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EAN : 9782081208179
300 pages
Éditeur : Flammarion (21/04/2010)

Note moyenne : 3.71/5 (sur 608 notes)
Résumé :

Katiba Quatre touristes occidentaux sont assassinés dans le Sahara. L'attaque est signée al-Qaida au Maghreb islamique, une organisation terroriste implantée dans les anciennes zones d'influence française d'Afrique de l'Ouest. Tout laisse à penser qu'elle veut aller beaucoup plus loin et rêve de frapper la France au cœur.

L'événement est présenté par les médias comme un fait divers tragique mais il met en alerte les services de renseignements... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (80) Voir plus Ajouter une critique
andman
  08 mai 2015
Les livres d'Histoire retiendront la date du 11 septembre 2001 comme le commencement d'une longue guerre d'un genre nouveau, opposant les forces obscurantistes se réclamant de l'islam radical et les pays occidentaux.
Depuis lors la pieuvre extrémiste dirige ponctuellement ses attaques suicidaires contre les pays qu'elle considère mécréants. Dotée de moyens financiers considérables provenant de trafics en tout genre, elle s'est implantée dans les endroits du monde où les conditions de vie sont les plus extrêmes, l'Afrique notamment.
Une grande partie du roman “Katiba” se situe dans la partie occidentale du Sahel : de la capitale mauritanienne Nouakchott au désert du Ténéré dans le nord du Niger en passant par le centre du Mali et l'extrême sud de l'Algérie.
Cette vaste étendue semi-aride se confond avec le monde des Touaregs au nomadisme déclinant. Du fait de son relief, propice au camouflage de petits groupes mobiles, cette zone géographique est devenue ces dernières années le terrain de prédilection des cellules terroristes d'Al-Qaïda au Maghreg islamique (Aqmi), ces petites unités combattantes aussi appelées katibas.
Alternativement le lecteur est convié dans un lieu infiniment moins poussiéreux, à l'ambiance nettement plus feutrée : le Quai d'Orsay. Ce haut lieu de la diplomatie française est la cible d'une opération djihadiste minutieusement planifiée par le chef d'une katiba sahélienne au charisme irrésistible : Kader Bel Kader.
Le projet d'attentat vise un ministre arabe de passage à Paris et nécessite pour sa réalisation le concours de Jasmine, une fonctionnaire du Quai d'Orsay de nationalité franco-algérienne.
Au tout début de l'intrigue, alors que cette jolie trentenaire atterrit à Nouakchott, elle sait pertinemment que ses moindres faits et gestes sont observés scrupuleusement par les services secrets d'horizons les plus divers, et pourtant elle n'en a cure…
Ce roman de Jean-Christophe Rufin, paru en 2010, est un thriller parfaitement orchestré, d'une incroyable intensité dramatique.
Un puzzle diabolique, fait de pièces éparses réparties dans différents pays, petit à petit se met en place tout en gardant suffisamment de zones d'ombre pour captiver le lecteur jusqu'à l'épilogue haletant au possible.
La prose de l'écrivain est un régal ; voici un petit aperçu de son style, de son aisance à introduire un personnage :
“C'était un de ces grands vieillards du désert qui forcent le respect. Les marques de ce qu'ils ont enduré, le miracle de leur longévité, la sagesse que leur ont conférée des années de privation et de solitude, tout contribue à faire d'eux des reliques vénérables. Il est impossible de leur prêter la moindre intention hostile. Les épreuves paraissent les avoir délivrés de toute énergie pour commettre le mal.”
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kuroineko
  27 juillet 2017
Jean-Christophe Rufin signe avec Katiba un roman prenant et aux intérêts certains et variés.
Il montre en effet l'organisation des cellules islamistes au Maghreb et dans l'Afrique saharienne. J'ai ainsi découvert la signification du titre, qui représente ces camps d'entraînement au jihad disséminés et nomades dans un territoire grand comme l'Europe environ. Il est difficile de se figurer ces immensités désertiques, ces vastes mers de sable émaillées ici et là par des rocs ou quelque vestige d'une occupation humaine à semi enfoui sous les dunes.
Le roman date de 2010 et c'est alors toujours al-Qaïda qui prédomine comme autorité jihadiste au niveau global. Si aujourd'hui AQMI reste d'actualité, l'influence d'al-Qaïda est fortement concurrencée par le groupe État islamique.
En dressant le portrait au quotidien de l'organisation islamiste, l'auteur dépeint également les divergences rencontrées entre les katibas, la multiplicité des personnalités attirées par cet islam radical, etc. La fascination pour l'idéologie mortifère et la phraséologie grandiloquente véhiculées par ce mouvement est correctement dépeint. Et à de quoi faire froid dans le dos au vu de l'actualité de ces dernières années entre attentats et départs pour faire le jihad en Syrie. Difficile de lire la prise de Rufin d'un oeil indifférent.
L'intérêt du contexte finit presque par l'emporter sur celui de l'intrigue elle-même. Ça n'empêche pas le roman d'être captivant. L'auteur mène son histoire tambour battant et multiplie les points de vue, passant du désert saharien aux ors du Quai d'Orsay, de la cellule bruxelloise de l'organisation Providence aux intrications politiques à Washington, en passant par le travail des ONG en Mauritanie. Aucun répit et aucun temps mort pour le lecteur. le tempo est donné dès les premières pages et dure jusqu'à la dernière.
En ce qui concerne les personnages, en dehors de Jasmine et de Kader, j'ai trouvé qu'ils manquaient un peu de profondeur. Peut-être était-ce pour rester concentré sur le suspense; pourtant ça manque un peu de relief. Tout comme l'écriture. J'ignore si Rufin se montre plus littéraire dans ses ouvrages historiques. Ici, sans être plat, le style ne brille pas particulièrement par ses qualités. Quoique... un bémol à mon bémol: certaines descriptions du désert sont très réussies et rendent le caractère spirituel de cette immensité où les forces de la nature écrasent l'homme.
Je n'ai pas lu les enquêtes de Providence dans l'ordre puisque le parfum d'Adam se déroule avant Katiba. Qu'a cela ne tienne, ça ne semble pas un facteur important. Il me tarde également de découvrir la plume historique de Jean-Christophe Rufin. L'Abyssin et Rouge Brésil me font de l'oeil depuis ma bibliothèque.
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bilodoh
  14 mai 2020
En passant par Nouakchott, un roman de terrorisme et d'agences de renseignements internationales.
Dans le désert de Mauritanie, une « katiba », un camp d'entraînement pour un groupe d'islamistes, des luttes de pouvoirs entre différentes factions du mouvement terroriste.
Une Française qui a séjourné à Nouadhibou en Mauritanie avec son mari diplomate, et qui travaille maintenant à Paris, au service du protocole qui accueille des dirigeants étrangers.
Une agence de renseignements privée a reçu une information au sujet d'un attentat en préparation et envoie des enquêteurs sur le terrain.
Ce sont les ingrédients principaux d'un roman qui tient du thriller et du commentaire social, avec le dépaysement de paysages lointains.
Je n'irai probablement jamais à Nouakchott, mais grâce à la magie de la littérature, un peu de la Mauritanie est entré dans ma carte mentale.
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cardabelle
  26 décembre 2016
Pas vraiment passionnée par les romans d'espionnage, j'ai dû fournir un sacré effort pour m'atteler à cette lecture ! J'ai fait confiance à l'auteur...
J.C. Rufin navigue à vue au milieu d'un imbroglio d'actions terroristes un peu partout sur la planète, dans les déserts, au milieu d'une foultitude de personnages : terroristes, agents doubles, informateurs etc...
Et, bien sûr,l'histoire serait plus fade sans intrigue sentimentale !
Mais, je l'ai souvent trouvée empêtrée dans les clichés . Cependant, Jasmine ,personnage principal empreint d'ambiguïté, donne à l'histoire bien du piquant : franco-algérienne, elle se débat entre ses deux cultures et jusqu'à la fin, toute l'ambiguïté qui la caractérise donnera du corps au récit et maintiendra le suspense.
Et, comme toujours, l'écriture est belle.
Un style limpide qui n'oublie pas de temps en temps une touche de poésie .
Mais, ce livre a avant tout une fonction documentaire. Son intérêt est d'apporter au lecteur tout un panel d'informations sur le terrorisme islamique ,son fonctionnement et sur les modes d'action des renseignements généraux ainsi qu'une ébauche de quelques unes des causes de ces actions terroristes.
Même si la forme romancée allège un peu la gravité du sujet ,la fiction nous ramène sans cesse à l'actualité .
Une lecture informelle donc, bien utile hélas.
Et,encore une fois, j'ai surtout envie de saluer la culture et le talent de Monsieur Rufin .
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traversay
  29 août 2012
Dans Katiba, comme dans Globalia ou le parfum d'Adam, Jean-Christophe Rufin sacrifie délibérément le style pour la narration. L'efficacité immédiate est l'objectif recherché dans ces thrillers dans l'air du temps (le fondamentalisme religieux après l'écologie), très documentés et astucieusement fragmentés, pour y suivre de façon concomitante une action qui se déroule sur plusieurs fronts (une mise en place très cinématographique). Katiba est un roman dont les personnages ressemblent à des clichés sauf que, bien entendu, ils ne sont pas en réalité ce qu'ils paraissent être. le livre suit les lois du genre mais Rufin y introduit son propre regard, la distance ironique de celui qui n'est pas dupe de ce qu'il écrit et qui s'autorise quelques clins d'oeil malicieux au lecteur. Ce dernier est ravi de s'introduire, façon petite souris, dans les arcanes du Quai d'Orsay ou, plus intéressant, au coeur des campements du Sahara où s'ourdissent de sombres complots. On sait gré à Rufin de se situer hors de tout manichéisme, dans un monde gris où innocence et culpabilité sont des notions qui se discutent. Jasmine, la figure centrale de Katiba, est à cet égard plus qu'un symbole : franco-algérienne, elle est un personnage ambigu et énigmatique qui donne du piment à ce livre dense et rythmé. Et dont la crédibilité, par son aspect documentaire, n'est pas la moindre des qualités.
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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
NetherfieldNetherfield   25 juin 2012
Et je me suis retrouvée avec deux haines en moi. Celle de l'Occident, comme tu dis. Et puis l'autre, le négatif de mon espoir perdu. Haine de l'hypocrisie, de l'ordre machiste, haine du viol des consciences par les petits bourgeois du bazar, des bigots, jaloux, aigris, ignorants. Haine des petits voyous qu'ils utilisaient, de ces gamins qui cherchent plus humilié qu'eux pour se donner des airs de toute-puissance. Haine de ceux qui étaient cachés dans l'ombre et qui n'avaient que la mort à semer.
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cardabellecardabelle   26 décembre 2016
En descendant de l'Adrar des Iforas, le désert se vallonne.
Il s'obstine à ressembler à un paysage fertile.

Les coteaux et les plaines feraient presque oublier de loin qu'ils ne sont couverts ni de terre ni d'herbe, ni d'arbres ni de buissons mais seulement à perte de vue, de cailloux.

Plus encore vers l'est, l'immensité abandonne toute résistance.

La roche devient sable, la colline dune.

C'est le Ténéré.
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kuroinekokuroineko   26 juillet 2017
Le vieillard avait une longue familiarité avec le temps, le temps du désert, dilaté à l'extrême, rythmé par des phénomènes lents, qu'ils soient minuscules comme le pas des bêtes, ou gigantesques comme le basculement des saisons. Rien ne servait de le bousculer. On ne fait pas pousser une plante en tirant sur ses feuilles.
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cardabellecardabelle   21 décembre 2016

Jusqu'à la fin des années 1960, la Mauritanie était essentiellement un pays de nomades.
Mais, en quelques années, les grandes sécheresses avaient ramené la majorité de la population dans les villes.
Les tentes avaient pourri, les troupeaux étaient morts.
Les nouveaux sédentaires étaient des gens sans repères.
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Niva8Niva8   02 février 2013
Kader Bel Kader, poursuivit Dan en lisant sa fiche, est né en 1977 dans une tribu commerçante de l'intérieur du Sahara occidental. C'était au lendemain de l'indépendance de la colonie espagnole. Après l'intervention marocaine, il s'est retrouvé avec sa famille dans un camp de réfugiés en Algérie, du côté de Tindouf. Jusqu'à vingt ans, on ne sait pas grand-chose de lui. J'imagine qu'on l'a préparé à devenir un vrai nomade. Ces pauvres gens ne rêvent que de rentrer chez eux. Il a dû apprendre aussi à se battre. Un mouvement de résistance armé, le Polisario, recrute les garçons dans ces camps et les forme à la lutte pour l'indépendance. Mais, à vingt ans, Kader et un de ses frères s'échappent. Ils vont d'abord dans le Mzab, à Ghardaïa. Son frère s'y fixe mais Kader continue sa route et se retrouve à Alger. Il fait des petits boulots sur le port mais ce qu'il veut, c'est étudier. Il passe le bac en candidat libre entre à l'Université. On est en 2000. Il prépare une licence de droit. On se demande bien ce qu'il cherche. Lui aussi, peut-être, car en 2003 il plaque tout sans raison apparente et retourne dans le désert.
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Vidéo de Jean-Christophe Rufin
Guillaume Sire a été récompensé par le jury de cette 12e édition du Prix Orange du Livre, présidé par Jean-Christophe Rufin et composé d'auteurs, de libraires et de lecteurs issus de la communauté Lecteurs.com. "Avant la longue flamme rouge" est publié chez Calmann-Lévy. Suivez toute l'actualité du Prix Orange du Livre sur https://www.lecteurs.com/prix-orange-du-livre
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