du Cap, l'auteur y sonde les conséquences des mensonges et des rumeurs, et comment ceux-ci peuvent parfois inciter à la violence.
A la lecture de ces enfants du cap, on voit que les tensions raciales, et les stigmates de l'apartheid sont toujours latents. …
Prenant comme toile de fond la spéculation immobilière, Michéle Rowe , qui sait planter un décor et dessiner de beaux personnages, dresse un sombre portrait de la société sud-africaine où règnent violence et corruption.
A l'instar de Meyer, mais avec une sensibilité différente Rowe autopsie la réalité sociale d'une Afrique du Sud post-apartheid qui n'a pas renoncé à ses vieux démons.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Jeanmarc30
  31 octobre 2018
"Les enfants du cap", un roman psychologique "cap"tivant
Avec "Les enfants du Cap", Michelle ROWE nous plonge dans une Afrique du Sud post-apartheid, pleine de contradictions : ainsi, les beaux quartiers se confrontent au monde de la misère et de la pauvreté ; les paysages idylliques et reposants se confrontent à la violence. Ceci vaut aussi pour les
deux personnages centraux du roman que tout oppose (âge, origine ethnique, milieu social et tempérament notamment), mais qui devront conjuguer leurs efforts, malgré leurs préjugés réciproques pour résoudre une affaire criminelle, car malgré elles, leurs destins sont étroitement
liés.
L'auteur nous livre un panorama édifiant de l'Afrique du Sud contemporaine et offre une dimension psychologique des faits conduisant au crime, dans un univers où la pauvreté, le trafic de drogue, la
corruption et la violence sont le quotidien de nombreuses personnes.
Tout dans ce roman très habilement construit repose sur le "choc" permanent qu'offrent les paysages, les quartiers et les personnages, qui nous retient jusqu'à son dénouement nous donnant une vision de ce qu'est devenue l'Afrique du Sud après Mandela et nous éclairer sur l'omniprésence
de la violence en s'interrogeant sur les mécanismes y contribuant. En définitive, "Les enfants du Cap" est un roman qui se démarque agréablement.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
iris29iris29   10 juin 2016
De plus près, elle vit que la cheville appartenait à une jambe, et la jambe à une marionnette humaine horriblement gonflée qui flottait sur le dos , les membres écartés comme les branches d'une étoile de mer . Elle reposait dans une attitude d'abandon ridiculement paisible , comme si elle savourait d'être à jamais libérée des vicissitudes de la vie .
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iris29iris29   12 juin 2016
Avec le Group Areas Act , l'apartheid avait trouvé un procédé ingénieux pour faire en sorte que les coins les plus attractifs restent blancs comme neige , en reléguant les Noirs, les métis et les Indiens dans les zones jonchées de sable ou les marécages , les terres poussiéreuses et battues par les vents . Dans des cités-dortoirs peuplées de travailleurs qui se rendaient le jour dans des zones blanches puis rentraient dans leurs trous à rats le soir . Les choses n'avaient pas beaucoup changé, même si la loi avait été abolie plus de vingt ans auparavant .
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iris29iris29   11 juin 2016
Même si la criminalité rendait les Blancs complètement paranos, ils se donnaient rarement la peine de se procurer le nom et les références des Noirs qu'ils employaient , ou de se renseigner sur leur adresse . Tout ce qui les intéressait, c'était de trouver quelqu'un qui travaille pour une misère , point barre .
Ça lui faisait mal de penser ça, mais il y avait vraiment des Blancs qui cherchaient les ennuis .
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iris29iris29   11 juin 2016
" Les pédophiles prédateurs sont maîtres dans l'art de détourner l'attention de leur déviance , de la travestir ou de la dissimuler . Ils sont parmi les déviants les plus malins . Vous savez pourquoi? Parce qu'ils ne sont pas convaincus que ce qu'ils font est mal . "
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iris29iris29   12 juin 2016
"J'espère que vous n'allez pas m'interroger en afrikaans, déclara t-elle. Je ne parle pas un mot ."
Autrement dit : "Je veux un flic blanc , aussi éduqué que moi, qui comprendra ce que je raconte ."
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