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ISBN : 2253092436
Éditeur : Le Livre de Poche (01/03/2017)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Il y a un monde entre le township d'Ocean View et la plage de Noordhoek, écrin de beauté préservée dans la banlieue du Cap, sur laquelle le cadavre d'un homme est retrouvé un matin. De la même façon, tout sépare Marge Labuschagne, l'ancienne psychologue criminelle qui a découvert le corps, de l'inspectrice farouchement indépendante Persy Jonas : couleur de la peau, âge, milieu social.
Et pourtant leurs destins sont liés. Comme celui de Persy et du dangereux c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
iris29
  12 juin 2016
Il est des livres que l'on prend comme on prendrait un billet d'avion ...
Ce roman est le premier roman Sud-Africain que je lis , et ce voyage m'a beaucoup plu ,( même si j'ai traversé quelques zones de turbulences...) .
Car on ne peut pas dire que l'écrivain , Michéle Rowe ,fasse beaucoup pour le tourisme de son pays ! Elle y décrit une Afrique du Sud qui n'a fait la paix avec le passé , que sur le papier . Un passé qui risque à tout moment d'exploser dans le présent, tant les injustices et le racisme ordinaire perdurent . Un lent pourrissement des relations Blancs/Noirs, auquel il faut rajouter les métis, les Indiens et les noirs émigrés que même les Noirs locaux détestent car ils leur volent leurs boulots ....
Un "pastis" raciste , si ancré ,que les locaux ne voient plus , tellement ,il fait partie de leur ADN. Personne n'aime personne , tout le monde se méfie de tout le monde . La richesse appartient toujours aux Blancs , les autres sont relégués dans les parties moches de la ville , là où domine les marécages, le vent ,et l'hostilité de la nature .
Michéle Rowe décrit un pays où l'océan est glacial, où les gens peuvent mourir des suites d'attaques de grands requins blancs. Un endroit du monde où les marécages sont infestés de serpents, où les paysages sont hypnotiques, où la spéculation immobilière menace d'empiéter sur la nature .
Michéle Rowe décrit une police grignotée par la corruption et les petits arrangements avec soi même , où une policière black est forcément passée inspectrice pour favoriser les quotas .
C'est exactement ce que pense Marge , psychologue criminelle (venant de découvrir un cadavre sur la plage ) lorsqu'elle rencontre Persy Jonas , jeune inspectrice noire issue des Townships . Mais Marge revigorée , à l'idée de travailler à nouveau pour la Criminelle , va passer outre et s'imposer face à notre jeune fliquette , elle aussi , victime de préjugés . Mais ces deux là , ont bien plus en commun que ce qu'elles ne croient . Car le monde est petit au Cap , et tous (blacks , métis et blancs ) sont reliés entre eux , par des gens ou par les lieux , qu'ils le veuillent ou non !
Cette enquête annonce une série . Elle est bien plus qu'un énième roman policier . Elle nous parle d'un pays qui peine à faire sa mue . Un pays que je connais très mal , et qui ne me donne pas du tout envie d'y mettre les pieds...( pour des raisons personnelles et parce que j'ai beaucoup de mal avec le racisme...)
Une auteur qui fait un scanner au vitriol de son pays .
Une auteur à suivre au bout du monde ...
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sandrine57
  15 mars 2016
Sur la plage de Noordhoek, un quartier chic du Cap, Marge Labuschagne, psychologue criminelle retournée aux consultations privées, découvre le corps d'Andrew Sherwood, un de ses anciens patients. C'est l'inspectrice Perséphone ''Persy'' Jonas qui, de haute lutte, décroche sa première affaire de meurtre. Cette métisse, jeune et indépendante, a soif de faire ses preuves dans une police, au mieux incompétente, au pire corrompue. Les deux femmes se doivent de collaborer mais leurs caractères s'accordent mal. Persy ne voit en la criminologue qu'une vieille blanche, privilégiée et raciste, pendant que Marge croit la jeune policière issue des quotas obligatoires. Aussi l'inspectrice s'attache surtout à incriminer Sean Dollery, un ami d'enfance avec lequel elle a partagé bien des secrets mais dont elle s'est irrémédiablement éloignée en intégrant la police tandis que lui devenait un caïd du township. Marge, de son coté, creuse d'autres pistes, revigorée à l'idée de retravailler avec les forces de l'ordre, elle qui s'ennuie dans sa villa abandonnée des siens, après son divorce et le départ de ses fils. Antagonistes, Persy et Marge ont pourtant, sans le savoir, un passé commun...
Sur fond de spéculation immobilière, Michéle Rowe dresse un sombre portrait de la société sud-africaine où règnent violence et corruption. L'apartheid n'est plus mais les clivages raciaux restent en place, comme si les populations noires et blanches vivaient dans des mondes parallèles, situation à laquelle s'ajoute aussi d'énormes différences sociales. Les riches blancs vivent dans de luxueuses propriétés protégées par des clôtures électrifiées, les noirs dans le township, les plus pauvres, issus de l'immigration sont parqués dans des camps de fortune, les blancs désargentés s'entassent dans des campings plus ou moins surveillés. Racisme, préjugés et craintes empêchent tous ces mondes de se rencontrer. C'est dans ce contexte qu'évoluent Persy et Marge, deux femmes fortes et obstinées qui cachent pourtant bien des fêlures que l'histoire va dévoiler peu à peu...
Une enquête prenante qui évoque des aspects méconnus de l'Afrique du Sud, des personnages que l'on quitte avec regret pour un polar très réussi d'une auteure qui réussit le tour de force de nous faire aimer son pays malgré le climat de violence. On attend avec impatience la suite des enquêtes de Perséphone Jonas.
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Bazart
  30 mars 2016
Nouvelle voix du polar sud-africain, Michèle Rowe s'inscrit d'emblée au sommet d'un genre dont Deon Meyer dont je viens juste de vous parler est aujourd'hui la figure la plus emblématique.
Et dès son premier roman, la romancière connue en Afrique du Sud comme documentariste, eu les honneurs du festival Quai du Polar, qui selon les organisateurs du salon, "ajoute une touche féminine à ses livres et une sensibilité différente".
Son roman « Les Enfants du Cap » est en effet une belle découverte a reçu le prestigieux prix anglais Debut Dagger Award. Situé dans dans le village de Noordhoek, au sud du Cap, l'auteur y sonde les conséquences des mensonges et des rumeurs, et comment ceux-ci peuvent parfois inciter à la violence.
A la lecture de ces enfants du cap, on voit que les tensions raciales, et les stigmates de l'apartheid sont toujours latents. …
Prenant comme toile de fond la spéculation immobilière, Michéle Rowe , qui sait planter un décor et dessiner de beaux personnages, dresse un sombre portrait de la société sud-africaine où règnent violence et corruption.
A l'instar de Meyer, mais avec une sensibilité différente Rowe autopsie la réalité sociale d'une Afrique du Sud post-apartheid qui n'a pas renoncé à ses vieux démons.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Didier_Tr
  07 mai 2017
Histoire complexe. Persy Jonas, jeune fliquette sud-africaine, se retrouve à enquêter sur une mort suspecte, un cadavre échoué sur une plage. Ce qui va la conduire au plus profond d'elle-même !
Beaucoup de personnages, dont les relations s'affinent au cours du temps, pour finir par constituer le puzzle complet et la résolution de l'énigme ou des énigmes.
Beaucoup de suspense, des surprises, des personnages qui prennent du corps au fil du récit. Plongée dans l'Afrique du Sud, un autre regard que celui de Deon Meyer, mais complémentaire, pas contradictoire. Je me demande s'il y aura d'autres livres de cet auteur, quelques personnages à peine esquissés pourraient prendre une certaine place. Mais ce n'est pas évident avec ce récit, d'enchainer sur une suite de la même veine.
Enfin, je reste inquiet sur le sort de la chatte de la caravane. Si d'autres lecteurs ont compris ce qu'il lui était arrivé, merci de me rassurer.
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Goupilpm
  27 février 2018
Alors qu'elle promène son chien sur la plages de Noordhoek, une banlieue chic du Cap, une femme découvre le cadavre d'un homme qu'elle identifie immédiatement. En effet alors qu'elle officiait comme psychologue criminelle Andy Sherwood était impliqué dans une affaire de disparition d'enfant et de pédophilie. Une affaire qui avait eu une conclusion dramatique.
Persé&phone Jonas, une jeune inspectrice métisse, qui a soif de faire ses preuves dans une police soit incompétente soit corrompue, voudrait bien récupérer cette affaire criminelle. Alors que tout sépare les deux femmes, elles vont devoir coopérer, dans un climat lourd d'une société sud-africaine rongée par le racisme, la pauvreté, la drogue, la violence et les cicatrices d'un passé pas complètement refermées.
Si la trame policière reste classique, l'auteure nous fait découvrir des décors merveilleusement dépeints, un état des lieux du contexte économique et social inégalitaire, et un développement immobilier qui ne tient nullement compte de la préservation de l'environnement.
Dans ce roman, les considérations immobilières ne manquent pas de sens car elles font ressortir les clivages sociaux qui perdurent, et un fossé social entre les différentes communautés qui ne fait que se creuser, mais elles prennent trop le pas sur l'enquête elle-même qui s'en trouve presque reléguée au second plan.
Le rythme du roman s'avère plutôt lent mais les nombreux rebondissement maintiennent parfaitement l'intérêt du lecteur avec des faits parallèles à l'enquête principale. L'utilisation de termes spécifiques propres au pays donnent plus de crédit et de cachet à l'histoire mais il aurait été certes plus judicieux qu'ils soient placés en bas de pages et non dans un lexique en fin de livre. Une carte, chose assez rare dans les romans policiers, permet de situer les différents événements et les déplacements des personnages.
Concernant les personnages de premier plan, bien dépeints psychologiquement, on s'attendaient à la lecture de la quatrième de couverture à plus d'échanges verbaux entre les deux femmes plus virulents, ce qui aurait apporter un piment supplémentaire au récit, mais leurs échanges sont limités car elles ne font que se croiser en enquêtant chacune à sa façon. Comme il est maintenant très classique dans les policiers on n'échappe pas au cliché d'un flic corrompu avec l'un des collègues de la jeune policière. Les autres personnages à l'instar de deux personnages principaux ont plus ou moins un passé douloureux. L'affrontement permanent entre la jeune policière et l'un des ses ex-ami d'enfance devenu voleur, dealer apporte certes beaucoup de violence au récit mais apporte égalent du relief et du rythme à l'histoire.
Au final un premier bon roman dans son ensemble qui permet de découvrir un pays que l'on connaît peu, de prendre contact avec une jeune policière attachante et qui croit en la justice mais malheureusement entourée de trop de personnages peu sympathiques et trop présents. On espère que le deuxième roman de l'auteure s'attachera plus à l'enquête principale.


Lien : http://imaginaire-chronique...
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
iris29iris29   10 juin 2016
De plus près, elle vit que la cheville appartenait à une jambe, et la jambe à une marionnette humaine horriblement gonflée qui flottait sur le dos , les membres écartés comme les branches d'une étoile de mer . Elle reposait dans une attitude d'abandon ridiculement paisible , comme si elle savourait d'être à jamais libérée des vicissitudes de la vie .
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iris29iris29   12 juin 2016
Avec le Group Areas Act , l'apartheid avait trouvé un procédé ingénieux pour faire en sorte que les coins les plus attractifs restent blancs comme neige , en reléguant les Noirs, les métis et les Indiens dans les zones jonchées de sable ou les marécages , les terres poussiéreuses et battues par les vents . Dans des cités-dortoirs peuplées de travailleurs qui se rendaient le jour dans des zones blanches puis rentraient dans leurs trous à rats le soir . Les choses n'avaient pas beaucoup changé, même si la loi avait été abolie plus de vingt ans auparavant .
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iris29iris29   11 juin 2016
Même si la criminalité rendait les Blancs complètement paranos, ils se donnaient rarement la peine de se procurer le nom et les références des Noirs qu'ils employaient , ou de se renseigner sur leur adresse . Tout ce qui les intéressait, c'était de trouver quelqu'un qui travaille pour une misère , point barre .
Ça lui faisait mal de penser ça, mais il y avait vraiment des Blancs qui cherchaient les ennuis .
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iris29iris29   11 juin 2016
" Les pédophiles prédateurs sont maîtres dans l'art de détourner l'attention de leur déviance , de la travestir ou de la dissimuler . Ils sont parmi les déviants les plus malins . Vous savez pourquoi? Parce qu'ils ne sont pas convaincus que ce qu'ils font est mal . "
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iris29iris29   12 juin 2016
"J'espère que vous n'allez pas m'interroger en afrikaans, déclara t-elle. Je ne parle pas un mot ."
Autrement dit : "Je veux un flic blanc , aussi éduqué que moi, qui comprendra ce que je raconte ."
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