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L'emprise tome 1 sur 3
EAN : 9782070141906
320 pages
Gallimard (30/11/-1)
3.38/5   823 notes
Résumé :
Un favori à l'élection présidentielle, le président d'un groupe militaro-industriel, un directeur du renseignement intérieur, un syndicaliste disparu après le meurtre de sa famille, une photographe chinoise en vogue...
Qu'est-ce qui peut les relier ? Lorraine, agent des services secrets, est chargée de faire le lien. De Paris, en passant par la Bretagne et l'Irlande, pourra-t-elle y parvenir ? Rien n'est moins certain.
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Critiques, Analyses et Avis (138) Voir plus Ajouter une critique
3,38

sur 823 notes
La politique (française) est un marigot où nagent toutes sortes de bestioles dont l'objectif suprême semble être de s'arroger le plus de pouvoir possible. Avec L'emprise, Marc Dugain se surpasse dans une description brillante et d'une ironie cinglante de ce marécage nauséabond et cynique où se côtoient candidats à l'élection présidentielle, patrons de grands groupes industriels, grands manitous du renseignement intérieur et quelques autres animaux plus ou moins influents. L'auteur construit une fresque d'une belle complexité qui ne perd jamais son lecteur dans le même esprit qu'un Zola ou qu'un Balzac dans sa Comédie humaine. Tout est faux (quoique) mais tout sonne vrai dans ce thriller magnétique qui plonge dans les entrailles d'une société française malade de corruption et de liaisons dangereuses. Dugain aborde une multitude de sujets (dont la mondialisation et le poids de la finance) sans pour autant perdre de vue ce qui fait l'essence d'un bon roman : la caractérisation précise de ses personnages. Ceux de L'emprise sont diablement humains dans leurs faiblesses, leurs peurs, leurs lâchetés, leurs espoirs et leurs compromissions. Vif et incisif, le roman mêle avec grand talent image publique et vie privée dans un tableau vivant et exacerbé d'une petite élite dopée à la griserie du pouvoir qui va droit dans le mur à une vitesse stupéfiante. Est-il besoin de souligner que le livre est passionnant et haletant de bout en bout ?
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En mars 2014, Marc Dugain publie chez Gallimard « L'emprise », roman de 314 pages dédié « à Maxence, minuscule et colossal, à sa soeur, ses frères et sa mère, à Édouard, avec » sa « grande affection ». D'emblée, l'auteur met en scène Lorraine, agent des services secrets chargée d'une enquête qui va s'avérer un tantinet complexe, et son fils Gaspard, autiste atteint du syndrome d'Asperger. Puis beaucoup d'autres personnages se succèdent sur fond de démocratie française en pleine déliquescence. le paysage que dépeint Dugain n'est pas rose : pouvoir, fric, sexe, trahisons, cupidité, corruption, complicités et liaisons très intéressées. Vous voici plongé dans un bain où grouillent des bestioles peu ragoutantes : un favori à l'élection présidentielle, un président de groupe militaro-industriel, un directeur du renseignement intérieur, un syndicaliste qui disparait après avoir zigouillé sa famille, Li, une photographe chinoise très en vogue que Lorraine met un soir à son menu, et bien d'autres encore avec leurs faiblesses, leurs peurs, leurs lâchetés, leurs espoirs, leurs compromissions et leur absence de scrupules. Entre eux tous, quelques points communs : cynisme, fourberie, arrogance, amoralité et défense des intérêts personnels (le fameux « tout pour ma gueule »). le lecteur de ce thriller politique est promené, sans concession aucune, dans les coulisses sordides du pouvoir, Dugain portant un regard réaliste et implacable (ou impertinent ?) sur le monde politique actuel, côté vie publique et vie privée, avec un focus particulier sur une élite grisée par le pouvoir.

L'écriture est simple, soignée, efficace et lucide. le style et les dialogues sont justes, vifs, nerveux, incisifs, sobres et sans détours, avec quelques réflexions intimes de la part de certains acteurs. Les scènes d'action ne manquent pas. le suspense est réel et l'ensemble sonne vrai, Dugain ayant pioché et à peine modifié le nom de certains capitaines d'industrie et de certains politiques appartenant à la vraie vie politique française. Ce roman qui oscille entre politique fiction, thriller et journalisme d'investigation est bien construit et plaisant à lire. Écrit au vitriol, sans langue de bois et avec les tripes, il nous tient en haleine jusqu'au bout, d'autant plus qu'il y a comme un air de « déjà vu » dû au fait que les emprunts à l'actualité politique sont nombreux et évidents.

Mais aussi criant de vérité soit-il, est-ce là le reflet de la vie politique française ? Et dans l'affirmative, pourquoi avoir travesti l'ouvrage en en faisant un roman ? Et puis, trop de sujets sont abordés de front : la mondialisation, la financiarisation croissante de la société, la pollution de la vie politique par le nombre grandissant des « affaires », la part exagérée prise par les communicants (conseillers, sondeurs, psy et devins de toutes sortes), la puissance occulte des services secrets qui régiraient nos vies sans que nous en soyons conscients, l'apathie du peuple incapable de penser par lui-même (certes, le général De Gaulle a dit en son temps que les Français étaient des veaux). Et où nous mènent toutes ces considérations à l'emporte-pièce qui donnent l'impression d'un sujet lourd et de messages dont nous devrions nous pénétrer ? Et à quoi servent tous ces stéréotypes qui donnent l'impression d'un roman fourre-tout, superficiel et un peu vite écrit ? Sans compter qu'on finit par perdre le fil de l'histoire, compte tenu de la multitude de liens tissés entre tous ces personnages, même si Lorraine sert apparemment de fil conducteur entre eux. Pour en terminer avec ce tableau, l'intrigue n'est pas très forte et un peu décousue et la fin est surprenante, pour ainsi dire bâclée, et sans issue. A trop vouloir en dire, Dugain nous laisse un livre assez peu crédible et passablement indigeste avec, en supplément, le risque que son attaque contre la démocratie à l'occidentale entretienne le slogan « tous pourris » et ne soit, au final, pas très constructive. Pour ce livre écrit par un adepte de la théorie du complot, je me force et mets 3 étoiles.
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Philippe Launay est un centriste donné pour gagnant à la prochaine élection présidentielle par les instituts de sondage.
Goulûment, il veut le pouvoir, coûte que coûte. Et qu'importe les financements occultes venus de l'étranger, sa familles broyée par la politique, la santé de personnes mises en danger par l'achat d'incinérateurs ayant eu des répercussions sur la santé de sportifs ou un dossier brûlant concernant le traitement des déchets nucléaires. Les coups bas pleuvent de partout, un syndicaliste disparaît mystérieusement après avoir tué sa famille, une jeune photographe chinoise en vogue est surveillée de près. Lorraine, agent des services secrets, enquête de Paris en passant par la Bretagne puis en Irlande...

Marc Dugain signe un thriller politique criant de vérité sur le monde politique français. L'affaiblissement de la France face à la mondialisation, la force des lobbies industriels, la course à l'image dans une gesticulation politique assez vaine, le constat est assez amer. On ne se perd pas dans les personnages pourtant nombreux, L'emprise est un roman captivant.
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D'évidence, Philippe Launay, dont la cote de popularité ne cesse de monter, sera le favori de la prochaine élection présidentielle. D'autant qu'il bénéficie du soutien de Charles Volone, qui a réussi à fusionner la Française d'électricité et l'industrie de l'atome, et de Corti, le puissant patron du renseignement intérieur. Seul Lubiak, un jeune ambitieux du parti De Launay, pourrait être un obstacle sur la trajectoire du favori des sondages.
Mais ce petit monde est lié par l'argent, un argent parfois mal gagné. Alors le moindre grain de sable pourrait enrayer la mécanique du pouvoir. Quand il s'en présente, Corti envoie Lorraine, une enquêtrice de la DCRI, à la pêche aux infos...

Je ne suis pas un grand fan des romans de politique fiction, mais là j'ai adoré.
D'abord, l'intrigue est bien ficelé, s'inspirant plus ou moins directement de personnages réels. On ne peut s'empêcher de se rappeler que JB Lévy, nommé à la tête d'EDF par François Hollande, avait fait la connaissance du futur Président de la République au lycée et qu'il fut chargé de sauver l'industrie nucléaire après l'éviction d'Anne Lauvergeon. On connaît les liens entre Bernard Squarcini, ancien patron de la DCRI, et Nicolas Sarkozy. Enfin, un jeune ambitieux qui tente de s'imposer (et y réussira dans la vraie vie), cela ne vous rappelle personne ?
L'auteur a forcé le trait. Ses personnages sont donc, pour l'essentiel, des carricatures des hommes (tiens, il y a peu de femmes au premier rang !) de pouvoir. Ouf ! J'aurais pu avoir peur... Ils sont froids, écartent d'un revers de main les douleurs familiales et les gêneurs ; des machines électorales, prêtes à presque tout !
On sent cependant que Dugain a une tendresse particulière pour Lorraine, femme abandonnée qui redécouvre le plaisir, et pour Sternfall, le syndicaliste droit dans ses convictions, qu'on soupçonnera d'avoir tué femme et enfant.
C'est très bien écrit, simplement et sans recherche d'inutiles fioritures, mais avec une richesse de style certaine. On lit ça comme un thriller, avec beaucoup de rythme, mais ce n'en est pas vraiment un. Juste un roman de politique fiction diablement bien ficelé.
Et comme il s'agit d'une trilogie, il faut que je me prépare à lire la suite.
Lien : http://michelgiraud.fr/2023/..
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Non, il n'est pas dans la catégorie beaux livres. Pourtant que de clichés ! Et en même temps : aucune photo, étonnant. Où l'on nage en plein paradoxe c'est que le découpage, à l'américaine, préfigure un film potentiel. Un thriller donc, mais un thriller électoraliste. Quoique. A vider un peu plus les isoloirs à force de propos populistes sur le mode tous pourris. Qu'il y a, en France, collusion au sommet de l'Etat entre politiques, grand patronat, et services secrets, qu'entre tous ces assoiffés de pouvoir le jeu le plus populaire soit « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette », mon dieu ma bonne dame vous ne vous en doutiez pas ? Voilà pour le style et les «révélations» propagées.

Partons donc pour une partie de campagne, présidentielle… Découvrons l'aéropage qui gravite autour d'un futur candidat, tentatives de séduction, de menaces et surtout spéculations. Toutes et tous à la recherche de conserver leurs avantages acquis et bavant sur de nouveaux. Jeux de dupes et trahisons larvées. Tu quoque fili . Un point commun chez ces gens-là : appétits sexuels insatiables, pas une once d'amour. Rien de nouveau. Si ce n'est un thriller addictif dont j'ai tourné les pages avec plaisir comme je le fais en terrasse pour la gazette régionale… sans prise de tête.

Heureusement dans mon petit pays la royauté nous préserve de ces campagnes aux financement occultes mirobolants, que d'économies pour le contribuable. 😉

Là-dessus, je me rue directement sur le troisième tome car tout le monde sait bien que l'action palpitante est toujours en fin de quinquennat. Launay tiendra-t-il toutes ses promesses ? 😊
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critiques presse (6)
LaPresse
08 août 2014
Dans ce thriller politique qui a toutes les apparences du vraisemblable, Dugain ne néglige pas non plus les confidences d'alcôve, ingrédient essentiel de la politique française, ni les drames personnels, même ceux qu'il faut cacher pour préserver les apparences de respectabilité.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LaLibreBelgique
04 juillet 2014
Marc Dugain signe un roman captivant sur les scandales qui touchent le sommet de la France. Une fiction furieusement proche de l’actualité.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LesEchos
30 avril 2014
Ce thriller sans concession au carrefour de la politique, des affaires et du renseignement illustre le principe churchillien selon lequel « le succès est la capacité d'aller d'échec en échec sans perdre son enthousiasme ». Dans « L'Emprise », on navigue entre haut-le-coeur et haut les coeurs…
Lire la critique sur le site : LesEchos
Culturebox
22 avril 2014
Le dernier roman de Marc Dugain, "L'Emprise" traite une fois de plus d'une société contemporaine où le pouvoir politique serait corrompu par la manne financière. Scandales, espionnage, manipulations, coups tordus en tous genres, le polar politico-financier sort ces jours-ci chez Gallimard.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Actualitte
22 avril 2014
Du coup, L'emprise a des accents, forcément savoureux, d'un House of Cards à la française, où chacun rivalise de machiavélisme et de savants calculs politiques.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Lexpress
14 avril 2014
Un roman diablement rythmé et efficace, comme devrait l'être la série télévisée qui pourrait en être tirée. Marc Dugain le laisse entendre à demi-mot, des discussions sont en cours avec une chaîne.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (108) Voir plus Ajouter une citation
Launay remonta dans sa voiture alors que l’après-midi était déjà bien entamé. Au moment où il aurait dû penser bataille, il sentit monter en lui une grande lassitude. Et en arrière-plan, un sentiment d’humiliation. Tandis que défilaient les immeubles du boulevard Haussmann dont il comprit pour la première fois ce qu’ils avaient pu avoir d’affligeant pour les contemporains de leur construction, il s’autorisa à penser qu’il allait arrêter, laisser tomber cette mascarade. De l’avoir envisagé le soulagea. Il pensa à la mort, ce cadeau qui vient avec la naissance. Il pensa que l’essence du mensonge, « la seule grande histoire d’amour de l’être humain », venait de là, de cette nécessité de se mentir à soi-même sur le sens et la fin, pour rendre le reste supportable. Page 231
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La mondialisation était selon lui peu ou prou la continuation du modèle colonial. Les nations développées continuaient à se procurer des matières premières et de la main d'oeuvre à bas prix. Le consommateur final y trouvait son compte même s'il rechignait à l'avouer. Les biens de consommation étaient à moitié prix de leur vraie valeur; celle qui résultait d'un salaire juste.
Chaque chose ayant son revers, ce qu'on gagnait au niveau des prix, on le perdait au niveau de l'emploi, et la cohorte des chômeurs était grossie par une immigration à laquelle on parvenait difficilement à offrir une qualification.
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- On dit que pour être adulte, il faut avoir pardonné à ses parents tout en étant capable de garder sa part d'enfant. Je vous ai pardonné. Et pour la part d'enfant, la politique s'en charge. Tu sais, c'est comme dans la cour de récréation. Les mêmes haines, les mêmes alliances, la loi du plus fort. On ne vieillit jamais dans ce milieu, c'est l'avantage.
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Quatre sous-marins lanceurs d'engins dotés chacun d'une puissance de destruction de trois cents fois Hiroshima croisaient sous les mers en permanence, dans un silence de crypte romane. C'est ainsi que la paix avait été garantie sous nos latitudes : grâce à la menace d'une destruction totale. L'être humain n'entendait raison qu'à ce prix-là, résultat d'une évolution de l'espèce qui en disait long sur celle encore nécessaire.
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Nous sommes entrés depuis plusieurs années dans le règne de l'impuissance publique.
L'Europe qui devrait prendre ses ordres chez son peuple, n'est inféodée qu'aux groupes de pression qui siègent à Bruxelles avec plus d'assiduité que les députés élus. La corruption, les ententes, les amitiés troubles y sont généralisées, mais le politiquement correct interdit de le dire ouvertement.
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Vidéo de Marc Dugain
Extrait du livre audio « Tsunami » de Marc Dugain lu par Mathieu Buscatto. Parution numérique 30 août 2023.
https://www.audiolib.fr/livre/tsunami-9791035414825/
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